IL. V
ne appartient également aux maladies aigues avec
délire , et principalement à celles qu'on nomme
Her VEUSes ; cependant, on ne possède pas d’ex-
emples nombreux et authentiques qui puissent venir
confirmer l’assertion de Pinel, |
Evacuations dé tube alimentaire. Diarrhée :
dyssenterie.
La diarrhée, la dyssenterie et le vomissement sont, dit-on, parfois critiques dans l’aliénation mentale, Les médecins français ont surtout aftaché beaucoup d’importance à ces sortes de crises. Prost (1) entre autres dit que la bilé prend la plus grande part à ces évacuations, et que ce n’est qu’en vertu du stimulus que cette liqueur, sécrétée plus abondamment, exerce sur le tube alimentaire, que les actions sécrétoïres et les mouvemens de ce trajet sont excités ; mais tout ce qui a rapport à ces phénomènes demande encore beaucoup d’éclaircissemens.
Dubuisson, au rapport de Casper (2), a vu l’aliénation mentale disparaître par un flux dyssentérique. |
Mais si les évacuations intestinales ont pu être envisagées comme critiques dans la folie, de nombreux exemples pourraient également attester combien elles sont parfois funestes à ces maladies.
(1) Médecine éclairée par l'ouverture des corps.
(2) Caract. pag. 411.
À lhospice des insensés, à: Gand, beaucoup d’aliénés. furent pris de diarrhée ,: À l'approche de l’hiver de 1825, et, sans de prompts secours, elle y aurait fait des ravages. Un seul individu en périt, et à louverture du. cadavre, faite en présence du docteur Hutin, ‘une inflammation assez intense se fit voir dans la membrane muqueuse de l'estomac et dans celle qui tapisse le jéjunum et, l’iléon. On pouvait distinguer, sur plusieurs endroits de cette surface enflammée, des points gangréneux; des crotins de matières stercorales très. durs étaient contenus dans les plis du colon trans verse; divers points d’inflammation existaient sur la surface interne de cet intestin. La surface externe du tube alimentaire n’oflrit rien d’extraordinaire. Tous les autres viscères abdominaux et thorachiques ne présentèrent également rien de particulier. Entre la dure-mère et l’arachnoïde, il y. avait une assez grande collection de sérosité; le, ventricule latéral droit contenait environ une once de ce mème liquide. On voyait également des granulations cartilagineuses sur larachnoïde dans le: trajet du sinus longitudinal supérieur. Cet indivi-, du se trouvait, depuis deux ans à l'institut, et quand il y fit son entrée il était maniaque; mais. la manie avait passé bien vite en démence. Le 10: novembre 1823, il se plaignait de diarrhée et de, dégoût d’alimens; le 12; il eut des yomissemens ;: son état devint inquiétant ; on lui donna des mucilagineux; une fréquence extraordinaire eut lieu dans le pouls. Le 15, les évacuations continuèrent;
LE la
la langue devint rouge, humide et rétractée; les forces musculaires s’affaiblirent, le maladé ne put supporter le moindre aliment. Quatre jours se passent dans le même état; le 18, les traits de la face se décomposent , la langue est brunâtre ; le 19, le malade est moribond ; le 20, il a cessé de vivre.
Chez tous les malades atteints de diarrhée dans ce temps, on remarquait la rougeur de la langue, la perte de l’appétit et des envies de rendre. Les bains de pieds, les mucilagineux, les vètemens chauds, surtout les chaussures chaudes, arrêtèrent cette affection qui était sur le point de prendre un caractère intense. |
Jaunisee.
Elle se déclare parfois dans la monomanie et dans la manie: peut-elle y être considérée comme
crise salutaire? Pinel (1) a vu des cas de cette
nature. Toutefois, on ne doit pas prendre universellement comme indice de crise dans l’aliénation mentale, la couleur jaunâtre de la peau, surtout celle qu'on observe à l’entour de la bouche et des yeux: on a remarqué que ce phénomène est assez fréquent dans la manie, et il est à supposer qu'il tient à une excitation du foie provenant de la sympathie de l'encéphale avec le système biliaire. La jaunisse est également un symptôme fréquent
dans
Lit. or purs PS. ORNE ME ES METTRE
(1) De l’alién. ment.
dans l’aliénation mentale, qui est une suite d’obstructions abdominales.
Flux d'urine.
Dubuisson (1) a vu le désordre intellectuel se dissiper par un flux abondant d’urines. Il serait important de savoir si l’aliénation mentale dont parle Dubuisson n’a pas CT une nevrose et peut-être une hystérie,
Hémorrhagies.
Souvent on a vu la raison se rétablir par l’apparition d’une hémorrhagie nasale, des menstrues, des hemorrhoïdes ou d’autres écoulemens de sang. Mais ces guérisons rie peuvent être généralement considérées comme de véritables crises, puisque les flux de sang ne sont ordinairement salutaires, dans la folie, que lorsqu’elle tient à un trouble survenu dans ces évacuations mêmes.
Maladies de la peau. Psoriasis ; furoncles :
anthrax; mailiaire ; petite-vérole etc.
La sympathie physologique et morbide, quiexiste entre la peau et le cerveau, est un phénomène étonnant. Autant les moyens curatifs, dirigés sur le système
cu- A (1) Voyez Casper ouv. cit. pag. 411.
VE
(-STONT
cutané sont éfficaces pour la cure de la folie, au-
tant les maladies de la peau sont propres À produire le désordre de l'esprit En parlant des moyens dirigés sur le système dermoïde, nous avons déjà fait voir combien l'apparition d’ une éruption duelconque dans le cours de la folie, est un incident qui mérite toute l'attention du médécin psychologiste. Tantôt c’est un érysipèle , une dartre, uné gale qui se manifeste dans l'aliénation mentale : tantôt une éruption traitée par ré: répercussifs affecte le cerveau, et occasionne Île désordre de l'esprit. À dire vrai, nos connaissances ne sont point encore à ce, degré de certitude à pouvoir. indiquer quelles sont les affections de la peau qui montrent une tendance spéciale à produire la folie ; Al paraît cependant, que le ps0-
riasis est, de toutes les érupuons, celle qu ’on ren- :
contre le plus souvent comme cause de l’aberration mentale; c’est encore cet exanthème qui ‘se montre le plus fréquemment dans le cours ' de la liénation mentale, et quiy prend une apparence ‘eritique. Esquirol nous fournit un exemple d’une femme aliénée dans le cours. de la folie dans là quelle une gale s’était montrée et qui mourut par la disparition de cette éruption ; voici le cas.
Une femme, dit Esquirol, agée d’environ tente six ans, était entrée à la salpétrière le 18 janvier 1818; elle était atteinté de manie furieuse; sa constitution était [maigre et ivritable; le délire dura
jusqu'au commencement d’août ; des il se mani-
festa une gale qui se développa rapidement; le dé-
délire diminua à la fin du même mois, et la con-, valescence parut confirmée. Voulant délivrer l’a liénée de cette éruption, qui la tourmentait beaucoup , Esquirol lui fit prendre des bains sulfureux, et l’éruption se dissipa; après quatre bains, le délire et l'agitation reparurent; les bains furent suspendus ; mais, peu de jours après, la, inalade succomba. L’ouyerture du corps n’a présenté aucune lésion dans le crâne.
Je suis assez d’opinion que les exanthèmes , qui se. montrent dans le cours. de la folie, ne peuvent toujours. être. envisagés comme de véritables crises, considérées dans toute la signification du terme : elles apportent bien un changement prompt dans l’état mental, mais souvent elles sont liées à, la cause du mal même. Tout porte à croire, que, dans le. cas dont parle Esquirol, la folie dut .son or, gine à une gale répercutée , et il est à supposer qu'il en est de même d’un grand nombre d'érupuons qui se montrent dans la folie On pourrait cependant trouver une exception dans les furoncles , qui, au rapport de Willis, de Horn et d’Esquirol . servent souvent de erise bienfaisante au désordre de lesprit. Îis sont, non-seulement d’un bon augure dans la folie, mais dans nombre de maladies, ilsapportent des changemens favorables : l’expérience apprend que les furoncles préviennent souvent. le développement de maladies graves qui se montrent à des époques. fixes de l’année chez certaines personnes, et les pères de l’art nous ont très bien. fait rémarquer combien :ces .inflamma-
V4. tions
‘tions sont salntaires dans la fièvre quarte, et les obstructioris abdominales.
Les mèmes remarques sont applicables à l’anthrax qui, parfois, est suivi de résultats satisfaisans dans le désordre intellectuel, comme on peut voir par le Cas Suivant. |
De W....., brasseur, est condamné à une réclusion dans la maison de détention de Gand.
Après y avoir passé quelques mois, il est atteint d’aliénation mentale. On le transporte à l'institut des hommes aliénés à Gand. Sa folie se caractérise par une incohérence dans les idées, sans pas sion dominante. On ne peut se procurer aucune notion sur l’origine du mal. Pendant les premiers mois de son arrivée à cet institut, le malade ne subit aucun changement au moral; mais il gagné une tumeut inflammatoire dans les lombes qui fait des progrès assez rapides, et à laquelle on reconnait bientôt les caractères de l’anthrax, Le malade ÿ ressent de fortes douleurs: la suppuration s’établit lentement, et pendant les six mois que ce mal met à parcourir ses périodes, on obsérve au moral uné amélioration si sensible, qu’à à l'entière cicatrisation de l’ulcère, le malade avait regagné toute sa raison,
Chiaruggi à vu 1 la variole servir de” crise bienfaisante dans la folie.
Reussens a observé le même sil salutaire par une éruption miliaire également survenue dans le cours de l’aliénation mentale.
Plusieurs observéteurs ont vu l'amélioration et
la
Ja’ guérison du désordre mental suivre la maniféstastion d’un érysipèle, |
Aliénation mentale guérie par lPapparition: © d’une inflammation aux articulations
du pied.
C’est une crise de la folie qui n’est pas rapportée dans les annales de la médecine psychologique et dont j'ai vu un exemple remarquable: voici le cas.
°V...., agë de 28 ans, homme robuste, nerveux très passionné, soigneux au dernier point dans ses affaires, devient maniaque par suite de chagrin. Son épouse à laquelle il était tout récemment uni, et qu’il aimait beaucoup, fait une assez grave maladie: cet accident l’afilige d’autant plus, que sa femme le secondait beaucoup dans son commerce, et il finit par en perdre lesprit. Le délire devient furieux. On est forcé de lier le malade dans son lit; il y a constipation; le pouls bat vite; l’appétit est comme à l’ordinaire. On applique , à differentes reprises, des sangsues aux tempes vu la rougeur de la face, le battement des artères temporales et carotides, l’état étincelant des yeux etc. Ces évacuations ne produisent pas de changement notable au moral ; la fureur diminue tant-soit-peu; mais le malade continue à déraisonner. Cet état avait duré pendant sept semaines quand, tout-à-coup , l’aliéné se plaint d’une douleur insupportable dans les articulations du | V5. pied ;
pied;et, dès cet instant, la raison reprend. son em pire ordinaire. Les pieds se conflent, et le. malade .y ressent d’intolérables douleurs. Je fais appliquer des sangsues'‘sur chaque pied, et, ‘en peu dejours, la santé est complète. Jusqu'à ce moment, cet in. dividu n'a plus ressenti le moindre dérangement ,
soit physique, soit moral.
nX F t 4 is 9 + 1.) + ira Vas t »
* : v 3 : ï reg PE $ dx è 5 Me | 1 < * fl { h t [ L PRINCE) } V4 | ; " h à : à | À :
À 1 & | #44 { | Fr Li ; 3 : : } ; ; ï Aer { + tr !
( Se 1 + + ÿ £ (AT R F4 2 Ÿ 3.3 £ È « à, À “ L t LT à tint pe? re | F
«> io prog Le Né RE Tr Se Les
2 re» ner re
RER ere
eos
LA PHTHISIE ÉTUDIÉÉ DANS L'ALIÉNA - TION MENTALE. SON INFLUENCE SUR , LE DÉSORDRE DE L'ESPRIT, ET :