‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénésChapitre 1 sur 39 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

U, n coup d'œil jetté sur notre littérature psychologique, doit faire voir qu’elle ne peut soutenir le parallèle avec celle de nos voisens, La direction de nos hospices d’aliénés souffre de ce silence, et n'a guère fait de progrès. Il nous manque, pour les études psychologiques, des ouvrages originaux, et même ces fuctles traductions qui abondent dans les autres branches des sciences médicales. Aussi, dans nos établissemens n'a L'on point adopté les nombreuses améliorations, introduites ailleurs avec tant de succès: on n'y fait aucun usage de ces nombreux moyens de guérison, à la fois physiques et psychiques , pratiqués St heureusement ailleurs, recommandés par expérience et Pautorité de noms célèbres. Depuis le commencement de ce siècle, Les instituts de Londres, de Cork, de Paris, de Berlin, de Würtzhurg, de Pirna et d’Aversa offrent l'exemple des plus heureuses réformes.

IT serait facile d'en imiter tout ce que notre climat, nos mœurs, nos besoins et notre maniere de vivre permettraient d'en emprunter F cependant, nos hospices d'aliénés né sont encore que de verttables maisons de fous, ow

des

vi PREFACE

les diversesvarietés de maladies mentales sont confondues, où nombre d’infortunés gémissent, quelquefois renfermés dans des cachots malsains, souvent chargés de liens, et entièrement abandonnés à la dure bienveillance, 772 à la grossièrelé brutale de subalternes qu’aucure instruction ne dirige, qu'aucune récom-= pense n’encourage. |

Il est donc peu surprenant que nos meilleurs instituts, dont les régistres offrent des listes de guérison et des tableaux de mortalité, ne puissent étre comparés à la Salpétrière, Charenton, à la Charité, à Bedlam, St. Luke ou Sonnestein, et que les Chefs, où plus exactement les entrepreneurs des divers hosptces particuliers refusent, soit par manque de notes exactes, soit par de plus deplorables motifs, les renseignemens qui serviratent à dresser une Statistique générale.

Convaincue que l'urgente necessité d'une reforme se fait sentir dans les provinces tant méridionales que septentrionales du royaume, la commission de surveillance médicale de la Nord- Hollande, séant à Amsterdam, s'efforça d’en faciliter lexecution en proposant, en 1821, pour sujet d’un prix, la question suivante :

« Quels sont les moyens, tant psychologiques «que physiques, qui ont eté proposés de- « puis quelques années pour la guérison des «aliénés ? Lesquels de ces moyens lexpé- «rience a=t-elle prouvé améliorer ou guérir

De | * | 2

PREFACË. Vis « l'état de ces infortunés”? Quelle influence « ces moyens ont-ils eue sur les maladies qux, «quoique ne dépendant pas de laliénation «mentale, ont néanmoins quelquefois ac- « compagné celle-ci. Quelle est l'influence de «ces maladies sur l'aliénaiion mentale , et de «quelle manière celle-ci influe-t-elle réci- « proquement sur ces maladies ?” La commission eut la satisfaction de recesoir, en 1823, unie réponse portant PouT épt-

graphe: vs

» Un sage médecin est celui qui connaissant nos passions, » sait Les flatter quand it ne peut les guérir.”

Cette réponse, quoique laissant des objets à désirer, méritait, sous beaucoup de rapports, l'approbation de la commission: elle prit le parti de rouvrir le concours : mais, en méme temps, elle offrit à l’auteur du mémoire, de lui communiquer les observations et les renseignemens dont il jugeraié avoir besoin. Mr. GUISLAIN accepta, mil en Œuvre ces nouveaux matériaux: et la commission, en 1825, n'hé= sita point à décerner, à son travail augmenté et enrichi, le prix qui avait été doublé.

La commission se propose de donner, dans le courant de lannée, le second volume qui comprendra le reste de la partie pratique et statistique, linfluence des diverses maladies, la construction des hospices, et l'application

de

VITE PREFACE. oh

de ce qui «à été dit sur l’état physique du pays. Ælle se flatte d'avoir bien mérité de ses conviioyens, en couronnant cef ouvrage recommandable, destiné à rempilir une lacune importante dans notre littérature médicale, et à fournir les détails nécessaires pour servir à la construction et à la réforme des hôpitaux d'aliénés. |

Au nom des membres de la commission.

24 Mars G VROLIK, Président, 1826. H. HAAKMAN , Secrétaire.

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