APERÇU SUR LES CAUSES MORALES ET PHY- SIQUES DE LA FOLIE
Däns les remarques précédentes, nous avons étudié l’aliénation mentale dans sa cause prochai-
ne: nous avons, cependant, eu occasion de signa-
ler,
-(1} Ext. d’un mémoire lu à la soc. de méd, le 17 Mars 1818. |
(2) Thèse inaugurale,
ke, à différentes reprises, des causes physiques ishérentes à l’organisation même de l’homme, et qui donnent lieu au dérangement de l'esprit. Ici nous allons voir la prééminence des causes morales sur les physiques. à | D'après l'observation du Professeur Pinel, le nombre des causes morales l’emporterait , dans l'aliénation mentale, sur celui des causes physiques. Voici le résultat qu’il a consigné dans le journal
de physique &c. (1).
Il obtint 464 causes morales, sur 219 causes physiques , dans l’ordre suivant.
Nain eq) nénbe 165 physiques.
Mélancolie." € ——./morales.
AGE: dns physiques. | Suicide... f 51 —— morales. | Dans Pespace 8 —— physiques.f de cinq années.
Démence…{ 26 —— morales.
51 —— physiques.
Louise... f 26 —— morales.
51 —— physiques.
Ess
(5) Mois de Septembre 1808.
Esquirol, dans son article manie du Dicuiom«
paire des sciences médicales, rapporte:
591 causes morales , 209 — physiques, dans l’ordre
suivant: | Causes mora'cs.
Établissement de
Salpétrière. NE. Esquirol.
femmes hommes. femmess.
Chagrins domestiques….62 revers de fortune... 6
(e) ms D ().
MAISÈTE veossssceoosscopnseonsessoge DO aMOUrF CONLTATIÉseascsecesee DO 21 L2 SNA PERS ERREOE LE amour-propre blessé... x ÉTAYEURT cusgrosnsensenoncrossise CORTE. tante EXCÈS. d'ÉtUdEsssranrssessses 2 À
€ an
t ah } Causes physiques.
femmes.!hommes. femmes.
héréditéssscomenesntes tit 38 37 masturbation css 8 6——— 2 MENSITUATIONecssessssoeenées 27 2 ————— 11 suites de couches.….….….38 2 ———— 19 LEMPS CTITIQUESe.erssesese 1 2 s ——— 8% | aus: du: Vi usniil O ——————— MO lMÉRE nieerers © GB em 2 exposition au feu.…...…...12 D 5 chutes ou coups... 6 1 2 RUE ot 8 D 1 cessation de la gale.….…. 3 Le :
cessation des dartres.…… 2 Q 6 ulcère SUppriméssssss.... 2 g ——— 5 févr ah Be TS & ———— 1 apoplexié,.....sss L —————… JL 1352 26 52
Dans son article mélancolie, le même auteur laisse voir, par le relevé qu'il donne des causes de cette espèce d’aliénation mentale, que les morales sont en plus grand nombre que les physiques : non comprise Phérédité, son relevé porte
207 causes morales,
165 — physiques.
hérédité....…. .# | Q
Causes morales.
Causes physiques.
SOIns domestiques..….….6o
revers de fortune nriséresutes HONG ER
suites des couches...…..%5lamour malheureux..….….42
suppression des menru ra nn
age CTILIQUE-esrsssnsersoncee 0
chutes sur la tête...…...r0l jalousie ti ist 8 ODANIErrresrnscerennenannsennsee GTETTEUTS ssrssssansssocnressssese 19 vie dissipée...............….ñolamour-propre blessé.….12 abus du Vins sras 20 CONTE AO
teens 2 pop 165 207
Dans la Démence, d'après un tableau également fait par Esquirol, on trouve une augmentation sensible dans les causes physiques (1).
19$ causes physiques.
On y compte | ”
morales, Causes morales.
3 colonne. 2 colonne.
amour MAlheurEUXsssssenrsen Li lenserandes À vocssesise TAYEURS-sneseoneseomenonnnnerene À avsbosihes F ovnenre, événemens politiqueSeuuss.; 2, seven, 8 auruene V 40 amour-propre blessés 2 sms 7 eve chagrins domestiques... 8 ns
Can
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(1) Voyez art, démence,
Causes physiques.
:,colonne.
anomalies de la menstruation.11.
age CTITIQUE.seeensessooesosseouse . 7 Q ques des couches. 5 chutes sur la: tête... 3 A6 AVANCÉ..-épndune gite Rte, 40 fièvre irégulitreserssssses 1 suppression des hémorroïdes. z HART eu nnicdinreents LE
Mélanie. Sn. 15
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DATA YSICssrrrrrsssssssssensosonssese (4 . e:
APOPEXIG.essssssnsssnssensssssssens a |
syphilis , abus du mercure.
vie AISSIPÉE.…rrrserenoersosseses
abus du MiMiesespenrssanééeeenvess 0
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D'après un autre tableau sur les causes de la folie, également dressé par Esquirol, il résulte que les causes morales sont tantôt en plus grand, tantôt en plus petit nombre que les physiques. Mais dans un mémoire Ju à la Société de Médecine de Paris le 17 Mars 1818 (1) , cet auteur a prouvé que les gauses morales sont aux physiques, comme quatre
sont 'à un.
: Pendant les années 1611 et 1812, on recut à la
à colonne,
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Salpétrière 523 aliénées par causes morales.
GR Et SN SS
(1) Journal général de médecine,
561 a eee physiques.
À l'institut d'Esquirol et pendant Îles mêmes
aunces, on obtint un résultat tout-à-fait opposé. Les causes morales furent 167.
physiques ‘190:
Ici ne sont point compris 105 aliénés par cause héréditaire pour la Salpétrière, et 150 de mème mature, pour linstitut de M. Esquirol,
Casper (1), d’un autre côté, dit que, de 1069 aliénés qui entrèrent à Bicètre pendant les années 1808—g—10—11—12—15 ,on en compta 556 par causes morales, ét 533 par causes physiques.
Mais Casper ajoute, dans un autre endroit de son ouvrage, que, de 1631 cas d’aliénation mentale annotés à la Salpétrière on en vit 910 par causes mo< . vales, et 712 par causes physiques. | |
D'après un tableau fait à l’institut de Waldheimi et qui se trouve consigné dans le journal de Nüsses il résulterait que les causes physiques seraient, dans l’aliénation mentale, en plus grand nombre que les
ecnss
morales (2), comme on voit par le suivant tableau, Canses morales. Causes physiques.
Immoralité...ss.s.is. si. 26lhérédités. ss, sosvbieotée. 23 fantaisies violentes. ..…..10o)mauv, conform. origin. .54# passions OpInIèLres......18 lésions MÉCANIQUES. se g 753 maladies physiques antécédentes, …....ssssese#1
Métastases, sat doooire 1 D
nl
(1) Carakterist. S. 380.
(2) Nasse Zeitsch. 1892,
Il règne donc, dans ces calcuis, une diversité frappante. Dans le tableau de Waldheim, l'hérédité, comme on voit, se trouve eomptée parmi les causes physiques. Esquirol l’y place également ; mais sans Ja faire entrer dans l'addition de ces agens, comme l’a fait Aayner de Waldheim. Je ne conçois point pour quel motif l’hérédité peut être envisagée comme cause physique: je n°y puis rien trouver de tel: elle me parait, en tout, une cause morale prédisposante de la folie. Quels sont, en eflet, les attributs de l’hérédité ? Des bisarries dans Île caractère , dans les penchans ; une tendance vers telle ou telle action non approuvée par la généralité des hommes: un esprit de querelles un amour-propre excessif; une perversité dans l'ordre des idées, et surtout, nne excessive sensibilité morale, qui porte à de grandes études, à des excès ou à des passions quelconques, Peuton bien trouver dans cette disposition, le moindre phénomène physique? | |
Quoiqu'il en soit, ee tableau æthiologiqué de Pinstitut de Waldheim montre une préponderance sensible des agens physiques sur les moraux.
Ce tableau est donc en opposition avec les calculs faits par les médecins français et particuliérement par Pinel. Cette différence sera toujours telle, st Pon se tient exclusivement à des calculs de ce genre, Pour moï, il m'a été impossible d'en faire de pareils aux hospices des aliénés :à Gand; et je ne puis qu'admirer Pinel, Esyniv0!, Hayner et d’autres, d’avoir pu venir à bout
d’un
dan travail aujuel j'ai reconnn ‘tant d’obstacles, Un aliéné entre-t-il à lhospice, il est interrogé ; on n'obtient pour réponses que des phrases décousues. Souvent un crime, une action illicite est la cause du délire, et le malade soit fou, soit convalescent, met parfois le plus grand soin à cacher l’origine de sa folie. Son crâne est-il irrégulier, L'individu a-t-il eu la gale, son père a-t-il été atteint de folie, voilà bientôt le germe de sa maladie. D'ailleurs, sur quoi la connaissance de ces causes est-elle ordinairement basée dans les instituts des fous? Sur le dire d’un parent, d’une connaissance qui, rarement, possède un jugement assez sain, pour raisonner en cette matière, Les premiers symptômes du délire sont pris pour sa cause même; et il ne sera pas rare d'entendre dire qu'un homme dans la misère est devenu fou par ambition, lorsque cette passion se montre comme caractère du délire. Cette canse est anno- tée au régistre: un parent du malade l’a dit: plus de contestation. Je sais très bien, qu'il y a des cas où les actions les plus simples de l’aliéné, sa conversation dominante, ses habitudes, la répétiton d’un mot, d’un rien, suffisent parfois, pour découvrir la cause du mal: je suis loin de contester cette vérité, et de croire que l’investigation des causes morales où physiques soit toujours impossible : mon intention est seulement de faire voir, lorsqu'il s’agit d'établir: des tableaux æthiologiques dans un institut pour aliénés, que les cas où l’on peut déterminer , avec precision, lPorigi-
ne
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ne du mal, sout rares, La connaissance des can ‘ ses de Ja folie est un objet d'étude des plus difliciles. Le médecin mème, encore qu'il connaisse le malade, ses manières de vivre, le moral de sa famille entière, a souvent besoin de la plus grande perspicacité pour découvrir la vraie source de la folie. Je puis aflirmer que, de cent trente habitans de l’hospiee des hommes aliénés à Gand, je n'ai pu parveuir à connaître, avec certitude , la cause de }’alhiération mentale de vingt d'entre ces individus. Si je mets le résultat de mes tentatives infructucuses en avant, je doit regarder les tableaux æthiologiques que nous venons de voir, non seulement comme inutiles ; mais comme menant à de faux résultats. On doit connaître le moral et le physique de l’homme: ïl faut avoir des notions sur le climat, la manière de vivre des habitans , l’idée dominante du siècle, d’un peuple, d’un homme en particulier, pour étudier avec fruit læthiologie des aliénations mentales. Tout porte à croire que le nombre des folies par causes morales doit ètre plus grand que celui par causes physiques, A chaque pas, nous rencontrons des agens qui tronblent moralement Fesprit; tandis qu’une foule de ceux qu'on appelle physiques, sont plus rares ct enveloppés d’une grande obscurité dans leur manière d'agir. Je ne veux point dire, avec Georget, que l’aliénation mentale ne vient qu'à la suite des causes morales: (opinion qui avait déjà, mais sous d’autres formes, été professée comme nous avons vu, par Hleiiroth): cette manière de ver
est
est trop générale. Une inflammation de l’estomat : un vice organique de ce viscère, du foie ou d’ur autre, peuvent déranger le moral : et dans ces sor-
tes de causes, tout appartient à la lésion de la sensibilité physique. Un vice organique du cerveau, une fracture de crâne, une commotion du cerveau, l’usage immodéré du mercure, une fièvre antécédente, et plusieurs autres agens, absolument physiques, peuvent troubler la raison.
Georget est évidemment en erreur, et tout ré- ‘cemiment encore dans son ouvrage intitulé Physiologie du. système nerveux, il établit, comme principe fondamental de doctrine, qu'il n’y a que les sensations, proprement dites arrivant au cer= veau, qui puissent être considérées comme telles : « le -eerveau, dit-il, n’est susceptible d'être im « pressionné que par les irritans des extrémités « nerveuses, assez intenses pour devenir des sen « sationss; toute opération organique qui a lieu « sans conscience, reste locale, n’exerce aucune in « fluence sur le cerveau.” Rien de si inexact que ce principes les poisons, les alimens, les boissons narcotiques, d’autres substances introduites dans l’estoraac sont tout-à-fait sans conscience pour l'individu ; le cerveau ne voit, ni ne goûte les alimens contenus dans cet organe, quoiqu'ils produisent, dans le centre intellectuel, des désirs, des aversions où d'autres ordres d'idées, Donc, le cerveau agit
la suite d’une modification de l’organisme que l'ame, la conscience, le moi, n’ont point pereue, Le cerveau fait plus: il sent, il agit, il pense , en
quel
en quelque sorte, sans que Findividu, chez qui ces opérations ont lieu, en soit averti. Nous aurons, dans le livre suivant , occasion de prouver l’indépendance entre nos idées et nos sensations; il serait déplacé iei, de réfuter le système dontil s’agit.
Mais, pour revenir à notre sujet: st Gcorget a parlé d’une mauière trop générale, sa doctrine renferme cependant de grandes vérités. Souvent, dit cet auteur, l’eflet de l’aénation mentale est pris pour la cause de cette affection : et il a fait très judicieusement remarquer, que, la suppression des menstrues qu’on voit figurer dans tous les tableanx des causes physiques, est presque toujours, une conséquence du désordre intellectuel. IE ajoute, avec justesse, que les menstrues se suppriment encore plus souvent, non par l'aliénation mentale, mais par Ja cause qui la produit. C'est ainsi qu'une vive frayeur peut supprimer les règles, en même temps qu’elle donne lieu au trouble de lesprit.
Une autre réflexion qu’on ne perdra pas de vue, c'est que les vices organiques trouvés après la mort et qu'on avait envisagés comme causes du délire pendant la vie de l'individu, ne le sont souvent pas en réalité. Une gastrite chronique. une obstruction du foie, ou de la raie, rendent Fhomme chagrin ou le disposent à la colère: arrive alors une cause morale, qui, agissant sur un entendement déjà exalté, en troub'e facilement Pharmonte. Cet aliéné meurt. ei à l'ouverture dn corps, le vice organique est pris pour la cause du
mal :
{ bo
mul: cette altération viscérale n'a cependant fait que contribuer, de concert avec une cause morale, à produire la folie: il a seulement provoqué uue disposition intellectuelle vers le délire. Je im'abstiendrai de parler de ce nombre infiniment grand, de vices organiques trouvés dans les cadavres des aliénés et qui ne sont que l'effet de la analadie., Songeons seulement à la nostalgie pour ne plus douter de l'influence du moral sur le physique; mais nous avons déjà parlé à satiété sur cette matière,
Si les causes morales ne surpassaient les physiques ; comment chaque pays, chaque siècle, auraitil ses fous? Les aliénés de Waldheim ne sont, certainement pas ceux de Paris ou de Londres, La mélancolie religieuse est plus fréquente en Angleterre qu'en tout autre pays. Les aflaires politiques et guerrières occupent particulièrement les Français et plus que les Allemands. Chaque siècle, chaque pays, a ses révolutions ; il a aussi ses alitnés. Point de découverte, point de changement politique qui ne produise des aliénations mentales, L'éducation, l'ignorance, la superstition diminuent ou augmentent le nombre de ces maladies, L’epidémie de suicides dont pare Sydendam : les filles de Micet de Plutarque ; le grand nombre de suicides qu’on remarqua, en 1816, à Rouen, et d’autres faits de cette naiure, ne tiennentils pas plus à des causes morales qui agissent sur la généralité du peuple, qu'à des désordres physiques ? | che RO
Un
Un seul argument détruit toutes les objections qu'on ferait à cet égard. Les sauvages connaissent à peine la folie, comme on peut le voir par la relation d’une expédition de Petersbourg aux Roacty mountains faite en 1819 et 1822 (1), Humbold dit également qu'il a vu fort peu de fous parmi les sanvages du nord de l’Amérique; et Carr (2) assure qu'il est rare de trouver des aliénés dans les régions non civilisées de la Russie. Les aliénations mentales, au dire d’Esquirol, seraient moins fréquentes dans les pays où le despotisme étoufle toutes Îles lumières. On cite, à cet effet, la Chine, la Turquie, l'Espagne, et le Mexique (5).
En général, tous les individus que de fortes passions ont agités pendant la plus grande partie de leur carriére. sont disposés plus que d’autres à la folie. Les militaires, les négocians, les courtisanes sont dans cette cathégorie. Georget (4) dit que, de deux cents individus aliénés , quatre-vingt au moins le sont devenus par de fortes commotions morales.
Comparons de tels individus avec ces bienheureux mortels qui, par une morale sage, savent tempérer la violence des passions, et nous pourrons
voir
(1) Voyez ,; Bibliot. britan, Aout 1678 (2) Été du Nord.
(3) Art. folie.
(4) De la folie.
voir ‘combien il est vrai que les causes morales l'émportent sur Îés physiques. Chez le Quaker tonte espèce de passion est étouffée: la vie simpté, la paix de l’ame, sont les principes religieux de cet homme vraiment admirable, et ses aliénations mentales ne sont point remarquables par lamourpropre blessé , l’orgueil, la colère, une espérance décue &c. (2). Zn pr a eu bien raison de dire que les hommes deviennent fous par orgucil ; les filles pa amour, et les femmes par jalousie (2); tellément cet auteur a voulu faire connaître la grande influence des commotions morales sur le désordre de esprits et, si la chose n’était point ainsi, comment l’aliénation mentale serait elle plus fréquente chéz la femme que chez l’homme? On reçut, dans l’hospice des hommes aliénés à Gand, pendant Fespace de quinze années, deux cent quatre-vingt onze aliénés. Dans lhospice des femmes , et dans le même intervalle de temps, le nômbre des insensés est monté à trois cent trente-sept. A Amsterdam on compta, en quatorze années, à l’hospice des fous , cinq cent trente-trois hommes , et le nombre considérable de mille et quaranté-neuf femmes. A Louvain , mêmes résultats: eh quatorze années , il entra à l’hospice des tiommes aliénés de cette ville, quatre-vingt quatre
mnt ee | su
(1) Jacobr, nt Th. I.
(2) Traité de l’expérience , T. TITI. ve de à Lafbie j pag. 184.
(2865 )) Sujets, et dans Fhospice ‘dès: femmes quatre -Yingt treize. | | ss "La | La femme est douée d’une bles grande sensibili= té morale; elle possède. moins de !raison que l’homme ; mais ses passions sont! plus vives {’homme est plus robuste, moins sensible; son “éducation morale est plus solide s: :sa mi “cultivée, plus énergiques sl
Etudions. les diverses périodes de er vie fhorale;
‘et nous retrouverons encore les aliénations mentades. C’est de vingt à trente-cinq ans que l’hom-me ‘jouit le plus de ses facultés mentales; etc’ést “encore à cet age que la folie se déveléppé particulièrement. Voyez, à cet eflet;. un tableau . de lhospice de la charité de Berlin rapporté. par Burrow (1). Pinel et d’autres ont fait la même remarque, Soixante et onze individus, dit Pinel (2) cptrèrent à : Bicètre, lan Il: de-la: République : trois seulement étaient compris entre la quinzième et Ja vingtième année de lage; vingt-trois autres aliénés étaient intermédiaires -entfe-la vingtième et la trentième année; quinze, entre trente et quarante , et autant entre quarante et cinquante : six seulement, depuis cette dernière époque, jusqu'à soixante dix ans, et aucun au delà #e ce dérnier “terme, | | Hi 6 | hotts Les’ enfans et ‘les vidlléids sont Mis, moins sü=
(1) An inquiry , pag. Zog. NF [1 (2) Art. manie de l'encyclopéd, méthod 1) L 2
sujets À la folie qu’une personne à la fleur de l'age. C’est une preuve manifeste que le calme de Vame, tel qu’on l’observe chez les enfans, que l’absence des passions et la chute de l’énergie morale, chez le vieillard, sont des obstacles moraux qui s’opposent au développement de l’aliénation mentale, et que les chagrins, les combinaisons fortes, les inquiétudes sociales de l’age moyen, disposent l’homme vers ce genre d’affections.
D’après ce que nous venons de dire, il est plus que probable que, le plus grand nombre d’aliénations mentales nait de causes morales. Malheureusement la civilisation parait avoir favorisé ce genre de maladies. Les régrets amers, le luxe effréné, l’ambition, l’avarice, le désir immoderé de la vie même, la superstition , et « l’inquittude, comme « dit Pline (1), de ce qui sera lorsque l’homme « n’existera plus,” sont autant de fléaux de la civilisation que le moral de l’homme soutient à peine sans s’égarer. Soyons de bonne foi, et, sans tomber dans les chimériques délices des mœurs sauvages pronées par le philosophe de Genève (2), disons que l’homme simple et rustique, celui qui vit retiré du monde n’est certainement pas en but- ‘te à des passions si fortes et si étranges, que le citadin qui se trouve au milieu de ce que la civili- ‘sation a de plus raffiné. Pline a raison de dire
que
(1) 7 Livre préface.
(2) Emile de \ 2 YF, Rousseau.