CRE
cissement du colon n’existent presqie jamais sans un état inflammatoire d’autres tissus, soit des membranes muqueuses et 'séreuses, 4 ‘ou des parenchymes organiques. Les vomiques des poumons, l’injection des membranes cérébrales, les adhérences du péritoine, des intestins entre eux, l’inflammation et la gangrène de la muqueuse intestinale en sont de manifestes preuves. Je me demande donc:
par quelle exception devrait-on en exclure - Pinflammation de la membrane fibreuse, tandis. que, par une grande abondance de | ivaisséaux sanguins, elle y est aussi disposée
. que les membranes sérenses et muqueuses ?
. 2°, La :constriction et les déplacemens sont des états, des modes d’être permanens de l’in- + testing; ils persistent après la mort de l’in- dividu, et ‘opposent une grande résistance ‘aux causes qui tendent à vaincre ces obstacles : ce qui se prouve par les énormes distentions au dessus et au dessous de l’endroit - du rétrécissement ; résultat de laccumulation des matières fécales ou des gaz. Cette : disposition me fait voir un état bien éloigné du pois 24 pese ” devrait cesser avec
la mort, |
3°. L’analogie de cette affection avec l’inflam- | * mation: des muscles volontaires mie démontre qu'un muscle enflammé se raccourcit, ct force le membre à l’extension ou à la ‘flexion, selon que le muscle atteint est ex-
H 2 : tcn-
Lt }
tenseur on fléchisseur. Quand le rhumatisme est chronique, il y. a souvent atrophie du membre auquel les muscles enflammés appartiennent. Le rétrécissement etle déplacement du colon, paraissent avoir la mémé Cause; la première résulterait d’une phlegmasie chronique des fibres circulaires ; le déplacement de celle des plans longitudinaux. La constipation, qui est propre et essentielle à cette maladie, me parait résulter de cet état inflammatoire. Un muscle enflammé ne peut s'exercer sans provoquer de fortes douleurs, sans augmenter l’état inflammatoire: le plan musculaire est également inactif, parce qu’il est malade et incapable d'agir. «2
So e
Si la constriction ou. ” pailitniiest étaient le résultat d’un mouvement convulsif de lintestin, ces états seraient moins limités; le rétrécissement ne s’offrirait point par intervalles, et s’étendrait aux intestins grêles.
5”. Le rétrécissement n’est pas du à une inflammation de la membrane séreuse, parceque cette membrane ne: couvre point l’intestin dans toute son étendue.
6°. Le déplacement et le rétrécissement pourvaient cependant marcher de pair avec l’état inflammatoire de cette membrane, et plus encore avec celle de la muqueuse.
Une question nous reste à résoudre; c'est celle
de savoir sc les états morbides que nous ve- . nons
nons de voir sont une cause de folie; ou bien, sie ne sont que l'effet de cette dernière. Cet important objet est enveloppé de ténèbres si impénétrabies, qu’il devient presque impossible. de le résoudre. Nous nous sommes dûment expliqués 1 linfluence sympathique des viscères. abdominaux avec les fonctious de l’encéphale, et de celles- <i sur l’abdomen: cette connexion réciproque est constantée; nous n’y reviendrons plus ; mais, reste à savoir quand les altérations du colon influencent le cerveau , et quand l’altération de cet organe agit sur le bas-ventre. La cause du délire doit ici être notre guide; mais malheureusement elle est si rarement connue. :Retournons aux faits rapportés. par Esquirol et Bergman, et voyons s'ils peuvent nous mener à quelques conclusions.
. À la lecture de ces récits, on a du s 'apercevoir que les, seules causes connues et annotées par. ces auteurs. agissent directement sur les fonctions cérébrales. Dans les faits rapportés: par Esquirol « Théroigne de Méricour, dla veuve D.,.et le sieur 5...., sont devenus aliénés à la, suite de causes morales ; :chez Mancéau, B.... et Buel, la cause du delire n’est pas connue ; chez Jeanne, : k y a ure disposition “héréditaire. | Voilà: done trois faits qui dé beersd Lalération ds colon dans des sujets où le cerveau: fut primitivement affecté: les quatre autres nesont ni positifs ni négatifs , D Merisine du : mal. est ignorée. Æ | ANUS TEE
En
( av4 3
En examinant de près les faits rapportés par Bergman, nous obtiendrons les mêmes résultats. Le fait N°. 1, le N°. 10 et le N°. 13 nous démontrent une cause exerçant son action directement sur le cerveau; les N°. 2 et 8 offrent une disposition héréditaire; chez les six autres, rien ne fait soupçonner l’origine et les premiers symptômes du inal: or, la certitude est encore ici du côté: des causes morales, | 1:06 |
Nous ne doutons nullement qu'il cie voir. FN Cas où l’altération du colon dont il s’agit soit :primitive, et où le trouble cérébral ne soit quesécondaixc: une expérience ultérieure décidera de cet objets mais dans ce cé on manque de faits pour le prouver. |
L'influence du moral sur: le physique est étoni= nante, On aurait peine à croire que le chagrin, Ja colère, et d’autres affections de cette nature, soient capables de susciter des inflammations dans presque tous les tissus du corps, si l’expérience ne venait attestér cette vérité: ‘Comme cet objet.est d’une importance majeure, je vais rapporter quelques faits relatifs à.la nostalgie, pour démontrer que l'opinion que nous émettons, pour prouver combien les lésions cérébrales, et surtout les affections morales, influent sur le physique, repose sur quelques données certaines. : |
Dans la nostalgie, on ne reconnait qu’une seule cause, et elle est toute morale: le chagrin causé par Péloignement du pays natal. Il n’y a donc ici
| rien
rien qui agisse sur le physique, et il n'y a pentêtre pas dé troubie mental où Îles ravages soient si terribles et si constans, dans toutes les parties du corps. D’après l'observation de Larrey, Laugier, et Devaux, ces altérations sont: 1°. l'injection dn cerveau ; l’inflammation de la dure-mère, et de Varachnoïde ; wne exsudation albumineuse sur cette dernière ; 2°. l'engorgement sanguin des poumons ; 5°. la rougeur de la muqueuse intestinale (1).
Ce point de doctrine mérite qu’on le considère de plus près; je rapporterai, en peu de mots, les faits historiques qui y concernent: ils me paraissent interessans. |
Larrey (2) rapporte qu'nn soldat nostalgique fat trouvé baigné dans son sang, quelques jours après son entrée à l'hopital; il s'était fait, avec un couteau, une plaie à Îa région du cœur: la plaie pénétrait dans les poumons. Dans la nuit, le malade arrache l'appareil qu'on lui avait mis pour arrêter l’hémorrhagie, et meurt. À l’onverture du crâne, on trouva, au dessous de la dure-mère, une couche de substance aïbumineuse, purulente, couvrant toute Jétendue du cerveau; différens points de suppuration se faisaient remarquer dans la substance corticale de cet organe; tout le système sanguin cérébral était gorgé de sang: dans les ventricnles, il se trouvait une assez grande quantité d’eau; la base du cecrveau et celle du cervelet étaient intactes.
(1) Larrey , Recveil de mcm, ce chirurgie, 1821. (2) Ouvrage cité,
A la poitrme, on trouva une plaie pénétrant dans le poumon gauche, et les signes évidens d’une grande hémorragie.
: Jean Humbert, soldat, entre à Phopital pour une plaie de poitrine, et, à peine guéri de ce mal, on remarque chez lui, des symptômes de nostalgie. Il présente d’abord de légers écarts moraux, accompagnés d’un mal de tête. Le malade parlait peu, et tout ce qu’il disait était sans liaison. Pendant la nuit, il était atteimt de somnambulisme ; bientôt il ne se plaint plus de douleur de tête; mais on le voit souvent porter la main à cette partie. Il est sans sommeil, et toujours agité. Les extrémités deviennent froides ; le pouls est lent et irrégulier ; les veux du malade sont larmoyans, et l'aspect de sa figure est égaré. Il ne mange pas 3 mais boit assez bien une tisane amère. Une prostration générale bientôt suivie de léthargie succède à cet état. Après l'emploi des saignées et des révulsifs, le malade meurt. |
L'ouverture cadavérique laissa voir: linjection sanguine de la muqueuse du tube alimentaire; le foie gorgé d’un sang noir, proémivent et gonflé. Une membrane albumineuse couvrait toute la superficie des hémisphères cérébraux; de petits points purulents jaunûtres s’enfonçaient dans les anfractuosités de cette surface. Les ventricules latéraux contenaient beaucoup d’eau rougeñtre: la substance du cerveau était plus consistante, et la moëlle épinière se trouvait enflammée dans ses membranes. (Larrey). |
Un
‘Un soldat de la garde, agé de vingt-trois ans, entré à l’hopital du Gros-Caillou pour une dou leur à lPépaule gauche, en fut bientôt guéri. Il témoignait beaucoup d'aversion pour le service; un désir de retourner à la maison paternelle lPoccupait sans relâche. Sorti de l’hopital, il y rentra peu après, avec tous les symptômes de fièvre cérébrale, et quoique la sensibilité fût déjà anéantie dans tous ses sens, ïil faisait encore entendre l’extrème désir qu'il ressentait de revoir sa chère patrie. Tous les remèdes furent employés sans effet, et au délire sueceda un état comateuxs toutes les actions animales cessèrent ; le malade tomba dans une perte considérable de forces; les pupilles étaient dilatées, insensibles à la lumière, et le malade mourut le septième jour de sa rentrée à l'hopital, La séreuse des intestins était enflammée et couverte de quelques granulations charnues. La membrane muqueuse de ce tube était pâle dans toute son étendue, et le foie, ainsi que la rate se trouvaient gorgés de sang noir; l’arachnoïde était enflammée, et couverte de taches blanches albumineuses ; la substance cérébrale même participait de cet état dans une grande étendue ; le lobe gauche du cervelet était d’un sixième plus grand que le droit: on decouvrit, à sa base, une collection de pus ; beaucoup d’eau était contenue dans les ventricules latéraux et dans le canal de l’épine, et la substance du cerveau, considérablement gonflée, était poussée en tout sens, sur les impressions digitales
du crâne. (Larrey). | | sgh
De-
(us. 5
Devaux rapporte, dans le journel gfnéral de Médecine (1), un cas semblable aux précédens.
Un soldat, agé de vingt-trois ans, entre au ser+ vice avec la plus grande répugnance. Nombre de demandes sont faites pour obtenir son congé ; mais vains efforts. Cet homme devient sombre et tristes cherche la solitude; est insensible à toutes les distractions que veulent Jui procurer ses camarades. Les nuits sont pinibles; le malade ne rève que patrics lappétit se perd; l'insomnie se déclares les forces diminuent, et une fièvre lente a dicus il se manifeste un vomissemeut violent et péxiodiqne; un mal de tête se manifeste également. Vésicatoires, bains de pieds, et mixture de rivière, Après un soulagement momentané , les symptômes primitifs veparaissent avec plus de violence; Ie malade ne peut plus quitter le lit Vin, moschus, opium &ce.; le malade maigrit considérablement ; il meurt. | | |
L'ouverture cadavérique laissa voir la muqueuse de l’æsophage dans l’état d’inflammation, et couverte d'une couche noïirâtre: l'estomac était sain, mais fortement contracté ; la muqueuse des intestins grèles était enflammée. Le rétrécissement des intes= tins était tel, qu'un corps de deux à trois lignes d’épaisseur n'aurait pu y passer. Le crâne étant enlevé, on trouva la dure-mèêre d’une durété et d’une sécheresse remarquables. Nombre de taches
noi
(1) 1822. pag. 284.
noires existaient sur la superficie du cerveau; la substance de cet organe paraissait plus ferme que de coutume, Une grande quantité d’eau était contenue dans les ventricules latéraux. Au milieu du ventricule doit, il se trouvait une hydatide allongte, de la grosseur d’un gland. Le cervelet et la moëllé allongée n’oflraient rien de remarquable.
: Laugier nous a fait connaître un cas tout-àfait semblable au précédent (1). |
Un soldat, agé de vingt-neuf ans, entra au service militaire contre son gré ; tous Îles efforts pour obtenir son congé furent infructueux. 1! devient triste, morose ; ilmaigrit, et exprime, avec tous les actes du désespoir, combien il souhaite de retourner dans sa patrie. La nostalgie se déclare avec tout ce qu'elle a d'affreux. Le malade entre à Phopital : il a un degoût d’alimenss il ressent des douleurs de tête vagues. On le met à là diète et aux :rafraichissans. Après un mois de traitement à l'hopital, le malade est beaucoup maïgri: il est faible, et ne quitte plus le lit: des nausées se déclarent. Vin cordial ; vésicatoire au cou; sinapismes aux pieds, et l’opium: pas le moindre allègement des symptômes. La faiblesse augmente: de jour en jour; le malade perd lusage de la parole, et racurt après trois mois de séjour à l’hopital.
. On trouva une forte contraction de l'estomac, et l’inflammation de la membrane muqueuse de cet:
(1) Journal de médecine , 1820.
organe, Les, intestins étaient également contractés, et. montraient des indices d’inflammation dans leur : membrane muqueuse, :
Les membranes du cerveau se trouvaient dans.
leur état naturel. Cet organe paraissait plus dur qu'à ordinaire, et ses: :ventricules con-. tenaient quelque sérosité. Au ceérvelet, on trouva une espèce de sac; il éontenait trois corps ovales mollssses, de la grandeur d'un œuf de-pigeon, joints ensemble par un pus épais. On ponvait facilement distinguer que ces corps étaient des: dépendances du cervelet, séparées et détruites, et l’effet d’une inflammation. chronique : : ils n'avaient aucune ressemblance avec des hydatides, , où avec: de l’adipocire. Gb: #8:
Jai le souvenir de cinq auto psies cadavériques: que je. vis faire, il y a quelques années, sur,des nostalgiques. Chez tous, il y avait des traces :d’inflammation, et le. cerveau était la partie da plus essentiellement lésée. :Je n'ai conservé de ces ouvertures eadavériques , qu’un souvenir confus, ét äl me serait impossible d'en donner une description: exacte; mais, Voici un. cas récent qui mérite “quel-: que attentions DES Sessi ds ) fon
: Le 29 Décembre 189 > on fit. AE LE So vérique. d’un soldat: nostalgique, à lhopital militaire de Gand ;: jy: assistai , et observai les phéno- Mmènes, suivans: grandé-collection de sérosité dans: l'abdomen; la vésicule du fiel énormément distendue .par.une. bile liquide et jaune: (la quantité de ce fluide égalait, au moins, cinq onces); l'estomac, le
lé: pancréas , le foie sains: intus-susception de l°’i= léon; l’estomac et les intestins gorgés d’urie bile: jaune et très liquide; là muqueuse du jéjunum; de Piléon &c., enflammée, épaisse, et dure en plusieurs endroits. Le mésentère offrait la plus étrange altération. Toutés les glandes de cette duplicature membraneuse étaient rouges, dures, et d’une grosseur énorme. Cette disposition donnait au méseñtère une forme tout-à-fait remarquable. Les plus grands d’entre ces corps avaient le volume d’une noix ordinaire : les p'us petits celui d’un pois. Ils étaient disposés en forme d’arcades; d'ou partaïént des branches en tout sens. Quelques-unes de ces glandes avaient la dureté du cartilage. L’épiploon gastrocolique était fortement injecté. Je ne pus découvrir la moindre position vicieuse au colon-
É'ANSVETSES Liés deux cavités de la plèvre contenaient beaucoup de sérosité Le poumon droit était forte- ment enflammé ; il se trouvait adhérent, dans toute son étendue, à la plèvre costale: (le malade ne s'était jamais plaint de douleur de poitrine)» il ÿ avait des hydatides sur la plèvres” ce sac ‘était gorgé d’une humeur citriné. Le cœur'était d’une petitesse Vraiment extraordindire; jé ‘he’ me sou viens pas de l'avoir jamais: vu:tel : ilin’avait pas: deux pouces et demi de long, sur deux de larges Toute la surface externe de cet organe ‘était cou verte de rayons blancs, et où pouvait facilement distinguer qu'ils n’appartenaient ‘qu’au péricarde qui se réfléchit sur la surface externe du eœur. La Cet
Cet organe était absolument vide de sang dans ses quatres cavités. À l'ouverture du crâne on trouva la dure-mère saine, Après l’avoir incisée, je découvris une couche d’humeur albumineuse cou- : vrant toute la superlicie de l’arachnoïde. Les vais-: seaux sanguins du cerveau étaient gorgés dé sang. La couleur de cet organe était plus rouge qu'à l'ordinaire. Sa consistance était ferme. Les quatre ventricules contenaient beaucoup de sérosité, et la superficie des couches des nerfs optiques et celle des corps cannelés étaient remarquables par linjection de leurs vaisseaux sanguins. Les branches latérales de la voute à trois piliers offraient, chacune ,un prolongement latéral probablement formé par l’arachnoïde. Il était dur, blanchâtre, membraneux. Le canal vertébral était gorgé mes sÈ« rosité.
L’individu qui fait le sujet de cette Fe était entré à lhopital deux mois avant sa mort. Il ne parlait que de sés: parens et de son villages; souvent, On le surprenait ayant les yeux remplis de larmes. Insensiblement une fièvre lente se déclare; le malade s’assoupit, ne répond plus aux demandes qu’on lui fait: en quelque sorte immobile, il fait ses besoins dans son lit mème: il maigrit beaucoup, et s’abandonne à un rire sardonique que les lèvres exprimaient, encore quand le malheureux avait cessé.de vivre : jamais: cet homme ne s’était plaint de la moindre douleur, La respiration avait toujours été naturelle, On avaitremarqué, quelques heures avant sa ph ‘un accroissement d'énergie dans les fonc-:
tions
0 269! XL tions intellectueiles; son corps Ctait couvert de sueurs, et dans cet état il avait expiré lentement.
Que de réflexions ne suggèrent pas de tels faits! uul doute que les vices organiques que nous venons de voir, ne soient un effet de l’aliénation mentale, et ne prouvent, à l'évidence, l’étroite union du moral avec le physique. Qu’on nous explique comment ce chagrin et ce désir des nostalgiques produisent des inflammations du poumon, du péricarde, du tube alimentaire, des glandes mésenteriques, du cerveau et de ses membranes ; qu’on nous explique comment de tels malades peuvent avoir le poumon engorgé , enflammé, adhérent à Îa plèvre, et ne pas témoigner la moindre douleur ; pas la moindre gène dans la respiration? alors nous saurons si la théorie de l’altération morbide de l'ame repose sur de solides bases, ou si elle est seulement digne de figurer dars les annales de nos erreurs.
L’inflammation des tissus doit donc être un caractère propre à Îa nostalgie, puisqu’ on la retrouve partout dans cette maladie. Elle n’est pas, eependant, particulièrement propre à tel ou tel organe. Tantôt, comme nous avons vu, c’est le tube alimentaire qui, de concert avec l’encéphale, donne des traces d’inflammation ; tantôt c’est l’encéphale seul; dans d’autres cas, le cerveau et ses membranes, Les poumons, les intestins offrent simultanément les restes d’une profonde désorganisation inflammatoire. |
I 5 | Une
({aS4e )
Urte defnitre question pourrait mous occuper, si elle, était susceptible dé résolution , Savoir: de réérécissement du colon, et le déplacement. de cet. intestin, sont-ils essentiellement propres à l’'aliénation mentale, et le: sont-ils plus, & un genre particulier de. folie?
Esquirol rapporte que, sur 168 A en il a trouvé 35 fois, le déplacement dont ik s’agit. Desgenettes, et. Baillieu oué confirmer cetle remarque.
Lawrence, chirurgien de bis dl à Sas dres, dit, au contraire, que dans,les nombrenses ouvertures cadavériques faites par lui, dans cet institut, il n’a jamais remarqué le déplacement dix colon-transverse ; mais il ajoute qne souvent il:a irouvé ce vice, chez des personnes qui avaient suc combé à des affections. tout autres que le désordre intellectuel, Bergman fournit des faits de rétrécissement au colon sans désordre mental. Neumanr n’a trouvé le déplaccment de cet intestim que deux fois, sur 50 aliénés.
On a prétendu que ‘le déplacement du colon appartenait particulièrement au suicide ; mais Fa/ret à démontré le contraire. au
On a également cru trouver ce vice dns la sont: des faits ont pu démontrer cette existence; mais ceux. que nous venons de. rapporter ;, laissent voir que cctte altération ne se rencontre pas invariablement dans cette aliénation mentale.
D'après Bergman, les vices du colon seraient
par-
CTURES 5)
particulièrement propres. aux bypocondries ct aux
monomanies chiméri ques.
Goncluons, de tout ce qui précède sur le tube
alimentaire, que l’expérience a prouvé;
qu'il y a des altérations de l'estomac capax bles de produire la folie: | que l'influence morbide de l'estomae, sur l’entendement, est également prouvée :
que les mêmes questions sont __— pour les intestins grêles :
que le rétrécissement et le etait du.
colon ont, présque toujours, été accompagnés,
dans la folie, d’autres altérations de tissus y et particulièrement d’inflammations:
qu'il est à supposer que ces vices organf»
ques du colon sont dus à un état inflamma-
“toire de ses ——— notamment dé: la
- fibreuse :
qu'il y-a des argumens décisifs qui prou-
Pres les. altérations du colon sont $e- ‘condäires à l’affection cérébrale ; tandis que, jusqu” ii, rien né démontre l'altéiation: ii n° imitive du colon ; dans la folie:
fi que rien n’a fait voir si ces vices organiques
“sont propres à un genre spécial d’ aliénation
mentale °
I # S'ys8 si
Système Bilia je
Un homme de lettres, au rapport de Mr. Scipion Pinel (à), recoit un violent coup sur l’hypocondre droits il perd à Finstant connaissance, ei vomit les alimens qu'il venait tout récemment de prendre. Le lendemain, il ressent des douleurs dans l’épigsstre, qui se propagent dans Fhypocondre droit: le pouls est dur et fréquent. : Vers le soir, le malade gagne un accts fébrile et se plaint de grande anxieté. | be septième jour, Îa peau se teint en jaune: Îe ventre. est serré, sensibles une douieur lancinante se fait sentir dans le coté droit; l’urine est brune ; les sueurs teignent les linges en jaune.
Le 17ème jour, l’état aigu s'était amélioré ; le pouls: tait moins fort, et la douleur dans la région du foie, plus obtuse. Le moral, cependant, s’aflectait: le malade devenait craintifs une chaleur incommode lui montait continuellement. au visage; il avait des vertiges, et craignait fortement de mouri. Les idées se troublent, le malade devient soupconneux, et tout annonce Île délire hypocondriaque. De jour en jour, le mal s'aggraxe, et, après neuf mois de temps, le malade cesse de vivre.
Dans les premiers mois de sa maladie, cet homme croyait voir des fantômes qui voltigeaient devant ses yeux: quelques-uns lui semblaient par-
ler
(1) Thèse inaugurale.
( 197 ) des du’ fond de ses éntraïlles. Cet état dura trois mois, ét fut remplacé par des terreurs arte et une 2 tristesse ri se LAS 28 jusqu’à la morte LT TO 10)
À Néons da corps, on trouva les organes
cérébraux dans leur état normal,
Le foie était d’un grand volume et 'anticipait beaucoup sur l’hypocondre gauche: il renfermait des squirres et des parties lardacées. Quoiqu'il ne fut pas endurci dans sa totalité, il était jaunâtre et d’une consistance assez ferme; la vésicule du fiel <conténait une petite quantité de bile rougeâtre.
- Voilà! un exemple de l’influence RENE di és sur le cerveau.
Hippocrate, Aretée, Galien, Boerhaave, ZLorry,et d’autres; ont attaché beancoup d'importance à l'étude du foie, dans l’aliénation mentale, ct principalement dans la mélancolie. ‘ Aujourd'hui, que les ouvertures cadavériques sont devepucs plus fréquentes, et qu’on met plus de soin dans :cus recherches, ce principe des anciens, que des altérations du foie ét de tout le système biliaire sont la source du plus grand nombre des mélanwolies ; ‘ne se trouve nullement confirmé par les modernes. Æsquirol (1) ne compta, sur 168 aliénés ‘mélancoliques, que deux vices du foie; tandis qu'il trouva, sur le même nombre, soixante-cinq altérations des poumons. Il rencontra deux maladies 4 de
(1) Art, mélanc. du Dict. des se. méd.
ES
de cet organe, sur soixante aliénés! en démencc. On ne voit, parmi deux cent cinquanteneuf altérations organiques . rapportées. par Scipion Pinel, que cinq Fers open horle foie (1). pion ul siotestmoL À
Il n’est donc pes étonnant, que pr pate oi ples se. présentent pour constater l’état amäladif de cet organe dans là folie. Rien n'empêche, .cepen+ dant, que les fonctions du foie né. soient troublécs dans le délire. La. sympathie. de cet. organe avée le cerveau, est une vérité que: personne: ne: contes
tera, Les commotions et les plaies: du :cerveau,
comme tout le monde sait, donnent, lieu: à l’inflammation et aux abcès du foie... Les passions forteg excitent Ordinairement la: sécrétion: de la.bile: la nature ou les qualités. de:ce fluide ont encore une
‘influence marquée sur l'intelligence . de l’homme,
Nous avons déjà agité cette questions. il serait su perflu d'y revenir. Lorry, Baglive, Hoffmann, et d’autres, décrivent fort bien. les altérations du foie qui surviennent à la suite de profonds chaz
grins; mais ce qu'ils disent de ces sympathies morbides né porte pas cette précision: avec: las
quelle on ‘aimerait à voir décider la: ratio qui nous occupe iCks ; h Ve*: GE CNRS OT … Je serais assez porté à croire que le: foie -est souvent dérangé dans ses fonctions, sans que ce trouble donne naissance à des vices organiques, et
SOiÉ
(1) Thèse inaugurale.
soit . reconnaissable par louverture cadavérique: mille nuances peuvent avoir heu dans la sécrétion biliaire, dans la circulation de ce fluide, sans que l’anatomiste découvre le moindre vestige de ces aberrations purement dynamiques: je parle, du cerveau influençant le. foie. Le foie, et tout le système de la veine-porte., sont sujets à un genrespécial.de maladies qui émanent de la structure mème de ces parties. En constituant ce système d'oxganes de, manière à y rendre la circulation du sang peu Jibre, par rapport à l'absence des valvules dans ces vaisseaux, la: nature l’a ainsi disposé aux ma- Jadies d’obstruction. :
- Les anciens. ont regardé la bile comme cause de ces sortes d’affections, et le nom de mélancolie, “qu’ils ont donné à l’aliénation mentale avec tristesse ét :fixité : dans les idées, dénote assez de quelle source ils ont fait dériver ce genre de folie, - Nous m'entrerons dans aucun raisonnement sur J'atrabile des anciens; nous ne pouvons voir dans ‘cette maladie ; avee nombre d’observateurs, qu’une obstruction ‘vasculaire du foie, de la rate, ou de tout Île système de la veine-porte. T/aliénation mentale qui accompagne cette affection doit seule ici fixer notre attention. Ce délire est absolument sympathique, et ne se développe qu'après la. manifestation d'une altération dans les fonctions du foie ct dans celles de tout le système de la digestion. La tristesse et labattement sont l'apanage de ces sortes d’aliénés ; et, si l’on pouvait assigner une aliénation de l'esprit à l’altération d’un orga-
ne,
ne, ce serait bien ici le cas d'en faire l'application. Tout ce qu'il y a de sombre, de caché dans le Caractère , appartient à Ces malades ; souvent un soin extrême de la santé occupe toutes leurs idées: c'est le cas d’une foule d’hypocondriaques, injustement désignés sous ce nom', puisque dans ces cas le soîn de la santé est très bien motivé ; tantôt le malade est dégouté de la vie et cherche, par tous les moyens possibles, d’abréger son existence. La dénomination de spleen (1), que les anglais emploient pour désigner ce genre de delire, dénote et la source du mal, et l’orgare atteint.
L'art possède un nombre. assez considérable d'exemples qui démontrent l’origine de ce délire sympathique; mais il serait superflu de les rapporter ici. Voyez, pour cet eflet, Tissot (2), Morgagni (3), Fieutaud (4), Jacobs (5),et d’autres.
Le grand développement du système biiaire infine donc sur le tempérament moral: il rend lhomme sombre et concentré ; et l’obstruction des vaissceaux, l'état maladif de ce système reproduisent en= core, au moral, ce même état de tristesse,
Indépendamment des ‘altérations que je viens
Lys | à à : de
(1) Corruption du Jatin sp{en et dérivé du grec er rate. |
(2) Zünmerman.
‘.(3) Dé sedibus et caus. morb.
ÿ {à) Historia anatomica.
(5) De melæna multiplie.
de signaler, le foie en offre dans l'aliénation men-
tale différentes autres. Georget (1) désigne com-
me les plus fréquentes.
Les tubercules de différente grandeur.
Des abcès, ou plutôt des kystes contenant un pus blanc-jaunâtre mêlé de bile.
La dégénérescence graisseuse, qui est l’altération la plus fréquente. Le foie alors est plus volumineux que de coutume; ïl est d’un blanc jaunâêtre et mollasses si on le divise, ses vaisseaux ne laissent échapper axeun liquides l'instrument reste enduit de graisse.
Sur un cadavre , cet organe contenait un énorme kyste rempii d’hydatides, lequel communiquait avec une semblable poche formée dans le poumon gauche,
Bergman, Georget, et d’autres, ont vu la substance convexe du foie adhérente au diaphragme. La vésicule du fiel contient souvent des concré= üons pierreuses. Le Professeur }7/zedeman en à rencontré une grand nombre dans la vésicule bi-
laire d’un homme aliéné depuis nombre d'années.
En autre individu ahiéné offrit, après la mort, un
corps de substance caséense contenu dans cette poehe (2).
Georget a trouvé, au lieu de bile, [un l'quide
clais
(1) Ouv. cité. pag. 499.
(2) Æufeland , Journal, T. IL: S, 383
claif et transparent; et d’autres fois une matière: blanche, crémeuse, inodore.
Le Docteur Ælayner (1) à découvert des vers dans le foie et dans les canaux biliaires d’une fernme ahiénée, et dont le délire avait été cäracterisé par un esprit de crainte, de tristesse, et d'inclination au suicide. | |
Scipion Pinel rapporte l’histoire d’un jeune. homme attemt de folie hypocondriaque survenue par suite de revers de fortune, Get aliéné devint füble et maigrit besucoup. On trouva, à l’ouverture du cadavre, uñé distension énorme de la rate, et le foie était remarquable par l’extrème diminution de son volume. Quelques points lardacés se faisaient voir dans ce dernier organe, Le cerveau n’offrit rien d’anormal (2).
D'après ce qui précède, on a déjà pu voir que quelques maladies du foie sont causes d’aliénation mentale; que d’autres ne sont que les effets de cette dernière, et qu'un troisième ordre d’aflections de cc viscère ne péut être rapporté ni à la cause, ni à Peffet du délire, vu lobscurité da RE dans l’origine du mal. |
: Quänd une cause agit directement sur le foie, et qu’immédiatement après dés symptômés d’un chan gement d’état dans les fonctions de ce viseère se
a sb quañnd le délire s'établit seulemént dans
a) Nasse Zeitsch.
(2) Thèse inaugurales | PRGNEE R]
dans le eours de cette affection, et que l’autopsie du. cadavre. confirme l'existence d'ua vice organique du foie; c'est alors qu'on peut établir, avec certitudé, que la cause de la folie réside dans cet organe. ; L'histoire rapportée en tête de cet article nous. fouxnit l'exemple d’un pareil délires et les aliénations mentales par suite d’obstructions dans le système de la veine-porte viennent encore se ranger dans la mème cathégorie.
Quand c’est une cause morale qui produit le trouble mental, et que les symptômes d’altération du système biliaire ne se développent qu'à la sui te ou pendant le cours de ce délire, le vice organique. qui s'offre alors dans le cadavre doit être envisagé, comme un eflet de l'influence du cervean sur des organes abdominaux, et ne sera jamais qu'une conséquence du délire primitif. Mais il en est tout autrement de beaucoup d’altérations morbides du foie qu’on a décrites sans en avoir étudié. les : causes ni les symptômes primitifs, et qui, pour ce motif, ne sauraient être d’aucun intérêt pour la science. Burrow, entre autres (1), a consideré, sous un point de vue général, toutes les espèces d’aliénations mentales, comme ayant une or1igine sympathique dans le foie, ‘Les bases sur Lesquelles il établit cette opinion sont cependant bien:fragiles. Au dire de cet auteur, tous les monomaniaques , tous les manfaques ,éprouveraient dans
les
(1) Horn, archiv, T. XXX. S, 201.
les fonetions du foie, des altérations plus ou moins notables: à moins, dit-il, que l’aliéné ne soit fu rieux, il sera toujours facile de s’assurer de l’état : morbide de cet organe, par l’exploration des hy= :
pocondres. Mais on sent tout le vide d’un pareil raisonnement. Burrow oublie les causes morales, ct il lui suflit de parler du foie malade: l’origine du mal n'entre pour rien dans son système,
C'est ainsi qu'il donne la description de cinq ou-
vértures cadavé ériques pour constater l’altération
morbide du foie dans l’aliénation mentale: trois des :
individus, qui font le sujet de ces remarques , dit-il,
offrirent une lésion organique du foie, sans état : maladif du cerveau : les deux autres avaient éprou- :
vé des convulsions, et présenttrent le cerveau gorgé de sang, et le foie atteint de pu organique.
Une telle description laisse trop à à désirer pour.
qne nous nous en occupions d'avantage.
Il serait impossible d’atiribuer aux maladies du
foie une aliénation mentale particulière : déjà , nous
avons discuté ce point de doctrine en parlant d’au-
tres organes ; mais toujours même embarras: les
observations exactes nous manquent pour décider :
cette question. Cependant, comme il vient d’être
dit, les maladies du foie et celles de tont le systè+:
me de la veine-porte sont remarquables par un:
délire fixe, par un état de tristesse, d’abattement,
d’hypocondrie ou d’ennuï de la vie.
Je suis porté à croire que cette espèce d’altéra-
tion intellectaelle appartient à nombre de maladies-
du foie; mais il serait inexact d'attribuer ce délire ex
exclusivement aux maladies de cet organe; puisque. l'hypocondrie, le suicide, et la mélancolie, peuvent résulter d’une affection morbide de tous les organes abdominaux , même de ceux du thorax. Je n’oserais, ce qui plus est, soutenir que la manie la plus furieuse ne puisse provenir d’un vice du foie, comme de celui de tout autre viscère abdominal: c'est ce que les ouvertures cadavériques ont prouvé, quoique rarement. Les considérations dans lesquelles je viens d'entrer relativement au foie, peuvent s'appliquer à la rate, et à tout le système de la veine-portez; aussi ai-je envisagé ces diffé rentes parties sous un même système, puisque la disposition organique en est la même, puisqu’encore ils concourent au même but. J'aurais pu y joindre le pancréas, peu connu dans ses fonciions, mais dont on a reconnu, dans quelques cas rares, l’altération dans l’aliénation mentale. Bichat (1) veut que cet organe soit souvent attcint dans l’hypocondrie. Scipion Pinel rapporte ce fait:
un homme sain et robuste fait une chute sur la tête, et se fracture les os du crâne: il devient imbécille. À l'ouverture de la tête, au lieu d’une lésion du cerveau, des méninges, ou de la boite osseuse , on trouve un squirre du pancréas,
LA
Les auteurs ont rapporté des altérations du pé= Tr
(1) Recherches sur la vie et la mort, pag, 53.
ritoine et de ses divers replis, comme du mésentère et des épiploons. ‘Tout ce qu’on a dit sur cette membrane présente peu d'intérêt pour l’étude des aliénations mentales: ces altérations se rapportant presque toujours à une inflammation. antécédente. Un fait décrit par Sc. Pinel démontre l’état maladif du péritoine, sur une femme devenue maniaque et mélancolique à la suite d’un profond chagrin. Elle était triste, abattue, immobile et insensible à tout. Elle avait constamment les yeux fixes et levés. A l'ouverture du cadavre, on trouva une grande quantité de fluide purulent dispersé dans toute la cavité abdominale. Dans plusieurs endroits, le péritoine était couvert d’un fluide albumineux, et montrait les restes d’une violente inflammation: les intestins avaient pris de ladhérence entre-eux; lépiploon était ulceré en différens endroits; l’intérieur du tube alimentaire se trouvait sain, à l'exception du cœcum, qui offrait quelques points d’inflammation ; le foie était couvert d’une membrane albuminense, Voilà encore une inflammation occupant une partie organique de Pabdomen et survenne à la suite d’une passion triste: nous ayons annoté ce phémomène, en parlant de la nostalgie. On trouve donc toujours le chagrin, la tristesse, la mélancolie sombre, quand il s’agit de la sympathie du cerveau sur l'abdomen, et de celui-ci sur le cerveau; quoique des exceptions se présentent à cette règle éminemment générale: la manie par exemple, qui survient à la suite de l’inflammation du péritoi-—
( 4# ) toine chez les nouvelles accouchées. On n’eît ja mais plus embarrassé que quand il s’agit d'établir des règles générales: les exceptions se préssent toujours en foule. |
Un mot sur l'utérus.
On a dit, avet raison, que cet organe ést le Principal mobile des actions de la femme. Voyons la mariée, la veuve, éelle qui éprouve les rigueurs da célibat; voyons encore la femme à la puberté, et dans l'age critique; quels changemens rerarquables le moral n’offre-t-il pas dans ces divers états, dans ces diversés périodes de la vie?
N’est-elle pas plus irascible, iñéins raisonnable, vers l’époque de ses règles? La fille pubèré n’éstelle pas troublée nd un mot indécent x ane fem me mariée écoùte à à peine ? ?
Esquirol (1) a connu une demoiselle qui des vint aliénée par la suppression de ses règles. Un jour, en se levant, elle court embrasser sa mère: maman, je suis guérie!.…… ses menstrues venaient dé couler spontanément, et sa raison se rétablit aus=
sitôt.
Le même auteur rapporte qu’à la Salpétrière il se trouvait une femme qui, à la premièré menstrtiation, était devenue folle, et qui guérit à quarante deux ans, lors de la disparition des menstrües (2) L’a-
(1) Art. folie du Dict. dés scienc. médi (2) Idem:
. L’aliénation mentale qui survient à la suite des couches est encore un exemple de la sympathie morbide de l'utérus sur le moral. Esquirol a démontré (1) que la proportion des aliénées par suite d’accouchement est, à la Salpétrière, comme 1 est à 11 ét 3 Elle est d’un septième dans les classes élevées
Sc. Pinel (2) rapporte le cas d’une manie survenue par suitede la suppression des lochies à laquelle avait donné lieu une péritonite aigue. Le quatorzième jour il survint un délire maniaque des plus furieux ; ja péritonite se guérit assez promptement, mais l’aliénation mentale persista pendant cinquante=trois jours. |
le mème écrivain compte, sur deux cent cinquarte-neuf ouvertures de corps d’aliénées, quatre lésions organiques de l’utérus, et deux lésions organiques des ovaires.