‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénésChapitre 17 sur 39 · MENTALES ET A LEURS MOYENS CURA= 13 TIFSS · texte numérisé non relu

MENTALES ET A LEURS MOYENS CURA= 13 TIFSS

Lorsqu'il s’agit d'établir les principes de la cure’ morale , l’entendement humain doit être ‘envisagé comme un ensemble de fonctions dans‘lesquellés le médecin psychologiste détermine des modifica= tions diverses, dont le but doit tendre à changer l’état maladif d’une ou de plusieurs de ces fonc— tions, : En ignorant l’état ‘naturel de ces fonctions:

L 4 on

on ne saurait rempli ce but; on saurait encore moins Le remplir, si l’état pathologique de ces mêmes fonctions nous était inconnu dans la folie.

Dans mon premièr mémoire que j’eus l’honneur de présenter à l’honorable commission, je n’avais que superficiellement traté des fonctions intellectuelles considerées dans leur état de santé. L’hoxorable commission a jugé que ces remarques étaient susceptibles de plus grands développemens, et c’est à son invitation qu'est du l'écrit qu'on va lire. |

Jdéologie.

La plante me se déplace point, et c’est dans le sein de la terre qu’elle puise sa nourriture. Chez Panimal, à cet arbre de végétation, sont assujéties d’autres fonctions, dont le but est de mouvoir, de déplacer l’individu; de lw faire sentir ses besoins, et de veiller à sa conservation. Plusieurs animaux ont ces fonctions divisées, éparpillées , en différentes régions du corps: l’homme, et un grand nombre d’autres anmmaux , les ont toutes rassemblées en un mème point, et on nomme cerveau l’organe qui en est le siége.

C’est, un instrument adapté à la vie végétative de l'individu ; un rouage dans le grand mécanisme de lanimal. On doit le considérer comme um poiut central, qui est affecté de tous les objets qui euvironnent l'être auquel il appartient; qui recoit des impressions de tous les organes , .de cha-

que

(Ce

que partie du tout commun de l'animal; il est l'intcrprète du besoin des viscères; il songe à la éonservation de l’individu, et préside à la propagation de lPespèce. (C’est un point central qui envoie, au loin, des prolongemens nerveux, par lesquels lPanimal est averti de la présence des corps extérieurs, et qui portent, dans les organes locomoteurs, le principe de leur action. C’est encore un point central qui est le siége des opérations les plus admirables, et qu’on a nommées eztendement, intellect, pensée, &c. L’homme seul se distingue, d’entre tous les animaux, par la complication et l’éminence de ces dernières fonctions.

Les remarques que nous avons déjà faites sur l'ame se lient avec celles dans lesquelles nous allons entrer sur l’entendement humain. Les premières sont des généralités: celles qui suivent, des détails. Je n’aborde un tel sujet qu’avec le sentimént d’une crainte bien fondée. Dès l'antiquité là plus reculée jusqu’à nos jours, on n’a cessé d’expliquer les admirables phénomènes de notre entendement, et malheureusement, de nos jours, on n’est pas beaucoup plus instruit, en cette matièré , que ne l’ont été les philosophes de lantiquité. De nombreux systèmes ont été proclamés , embrassés même avec enthousiasme, mais, tous laissent dans l'esprit un vide immense.

L'entendement c’est la réunion de toutes nos connaïssances, et l’action de nos facultés intellectuclles. de. PRE

L L'hom-

QT

L'homme aurait, d’après Pythagore, $ocrates, Platon , Proclus, et d’autres une existence indé pendante des sens, €t apporterait, en naissant , un certain nombre d'idées. Il est à régretter que des remarques vraiment judicieuses aient été submergées,, par Ces auteurs , dans une mer de raisonnemens incompréhensibles. Éd

Démocrite, Épicure, Aristote, et nombre d’ autres anciens philosophes ont proclamé que, toute notre intelligence réside, uniquement dans les sensations , et quelle ne se compose, en tout , que d’impressions déjà reçues. Aristote s’est exprimé , la, dessus, en,termes formels, disant : : « Nihil est in intellectu quod prius non fue- «rit ën sensus”

Naquit Bacon qui admit le premier , parmi. Les. idéologues modernes , la. théorie des sensations, comme. élémens de notre pensée. . Il à eu pour successeur Locke, qui s’est emparé de ce systèine 3 pour y donner une,. extension démesurée.. Locke a eu; "dans . Pabbé. de Condillac , un ar= dent partisan, Ce dernier, homme d'un rare ta, ent, a Su, par une pureté de langage, une élégante simplicité ,. envelopper la théorie des sensations, de séduisans attraits. Îl a trouvé , dans Crichton et Destutt- Tracy, des. partisans et de sages criti= ques. s- LS hé

. Descartes croyait. : aux idées. innées, et c'est en cela que sa doctrine est vicieusc; mais il a jeté, les plus grandes lumières sur l Idéologie. Il dit,

en

Fa, à.

en peu ide, mots, que l’homme a la faculté. de penser; mais, que, la pensée | doit être, excitée par les sensations. . S'il, n’ayait ajouté à cela les idées in- NÉCS 4 Sa doctrine aurait renfermé tout ce qui a été dit après : lui. | |

. HVolf a également reconnu | es spontandité dé ame dans la pensée. Hoffbauer , Leïbnitz , et d’autres philosophes Allemands, ont démontré, avec mon moins de. HE l’invraisemblance de l'axio= me d’Aristote. , … Shi à. | u

. était réservé ; à . La Romiguière de dissiper une foule de nuages. qui couyraient cucore la théo- | rie de ses prédécesseurs. : à

Le plan et le, but de, cet o ouvrage ne. me permettent pas d'entrer en de plus longs détails sur

ces différens . systèmes : mous, allons. donc. aborder

les questions suivantes. .

….L’ame, le.centre: intellectuel, l'intellig vence, cles qualité de Zhomme » par laquelle | du sent. qu'iliest distinct. de jout ce qui l'environne 3 par laquelle » encore ;, il.@ le sentiment de sa propre existence... est-elle douée d'une acti= vilé spontanée ?..... * . ame peut-elle HYCTES ce que jamais Les” sens R'ont perçu ?: | Noire, intelligence $e. RÉ d'au= res. actes; que de sensations : ER 7 Les gba et de l'ame, dit Condillac , na successivement de la sensation; elles ne sont que la sensation même transformée pour : devenir chacune d'elles ; toutes les opérations de lame, en un mots

mot, selon cet idéologiste, ne sont que la sensation qui se transforme différemment (1).

Condillac a perdu de vue les sensations qui arrivent des viscères, et, de ce côté, sa théorie est imparfaite. L’homme, selon Condillac, est un être qui puise tous les élémens de son intelligence dans l'extérieur. Il suppose une statue dont les sens s’animeraient successivement, et prétend, par là, expliquer la source et la filiation de toutes nos idées. Il néglige encore les idées qui viennent de la réflexion ; il ne distingue point, dans la pensée, l'eflet de la cause, et ne sépare point la faculté de l'âme de la sensation.

Dans le sens de cette doctrine, avoir une idée c’est sentir, goûter, voir, entendre, souffrir, ow vouloir une chose; toutes nos idées, complexes ou non, ne seraient qu'une chaine de sensations externes diverses et entrelacées de mille manières. Un homme, dit Locke (2), privé par la naissance du sens de la vue, ne connaîtra jamais les couleurs ; et Locke cite, à cet effet, un aveugle pour qui la couleur rouge avait beaucoup d’analogie avec le son de la trompette: cette individu ne pouvait avoir l'idée de couleur, puisqu'il était privé du sens de la vue; l'idée qu’il attachait à cette sensation était celle qu’un autre sens avait déjà fourni à son esprit. Locke a voulu démon-

| trer

(1) Essai sur l'entend. humain, (2) Idem.

trer”, par cet exemple, qu'on ne peut avoir d'au tres idées que celles qui nous viennent des sens.

Destutt- Tracy (1}, quoique adoptant en grande partie le système de Condillac, a mieux apprécié les sensations ; il dit bien : toutes nos perceptions sont des objets que nous sentons; c’està-dire des sensations auxquelles on a donné difiérens noms; mais, il a profité de la division des sensations faite par Cabanis : il les a distinguées en externes et viscérales.

Nos sensations entrent, pour beaucoup , dans la pensée. et certes, dans plusieurs circonstances, la netteté, et l'abondance des idées dépend du nombre et de la clarté des sensations que l’on éprouve: nous oserions même dire, avec Crichton, quelles sont la mère des opérations intellectuel les (2). Le cercle de nos connaissances s'agrandit par les sensations externes; elles sont la base de notre entendement: l’homme qui n'aurait vu, de sa vie, que du pain, de l’eau, une surface de terrain, et une étendue d’air, serait, du côté de lintellect, plus borné qu’un autre, chez lequel les sensations auraient été plus nombreuses, et fréquentes: meis, dire que toute notre intelligence réside dans les sensations; que toutes nos idées, aussi complexes qu'on les suppose, ne sont qu'un en-

tré

(1) Ideol. pag. 239.

(2) Inquiry into the origin, of mental derang. pag, 150. trad. d. Æoffdauer. | |

("284 }) -trelacement eur gaie | diverses; ne sont que couleur, bruit, son odeur, saveur, on attouche- “ments: que le jugement, la volonté, les désirs, les ‘aversions ne sont que des sensations recués et sous -diffevéns noms, me parait un se nn des plus ‘inadmissibles. Ésieirs

L'eutendement s’appauvrit par le manque d’un ‘on de plusieurs sens, | Cette proposition est sans ‘réplique: mais, si l'intelligence dépendait exclusi- vement des sensations, on: la trouverait invariable- ‘ment plus développée chez les sujets chez les quels les ‘sensations sont vives. L'esprit, comme l’a ‘très “bien dit ÆHelvétius (1), n’est pas en raison de la vigueur des sens; mainte personne les possède à «un degré de susceptibilité extrème, et ne présente ‘cependant qu’un esprit très borné. Nous en con: ‘naïssons d’autres, remarquables. par l’imperfection dessens , chez les quelles l'intelligence jouit de facultés ‘extraordinaires. Buflon était myope, et Hernèxe devint aveugle étant encore jeune.

S'il est vrai que le développement de l'esprit dépend de lPénergie des sensations, à coup sûr, la femme doit, de ce côté, avoir la supériorité sur l'homme. C’est ce que, cependant, l’observation journalière ne confirme point. D'ailleurs, qu’on ‘parcoure toute la série des animaux quadrupèdes ét autres, et il sera facile de se convaincre que là, où les sensations et les sens sont les plus dévelop-

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