‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénésChapitre 18 sur 39 · PS · texte numérisé non relu

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(1) De l’homme, pag. 117. | 4

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pés, on ne rencontrera, très fréquemment, qu'u un esprit borné. Le singe, par ex. (1), chez qui la sensibilité est si exquise, ne possède cependant pas assez d’esprit pour alimenter un feu prèt à s'éteindre, avec des morceaux de bois voisins de la flamme. Tous les hommes ont été doués des mêmes sens, dit La Romiguière; recoivent les mêmes impressions ; ; is éprouvent des sensations semblables; et ccpendant, “a elle différence prodigieuse dans leur intelligence! Et dans un autre en droit de son excellentouvrage (2): ve ce des con leurs, on fera des couleurs, avec des sons, on fera de la musique: on ne fera pas de la morale.

Les auteurs de la doctrine des sensations ont dit : pour se convaincre combien il est vrai que notre intelligeuce se compose de sensations D F on n’a qu'a songer à un objet, à un être qui n’a jamais touché nos sens; dans le même instant, une sensation déjà reçue, remplacera ce mème “4 jet. Par ex.: le médecin, en se figurant l'esprit vital qui anime l’organisme, l’action de notre sysième nerveux, se représente ou la vibration d’une corde, un fluide, où un æther. Celui qui se for me une idée de l’être suprême, prend, ordinaire-

ment, la figure humaine pour prototype.

Ces argumens, . ni au premier aperçu parais= sent décisifs, ne le sont nullement. Celui qui prend

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+: 1) Dict. des scienc. IMOdiCs : | (2) Tom, IL. pag. 164 ae

une sensation, déjà reçue, pour se représenter un objet qui n’a jamais passé par ses sens, ne raisonne pas; il ne fait, comme on dit très bien, que sentir; mais, quant il se dit: tont ce qui m’environne annonce l'existence d’un créateur, et me donne la conviction de son inpénétrable et sublime sagesse, reproduit-il encore des sensations recues ? L’idée de grandeur qu'il attache à la Toute- Puissance Divine, la conviction qu’il a de la création, ne sont-ce pas là des idées abstraites qui, en elles-mêmes, ne portent aucune sensation externe. Le médecin qui entrevoit partout l’esprit vital, et qui ne le voit jamais, qui dit: j'ignore la nature et les qualités de ce principe, mais Îles phénomènes de la vie n’annoncent qu'il existe, se trouve dans le même cas. L'idée qu’il se forme de existence de ce principe, sans l’avoir jamais perçu par les sens, est encore un pro- ‘cédé de lintellect qui ne peut se rapporter à aucune sensation reçue. Je dirai plus: l’aveugle, le sourd, le muet, n’ont-ils pas l’idée de vertu, de beau-moral, de justice ?

Ce n’est pas que de telles idées émanées du centre intellectuel même ne méritent le nom de sensation : elles doivent avoir ce nom; puisque elles sont toujours, pour l’âme, une sensation, un sentiment, mais non dans Îc sens qu’y attachent Locke, (Condillac, et d’autres La Romiguière a fort bien établi que, dans l'esprit de l’homme, il n'y a aucune idée qui nait son origine dans quelque sentiment; mais ce vaste génie nous a fait

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éonnaftie que toutes les idées ont leur source dans le sentiment, et leur cause dans l’action des facultés de l’entendement. Il fait une distinction entre les sensations provenant des sens et celles qui émanent, de :nos. facultés. intellectuelles mêmes (1): nous connaissons autre chose que les objets extérieurs et leurs diflérentes qualitéss nous avons l'idée de notre propre entendement, le sentiment de, notre ame, Nous avons, quoique Helvetius ait voulu soutenir le contraire (2), l’idée de ressemblance , d’aualogie, de cause et d’effets nous avons celle du bien et du mal moral, d’utile, de nuisible ;: de, liberté, de préférence , de faiblesse, de force opprimée, de crime triemphant &e. Note intellect a plus que de simples i impressions sensitives externes,

C'est par cet nitert cétbut. que Fm s'élève au dessus des animaux. L’homme réfléchit, et la réflexion est le miroir de son intelligence. Il se sent méditant, sentant, agissant, et, pour nous servir d’un expression peu propre, nous dirons que l’homme qui réfléchit a, en quelque sorte, l'organe de la vue tourné en dedans. La conscience de son propre individu est l’attribut de l’homme parfait. C’est ce qu’on appelle le MO L'enfant voit, entend, goûte, sent; mais il se sent, seulement comme sensation de plaisir on de

dou-

(1) Leçons de philosophie, tom. Il. nag, 170, (2) De l’homme, pag. 88.

(ee) douleur. C'est encore ke cas de la vieilesse décrépité , de l’homme hébété, dut Fr idiot , de Paliéné en ‘démence ste. | à | D'après ce principe, il y a x ait deux sortes d'idées; une qui vient directement des sens, et uné autre qui prend sa source dans la réflexion. Descartes avait déjà fait apercevoir cette différence , et, cest A-peu-près la même division qu'a faite Kant, en distinguant nos sensations en objéctives et en subjectives. Les premières naissent des sens; les autres de notre intelligence, de 8 réflexion, du raisonnement. | Destutt-Tracy G). a mal expliqué l’entendement humain en disant : penser n’est rien que sentir et se réduit à sentir des sensations proprement dites, des souvenirs, des rapports, et des désirs. * Penser, dans le fait, est un état actif de notre intelligence ; ; c’est la formation d’ idées : et sentir est recevoir des sensations, soit de l'extérieur, soit de l'intérieur du corps, soit de la réflexion: c’est un état passif. La Romiguiére va plus loin: se- Jon hui, les idées, que l’on percoit par les sens, ne peuvent jamais se changer en idées de rap- “port, en idées morales: elles ne sont que le sti- ‘mulus , pour s'exprimer ainsi, qui met en action la paie ou Pêtre gré à produire les sui de rapport. | | Quand un corps, nn objet, agit sur nos sens, Déneonuse pie

(1) Idéologie , pag. 442%

où que les viscères transmettent, envoient au cerveau le sentiment de leurs besoins, il peut en résulter deux phénomènes distincts l’un de l’autre: ou notre centre intellectuel ne perçoit point l'impression faite sur les organe des sens, ou il en est. averti. Dans le premier eas, c’est une simple impression, dans le second une perception. -

L’impression, ce qui mérite toute notre attention, peut cependant provoquer des actions dans le :cerveau à l’inscu de Pindividu même: c’est-àdire qu'un homme peut être placé dans des circonstances Où ses nerfs transmetteut à son cerveau des modifications et y sollicitent des actes , auxquels la volonté ne prend aucune part, et que l’ame ignore parfois complètement.

La perception est la sensation proprement dite par excellence; elle suppose toujours l’action d’un objet qui s'exerce sur les organes des sens externes ou sur les viscèress la transmission de cette action au cerveau, et le cerveau qui en fait part à l’âme: elle suppose encore les sensations qui arrivent de la réflexion (1). C’est cette manière d’être de nos sensations qui constitue l’idée. Nous avons une idée, quand nous percevons un objet quelconque avec toutes ses couleurs, avec tous ses attributs. Démêler, distinguer, apercevoir, connaître, c’est avoir des idées.

Nous avons un exemple frappant des sensations

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