PRÉDISPOSITIONS
dans les conse'(^ienccs qu elles peuvent avoir, est, il faut en convenir, hérissée de difficultés. Quelque grandes que soient l’habileté et l’expérience du praticien, il lui est bien souvent impossible de reconnaître que tel dérangement, survenu dans les fonctions de la matrice, est le premier signal d’une altération organic|ue , qui ne se montrera dans toute son évidence qu’ après de longues années révolues. Et cependant cette prévision est d’une haute importance pour la thérapcuticjue. Aussi devons-nous chercher à préciser autant cpie possible , sinon toutes les circonstances cjui peuvent la faire naître , du moins celles c|ui sont le plus capables, d’après l’expérience, de lui donner le plus de probabilité.
Etaljlissons en thèse générale : 1° qu’un dérangement des fonctions présuppose une altération quelconque dans l’organe qui les exécute ; 2“ que les anomahes des fonctions exercent par leurs fréquentes répétitions, sur ce même organe, une influence fâcheuse cpii hâte les progrès de leur altération primitive.
Les recherches sur les maladies de l’ utérus auxquelles nous nous sommes livi’é, nous ont mis a même de constater cpie les anomalies de la menstruation, telles que l’alDsence complète des règles, leur établissement orageux, leurs nombreuses irrégularités dans leur cours et à l’épocpie de leur cessation, étaient plus souvent l’effet que la cause des altérations organiques de la matrice. Les memes Aues s’applicpient aux pertes utérines, que nous distin guons du flux menstruel abondant et des liémoi-
Aü CANCER.
rJiagles qui ont lieu durant la grossesse ou pendant et aprèé raccoucliement, et qui de'pendent de circonstances inhérentes à la gestation et à la parturition ; c[ue nous ne confondons pas non plus avec celles qui peuvent se faire par simple exhalation comme dans Fépistaxis, et cjui ne constituent point un état maladif qu’on doive combattre , à moins qu’eUes ne soient excessives ; mais cpie nous rapportons dans la grande majorité des cas à un état morbide latent de l’iitérus destiné à faire irruption tôt ou tard, si la puissance de Fart ou la pi’évoyance delà la natuz’e n’y mettent pas obstacle.
Dans une de ses leçons cliniques, M. Lisfranc (1) dit que la métrorrhagie est à la matrice ce cpre l’hémoptysie est aux poumons. De même cpie ce dernier symptôme existe rarement sans altéràtions organiques du tissu puhnonaire , de même une perte utérine de quelque durée indicpie prescjue toujours une altération organique de l’utérus. Et plus loin, ce professeur affirme que, sur le nombre immense des femmes cpi il a examinées, il n’a pas trouvé une seule exception. Il ne nie pas c[ue la métrorrhagie puisse exister sans altération locale , mais il déclai’e qu’il n’en a point vu d’exemple.
L opinion de cet habile praticien est aussi la nôtre. Nous portons même plus loin nos prévisions en rattachant, comme effets, aux lésions primitives de Tutérus, les dérangemcns nombreux et variés
(1) Gv/üclto médicale.