PRÉDISPOSITIONS
qui s’otserycnt dans scs fonctions. C’est iiinsi que nous rapportons à une disposition morbide de la matrice les règles difficiles et doulom’euses qui ont lieu généralement chez les femmes nerveuses et iiritahles, et j>ar cela même plus exposées tpielcsautrès aux affections cancéreuses de la matrice , et les ii^régularités de ce flux, soit dans sa quantité, soit dans la diuée des intervalles qui sépiu’ent ses retours pjéi’iodique,s , lorsque ces irrégularités ne dépendent pas des diversions produites dans son coius par la maladie ou l’irritation d’un autre organe. Plusiem’s observations que nous avons recueillies dans notre pratique, nous portent à penser que certains accoudjernens laljorieux, par l’excès des douleurs, pai’ la longueur du Uavail , par les positions vicieuses de Penfapt , lorsque les parties molles et osseuses de la mère n’ offrent aucun obstacle , reconnaissent pour c^use qn état pathologique de la matrice. On peut encore hu attribuer souvent les adhérences et les altération^ du plaicenta, qui rendent parfois la défivrance si difficile •, le flux leucorrhéique lui-meme, lorstpi’il prend sa som*ce dans la cavité utérine , et cette foule de symptômes nerveux ineohérens
que bizarres cpii caractérisent l’hystérie chez les femmes. Nous élirons, avec le praticien habile que nous venons de citer, que tous ces phenomenes morbides divers sont, dans le plus grand nombre des cas, sQus la dépendance d’une lésion organique de l’iiterus dont les conséquences funestes sont a redouter lorsqu’on les voit persister pendant long-lcnips , malgré
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l’eniploi des moyens thérapeutiques çonvepahleinent administres.
Ces craintes se réalisent bien plus souvent si les femmes cpii les fontnaître, indifferentes sur leu]r position, ignorantesdudanger qu’elles couvent, ou entrai! neespaid’attraitdesplaisirs, s’en tiennent aux jpoyens palliatifs applicables au seul moment oii les a,ccidens
existent, et négligent ceux que prescrivent les |ois de l’hygiène et mie thérapeutique sage et prévoyante.
Les alterations que nous venons de signaler, légères dans leur principe , se dissipent souvent avec facihté sous 1 influence de soins biens ordonnés j l’organe revient à son type normal et scs fonctions reprennent leur com’s régulier. Si elles persistent , elles doivent éveiller toute la sollicitude du médecin; carie plus souvent alors elles se lient à une disposition générale de l’organisme, contre lacjuelle toutes les ressoiu’ces de 1 art doivent être dirigées , bien qu’elles échouent dans le plus grand nombre des cas.
Jusqu’ici nous avons considéré les déran-o-einens de fonctions de la matrice comme effets et comme symptômes des altérations primitives de cet organe.
Il faut aussi reconnaître le rôle très-importaiU que ces dérangemens jouent dans le développement des maladies organiques de 1 utérus. Ils aggravent tellement le mal dans quelques cas, cpi’on serait tenté dç le leur attribuer complètement. Ainsi , des hémorrhagies uteiines se renouvelant fréquemment , laissent chaque fois la matrice dans un état de surexcitation et d’cngoigcment qui amène l’induration et
PRÉDISPOglttONS
rhypei’tropliie de son tissu, lilles préparent ainsi la dégénération cancéreuse , qui finit par avoir lieu poxu’ peu qu’il existe chez la malade d’aptitude à cette maladie.
Il est bon néanmoins de reconnaître que les congestions saViguines donnent plus souvent naissance aux engorgemens simples ou inflammatoires qu’aux affections cancéreuses. Celles-ci les produisent plutôt cpi’ elles n’en dépendent ; leur marche et lem’ développement étant subordonnes a des conditions organicjues particulières et differentes de celles qui constituent l’état inflammatoire , et ces conditions se rençontrant plus rarement que celles de I inflammation , on conçoit pourquoi il succédé aux congestions sanguines de 1 utérus beaucoup plus d indui ations c£ue de cancers.
Soit qu’on les considère comme cause ou connue effet, ces congestions sanguines n’en doivent pas moins fixer l’attention du praticien. C’est toujours un grand soulagement poiu' 1 organe malade que d’en être débarrassé par les moyens cpie l’art possède , et dont le premier est sans contredit la saignée révulsive , praticpiée aussi souvent que la position l’exige.
Les signes des prédispositions au cancer, fournis par l’organe même ou il se développe, ne sont pas les seiüs rp’un observateur attentif puisse reconnaître. Il peut fonder ses prévisions sur d autres colisi dérations qui , bien c[ue moins explicites , n ritent pas moins une sérieuse attciilioii. L hérédité ,
AU CANCEk. Si
l’organisation particulière de la femme qu’il examine , ses goûts , ses besoins , ses habitudes , sa manière de vivre, peuvent procurer des renseignemens précieux. y\jnsi , les femmes chez lesquelles se rencontrent cpielques unes des anomahes menstruelles que nous avons signalées, et qui, de plus, sont d’une constitution nerveuse et irritable , tomanentées par des névroses des organes digestifs , par des désirs vénériens sans cesse renaissans , c|ui se livrent avec excès au coimnerce des hoimnes et à l’intempérance, dont la vie morale et physique est en quelque sorte tout utérine , qui passent leur vie dans l’oisiveté et dans les plaisii’s bruyans et tumultueux du grand monde , cpii doivent le joim à des parens cancéreux , qui , dans leurs frères et sœufs , comptent des victimes de cette afFreuse maladie , qui ont eu des suppressions de flux habituels , d’éruptions cutanées, des douleurs névralgiques et rhumatismales ou goutteuses , des avortemens et des accouchemens laborieux , ont à redouter, plus que les autres , une affection organique de la matrice.
Cependant, il faut 1 avouer, des dispositions toutes contraires n’empéchent pas quelquefois le développement de la maladie. Nous exposons les faits généraux cpii caractérisent les prédispositions au cancer , sans rejeter les faits particuliers qui forment de nombreuses exceptions , et sur lesquels nous aurons occasion de revenir lorsque nous traiterons des eauses.
CAUSES DU CANCER
Causes du cancer de la matrice.
Si, à l’exemple des médecins physiologistes, on considérait le cancer de Tutehms comme une maladie déterminée par les inflammations qui l’affectent, les causes de ces inflammations seraient les causes éloignées du cancer, et ces inflammations seraient ses causes immédiates. Il ne resterait qu’a rechercher comment ces phlegmasies s’établissent , à les combattre à temps et à les détruii’e , pour prévenir la dégénération squirrheuse et cancéreuse qui leur succède. Mais si ces phlegmasies persistent pendant de longues années , si elles résistent à tous les traitemens et font sans cesse des progrès, produisant des altérations de tissus qui lem- sont propres et qui ne ressemblent en rien a celles caractéristiques du cancer, comment peut-on les considérer comme la cause prochaine de cette maladie? Si, d’autre part, le cancer commence , se développe et atteint quelcjuefois son plus haut degré d'intensité, sans qu’il se soit manifesté aucun symptôme inflannnatoire sur l’organe où il a son siège , c[uel rapport de cause à effet peut-on étabbr entre l’inflammation et le cancer ?
Les prédispositions ou la diathèse, que nous avons admises , constituent la cause organique du cancer ; toutes les circonstances, et l’inflaimnation peut en être une très-active , qni mettent en jeu cette diathèse, qui donnent l’impulsion à ces prédispositions, sont autant de causes déterminantes de la maladie.
DE LA MATRICE
L’impossibilité où l’on est ([uelquefois de constater l’action de ces causes efficientes force de reconnaître que le développement du cancer peut être spontané, et qu’il peut avoir lieu par l’effet de sa seule puissance d’évolution , sans le concours d’aucune cause appai’ente.
Notre manière d’envisager le cancer, comme dépendant d’une disposition organique partieulière , fait perdre aux causes qui le déterminent beaucoup de leur importance. La diathèse caneéreuse nous est inconnue dans son essence ; nous ignorons d’où elle provient, si elle reeoiinaît des causes occasionclles, si elle est innée ou acquise ; nous nous bornons à l’admettre comme un fait. Le cancer cjui en provient est ce même fait, réalisé par des causes diverses et qui diffèrent peu de toutes celles cjui produisent la généralité des maladies. Bien plus, le cancer de la matrice doit son développement bien plus frécpiemment 'a la force de la diathèse cpi’à l'action de ces causes accidentelles qui produisent plus sûrement des états pathologiques inflammatoires ou autres, que des affections cancéreuses. Ainsi on observe des cancers de 1 utérus chez des femmes qui ont toujoiu’s joui d une santé florissante, qui ont mené une vie toujours régulière , dont les fonctions utérines n’ont jamais présenté d’anomalie cpi’au moment de l’apparition de la maladie, qui ont usé avec la plus grande modération des plaisirs de l’amour, qui étaient indifférentes à ces plaisirs ; clicz des femmes vierges encore et qui n’éprouvent aucun besoin ni
CAUSES DU cancer
aucun désir des rapports sexuels. La cause de la maladie reste inconnue, et le mal n’en parcourt pas moins ses pe'riodes , avec son impertui’bahle persévérance , jusqu’au terme fatal.
Dans d’autres circonstances, des causes légères, et nullement en rapport avec la gravité de la maladie , semblent la déterminer; elles laisseraient l’esprit confondu devant un si grand résultat, s’il ne remontait pas plus haut au-delà de cette minime apparence , pour retrouver dans la disposition organique de la matrice la véritable cause de sa désorganisation. Il y a de si grandes disproportions entre de pareilles causes et les terribles effets qu’on leur attribue , cju’on ne peut les considérer cpie comme de simples circonstances déterminantes d’im état pathologique inhérent à la constitution.
Si le cancer ne différait pas essentiellement des maladies inflammatoires , par exemple , les memes causes cjui déterminent celles-ci , lui donneraient naissance dans une proportion de fréquence au moins égale. On le verrait succéder aux inflammations les plus graves , aux indurations , aux solutions de continuité étendues et anciennes , et souvent entretenues par un mauvais traitement ; états pathologiques qui produisent déjà dans les tissus un commencement d’altération, cjui serait un premier pas fait vers la désorganisation cancéreuse.
Il n'en est cependant pas ainsi; les inflammations aiguës et chronic[ues de la matrice peinent dans quelques circonstances donner lieu au développe-
ment du cancer ; mais , à l’instar des autres causes , en mettant en jeu e principe morbide dont il dépend. Il répugne d’admettre rpie les indurations cpi’ elles produisent puissent se convertir en dégénération cancéreuse en l’absence de toute diathèse. Ces indications persistent pendant des aimées entières dans des matrices cpii ne deviennent jamais cancéreuses , et cette funeste désorganisation a lieu souvent sans être annoncée et précédée par aucun des signes qui appartiennent à l’inflammation chronique. Celle-ci a une marche, une terminaison, une curaliilité qui la distinguent essentiellement du cancer; elle pourrait dans quelcjues cas être l’effet plutôt que la cause du cancer.
Les auteurs ont avancé cjue le cancer de la matrice reconnaissait pour causes des jouissances précoces , l’avortement (ils auraient pu ajouter des grossesses pénibles et tres-réitérées , des accouchemens laborieux) , l’extrême sensibilité de la matrice, la stérilité .même, qui en dépend fréquemment , les rapports fréquens avec des hommes dont la verge trop longue vient heui’ter douloureusement le col dans le coït, les maladies syphüiticpies. Aussi font-ils mourir la plupart des femmes publicpies d’un cancer de l’utérus.
^ Et a coté de ces causes viennent se ranger le céhbat, 1 abstinence des plaisirs del’amour , l’époque criticpie, les affections morales tristes, et la plupart des circonstances qui exercent une influence irritative sur le système nerveux.
Nous ne pouvons nier la toute-puissance de ces
CAUSES DU CANCER
causes diverses pour provoquer le dcvcloppemcnl de la diathèse cancéreuse; mais l’impuissance de <jes mêmes causes à produire le cancer dans un grand nombre de cas et leur action se bornant le plus souvent à déterminer de simples inflammations de c<Æ organe , prouvent en même temps et l’absenee de cette diathèse et sa nécessité pour l’évolution du cancer.
Si cette prédisposition organique n’était point nécessaire pour la production de la maladie , dans quelle proportion de fréquence ne devrait-elle pas se montrer dans ces repaires de débauche si communs dans les grandes villes ! Cependant , en invoquant notre propre expérience et celle de quelques uns de nos confrères attachés a des étabhssemens où sont traitées les maladies de femmes de mauvaise vie, nous restons convaincus, contre l’opinion contraire émise par des hommes de mérite , que les abus du libertinage entraînent plus rarement c|u’on ne le pense la désorganisation cancéreuse de la matrice.
Pendant un séjour de trois ans, de 1812 à 1815 , «n qualité d’élève interne dans les hôpitaux des Capucins et de Saint-Louis , nous avons rarement rencontré cette horrible dégénération , sur plus de deux cents femmes prostituées soumises à notre observation et qui se renouvelaient plusieurs fois chaque année. On pourra nous objecter que la plupart de ces femmes n’avaient pas encore atteint l’àge où cette maladie se rencontre le plus ordinairement. Noos repoacU’ons qu’un bon nombre d’entre elles étaient
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â^ecs de quarante ans au moins , et que , dans la praticp^ie en ville comme dans les hèpitaux , on obsen e que le cancer sc développe tout aussi souvent avant qu’ apres cette époque. Ces mêmes femmes se représentent d’ailleurs souvent dans les hôpitaux et finissent par y succomber, à un âge plus avancé , à toute auü’e maladie que ceUe cjui nous occupe. Cette remai’quenousa été souvent fai te par un de nos honorables confrères, M. CoUineau, bon observateur et digne de toute confiance, qui est médecin des maisons de force où sont détenues les femmes de mauvaise vie. Il nous a souvent affirmé que rien n’était plus rare que lejcancer utérin chez ces femmes dégradées par la débauche et qui continuent à se livrer a tous les excès du libertinage le plus dégoûtant. Cette opinion est aussi celle de M. Cullerier, qui ne voit jamais le cancer survenir, sur le nombre considérable des femmes qu’il ti’aite à l’hôpital des Vénériens, pour des idcérations au col de l’utérus ; tandis que , et par une opposition déplorable et qu’on ne peut exphquer, nous rencontrons souvent le cancer utérin dans notre praticfue, chez des femmes modérées dans leurs passions, d’’une vie modeste et régulièi'e, chez de bonnes mères de famille dont la carrière a été marquée par la praticpie des vertus doiliestiques. Si nous avons remarqué cpielquefois la funeste prédilection de Cette maladie pour certaines femmes , c’est en général pour celles qui sont douées d’un excès de sensibilité morale et d’irritabüité ncrvcusc.
CAUSES DU CANCER
11 est bien clifFicile, pourne pas dire impossible, d’établir une distinction tranchée entre les causes déterminantes du cancer de la matrice et celles qui produisent les phlegmasies chroniques de cet organe. Mais, comme le remarque M. Boyer (1), « si l’on considère que l’existence du cancer se trouve souvent liée ou a quelcjues circonstances remarquables de la constitution , ou à quelque altération plus ou moins grave du système nerveux ; cjue cette maladie produit dans tous les organes cju’elle affecte une altération homogène qui en confond tous les tissus, et les réduit en une substance lardacée , d’un blanc grisâtre , qui n’offre plus aucune trace de l’organisation primitive, altération spécifique que l’on distingue meme dans les parties qui font la base des ulcérations cancéreuses qui n’ont point été précédées de scpiirrhe ; que l’extirpation ou l’amputatiop d’une tumeur cancéreuse, avec quelque soin qu’elle soit faite, ne préserve jamais de la récidive de la maladie, qui tantôt se reproduit sous sa forme primitive , et tantôt prend une forme différente , et le plus souvent affecte une marche beaucoup plus rapide ; que l’on a vu , après l’extirpation , survenir des maladies nerveuses graves ou même mortelles ; enfin , si l’on considère que des enfans nés de parens cancéreux sont plus exposés à cette maladie , et qu’elle paraît se développer chez eux à un âge bien moins avancé , et sévir avec une furem’, extraordinaire, il paraîtra bien
(J) Traité des maladies chiruryicales.
DE LA MATRICE, difficile de ne pas admettre une cause spécifique , generale, préexistante à tous les symptômes qui caractérisent la maladie , et à l’egard de laquelle toutes les circonstances qui ont été alléguées comme autant de causes, ne font que l’office de causes de'terminantes ou occasionelles » , on ne confondra pas , sinon dans leurs causes , au moins dans leur résultat , deux états maladifs aussi distincts que le sont le cancer et l’inflammation de la matrice.
Parmi les causes déterminantes du cancer de la matrice , comme de ses plilegmasies chronicpies , figure en première ligne le flux menstruel. Bien que ses retours périodicjues aient lieu d’ime manière régulière, il n’en constitue pas moins l’organe , quoique passagèrement , dans un état de fluxion et d’excitation très -voisin de l’inflammation. Nous ne connaissons pas d’obstacle plus grand a la guérison des phlegmasies de l’utérus cpie l’écoulement des règles ; l’engorgement fluxionnaire qui le précède et l’accompagne détruit souvent en quelcpies heures tous les avantages obtenus d’un traitement méthodique observé rigoureusement pendant le mois qui le précède. Si l’on pouvait empêcher l’afflux périodique du sang sur l’utérus pendant quelques mois consécutifs, on aurait trouvé, de tous les moyens de traitement , le plus efficace. C’est sur ce principe qu’est fondée la grande utilité des saignées révulsives, qui, comme nous le verrons plus tard, jouent le rôle principal dans la curation de ces maladies.
Mais si l’exécution normale de la fonction mens-
CAUSES DU CANCER
trudlle exerce une influence défavorable sur la marche des inflammations et du cancer de l’utérus, fjue sera-ce lorsque cette fonction , déjà troublée , pervertie par les milliers de causes qui ajjissentsur la matrice et par l’état morbide latent de cet organe, aura de plus à subir toutes les consécjuences de l’époque oraifeuse de l’age criticpie ? Ce n est plus alors un flux modéré cjui s’établit, et dont le cours régulier est le remède naturel et efficace de l’état congestionnaire cpii l’avait précédé ; ce sont , apres des retards plus ou moins longs , des torrens de sang qui affluent sur l’organe et s’en échappent; ce sont des accidens nerveux que réveillent des pertes considérables et la cessation d’une fonction cpii , pendant tant d’années, avait joué un rôle si important dans l’existence physique et morale de la femme ; c"est le trouble général que ce moment apporte dans son système nerveux, dans ses facultés morales et affectives, dans toute son organisation matérielle, qui impriment à l’organe utérin les modifications profondes cju’il présente a cette époque , et sous l’empire desquelles se développent la diathese cancéreuse et le cancer. On voit d’avance le parti que la thérapeutique peut tirer de ces considérations.
Cette époque une fois passée , l’organe doit rentrer dans l’inertie. Ses fonctions génératrices éteintes , il n’exécute plus que celles relatives a sa propre consei’vation ; il se rapetisse, il se flétrit, et il rentie en quelque sorte dans la classe des parasites. Déchu dès lors du rang élevé qu’il occupait jiar la natui’C.
DE LA MATLICE. 9Ï
tîeses fonctions, il devrait être exempt des troubles morbides dont ces mêmes fonctions étaient la source inépuisable. Il ne jouit pas toujours cependant de cette immunité. Fréquemment le cancer se montre sans cause bien appréciable chez des femmes âgées. Nous l’avons observé après l’âge de soixante-cjuinze et même de quatre-vingts ans. Mais alors , si on interroge bien les malades sur les circonstances antécédentes , on ne tarde pas â reconnaître^ que chez ces malades la vie organique de l’utérus avait conservé beaucoup d’activité après la disparition de sa faculté génératrice ; que chez la plupart l’épocpie critique avait été très-orageuse ; cju’il avait existé alors des altérations méconnues de l’utérus ; cpie l’état d’inertie de l’organe avait condamné la maladie a rester stationnaire , ou a faire des progrès tellement lents , qu’ils étaient restés inaperçus, et qu’ enfin la dégénération , qu’on trouve alors parvenue â sa dernière période, remonte pour son début à fépoqiœ de la cessation des règles.
Les affections morales tristes agissent puissamment sur le système nerveux et sur les organes qui, comme la matrice, sont plus spécialement sous sa dépendance. Dans les grandes villes , cm la vie ne compte que par les agitations et les plaisirs cpi’elle procure, 1 âge critique est poimles femmes une époque de douleur et de tristesse. La plupart voient avec une mélancolie profonde l’état d’abandon et d’isolement cpri les menace , malgré les efforts qu'celles font pour retenir les hommages cpri leur
échappent ; crautres regrettent des plaisirs qu elles se procurent plus difficilement , et qui sont encore pleins d’attraits pour elles ; quelques unes sont agitées par les craintes que la cessation des règles leur inspire poiu' leur santé , et que l’opinion vulgaire tend à entretenir : toutes ces causes d’inquiétudes , d’agitation, d’insomnie, exercent sm’ la matrice, a cette époejue de la vie, une influence non moins fâcheuse que la suppression même de la fonction menstruelle. On a remarcpié la fréquence des maladies de la matrice a l’époque de nos orages révolutionnaires , qui ont bouleversé tant d’existences, et qui, pendant plusiem’s années, ont mis à de si rudes épreuves l’exquise sensibilité des femmes. L’ennui, l’oisiveté, la paresse, une vie molle, des méditations sérieuses , des travaux intellectuels trop assidus , peuvent à juste titre figurer parmi les causes efficientes du cancer de l’utérus ; de même que la suppression des exanthèmes chroniques de la peau , des exutoires , des règles , des flux leucorrhéique et hémorrhoïdal , les meurtrissures , les déchirures , les violences diverses cjue l’utérus éprouve dans les accouchemens lal^orieux et artificiels , ou dans les tentatives criminelles faites directement sur le col pour provoquer l’avortement; l’usage inconsidéré des substances abortives ; les contusions qui résultent d’une chute sm- les pieds ou les genoux, les pressions douloureuses prolongées d’im pessaire en ivoire dans le vagin , le frottement continuel de son col sm' des pessaires dépolis ou sur la cloison pen-