HUITIÈME OBSERVATION
Madame Scholasticjue , âgée de trente-six ans , mariée â dix-sept ans , mère de plusieurs enfans , son dernier accouchement ayant eu lieu dix-huit mois auparavant, était bonne d’enfant chez madame de L. P. Jusqu’au mois d’avril 1834, elle n’avait éprouvé aucun dérangement dans sa santé, qui était, â cette époque , en apparence , dans l’état le plus florissant, accompagné d’une superbe carnation. Madame Scholastique éprouva quelques variations dans scs menstrues , qui parui*ent deux fois dans le cou • rant du mois. EUe partit avec ses maîtres pour la
DES ÜLCÉRATtONS DE LA MATRICE.' 167 IVormanclie , où ils sc proposaient de passer 1 etc.
Peu de joiu’s apres son arrivée au château de Saint- Jean, près Awanches, Scholasticpie fut prise d\me perte utérine abondante, qui se renouvela plusieurs fois et la força a garder le lit. De la fin d^avril au 27 juillet, où elle revint à Paris, les pertes se succédèrent sans cesse , et conduisirent cette malheureuse du plus bel embonpoint a un amaigrissement squelettique. Je la vis le 28 juillet; en entrant dans la première pièce de Pappartement ou elle se trouvait, je fus frappé de Podeur cancéreuse cpPelle exlialait. Au toucher, je trouvai le col dans une complète désorganisation ; il était entièrement détruit dans son centre , où il existait un large canal par letpicl le doigt parvenait facilement juscpie dan^ le fond de la matrice. Uentréede ce canal était bordée par quelcjues prolongemens , en quelque sorte verticaux, inégalement découpés, dru’S au toucher et séparés par de profondes fissures. Tous les signes de la cachexie cancéreuse existaient chez cette malade , cjui ne m’’a paru avoir que peu de temps ù vivre. Elle est partie le meme jour poim La Ferté , pom' pouvoir, disait-elle, recevoir dans le sein de sa famille les soins les plus convenables a son prompt rétablissement; elle y a succombé peu de temps après.
Son erreur sur la gravité de sa position était d'*autant plus naturelle, qiPcllc n'* avait jamais éprouvé aucun élancement dans la matrice , aucun écoulement blanc , aucune douleur aiguë, depuis le développement des accidens , mais seulement fine gêne , une
sensation desag^reahle clans le bas-venlrc l’affaiblisseinent progressif et rapide de ses forces, et la disparition de son embonpoint, qui était reniarcjuable. Son appétit avait aussi faibli depuis cjuelque temps , et son sommeil était trouble par une agitation qu’elle ne pouvait définir.
Comme symptômes précurseurs antérieurs au mois d aviil , je n ai trouvé rien autre cliose cjue cette double circonstance i les douleurs cju’occasionaientles approches de son mari et cjuelc|ues gouttes de sang qui, depuis six mois, s’écoulaient par la vulve immédiatement apres. Les douleurs avaient existé de tout temps j elle les attrilniait aux disproportions des parties. Reste donc le sang coulant après Je coït.
Si j’eusse été consulté sur cette circonstance, je n’aurais pas mancjué d’examiner les parties, et j’aurais découvert, selon toute apparence, une altération déjà caractérisée de l’utérus , bien cpie l’état général de la santé n’en donnât aucun indice. La maladie a dù commencer ici par un squirrhe touta-fait indolent, dont l’ulcération, après le ramolhssement , a été le signal des hémorrhagies et du dépérissement rapide auquel la malade est parvenue en si peu de temps.
Ces écoulemens de sang , qui surviennent quelquefois immédiatement 'après le coït , avec ou sans douleur, méritent beaucoup plus d’attention qu’on ne leur en donne communément, lis réclament un examen attentif, qu’on ne doit jamais négliger de faire lorsqu’on est consulté à ce sujet.
des ulcérations de la matrice.