‹ Traité sur l'art de restaurer les difformités de la face, selon la méthode francaise par déplacement, ou méthode française [et] Atlas de 30 planches representant 120 figuresChapitre 42 sur 59 · SEPTIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME OBSERVATION

En^jorffement dur du col et , plus tard , de la partie antérieure du corps de la matrice ; ulcérations reproduites successivement sur la lèvre antérieure , sur la lèvre postérieure et à l’orifice du col ; leucorrhée abondante ; saignées générales et locales répétées ; cautérisations multipliées ; guérison.

Madame Leroy , âgée de trente-quatre ans , fortement constituée , vive et irritable , colérique et emportée , quoiqu’amie dévouée et généreuse , bonne épouse et excellente mère de famille , fut mariée a l’âge de dix-neuf ans. Elle a eu onze enfans dans l’espace de douze ans, et presque toujours ses accouchemens ont été laborieux par la longueur du travail et par la position vicieuse des enfans, qui nécessita trois fois la version. Les deux dernières couches em'ent lieu en 1829 et 1831. Elles fui’ent plus faciles que les autres , ce qui ne les empêcha pas d’être suivies d’une douleur vive qui se développa dans l’aine et le côté droit du ventre, dès le second jour; cette douleur, qui avait son siège dans les ligamens ronds et larges de l’utérus, s’accompagnait d’une lièvre ardente ; elle exigea l’emploi de moyens antiphlogistiques très-énergiques .

Dès long-temps avant la dernière grossesse , les approches conjugales étaient doidom euses pour madame Leroy ; elles le devinrent surtout après le dernier accouchement, et elles étaient suivies immédialcrnentdelaperte de quelques gouttes de sang. Con-

suite siu' cette double circonstance (jui motivait le refus de la femme et excitait la mauvaise hmneur du mari, je dus prévenir celui-ci dcsinconvéniens graves qui pouvaient residter poiu’ sa femme du peu de ménagement qu’il apportait dans ses rapports avec elle. Il ne tint pas compte de mes avertissemens, et le 1 janvier 1833 , il se livra avec elle a des excès impardonnables.

Il se manifesta, dès le lendemain de ces excès, une métrite aiguë, caractérisée par tous les symptômes qui appartiennent à cette maladie : douleurs violentes dans le bas- ventre, dans Taine et la fosse iliaque droite ; timiéfaction et sensibilité extrême de ce meme côté ; constipation , envies de vomir , fièvre ardente , sensation d’une clialeur brûlante dans le vagin, qu’au toucber on retrouvait au col de la matrice. L’intensité de l’inflammation ne permit pas de pousser plus loin les recherches. Quelques jours après, je trouvai le col utérin voliunineux; sa lèvre antérieure était surtout considérablement tuméfiée ; il était du reste peu dur et peu doulom’eux ; sa surface paiait lisse et sans inégalités; son orifice entr’ ouvert donnait issue à un liquide muqueux , épais et tres-abondant, qui venait de la cavité utérine. La matrice, explorée par le vagin et parle rectmn, était lourde, voliumneuse; ses parois semblaient très-épaissies, et les secousses qu’on lui imprimait étaient très-doidoureuses.

Avec le spéculum, on voyait à Torifice utérin une rougeur assez vive de la muqueuse, qiTon remar-

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qiiait disséminée çà et l'a sur divers points de la superficie du col.

Le repos absolu , des bains émolliens prolongés pendant trois ou quatre bern es chaque jour, dés injections et des lavemens émolliens, des boissons adoucissantes, une dicté absolue et la saignée du bras pratiquée trois fois dans la première quinzaine, des frictions stibiécs sur le bas-ventre et dans lès aines , rétablissement dbm cautère a la cuisse, calmèrent rinflammation.

Examiné à cette époque, le col présenta siu’ la lèwe antérieiu’e du côté droit , bii la doulem' s’était conservée plus long-temps et se faisait encore sentir, a la place où Ton avait observé des rougeurs , deux petites ulcérations ; touchées plusiciü's fois avec le proto-nitrate acide de mercure, ces ulcérations disparurent au bout de quekpies joiirè, de meme cjue le gonflement de la lèvi’e antérieure du col ; Fécordement persista.

Après trois mois de ce traitement observé rigoureusement, madame Leroy, se trouvant bien, put se lever et se Im’er daus sa maison a quelques unes de ses occupations connnercialcs. Elle passa le mois de mai a la campagne, où ses douleurs se dissipèrent , et d^où elle revint dans un état plus satisfaisant.

, L’écoulement Icucorrlxciquc avait néanmoins toujours lieu , mais d’une manière variable pom' la cpiantité conune poui- la consistance de la maticre, qui était tantôt abondante , épaisse et jaune, tantôt rare, glaireuse, filante, et pai’fois sanguinoleiitc. U

n’existait plus d’ulcération sur la levre anterieui'e, qiii était peu tuméfiée.

Dans le couivant du mois de septembre, madame Lea'oy se trouvait de nouveau plus soufFrante, ee cjui pouvait être attiâbué en partie à des emportemens fréquens de eolère auxcjuels elle s’était livrée , à la quantité énorme de poivre cpi’elle mangeait ubaque joiu’, et pom* lequel elle avait un goût si entraînant, qu’elle en mettait par poignée dans tous mets , et qu’il lui était impossible de résisteU a ses désus, comparables aux goûts bizarres de cer- -taines femmes diloro tiques, enfiaià l’impossibilité de -lui faille observer le repos. Examinée de nouveau à cette époque par M. Lisfranc et par moi , nous découvrîmes sur la partie latérale et postérieiue du col J, une nouvelle ulcération de la largeur d’un ceritime , et d’mi rouge foncé. Nous la toucliàmes immédiatement avec un pinceau de charpie imbibé de proto-nitrate acide de mercure.

.Te réitérai cette cautérisation tous les huit jours jusqu’au mois de novembre, où l’ulcération parut complètement cicatrisée. Il ne restait plus alors sur le col qu’une petite végétation rougeâtre , peu sensible au toucher et légèrement indurée à sa base. Je la touchai avec le caustique , et aU bout de cpielques jours clic avait disparu. L’écoulement muquelïx était toujours abondant, et, quoique je n’aperçusSe plus aucune excoriation de la muqueuse , madame Leroy éprouvait parfois des douleurs aiguës dans la matrice , (qui la privaient du sommeil. Ges douleurs

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avaient lieu tantôt dans un point de Tutérus , tantôt dans un autre , a droite , à gauche , dans le milieu du bassin , dans les aines , les cuisses et les fesses ; elles paraissaient n’avoir aucun rapport de dépendance ou de cause avec les ulcérations, qui le plus souvent n’existaient pas. L’orifice utérin ne présentait plus la rougeur cpii accompagne la leucorrhée aiguë. Le col, un peu volumineux, de meme que le corps de l’utérus, étaient peu sensibles a la pression. Cet état n’explicjuait pas les douleurs aiguës, qui revenaient par crises, se prolongeaient pendant des nuits et des journées entières, puis disparaissaient tout à coup pour se reprodiure le lendemain ou< deux ou trois jours plus tard.

J’avais jusque là pratiqué régulièrement chacpie mois deux petites saignées révulsives au bras , d’une palette à une palette et demie. Ces émissions sanguines avaient procuré un soulagement momentané dans les commencemens du traitement ; mais leur efficacité décroissait au fur et à mesure de la prolongation de la malacbe. Les narcoticpies , l’opiimi suitout, administré en lavement, calmaient plus sùi’ement les douleurs, qui paraissaient avoir le caractère nerveux plutôt qu’inflammatome.

Les ulcérations avaient complètement disparu du col de l’utérus, dont l’état anatomique était d’ailleiu’s devenu satisfaisant. Mais en explorant le corps de l’organe par le vagin et par le rectum, on le trouvait volumineux et sensible à la pression. Il existait un prolapsus assez considérable. De nouvelles sai-

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grnccs étaient indispensables pour faire disparaître ce nouvel engor^jernent, dont Fexistencc pouvait peut-être remonter à quelcpies mois. L’efficacité décroissante des saignées du bras me fit donner la préférence aux saignées locales, faites sim Forgane même. Cet avis fut entièrement partagé par un de mes habiles confrères , M. Hervez de Ghégoin , qui vit la malade avec moi. Douze sangsues furent posées sim le col ; elles provoquèrent une perte de sang abondante qui soulagea la malade ; le volume de la matrice diminua rapidement ; quelques jours après, il avait presque le type normal. Plusieims applications de sangsues furent ainsi faites dans les deux mois qui suivirent, et chaque fois Forgane seml3lait reprendre ses dimensions naturelles. De nouvelles ulcérations se montrèrent alors sur le col. Cette fois, je les comrbattis avec un nouveau moyen qui m‘’avait déjà réussi, la créosote. Les ulcérations fiment touchées avec ce produit de la distillation du goudi on, étendu de cjuatre parties d’eau ; il en résulta une douleur tellement vive, que la malade s’écria que je lui avais aiTaché la matrice. Une injection d’eau froide faite aussitôt, et maintenue sur le col au moyen du spéculimi , ne tarda pas a cahner la douleur. L’ulcération se couvrit d une espece de pellicule d’mi blanc grisâtre, dont la formation était due à la propriété qu’a la créosote de coaguler l’albumine et de cicatriser les plaies. Dans les applications suivantes que je fis de ce médicament, j’eus soin de l’étendre d’une plus grande quantité d’çau. Toujours il produisit le

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meilleur effet , faisant disparaître e«i peu de jours les ulcérations , et diminuant sensiblement l’écoulement leucorrhéique. J‘’allai même juqu à faiic des pansemens a dememe au moyen du pessaire en bilboquet, dans la cuvette duquel je plaçais un plumasseau de charpie imbibé de la solution créosotée.

A force de soins et de persévérance , j’étais parvenu à cicatriser définitivement et sans retom’ toutes les ulcérations qui s’étaient montrées sm’ toute la surface du col et autom’ de son orifice , a obtenir la résolution de l’engorgement des tissus utérins et à tarir presque complètement l’écoulement. Les règles qui n’avaient jamais manqué, mais qui étaient précédées et suivies de douleurs aiguës, avaient eu lieu plusieurs fois sans accidens ; l’introduction d’un pessaire, en remédiant au prolapsus de la matrice, permettait à la malade de faire quelque exercice; tout semblait nous présager une guérison, lorsqu'elle fut de nouveau reculée par des revers de fortune qui jetèrent la malade dans les plus grandes perplexités. Les ulcérations ne repaiurent pas , mais la matrice acquit promptement, sous l’influence de ces causes morales, un volmne considérable , notamment à sa face antériem’e ; comme elle était habituellement dans une légère antéversion, on eût dit que la face antérieure de son corps, que le doigt parcourait aisément, touchait presque à l’arcade du pubis. Cette circonstance d’antéversion aurait pu en imposer, si, avant d’explorer le corps, je n’avais pas eu la précaution de ramener l’organe

sa direction iiatiirpllc, aun^oycu du doigt porte eu foRiup de crochet entre le col et la paroi postérieure du vagin, et de ramener ainsi le col en avant. Le prolapsus e'tait si considérable, cjuele coi touchait et frottait siu- la cloison perincale.

Nouvelle consultation à la fin de juin 1834, avec MM. Lisfranc et Hervez de Chégoin. Nous arrêtâmes de revenir aux sangsues sur le col, au repos, au re'gime adoucissant, et de faii*e respmer à la mala,de Pair de la campagne. Deux applications de dix et quinze sangsues ont produit mi dégorgement tellement prompt , que c’’est chose étonnante que de voir la matrice, après ces pertes de sang , revenue ai^si facilement h son volume normal. L’essentiel estdeprévenir de nouveaux accidens par l’éloignement des causes morales qui les ont renouvelés si souvent, et de remédier au prolapsus qui occasione de vives douleurs. Le pessaire en ivoire étant trop dui’ et par suite douloureux , je lui ai substitué le pçssaire à cuvette arrondie et à quçue en gomme élastique pure. Ce nouveau pessaire , dont MM. Tanchon et Rognetta se disputent l’invention, a sur tous les autres des avantages incontestables, et j’en augiu‘e bien pour ma malade.

Depuis un an, la santé de madame Leroy s’est rafifei’mie; elle a repris des coidcurs et de l’embonpoint. Elle a été des mois entiers sans éprouver aucimc doideim de matrice. Elle peut aller, venir à pied ou en voitiu-c, sans pessaire et sans renouveler les accidens. Quelques élancemens , qu’elle avait

éprouves dans le mois de juillet 1835, lui ayant donné des inquiétudes, je m’assurai par le toueher et avec le spéculum que la matrice s’était considérablement élevée dans le bassin , qu’il n’existait aucune ulcération , ni aucun symptôme de phlegmasie de son col ni de son corps, et que son état présent peut être considéré comme l’état normal.

Je demande grâce pour la [longueur 'de la dernière observation que je viens de rapporter; je n’aurais pas pu l’abréger davantage sans omettre des détails pathologiques et thérapeuticpies qui ne sont pas sans intérêt. On me voit lutter pendant trois ans contre vme inflammation qui se présente sous toutes les formes et toujours h la suite d’imprudences commises par la malade ou de son manque de persévérance dans les traitemens prescrits. On remarquera la facilité aAuc laquelle les engorgemens du corps de l’utérus se reproduisent et la promptitude avec laquelle ils disparaissent à la suite des saignées locales. Il faut avoir constaté ce phénomène plus de dix fois, comme je l’ai fait chez cette malade, poiu’ être bien convaincu de cet effet désobstruant des sangsues appliquées sur le col, aussi prompt cpie constant, dans les engorgemens simplement inflammatoires de l’utérus.

Cette observation prouve aussi , ce me semble , qu’il faut autre chose qu’mie inflanmiation, (pielque étendue ou quelque opiniâtre qu’on la suppose; pour amener la désorganisation cancéreuse de la matrice. Pour peu que la diathçse cancéreuse eût

existé chez madame Leroy , quelles nombreuses occasions n’eùt-elle pas trouvées à son développement, dans ces douleurs, ces irritations et ces congestions humorales sans cesse renaissantes ! Heureusement, cette dangereure disposition n’existant pas , cette dame a pu guérir d’un mal qui autrement eût résisté à toutes les ressources de l’art.

Nous aurions pu multiplier les citations de faits pathologiques de l’utérus qui ne se rangent point dans la classe des maladies cancéreuses | mais nous aurions encouru le reproche de prolixité, que nous craignons déjà d avoir mérité ; les observations cjue nous avons rapportées nous paraissent d’ailleurs suffisantes pour faire ressortir la différence qui existe entre les phlegmasies de l’iitérus et ses affections cancéreuses, dont nous allons donner quelcjues exemples et nous occuper uniquement dans la suite de ce travail.

Le squirrhe de la matrice, par lecjuel le cancer de cet organe débute rarement, comme nous l’avons dit, peut encore être confondu avec la simple hypertrophie de ses tissus. Ce dernier genre de lésion, qui consiste dans une exagération de nutrition de 1 organe, ne saurait être confondu, dans son étiologie, avec les engorgemens et les indications dont nous venons de parler , et le squirrhe qui va nous occuper. La simple hypertrophie se reconnaît à une augmentation plus ou moins considéralde de la matrice sans douleur, sans chaleur, sans ulcération quelconquc, sans aucun signe d’inflammation. Si cpielques

uns de ces caractères existent, la tiuncfaction appartient aux engorgemens ou aux indinations ou au squiiThe de Tutérus. L’hypertrophie se développe sans douleurs , sans chaleur, sans donner lieu à des accidens généraux ; l’augmentation du volume et du poids de l’organe et la gêne qui en résulte , sont les symptômes qui décèlent son existence. En touchant alors , on trouve le col et quelquefois le corps de l’utérus avec un accroissement de volmne considérable, qui peut faire croire à ime grossesse. Le col hypertrophié est lisse et égal à sa sm’face ; il offre mie rénitence et une élasticité particulières. 11 ne dégénère point en cancer, et il se résout difficilement. 11 reste le plus souvent stationnaire jusqu’à un âge avancé, ou il diminue sensiblement, lorsque la cessation de l’aptitude génératrice éloigne de la matrice les fluides que l’exercice de ses fonctions y appelait. J’ai retrouvé cette hypertrophie chez une femme de soixante ans. Elle occupait la totalité du col, cpii avait le volume d’mi œuf de poule ; il était rénitent, sans douleur à la pression, et il n’occasionait d’autre incommodité qu’une sensation de pesanteur sur le siège , cjuoicjue la matrice ne fût pas descendue. Un de mes confrères, qui avait donné des soins à eette dame et qui la vit de nouveau avec moi , m’assura que vingt ans aupai’avant il avait constaté chez elle cette hypertropliie, cpii ne lui offrait d’autre différence qu’un peu de diminution dans son volume.

L’hypertrophie simple , combattue par les memes moyens que les indurations de natui’e differente,

piu- les saijjuccs locales et révulsives , et pai’ le régime débilitant , se résout plus difficilement ; mais aussi elle peut exister pendant un temps indéfini sajîs occasioner d’accidens graves. Il ne faut pas la çonfondi-e avec ces développemens du tissu utéj’in avec lui ramollissement tel cpi’il fuit sous la pTession du doigt , comme mie loupe athéromateuse , laissant rimpression d’une bouillie pultacée et prescpic liquide, ce qui constitue le cancer occiüte.

Le début du squirrlie est difficile à saisir. Il commence avec mie bénignité si grande, fpi’il a déjà fyit des progrès assez étendus lorsque les malades se décident à considter. Leur attention sur lem- état est éveiUée par ,ces doidem’s lancinantes et très-passagères auxquelles MM. Dupuytren et Cruveilliier ont donné le nom caractéristique éclairs de douleur, et pai' quelques uns des dérangemens dans les fonctions utérines que nous avons signalés , dérangenieiis cpii parfois aussi ne se montrent pas, ce qui laisse les malades pendant un temps beaucoup plus L>«g dans mie séemâté perfide.

Au toucher, on ti’ouve cpielcpiefois le col sain en apparence ; mais , en apportant plus d’attention dans ses recherches, on découvre sm’ l’une ou l’autre lèvre, ou sm’ l’orifice, mi petit point, de la grosseur d’un pois ou d’mi haricot, dm’, arrondi, et faisant mie légère saiUie. Ce point induré est insensible au tpiiehcr, et la malade n’avait aucune idée de son ciiistcnee. Plus tard, cette induration pisiforme a fait des progrès ; elle a le volume d’une noisette

elle a en même tcmiis jete des racines qui semlilent Punir plus intimement au tissu environnant; elle fait une saillie , une liosselure sur le reste de la surface unie du col. Lorsqu’il existe plusieurs de ces tiuneurs , on distingue plusiem-s bosselures, en general inégalés pour le volume , ce cpii tient aux dates differentes du commencement de leiu' évolution. Quelquefois , au lieu de ces petits tubercules , on trouve une portion plus ou moins étendue du col, quelcpiefois sa totalité tuméfiée , indurée plus cjue dans Pengorgement inflammatoire , insensible à la pression , sans bosselimes ni inégalités produites par la matière squirrheuse infiltrée dans les mailles du tissu utérin. C’est cet engorgement qu’il est le plus difficile de différencier. La couleur de la muqueuse qui revêt cette tumeur squirrheuse est d’un blanc mat, couleur c|ue M. Lisfranc n’a jamais observée dans les engorgemens simples.

La maladie peut rester fort long-temps dans l’état de crudité cjue nous venons de décrire , des mois et parfois des années. Ses progrès sont marcpiés par les retours plus fréquens et la dimée plus prolongée des élancemens , et l’accroissement ou seulement le début des accidens généraux ; ou bien par le simple ramolhssement de la tiunem- , sans douleurs lancinantes et sans apparence de dérangemens notables dans les fonctions. Ce ramollissement peut atteinth e le degré de fluidité , et avoir détruit pai’tie ou la totalité du col au moment oîi l’ulcération a lieu. Le développement spontané du sejuirrhe, sans

causes apparentes cjui aient pu lui donner naissance, est un de ses traits distinctifs les plus saillans ; pendant cjue les indui ations se forment sous Finfluence des causes traumaticpies , comme Favortement, Faccoucheincnt laborieux, ou d\me suppression des règles, ou d’im ccoidenicnt leucorrhèique, le sijuirrlie, trouvant dans Forganisme même la raison de son existence, se développe pour ainsi dire dans Fombre , à Finsu des malades et du médecin , cpii ne sont quelquefois avertis de sa présence cpFalors cjiFil a fait des ravages irréparables.

Il ne suffit pas toujours, pour le distinguer des autres engorgemens , des caractères assez peu tranchés cjiie nous venons d’indiquer; il faut surtout observer sa marche. Lente comparativement , stationnaire meme , si Fon veut, elle ne rétrograde pas comme dans les engorgemens susceptibles de résolution. L’induration permanente ou le ramollissement et l’ulcération sont ses modes de terminaison, tout engorgement qui se résout spontanément ou par les secours de Fart n’étant point pour nous de nature scpiirrheuse.

Lorscpie le squirrhe suit cette marche insidieuse par lacpielle il parvient a son dernier degré sans avoir réveillé aucune sympathie morbide dans Forganisme , c’est que le travail moidaide a été concentré dans sa propre sphère. Il a agi à l’instar des kystes, qui s’enveloppent d’une membrane, protectrice pour eux-mêmes et pour les tissus environnans dont elle les isole. Mais, lorscju’il jette au loin des

racines dans les tissus, le travail dcsorganisatciir qui s’étend jusqu’à leurs extrémités , excite l’inflammation des tissus voisins , et le ramollissement s’accompagne alors de tous les phénomènes propres a l’état inflammatoire. C’est une double voie de destruction par laquelle s’écoulent plus rapidement les joiu’s des malades.

Si la marche du cancer à l’état de squirfhe est plus lente cpie lorsque la maladie débute par l’ulcération , cette marche est bien plus rapide dans le second cas, lorsrpie le squirrhe ramolli s’ulcère. Au bout de peu de jom’s, l’ulcère se présente alors avec cet aspect hideux que nous avons décrit, la résorption purulente se fait avec activité , et la cachexie cancéreuse survient rapidement.

Quelques observations feront ressortir l’exactitude de cette assertion.

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