‹ Traité sur l'art de restaurer les difformités de la face, selon la méthode francaise par déplacement, ou méthode française [et] Atlas de 30 planches representant 120 figuresChapitre 48 sur 59 · QUATORZIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATORZIÈME OBSERVATION

(( Benjamin Bell avait indiqué l’eau froide , dit M. Alibert, et nous avions entendu parler d’un jeune homme qui avait eu la patience inaltérable d’exposer, pendant des hernies entières, a l’action du robinet d’une fontaine, une petite plaie cancéreuse

(1) Monographie du Dermatose, p, 4o6.

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cfii’il avait à l’un de ses pieds. On assure qu’il parvint à la dénatut'er. Il était, d’ailleurs, vigoureux et robuste. D’après cette vite, j’avais imaginé de faire administrer deè douches petpctuelleè a rartosOit contre l’etatscpiirrheux de l’utérus; cenloÿéh ilotià patut merveilleusement efficace daiïsla personne d’une danseuse de l’Opéra, qui était, dit testé , encore a la fleur de Page. Un de mes élètes a exposé , dans une thèse inaugurale , Oette cute inaltendùé. Il paraît qu’en cette occasion, l’organè malade passa à un état d’induratioil totale. Lè memè disciple a décrit avec exactitude la mâchinè hydraülîcjue dont nous nous servions pour faire pratiquer ces arrosemens continuels . C’était un réservoir placé à uiie hauteur convenable, dans r appartement de la malade. De la partie inférieure de ce réservoir partait un tuyau de cuir très-flexible, a l’extrériiité duquel s’adaptait une petite canule termme'e en arrosoir. Cette canule, introduite dans le vaghi, y déposait une eau émolliente et narcotique , cpïi Sembîàît stupe^'er, à la longue , le col irritable de l’organe utérin. Cette eau, devenue impure , toinbàît ensuite tlans un vase placé sous la malade, lecpiel était percé d’un second tuyau conducteur c|ui la transmettait à une distance plus ou moins eloigne'e. H est utile de consigner ici cpie la personne dont je parle se soiunit , pendant cinq années consécutives, au meme traitement. Commeles soins de propreté étaient pour elle un objet d’étude, elle avait trouvé l’art de masquer, par une tapisserie élégante , l’appareil tpii servait à l’administration de

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ses doudies. Le tuyau conducteur venait, enc|ueL fjiie sorte, la U’ouver liu’tiyement sous un lai’ge piano qu’elle avait devant elle qt qni servait à ckarmer ses ennuis ; souvent tujeiUftr pQip’ yarier sqs distraetiiOn^s,, elle pQiivaife sui^jjituei? 4 l’instruinerit niusiçal ujie taLk de j,eu ppuverte d’uu large tapis-

La vérité est que pettedame se trouyait à merveille de ce régipie et de ce mode de traiteanent, que ses dfMdeuFs cessèrent, c|u'eUe reprit s.a gaîté et son emlFonpokkt ; tout démontré que sa maladie avait été , poiu- ainsi dire entr.asde dans sa marche et dans ses progi’ès. Je doute , néamnoins , que ce moyen puisse réussk chez des femmes d’vme constitution trop afïüihhc par la natiii'e et la violence des symptômes ; sa continuation fatiguerait à l’excès les organes, et il ne serait pas toujours facile de le supporter. »

Nous recommanderions cette manière d’administrer les douches, si nous ne trouvions pas, dans les appareils ifigénieux inventés par MM. Charrière et Deleml à Paris, des moyens beaucoup plus sûrs et plus commodes d’atteindre le but. Avec les elyso-pompes de ces lialiiles mécaniciens, on porte la douche oh l’on veut, on la fait par un jet continu pendant aussi longicmps-qu’on le désire et on en gradue à volonté la force et la fonnc. Ces douches sont faites avec des décoctions émollientes, astringentes, avec des eaux résolutives , scion 1 état ou se trouve l’organe malade Si eUes d(*terminent de la douleur, une douleur qui se prolonge, on les cesse pour revenir h des moyens

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plus doux , et les reprendre ensuite lorsque l’excitation qu elles avaient déterminée est apaisée.

Lcl compression , dont un médecin ingénieux et fertile en expédiens thérapeuthiques , M .Récamier ( 1 ) , a fait une méthode générale de traitement des tumem’S cancéreuses, et cpi’il a étendue au squirrhede l’utérus , bien que les médecins anglais, qui les premiers l’avaient proposée, aient hni par l’abandonner, de même que MM. Breschet et Férus en France (2); la compression est un moyen de peu d’utilité dans les indurations de l’utérus. Faite au moyen d’un pessaire en ivoire et en bilboc|uet, dans lequel le col .de l’utérus plonge et se trouve comprimé par le poids du corps de l’organe et celui des viscères abdominaux, elle peut avoir quelque efficacité contre les engorgemens chroniques et indolens ; mais pour peu cpie ces engorgemens s’accompagnent de doulem’S, cpi'mi travail inflammatoire survienne dans les tissus dont ils se composent, cpie la désorganisation squirrheuse fasse des progrès, elle est inapplicable, ou elle doit cesser aussitôt qu’on s’aperçoit des changemens morbides qui surviemient dans la partie affectée. Le vagin lui-même et les parties environnantes s’accommodent quelquefois mal de la présence de ce corps étranger, et s’opposent à ce que l’on puisse en continuer l’usage.'Il faut alors le retirer et renoncer à la compression.

(1) Recherches sur le traitement du cancer, t. ^50.

(2) Dictionnaire de médecine , en .21 vol.

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Vainerrtent chercherait-on à combattre par tous les moyens cjue nous venons d’indiquer les inflammations aiguës et chroniques , les indurations de toute espèce de la matrice, si, par des écarts dans le régime, par rintempérance, pai' Finobservance des lois de l’hygiène, et sm’tout par l’usage et l’abus du coït , la malade entretient ou renouvelle sans cesse 1 état d excitation des organes générateurs. Le repos de ces organes est indispensable à la réussite du traitement. Quelques exceptions infiniment rares peuvent néanmoins être faites à cette loi générale. Il est des femmes pom’ lesquelles les rapports des sexes sont un besoin tellement impérieux, que leur privation complète les jette dans un état de morosité, d hypochondrie , et par suite d’excitation nerveuse, qui réagit sm’ l’utérus de la manière la plus défavorable. A de telles femmes , on doit permettre des jouissances rares et procui’ées par le mari avec les plus grands ménagemens et les plus grandes précautions, pour éviter de heurter le col utérin, de le contondre et d’occasioner à la matrice des ébranlemens douloureux.

Les indications thérapeutiques dont nous venons de nous occuper se rapportent à toutes les indurations et 'a quelcpies unes des phlegmasies de l’utérus. Parmi ces indurations , ceUe propre au squirrhe , celle qui le constitue, fait-elle exception aux règles générRles de traitement que nous venons d’établir?

Ce traitement, administré par un médecin habile et persévérant, triomphe dans la plupart des cas

des engorgcmens inflammatoires et ides indurations simples ou compliquées de lésions diverses , qui ne sontipoint de nature cancëreuse. Mais ce même traitement n! exerce, en général, contre le squirrlie proprement dit , qu’une influence indirecte et éloignée. Nous avons établi ailleurs que les excitations , les irritations et les degrés divers d’inflammation de l’utérus étaient au nombre des*causesles plus actives du développement du squirrhe. N on- qu’elles le produisent; soniprincipe étant -essentiellement oTganicpie , lil -trouve dans l’organisme -même la raison de son existenoe,-mais elles lui donnent l’impulsion, ellesihiatent sa marche, elles -précipitent sa téiminaison funeste. L- anéantissement de ces causes , de ces lésions ooneomitantes et réactionnaires, est sans nul doute le premier but que le medééin doive se proposer. Le squirrhe , débarrassé ’ de ces dangereuses coïncidences , pourra être attaqué avec plus d'* espoir par des moyens dont l!éxpérience a proclamé l’utilité. Si sa résolution ét ‘sa curation ne peuvent pas être obtenues complétément , opinion qui est vivement controversée de nos jours, du lirons est-il possible de parvenir, ,en Fisolaut de toutes ses causes impulsives, à le maintenir dans son étatd’in- .dolence et d’induration, dans un -véritable »tüHt quo ^ d’où -la puissance de i’organisme peut plus tard le faire rétrogadèr.

Si, -en éloignant toutes' les causes d’excitation de la matrice , si, pai’ remploi bien ordoniu' de la plupai’t des- moyens -indiqués , on parvenait à dimi-

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niicr sa vitalité , son activité organique et nutritive, ' à modérer sa sensibilité , a l’amener à l’état de parasite auquel l’àge avancé la condamne , on am’ait fait un pas immense vers sa guérison , en rnettant dans l’iiuppssibité de pub’e im enuepii qu’on ne peut détruire. JEt pour atteindre ce bjut , nous ne connais- SQiis pas de ip,eilleure 4^ traitement que

çellc suivie pour ^es en^orgenieus cjir.o, piques, Cette Uîétbode e^it dVptapt tpieux indiquée , .qu’il reste presque tpujours quelque dopte spr la patme des indurations utérines, l’expépienee ^yjp^t prQuvé que souvent celles qui réunissaient au plus jliaut degré les caractèi'es prétendus distinctifs du sqvVd'rlve , n’étaient rien moips qpe squirrlieuses.

C’est ici yraira,ent cjue l’2d)se.pce (dps ,§ignes diagnostiques distipctifs du sqiprrbe fait virement sentir. Car l’activité dp traUçpientdévplpppép contre les indurations simples serait dpep moiptlfe , et le traitement lui-niême prendrait onp aPtiiÇ direction, si Ton pouvait s’aasqrer, d^s.Ie principe, sid’ pu a affaire à pne tmneur sqmridiquae Op ppn. squirrheuse. Daps le doute , il n’y a pas à hésjter , , il faut agir comme si l’on avait à çpiivbattre .uqe iidlannnation chronique ; et si réyénenieut prpuvp que cptte induratipn était squirrheuse , qp awi^ toujours, pu l’avantage de l’avoir dégagqp d'upe complication fâcheuse.

La résjstaïicc que le capqcr offre piix agpns thérapeutiques , et cette disposition dpd’o^pfit hiunain qid le porte a se raidit' contre les difficultés pour

TRAfrEMENT DU CANCER

les surmonter, ont dû multiplier à Pinfini les recherches des substances et des préparations médicamenteuses applicables a la curation de cette maladie. Le temps a fait justice des promesses fallacieuses de la plupart d entre elles. Il en est néanmoins qui sont restées dans le domaine de la thérapeutique , et dont on ne saurait révoquer en doute la salutaire influence. En tête de ces moyens se présentent les résolutifs , appliqués à l’extérieur en friction ou par la méthode endermique , ou administrés intérieurement , et les révulsifs ou dérivatifs , tels cpie les cautères ou les vésicatoires.

On est quelquefois émerveillé de la grandeur des effets produits par les plus petites causes. Cela se piesente surtout en thérapeutique , ou les actions journalières des médicamens passent le plus souvent inaperçues , et ne sont appréciées que par les résultats qu’elles produisent à la longue. Il semble que l’organisation s’imprègne lentement et se modifie insensiblement dans le sens de l’état normal. Ces faits sont d’observation journalière , et , quoicjue inexplicables , ils n’en forment pas moins la base de la thérapeutique des maladies chroniques.

L'iode. Parmi les médicamens résolutifs, l’iode occupe a bon droit une des premières places. Son action sur les engorgemens lymphatiques est une tles plus marquées de la thérapeutique ; cette action peut , dans quelques circonstances , s’étendre aux indurations suspectes de la matrice.

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quinzième observation.

En{iorgement des glaodes du sein et de l’aisselle gauches -, des ganglions cervicaux de l’un et de 1 autre cote du cou , induration douloureuse du corps et du col de l’utérus , suite d’une couche laborieuse et datant d’un an ; guérison.

Madame Dénard , jouissant habituellement d’une bonne santé, se maria à l’àge de trente-.six ans, et accoucha au bout de dix mois de deux enfans. L’accouchement fut long , très-douloureux , et dut être terminé par le forceps. Des accidens graves survinrent, déterminés , selon toute apparence, par une inflammation aiguë de la matrice et de ses aimexes; les jom’s de la malade furent plusieurs fois en danger. Elle ne se rétablit, quoique incomplètement, qu’ après plusieurs mois de séjour au lit.

Neuf mois s’étaient écoulés depuis la couche de cette dame, lorsqu’elle me fit appeler. Quoique moins souffrante qa’’elle n’avait été , elle éprouvait des douleurs constantes dans le ventre , des pesanteurs sur le siège , et une grande difficulté pom’ marcher et se tenir debout. Je trouvai la matrice , corps et col, engorgée et du volmne d’un gros œuf de poule , sensible à la pression , et descendue a im pouce de la viüve. Les règles n’’avaient pas reparu depuis la couche ; un écoulement blanc- jaunâti’e et épais avait lieu par la vulve.

J’ordonnai le repos aljsolu et au lit; je prescrivis

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l’usagfe des c'molliens en boisson , en bains , lotions et cataplasmes, et an régime dietetique sévère. Trois petites saignées du bras furent pratiquées dans le premier mois ; les doulem's utérines cessèrent entièrement, mais l’engorgement persista. Bientôt les glandes du sein et de Paissclle gaucbe se prii’ent, de même que les glandes sous-maxillaires , et les ganglions cervicaux. La manifestation de eette diathèse lymphaticpie dut me rendre plus circonspect sur l’emploi de saignée , d’autant plus que tous ces engorgemens étaient indolens et sans inflanunation. J’eus recours au traitement iodé. Des frictions avec de la pommade d’hydriodate de potasse , parfois iodurée , furent pratiquées chaque joiu' suivies engorgemens desseins , de l’aisselle et du cou ; la solution dTode , ses teintures , sa préparation saline, furent administrées k l’intérieur avee l’infusion de houblon , et la malade , très-débilitée , fut soumise k im régime fortifiant.

Ce traitement fut suivi avee exactitude pendant quatre mois , en variant les prépai’ations d’iode et les doses du médicament^ selon que les dispositions de l’estomac étaient bonnes ou mauvaises. Après ce temps , la matrice avait sensiblement diminué de volume ; l’engorgement des glandes n’avait pas cédé dans la meme proportion ; mais il était moins considérable. La malade , dont la santé d’aillem’s était bonne, demanda k suspendre son traitement; j'y consentis , et je la pendis de vue.

Six mois plus tard, madame Dénard >dnt me faire

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part de sa parfaite guérison. Il ne restait plus de trace d’engoi'gement lymphatique ; la matrice, revenue dans ses limites naturelles , avait repris Fexercice nonnal de ses fonctions , les règles avaient cordé trois fois sans douleur , sans fatigue , et sans ètie pi’écédées ou suivies d’écoulement leucorrhéique. Cette dame m’apprit qu’un mois après la cessation du traitement , elle s’était aperçue d’une diminution rapide des diverses tumeurs, qui restaient encore volumineuses lorsque j’’ avais suspendu mes visites ; cpie les pesanteurs sm’ le siège avaient suivi la même marche rétrograde, et qu’’ elles avaient complètement cessé; la matrice , en effet, ne présentait plus rien d’anomial.

Cette guérison , qui ne s’est point démentie depuis cinq ans , est une preuve que l’action de l’iode SC continue long-temps encore après qu’on en a cessé d’usage. L’effet résolutif si positif qu’elle a produit dans cette circonstance , doit nécessairement encourager a l’administrer dans les indurations non inflammatoires de l’utérus , et notamment' dans les engorgemens squirrheux, qui semblent se rapprocher davantage par leur nature des engorgeUiens blancs. L impossibilité de faire des frictions sur l’organe meme, ou sur des points assez rapprochés pour qu’elles puissent agir très-activement siu’ son induration, doit faire joindre, aux frictions sur les membres inférieurs , son administration a l’intérieur à tloscs assez minimes pour que son usage puisse être continué pendant long-temps sans fatiguer l’estomac.

Lg tdi tvG stibiG, L CRU. ciïictiscc , U.11 gi’&in de tartre stihie' par deux livres d’eau , conseillée par quelcpies praticiens , par Portai entre autres (1) , comme un excellent résolutif des engorgiemens internes , n a pas , cjue nous sachions , été employée contre les indurations scpiirrheuses de l’utérus. Je n’ai par devers moi aucun fait à citer 'a Pappui de ses propriétés curatives pai' ce mode d’administration. Je donnerais la préférence à l’iode , dont les bons effets me sont mieux connus. Mais, appliqué a la peau en friction ou sous forme d’emplâtre , le tartre stibié est un excellent révulsif. Je me suis trèsbien trouvé des frictions stibiées pratiquées sm' le ventre , dans les aines , à la partie intérieure des cuisses ; d’un large emplâtre de poix de Boimgogne , saupoudré avec deux scrupules, un gros d’émétique, et applicpié sur le sacrum et le bas de la colonne vertébrale, dans les cas d’engorgemens utérins s’accompagnant de douleurs lombaires et inguinales. L’éruption pustuleuse cjue ce sel développe sur les points oii il séjomme, intéresse le tissu de la peau plus profondément que ne font les vésicatoires ; et il n’a pas , comme ces derniers , l’inconvénient d’agir sur les voies urinaires. Une suppuration abondante et salutaire résulte quelquefois des ulcérations qui succèdent aux pustules. Cette suppm’ation peut être entretenue plus ou moins long-temps , suivant l’effet cpi’on se propose d’en obtenir. Son efficacité

(1) Traité des maladies du foie.

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m’a été démontrée dans maintes circonstances, mais pas encore d’une manière aussi formelle qu’’on le remarque dans l’observation suivante du docteur Duparcque.

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