SEIZIÈME OBSERVATION
« Madame Humblot , âgée de vingt-sept ans , était affectée d’un engorgement chronique du col de l’utérus , datant de sept années. Le col de l’utérus se présentait entre les nymphes , ayant le volume et la forme d’une fiole de verre blanc à goulot, de la capacité de six onces ; il était dur et d’un blanc rosé. Une forte saignée du bras , plusieurs applications de sangsues sm' le col furent faites ; la lèvre antérieure était réduite aux deux tiers et ramollie. La faiblesse delà malade était telle , qu’elle ne pouvait se mettre sm’ son séant sans perdre connaissance. On donna quelques alimens , et on pratiqua àe?, frictions sur les membres avec de la pommade stibiée. C’était le 12 septembre. A compter du 26 , la résolution de l’engorgement marcha rapidement.
Le 17 octobre , on avait usé huit onces de pommade en frictions, ce qui fait huit gros d’émétique. Quelques petites pustules vacciniformes s’étaient montrées vers les aines et au coude ; on suspendit les frictions.
Cette malade se trouvait complètement rétablie sur la fin de novembre. Elle devint enceinte deux mois après, et elle succomba à mic pneimionie
chi’onique , le 5 septembre , quclf|ucs heures apres avoir mis au monde un enfant vigoureux, m
Ici M. Duparcque comptait sur l’action résolutive par absorption de la pommade stibiée , puisqu il Pa employée à faible dose, et qu’il la suspend dès le moment où apparaissent les pustules. Quand on veut que le médicament agisse de la sorte, il faut pratiquer les frictions, tantôt sur un point, tantôt sur mi autre , et jamais sur la même place , pom’ éviter 1 éruption pustuleuse qui ne manquerait pas de s’y développer.
Le mercure est sans contredit un excellent résolutif ; mais comme nous aurons occasion de signaler ses propriétés curatives , en parlant des ulcérations qui peuvent avoir le caractère vénérien , nous n’en parlerons ici que pour en faire une simple mention, et en recommander l’usage en friction, notamment quaixd on aura beu de soupçonner qu’mi engorgement utérin , rebelle à tous lies traitemens , peut avoir quelque rapport avec une infection vénériemie ; des frictions avec l’onguent mercuriel , l’admmistration du calomélas, peuvent dans ce cas avoir les plus heureux résultats.
Les rémis ifs. Quelle cjue soit l’idée théorique que l’on se forme de la manière d’agir des agens thérapeutiques connus sous cette dénomination ; soit qu’ils déterminent sm’ un point éloigné une irritation qui contrebalance celle de l’organe malade, soit qu’ils ouvrent une voie nouvelle h des sécrétions morbides , et qu’ils fassent récUement lui appel sur
DE LA MATMCE.
le j^oiiit où ils sont appliques au principe délétère tpii , dans queùpies circonstances , vicie les humeurs et pr oduit ou entretient la maladie , toujours est-il qu’ils exercent une salutaire influence dans le traitement des engforgfemens de l’utérus.
La coïncidence du développement de ces engorgemens avec la suppression de certaines éruptions cutanées, darti’euses ou psoriques,. d’écoulemens liabilueîs normaux et anormaux , avec une disposition organique particülière , lymphatique , scrofuîetise ou rachitique ^ démontiu les rapports de cause à effet qui lient eiitiu eux ceS divers états maladifs, et qui les rendent dépendans les uns des autres. Rien 11 est plus commun que de voir la suppression d une dartre être suivie , d’mie manière plus ou moins immédiate, de la phlegmasie, de î’ engorgement, de linduratron d’un organe interne eUla reapparition de cette dartre a la peau amener pt'omptement la resolution de la phlegmasie et de ses produits. C’est sur ces faits d’observation qu’est fondée la théorie de la révulsion.Ces faits sont assez nombreux et assez probans pour faire rechercher 'Chaque fois qu’il existe un engorgement de l’utérus, s il n a pas été précédé de quekpi’un des états pathologkpics mentionnés, et dont k disparition aurait pu devenir cause efficiente ou cause arrravante de la maladie nouvelle. On n’hésiterait pnTdans ce casa rappeler à la peau, par des vésicatoires, par des frictions stibiées ou par des bains sulfureux cette éruption licrpéliquc ou psoricjue, qui peut jouer un
rôle important dans la production ou l’entretien de la maladie. Si un catarrhe habituel, si un flux leucorrhéique constitutionnel ont été supprimés , un exutoire au bras ou a la cuisse peuvent être d’une grande utilité. Si le flux leucorrhéique, au lieu d’avoir été supprimé , existe avec une grande abondance , et s’il s’accompagne de l’engorgement utérin , les exutoires peuvent encore être très-utiles ; enfin nous croyons à lem* efficacité , et nous l’avons même constatée dans un cas , lorsqu’il n’existe qu’une simple induration phlegmasicjue du col ou du corps utérin. En voici une preuve :