Quod appctitum excitât , et concoctione ni adjucat
Liber alias et f requentius haiistum non ad calcidum vel podagram disponit ; etc.
Il est de la plus haute importance pour la police medicale, de soumettre aux éprouvés les plus rigoureuses les falsifications des vins par le plomb, ou bien plus encore par farsenic , afin de déterminer exactement le corps du délit, et de faire punir ces fraudes criminelles conforme'ment à la juste seve'rite' des lois. Afin de de'couvrir bien positivement les poisons dans le vin , nous proposons particulièrement la liqueur de Haiïnemann (liquor vini probatarius Haunemaiyni) J qui nous paraît, de toutes les épreuves, être réellement la meilleure. Nous allons en décrire la composition d’après les procédés les plus nouveaux et les plus convenables.
« Prenez parties égales d’écailles d’buitre .finement pulvérisées , ou de la craie et du soufre ; broyezdes exactement, et faites-les rougir dans un creuset couvert ; laissez-les ensuite pendant douze minutes à la cbaleur : la poudre grisâtre que vous obtiendrez, est du sulfure calcaire, que l’on conserve dans une fiole bien bouchée.
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« Pour découvrir si le vin contient un métal dangereux , autre que le fer , ou du plomb , prenez une forte bouteille qui renferme un peu plus d’une livre d’eau; ajoutez -y deux gros de sulfure calcaire, et sept gros de crème de tartre ou d’acide tartreux; versez-y seize onces d’eau pure; bouchez la bouteille: agitez le mélange lentement, mais pendant dix minutes ; puis laissez-le déposer. Si l’on verse une cuillerée à soupe du liquide laiteux qui se trouve à sa surface , sur deux ou trois onces du vin qu’on veut soumettre à l’épreuve, il en résulte un dépôt plus ou moins brunâtre , selon qu’il renferme plus ou moins de plomb.
« Il est constant que tout vin frelaté avec du plomb présente ce même dépôt à l’épreuve ; mais l’on ne peut pas toujours conclure de la présence du dépôt noirâtre à celle du plomb , puisque d’autres métaux, le fer entre autres, qui peuvent être dissous dans le vin , font le même effet.
« Il faut donc tâcher de séparer le dépôt obtenu , et le soumettre à un examen plus sévère. L’on reconnaîtra la présence du fer, si le dépôt noirâtre se trouve complètement dissous par facide muriatique , ce qui n’a pas lieu dans le cas contraire. ^ (Bernardi et Bücholz.)
« Les empoisonnemens par le plomb (dit le savant Hencke dans son Traité de médecine légale, pag. 554 J §• ôo5 ) étant le plus souvent opérés par
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des vins falsifies avec les oxides de plomb, la police sanitaire a porté la plus grande vigilance sur cette espèce de falsification , et Ton a nommé épreuves du vin les réactifs par lesquels on découvre la présence du plomb dans le vin. On les emploie également pour découvrir le plomb dans les liquides trouvés dans festomac. L’ancienne manière d’essayer le vin , connue sous le nom d’épreuve de Würtemberg , au moyen de l’orpiment et de la chaux vive, n’est plus suivie; et c’est avec raison; car elle n’est rien moins que sûre, puisque, en mêlant ces substances avec un vin dans lequel n’entre point de plomb, il peut également en résulter un dépôt de couleur foncée, si ce vin renferme du sucre brûlé, du jus de sureau ou du fer.
La méthode de Haiinemann , au moyen de la dissolution du sulfure alcalin dans l’eau , est beaucoup plus sûre ; l’existence du plomb se manifeste par un précipité brun ou noir. *
« Mais le moyen le moins trompeur est de faire évaporer la substance suspecte, et de réduire le résidu , en y ajoutant de la poussière de charbon; alors le plomb se montrera sous sa forme métalli- - que. Houlston , Halle, Paldamüs, Wildberg, Jos. Franck, Metzger, Schneider, donnent encore d’autres renselgncmens sur cet objet.
Pour reconnaître la présence de l’arsenic dans le vin et dans tout autre liquide , on peut se
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servir des trois subslances suivantes , du sulfure d’ammoniaque, du cuivre ammoniacal, et de l’eau de cliaux. Le premier, verse' par gouttes dans un liquide qui contient de l’arsenic, produit un précipité' jaune, qui est une combinaison d’arsenic blanc et de soufre, et qui ne se de'gage commune'ment qu’en ajoutant au me'lange quelques gouttes d’acide. Au lieu de sulfure d’ammoniaque , on peut aussi employer l’e'preuve de Hahnemann.
Le cuivre ammoniacal , qui re'sulte de la combinaison de l’oxide de cuivre avec de l’ammoniaque, indique la pre'sence de rarsenîc par le de'pôt d’un jaune verdâtre qu’il laisse dans le liquide. Ce de'pôt est une combinaison d’oxide de cuivre et d’oxide arse'nical. Le sulfate de cuivre ne produit un depot dans la solution arsenicale que lorsqu’on y ajoute de l’alcali.
L’eau de chaux, méle'e avec une solution arsenicale, produit un pre'cipite blanc, quelque peu d’arsenic que contienne cette solution.
En ]8i2. Fischer a fait connaître un nouveau re'actif, qui de'montre la pre'sence de l’arsenic dans, un liquide, c’est celui qu’il appelle chaméléon^ et qui est le produit de la fusion de l’oxide noir de manganèse avec le nitre. On le dissout dans de l’eau distilie'e, et l’on attend que la solution prenne une couleur rouge; puis l’on y ajoute une petite portion du liquide qu’on suppose renfermer de
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l’arsenic. S’il en contient en effet , on voit la couleur rouge de la solution du cliamëlëon se changer de suite en une couleur jaune. Vingt- cinq à trente gouttes d’une liqueur qui ne renferme que la centmillièrae partie d’arsenic, suffisent pour produire ce phénomène de la manière la plus marquée.
PlOloff prévient cependant, d’après sa propre expérience, les médecins et chimistes contre l’emploi du chaméléon minéral, comme réactif, dans l’examen des empoisonnemens réels ou présumés, parce qu’il pourrait souvent faire croire à la présence de l’arsenic dans l’estomac et dans les matières qu’il renlèrme, sans que cependant il y en eût. D’après lui, l’on ne doit se servir, pour cette recherche, que de l’acide hydrothiontique , préparé par la décomposition du sulfure calcaire avec partie égale d’acide tartareux. (Bernardi, Bucholz, Roloff.)
Courte exposition des effets délétères du plomb
sur r organisme.
Les oxides de plomb attaquent originairement les organes de la digestion ; et de là leurs effets délétères s’étendent sur tout le système lymphatique , sensible et irritable. L’expérience a démontré que les oxides de plomb , pris à petites doses souvent répétées, ne causent point aussi promptement
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la mort que lorsqu’ils sont pris à grandes doses; mais leur usage n’en est pas moins mortel.
J’ai eu, àNaumbourg, depuis 1804 jusqu’à 181 1, l’occasion d’observer les enipoisonnemens avec le plomb dans toutes leurs nuances, e'tant, dans cette ville, me'decin de plusieurs ouvriers d’une manufacture de ceruse assez conside'rable. Je traitai , dans le meme temps, un fermier aisé, qui souffrait horriblement de la colique de plomb ; cette maladie avait été produite par l’usage d’un vin falsifié avec du sucre de Saturne.
Nous allons exposer en général les symptômes des enipoisonnemens j>ar le plomb, et nous fixerons surtout l’attention de nos lecteurs sur ceux de ces symptômes qui suivent l’usage d’un vin falsifié par le plomb, afin de les mettre à meme de prendre les mesures nécessaires dans ces circonstances.
Dans le commencement , les oxides de plomb exercent une action délétère sur le canal intestinal; les sujets se plaignent d’une sécheresse dans le gosier et de constipation : cet état ne dure pas long- temps, surtout chez les ouvriers en céruse. La sensibilité est ensuite vivement affectée; les ma-^ lades deviennent pusillanimes et tristes ; ils ressentent des vertiges passagers, et quelquefois meme la goutte sereine; dans la suite survient un tremblement dans les membres, une sécheresse extraordinaire dans la peau, des douleurs, des convul-
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slons, et enfin l’apoplexie. Dans le principe le pouls est fort lent, puis il devient petit et tremblotant; les extreinite's sont paralysc'es ; la digestion est irouldee ; il y a flatuosités , manque d’appe'tit ; les malades se plaignent de renvois aigres ou amers. La suite amène des dégoûts , des vomissemens glaireux, qui finissent par devenir bilieux. L’on sent une pression dans le bas-ventre; les malades se plaignent d’un poids immense, surtout aux environs du nombril ; le bas-ventre est resserre' et tendu comme un tambour. Il survient des palpitations de cœur, une grande se'cberesse dans la bouche, une soif inextinguible, une voix rauque ou enroue'e; la figure et toute la peau offrent un teint sale, terreux et jaunâtre. Enfin, la consomption et la mort terminent la vie des malheureux empoisonnés par le plomb , à moins que l’art ne soit parvenu à détruire les effets 'du poison dès le commencement.
Les symptômes qui surviennent après l’usage des vins frelatés par les oxides de plomb , sont diflférens : ici les accidens ne se succèdent pas aussi vite ni d’une manière aussi orageuse, mais leur effet est plus dangereux; car, si l’action du poison a acquis un certain degré, il est difficile, souvent même impossible, d’y porter remède. Dans ces empoisonnemens par le vin , tout dépend de la quantité d’oxide de plomb, de celle du vin qui a
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ëtë bu, de la conslitulion du sujet, etc. Ordinairement ceux qui ont Lu de ces vins, se plaignent d’abord de coliques passagères; elles se changent bientôt en une sensation douloureuse du bas -ventre, qui se fait sentir sans interruption. Ils ëprouvent un sentiment caractéristique de pesanteur, suivi bientôt de lassitudes et d’une sécheresse marquée de la peau. Le pouls est ordinairement onduleux et lent, ou tendu et lent: il survient du dégoût pour les alimens ; des vomissemens étouffans, surtout le matin : le visage prend enfin une couleur de terre et de la ressemblance avec celui des malades atteints de l’bydropisie de poitrine ; l’on observe meme, jusqu’à l’illusion, tous les symptômes de l’bydropisie de poitrine, à la réserve du gonflement des articulations (symptôme auquel il faut bien faire attention). L’on voit alors tout- à- coup se succéder avec la rapidité de l’éclair les symptômes les plus terribles, tels que la paralysie, la tristesse poussée jusqu’au désespoir, l’abattement, et la foule innombrable des maux causés par l’empoisonnement du plomb , maux dont nous avons déjà parlé plus haut; et la mort terminer enfin les souffrances de ces malheureux.