CHAPITRE YIl
faiblissantes, tant physiques que morales , et qu’elle porte le caractère d’une asthénie de l’utèrus ou de tout l’organisme ; surtout encore , lorsqu’elle s’est manifeste'e après de longs chagrins et des peines d’esprit, ou par suite d’une mauvaise nourriture, d’une frayeur, de l’onanisme ou de la trihadomie, les vins rouges, sagement employés, deviennent d’excellens curatifs et rappellent les règles : mais il est entendu qu’il faut préalablement éloigner les causes qui ont donné lieu à la maladie.
5.^^ Lorsque les règles sont trop abondantes ou qu’elles reviennent trop fréquemment ; quand les vaisseaux de l’utérus sont affaiblis et dilatés, et que l’utérus est lui-méme afflnbli et distendu , ou , comme le dit Hoffmann , si les règles sont trop « abondantes, quelles produisent de la faiblesse, <c et qu’il en résulte un désordre dans d’autres « fonctions, comme, par exemple, nausées, çm-
barras gastrique , gonflement de l’estomac , inau- « vais teint, sommeil inquiet et fatigant, etc.
Dans ces circonstances , nous avons trouvé que l’usage des vins rouges généreux , administrés avec beaucoup de précaution et d’abord à petites doses et à longs intervalles, produisait les meilleurs effets, en ne négligeant point toutefois les autres remèdes indiqués. Qu’on les fasse prendre, surtout, quand le pouls est petit et tremblant, quand
DES VINS DE BORDEAUX. -yQ
]cs forces sont epuisees , soit pendant Fecoulement , soit dans la convalescence. Nous les ordonnions avec la teinture de cannelle , si juste“ ment estiinec de Van -Savieten , et qui est composée d’eau de menthe et de inelisse , de teinture de cannelle , de pierre iie'maiite et de sirop de melisse.
Les vins de Galiors, de Grand-Constant, de Haut- Brion , de Châleau-Margaux, de Mëdoc, première qualité, sont spécialement indiqués dans ces genres de maladies ; mais le médecin ne doit y employer ni les vins de Roussillon, ni ceux de S. Gilles et de Tavel , attendu qu’ils sont trop lourds et trop forts.
Dans la maladie noire , lorsqu’elle est la suite de crampes d’estomac chroniques et violentes, et quelle ne lient point à des vices organiques ou à des obstructions dans le bas-ventre , les vins rouges légers de France sont indiqués , surtout si le sujet est maigre ou faible, si le pouls est
petit et lent, si les évanouissemens se succèdent,
et lorsque la perte de sang est considérable.
Dans ces circonstances nous adininistrârnes ces vins avec beaucoup de succès ; au commencement aux plus petites doses, comme une demi -cuillerée ou une cuillerée k soupe entière , toutes les deux heures. Nous eûmes soin également de faire fure des fomentations de ces meoics vins sur
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le l)as>ventrc. Pendant la convaleseence j’en lis boire à mes malades un ou deux gobelets à table, et j’ordonnai d’en user modérément pendant plusieurs mois.
7.*^ Dans la eardialgie, surtout dans celle espèce où les nerfs de l’estomac sont affectes, et quand ce viscère se trouve dans un èlat d’atonie manifeste, ou lorsqu’il est surcharge de glaires ou d’acidltès , et que la maladie n’est point entretenue par une Irritation matèi ielle. Dans ces cas il convient d’employer les vins de Ghâteau-Margaux, ceux de Mèdoc, première et seconde qualité, les vins de Côtes , de Gaillac et de Cahors. Pour les malades moins aisés, on peut se servir des vins de Tavel , de Gliâteauneuf, etc.
Nous avons souvent eu l’occasion d’observer, dans notre pratique , que, quand nul autre médicament ne parvenait à maîtriser cette maladie si souvent opiniâtre, l’emploi des vins rouges lins de France y réussissait. Mais il faut, pour cela, que les malades s’abstiennent des mets aigres , indigestes, et qu’ils renoncent entièrement à la bière. On leur permettra de boire, à leur soif, de beau mêlée de vin rouge et de sucre , ou une infusion de rnentbe poivrée, irempée de vin rouge.
S.'’ Dans la céphalalgie , la migraine et le clou, lorsque ces affections sont symptomatiques, nerveuses , et qu’elles ont leur source dans le bas- ^
ventre; qu’il n’y a point clefièvre ; que le pouls est petit et variable ; que ies extre'miie's sont froides et les malades extraordinairement faibles, ou lorsque les maux de tête deviennent si violens et si orageux qu’il s’y joint un vomissement slrangulatoire, sans que cependant ces maux soient entretenus par des saburres gastriques; ou, enfin, lorsque les maux de tête sont nerveux et goutteux.
Dans ces circonstances, l’usage des vins rouges généreux de France est particulièrement indiqué, pourvu qu’il n’existe point de constipation opiniâtre, ou qu’il ne s’en manifeste pas durant fusage des vins rouges.
Que les malades boivent à dîner un demi - gobelet, même un gobelet entier, de vin de Ghâteau- Margaux. S’ils sont déjà accoutumés à fusage du. vin. Ton pourra commencer par un gobelet entier, et monter progressivement jusqu’à trois : fou ajoutera à ce régime l’usage d’un café fort, que le malade prendra à jeun et après le repas, pur et sans lait.
Mais qu’il ne boive pas de vin à souper , pour ne point s’exposer à des insomnies , des anxiétés et des congestions vers la tête. 11 faut qu’il renonce, en même temps , à toute espece de bière , ei que, pour apaiser sa soif, il ne boive que deux parties d’eau mêlées avec une partie de vin. La pratique inédi-