CHAPITRE VIII
d’un forte infusion de feuilles d’oranger avec du musc.
Dans le second cas , il s’agissait d’une fille de six ans, attaque'e d’alropliie avec diarrlie'e. Cette enfant refusait egalement de prendre des me'dicapiens, raison pour laquelle je fus oblige de recommander à ses pareils le vin d’Italie , comme le seul moyen qui pût ^encore la sauver; et mon ordonnance fut couronnée du plus heureux succès. Cette pctitg avait un tel empressement à prendre ce vin, qu’à peine pouvait-elle attendre l’heure où on devait le lui donner , et ce fut uniquement par son usage quelle guérit.
Parmi les vins gèneà’eux d’Espagne nous ferons une mention particulière du vm de Madère et de celui de Malaga, que nous avons eu si souvent occasion d’employer avec avantage dans les maladies les plus dangereuses. Tous les deux, lorsqu’ils sont purs, portent leur action sur le système nerveux et sur les organes digestifs en particulier.
Nous conseillons surtout l’usage du vin de Madère dans les maladies suivantes :
1.^ Dans le marasme sénile , accompagné de diarrhée épuisante , et lorsque la langue est couverte de mucosités jaunes ou hlanchâlres ; que le malade passe les nuits sans dormir , et qu’il est tourmenté par une toux spasmodique, débilitante et strangulatoire ; lorsqu’il éprouve un sentiment
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DES VINS d’espagne, etc,
de formication sur le dos, et que, vers le soir, il survient des sueurs visqueuses et affaiblissantes ; que furine est claire comme de l’eau , ou d’un rouge briquete ou brunâtre comme de la bière ; déplus, lorsque les excre'mens sont limoneux et tenaces ; que les lassitudes et la faiblesse augmentent chaque jour, et surtout lorsque le marasme se'nile attaque des personnes qui avaient e'tè pre'cèdemment atteintes de la eoutte.
Nul médicament n’opère communément avec autant de force chez ces sortes de malades que fusage journalier du vin de Madère. Que le malade en boive à ses repas, à dîner d’abord un seul verre, à souper un demi-v6rre ; on en augmentera la dose par la suite : pour le dîner , jusqu’à deux à trois verres; mais, pour le souper, jam^ais au-delà d’un verre , parce qu’il en résulterait des chaleurs et des congestions vers la tête. Le malade peut en outre boire à sa soif de beau mêlée de vin de Madère ; mais il faut , avec ce régime , renoncer à la bière et aux liqueurs , aux mets indigestes , aigres et gras.
Très -souvent nous avons réussi à guérir le marasme sénile uniquement par l’usage du vin vieux et généreux de Madère ; quelquefois cependant nous faisions de plus prendre au malade, toutes les deux heures , trois à quatre grains de vanille dans une cuillerée à soupe de vin