CHAPITRE IX
surtout s’il s’y joint une grande faiblesse et manque d’appe'tit; de plus dans toutes les maladies véne'l'iennes, qui ont déjà dure' quelques mois, où les malades sont de'jà très -affaiblis , et auxquels cependant on ne peut se dispenser de prescrire les oxides mercuriels doux : dans ce cas on peut administrer le vieux vin de Chypre conjointement avec les me'dicamens. On peut encore s’en servir dans le cas d’amaigrissement conside'rable du corps, après les salivations : on l’administrera dans une gele'e de mousse d’Islande; le malade boira en outre ce vin pur à midi et le soir, à la dose d’un ou de deux gobelets. Ce meme traitement convient encore dans les maladies mercurielles, ainsi que dans la convalescence de ces maladies; dans toutes les fièvres hectiques, qui ne sont point excessives; après des avortemens ou des accouebemens laborieux , accompagnes d’une grande perte de sang ; après la fièvre puerpérale , surtout quand les sujets sont très - affaiblis ; enfin, dans les suppurations chroniques, et dans les ulcères atoniques incurables et pbagade'niques des pieds, accompagne's d’une cachexie ge'ne'rale de forganisme ; dans la <;orisomption dorsale, quand elle provient des excès dans les plaisirs de fainour, ou qu’elle survient, après une longue contention d’esprit chez les savans, avec une extrême de'bilitation du corps et de fesprit. Il convient dans ces cas d’ordonner le
Vin de Chypre avec le jaune d’œuf, ou comme vin de table , mais seulement en petites doses.
Dans ce cas Ton pourrait aussi employer le vin de Capo d’Istria, connu sous le nom de Prosecker Rheinfallj au sujet duquel Hoffmann s’exprime dans les termes suivans : Dulce est , capiit non petit, nec mentem percellit , odore suave, fulvo nitens colore. Haie Plinius adscrihit , quod Livia Augusta 82 annos attigerit , cum alio vino non f Lier it usa. Excellens quoque vinum est , quod non adeo procul a Vicentia progignitur et Marciminum dicitur ; podagrlcis pree ceteris innoæium esse perhibetur.
En un mot, tous les vins purs et gënëreux de la Turquie, dont il a ëtë question, sont, à notre avis , indiquës dans toutes les convalescences où les maladies ont laissë après elles une grande faiblesse et une maigreur considërable, et où surtout la sensibilité' et la nutrition ont souffert. Mais on ne saurait assez recommander en même temps aux convalescens fexercice en plein air et un rëgime convenable. Employës de cette manière , les vins de Samos et autres sont pareillement indiquës.
Nous manquons d’observations suffisantes relativement aux autres vins de Turquie ; c’est pourquoi nous en abrégeons 1 article , nous contentant de citer un passage du cëlèbre praticien Frédéric Hoffmann, qui recommande, dans les termes suivans, l’emploi des vins aux mëdecins : .