CHAPITRE X
Pendant la convalescence, à la suite des trois maladies des organes digestifs dont nous venons de parler, il faut faire prendre ces vins avec de Teau de Pyrmont. Nous conseillons aussi aux gens de l’art d’employer en meme temps des bains lièdes aromatiques ou de dréche, et de n’y laisser le malade qu’une demi -heure au plus. Nos expe'riences multipliées nous ont suffisamment démontré' que la guérison de ces sortes de maladies avançait beaucoup plus rapidement quand l’usage des bains e'iait combine' avec celui des autres moyens enseigne's par l’art, et qu’elle éprouvait un extrême retard, lorsque les localite's , les caprices ou la pusillanimité' du malade, s’y opposaient. Les bains d’ailleurs doivent toujours être compose's suivant la nature de la cause morbifique. Si ces maladies reconnaissent pour cause la goutte ou des me'tastases , il sera très-avantageux de combiner les bains aromatiques avec des bains de foie de soufre : on prescrira, dans cette vue, les autres moyens, ainsi que le re'gime convenable.
S.'’ Dans la gangrène qui se manifeste à quelque partie du corps par suite d’une extrême faiblesse, surtout dans le système musculeux et nerveux, n’importe que ce soit la gangrène sèche ou l’bumide. Lorsqu’il s’y joignait une fièvre e'nervante , qui occasionait une prostration complète des forces } que le pouls e'tait petit , ine'gal , fre'quent
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OU intermittent ; que les extre'mitës devenaient froides ; que l’on observait des tremblemens , des convulsions , du déliré , des soubresauts dans les tendons , des sueurs froides , de la somnolence , etc., nous avons obtenu de grands secours des vins de Masslach, du vieux Madère et du Malaga, indépendamment des autres me'dicamens indique's et du traitement chirurgical.
Lorsqu’en l’annëe 1806 l’on vit régner la gangrène d’hôpital, nous employâmes, avec un succès plus grand encore, les vins vieux de Würtzbourg et du Rhin. L’on peut consulter à ce sujet les écrits classiques de Düssaüssoy , de White, de Kirkland, de Richter, de Theden , etc., et surtout de Renard.
9.*^ Dans toutes les convalescences où il subsiste une grande faiblesse, où les forces de l’organisme ne reviennent que fort lentement, nous ne saurions assez louer les effets des vins de Hongrie et du géne'reux Madère , notamment après la dysenterie , après la phthisie pituiteuse , les maladies ve'ne'riennes , après la salivation. Pendant et après les maladies mercurielles , on peut faire boire aux convalescens du Masslacb , le Menisch ou la première goutte de Saint-George, L’on peut aussi faire usage des Rivesaltes du Roussillon , des vins rouges et doux d’Alicante, et des vieux vins purs de Malaga.
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soit delivre des soulFrances qui Faccablent. Cest alors que le nie'decin doit réunir tous ses efforts pour sauver la vie d’un être si che'ri, et il ne lui reste plus que d’avoir recours aux vins les plus généreux , si toutefois ils sont indiqués ; les enfans les prennent non - seulement avec plaisir, mais souvent ils les demandent avec instances. C’est le seul moven de les arracher à une mort
certaine.
On peut employer* les vins de dessert dans les maladies suivantes :
1.*^ Dans la rougeole, surtout dans l’espèce que Jahn nomme rougeole asthénique ^ caractérisée par une faiblesse extraordinaire du système nerveux , ou par une dégénérescence dans le sang et les humeurs , et quand, à cette époque , il règne des épidémies de fièvres putrides, où ordinairement la rougeole contracte le caractère de la maladie régnante.
Les signes inflammatoires , tels que le pouls plein ou ondulent, ne se remarquent point dans cette espèce de rougeole. La maladie est irrégulière dès son principe : l’éruption paraît avec abondance , aussitôt après le second jour de la fièvre; elle est ou pale ou noirâtre : les taches sont confondues, grandes et petites, mêlées de pétéchies et d’éruption miliaire , quelquefois aussi de taches de rougeole ; elles causent une grande démangeaison
DES TINS DE DESSERT
et des chaleurs insupportables. Tantôt elles sont d’un rouge fonce , tantôt mêlëes de taches blanchâtres, surtout autour des ailes du nez.
Les malades sont tristes et inquiets • ils s’agitent dans leur lit ; la fièvre est continue* la chaleur considérable, sèclie et brûlante; la tête est prise, chaude et' douloureuse; la langue sèche et souvent très- rouge; l’appétit manque ; la soif est inextinguible ; les glandes du cou se gonflent ; la déglutition se fait avec peine ; la respiration est gênée ; la toux est sèche et rauque ; l’urine est rare , d’un brun rouge , limpide, ou d’un rouge cramoisi.
Ces symptômes augmentent, dans le courant de la rougeole, plutôt qu’ils ne diminuent, elles taches pâlissent irrégulièrement après le huitième jour. Souvent, dans le courant de la maladie , l’on croit remarquer deux ou trois jours d’une amélioration apparente : mais bientôt l’illusion disparaît , la toux augmente ; la fièvre, ainsi que l’inquiétude et les angoisses , redoublent ; il y a des momens d’etouffement et un véritable asthme aigu, qui devient souvent mortel.
Si celte catastrophe n’est pas suivie de la mort, il survient le plus souvent une sueur critique, des urines troubles, et cette crise salutaire amène la convalescence.
Il y a encore une autre espèce de rougeole