‹ Traité sur la politique coloniale du Bas-Canada [microforme]Chapitre 9 sur 9 · D MES · texte numérisé non relu

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té du représentant du Roi, ni par conséquent delui donner une direction assez assurée pour être fixe, qui put remplirtoute l'étendue de ses projets, et balancer au moins par sa force numérique l'influence du Conseil Législatif, le parti Patriote a imaginé de faire un corps de tous les électeurs, à peu près comme dans un temps d’égarement, les Parlemens, en France voulurent faire une classe de tous les grands corps de Magistrature. Ce corps compact a été 1éuni sous la direction d’un Comité Central séant a Montréal, et dont nous avons vu que des comités partiels ou sécondaires, dans presque tous les comtés, reconnaissoient l'autorité et prenoient les ordres. Rien de mieux imaginé, pour le but que les f'atriotes se sont proposés, et maintenant l’on dira effrontément que la Convention de Montréal ne marche pas sur les traces de la Convention d’exécrable mémoire, la Convention Parisienne.

L'esprit conservatif d'ordre et de soumission, le plus jaloux et le plus prévoyant de tous les esprits auroit repoussé cette création collossale, vrai cheval de Troie qui porte dans ses flancs la ruine du Canada. L'esprit destructif, de désordre et de rebellion, l’a adoptée, malgré tout ce qu'ont pu dire de judicieux, de politique, de profond, d’éloquent, les orateurs de la minorité, et les Patriotes se sont réjouis de voir à l'avenir une Chambre d'Assemblée, qui, grâce auxtrâmes de certains démagogues, et à la licence de la presse, sera presque uniquement composée de ses adhérens si mêmeles Constitutionels consen-

tent a se présenter aux élections.

Ce quia valu à Lord Aylmer la désapprobation de messieurs les /’atriotes, c'est de n'avoir pas émané une commission nouvelle des magistrats après le 21 Mai...c’est de n'avoir pas traduit à une Cour Martiale, un brave soldat obligé d'obeir à l’officier municipal, sons peine de perdre son épée, c'est d’avoir refusé sa sanction à tous les troubles qui accompagnèrent cette funeste élection ! !! Le crime étoit capital, il falloit le venger. ..... La terrible accusation n’a cependant pas osé parler de ce dernier grief, crainte de démasquer aux yeux des citoyens loyaux, des intentions qu'il étoit prudent de teuir secrètes ; et cette accusation, qui dans la bouche du coryphé patriote, parle de tout, hors de ses véritables motifs, cette accusation si hautement, si solennellement commencée, si misérablement, si honteusement continuée, cette montagne en tra: vail qui aboutira a un enfantement si ridicule, n’a été et ne sera qu’une longne mystification pour le public et peut-être pour l’Aonorable accusateur lui même.

Mais enfin et c’est à cette considération qu’il faut en venir, les choix seront-ils meiileurs, faits ar le-peuple, que faits par le revrésentant du toi? Je crois le contraire car le peuple ne voudra nommer qne ceux qui se présenteront eux mêmes et qu'il faudroit écarter. Les élus du peuple seront-ils plus respectés que ceux choisis par l'impartialité du représentant de notre Souverain? Non encore, car comme le peuple ne ourra nommer qu'au scrutin, presque toujours a moitie des électeurs.en auroient voulu un tout

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autre qne celui qui sera nommé, et auroïent eu souvent de bonnes raisons pour l’exclure. Ainsi l'élu, assez peu respecté par ses amis trop bien instruits des détails de l’intrigue qui Panra vorté, ne le sera pas du tout par les autres ; dès lors il sera partial pour ceux-là, injuste pour ceux-ci; et qu'on prenne garde que les peuples ne sont pas opprimés par les principes théoriques d’une constitution quelle quelle soit, dont ils ne s'occupent guère, mais par les actes positifs des nouveaux influents sur une aduministration devenue plus oppressive et plus dure à mesure quelle sera plus locale et plus rapprochée des administrés.

Ce projet dont on demande la réalisation à la Mère Patrie a sans doute pour bat principal, l’exteusion de l'égalité entre les citoyens, mais cette mesure si jamais elle devient loi, en déterminant un cens nécessaire pour être électeur on élu, crée bien plus d’incapacités politiques positives, publiques, légales. enfin que de capacités, pnisque la différence d’un louis, et moins encore fait bien plus d’exclus que de privilégiés, et relègue dans la classe des nullités, politiques ceux qui faute d'atteindre an cens exigé ne sont ni électeurs ni éligibles, et grâce à votre loi le public saura et je sçaurai moi-même que je suis dans cette Province un de ces êtres dont parle Horace, et qui ne sont dans ce monde que pour consommer, Fruges consumere nat.

Sont-ce enfin Îles libertés publiques ou incividuelles que lon prétend assurer en rendant le Conseil Législatif électif? Mais je ne vois de

liberté que pour l'électeur qui fait sortir de l’urne fatal l’homme de son choix car pour celui qui est forcé de concourir à en nommer un autre, sa liberté est une fiction et il y à contrainte réelle, puisqu'il est forcé de concourir à un choix opposé à sa volonté. Et quelle liberté me donnez vous lorsqu’un voisin, un ami, un indifférent, un ennemi viendront la loi à la main, m “obliger

de produire des actes de propriétés que j'’avois des raisons légitimes de dérober à la connoissance du public et me forcer ainsi a être electeur, lorsque } je suis déjà obligé sous peine d'amende a être juré, et sous peine s de prison a être soldat. Car encore il faut sçr voir que cette loi vu son but ne peut laisser la liberté de venir voter à l’option du citoyen, moins indulgente que celle qui règle les élections de la Chambre d’Asseriblée, elle devra tous nous y contraindre, ‘“ Quoi donc! dit J. J, Rousseau, la liberté ne peut elle se maintenir qu’à l’aide de la servitude ? Peut être.” Mais ce problême que le philosophe se propose, nous l’avons resolu ; et jamais si nous tombions sous le pouvoir des Patriotes, nous aurions plus de serviiude avec tant üe libertés.

Et pour passer a des considérations plus géné. raies, a des considérations pratiques, que se propose t'on d’utile pour le public en confiant le choix des nouveaux membres du Conseil Législatif à des assemblées électorales on faites par le peuple et de son propre chef? Si l’or en juge par des idées semées ça et là dans ! les différentes colonnes de la Minerve, il paroit qu’on voudrait faire jouer gros jeu au nouveau Conseil Législa-

rne est à li- Île, opnez ent, ger vois OÏS-

tif; mais qu’on ne croie pas que ce qu’on at: range soi même très commodément dans le coin d’une Imprimerie, soit tout aussi facile a exécuter au loin et sur le vaste théâtre de l’administration

publique. Placez la délibération daus les corps

mais n'y placez pas d'exécution. Sans doute, si le temps n’est pas trop mauvais, la capitale trop cloignée, si les chemins ne sont pas trop difficiles, si l’on ne se porte pas trop mal et que l’on w’ait pas d’affaires trop pressantes, ou se rend à l’assemblée lorsque le Parlement est convoqué et ce de divers points de la province souvent très éloignés : mais à peine y est on que des aflaires, le soin de sa famille, la santé de sa femme ou de ses eufans, des traveaux commencés, que sçai je? Mille motifs souvent légitimes rappellent un membre dans ses foyers, le lendemain un autre, tons sont pressés de finir, tous hâtent, pressent, étranglent les délibérations, et c’est ainsi que trop souvent se termine cette impor tante mission, et il'a fallu des sommes immenses* prodiguées au deputé Canadien pour forcer une expérience de quatre années a contrédire l'assertion precitée ci haut, ce ne sera pas d'un cens de deux cents louis si lon veut qui dans les comtés pauvres représente un très foible revenu, qu’on pourra attendre le sacrifice de son temps et d’un séjour dispendieux dans une ville êloignée, alors un ou deux membres vendus à la faction, moins occupées, plus aisés, résidents à Montréal où à Québec si toutefois le peuple a accedé

* Dix chelins par jour à chaque Membre, et 41000 pour sou Orateur.

à lenrs désirs en les nommant, s'empareront forcément des affaires et a eux seuls représcuteront toute l’election.

Cependant supposez le Conseil Législatif nommé par Île peuple. L’Election Populaire peut si l’on veut, nommer un homme qu’un mérite universellement reconnu « designé depuis longtemps à l'estime ou ala reconnoissance de ses concitoyens; mais jamais elle ne pourra composer convenablement un corps nombreux et tout entier sans tomber dans les pièges de Pintrigue etse prêter a de mutuelles complaisances. Supposez dis-je ce corps ainsi formé, émanation de la souverainté popularre, à la fois agens et membres du souverain, fiers d’un semblable oricine, représentez vous les s’échauffant mutuelle ment par leur réunion, par les lectures des débats de la Chambre d'Assemblée dont ils seront plus d’nne fois tentés de reproduire les sçenes sur nn Théâtre plus vaste et plus élevé demandez vous s'ils serorit toujours les dociles instruments de ceux qui les conduisent aujourd'hni, toutes les fois qu'ils croiront léses par quelques dispositions législatives où administratives les intérêts de leurs commettans qui l’on a autorisé a leur donner des mendats impératifs et qui font passer avant tout les intérêts de leurs comté, cité on Bourg, et qui exigeront en bons offices de la part de leurs commis, ce qu'il leur auront donné en pouvoir politique.

Et ces deux chambres constituées élues par le peuple, réprésentant les mêmes ‘ntérêts, si elles réunissoient leurs réclamations et leurs griefs, si

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celles se montraient obstinées, rébelles. Quel parti prendroit alors le réprésentant du Roi? Les dissouderaient-ils ? Une dissolution loiu de changer la disposition des esprits ne feroit sans doute que la rendre plus hostile. Traduiroit-on les rébelles devant les Tribunaux ? ce seroit faire passer la législation dans les corps de magistrature, et puis avec la manie de popularité qui a saisi tons les esprits, les Tribunaux voudraient peut être aussi se populariser dans leur ressort comme les corps législatifs, et telle est malheureusement partout et dans tous les temps la disposition générale des esprits, inhérente à la nature humaine, que le prémier moyen et le plus assuré de popularité est la résistance à l’autorité, et si le peuple du Bas-Canada est entrainé dans cette résistence, quel résultat pourrait-on en attendre, qu’une guerre entre les autorités et surtout de plus grandes difficultés dans la marche et les délibérations du Conseil Législatif devenu électif, Lourmenté en sens contraire par des intérêts op- »osés et quitous parleroient an nom de la souverainté populaire et n’en seroient que plus impéricux.

Et comme on peut tont prévoir et tout craindre dans un gouvernement à assemblées délibérantes, si l’on pouvait jamais supposer ur” mAJ0rité factieuse dans le nouveau Couse’' : égislatif si cette majorité devenu tonte puissante par son union avec celle de la Chambre d'Assemblée, réunissoit en un corps unique et compacte tous lesélecteurs, si même hors le temps des élections, clle les autorisait à se rassembler, comme au-

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jourd’hni,a s’organiseren assemblées délibérantes, a preudre des délibérations, a donner des mendats, a recevoir des Instructions, a obéir à un mot d'ordre, dans quel vaste et impénétrable réseau n’enlaceroit-on pas la société, et quel moyen resteroit-il à l’administration pour rompre un faisceau si bien lié, et se défendre d’un pouvoir si formidable dont on ne manqueroit pas de proclamer les exigences comme la volonté du Peuple souverain et l'expression la plus authentique de Popinion publique ?

Je n'aurai pas la simplicité de demander quels grands désordres dans l'administration de la Province quels besoins pressans peuvent exiger la récomposition, par des élections populaires de ces gratuites fonctions que d’honnèêtes gens sans intérêt personnel (voilà comme l'entend la constitution) au détriment de leurs fortunes et de leurs affaires acceptent dans le Conseil Lésislatif. Je sçais trop bien ce qu’on leur reproche et ce qu'on veut en faire, le ministre colonial et le gouverneur ne peuvent l’ignorer. On reproche au Conseil Législatif dont le coryphé du parti libéral dans la Chambre d’Assemblée a osé dire, à la face de soixante merabres et plus qu’il ne mériloit plus sa confiance ; on lui reproche ces vœux si loyaux qui sauveraient la colonie s’ils étoient exaucés. Et gardez vous de croire que ce soit dans l'intérêt du Conseil Législatif que nos Patriotes demendent si impérieusement sa recomposition par le peuple, ils se proposent d’autres intérêts et cachent sous ce voile transparent des desseins plus profonds. . . . .

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Ils veulent un Conseil Législatif à la dispositi. on d’une faction. Ils veulent abattre l’influence de nos Prêtres. Ils veulent de la démocratie dans l'administration comimne dans la constitution, ils en veulent partout, et malheur à nous, au Ministre Colonial, à l'Angleterre, au Gouverneur, à la Province, si l’on cède a cette volonté lorsqu'il est si facile, si honorable et si sur de lui résister.

Mais il est un autre effet de ces élections introduites jusques dans les lieux les plus reculés d’un royaume, effet presqu’insensible dans les grandes villes de I/Europe mais qui est dans unc Province comme celle-ci une véritable calanmité J’ignore si jamais nous aurons un autre 21 Mai! ! ! Infames désordres! Honteuses saturnales dont un Peuple chrétien et civilisé devroit rougir etque uos Patriotes admirent sans doute comme la preuve la plus décisive de leur entière liberté. La décharge d’un arme à feu, le service d’une bayonnette, lapplication d’un coup de poing, tontes ces choses minent contre la Paix intérieure de la colonie et l'union entre habitants de nos villes. Dans les lieux déjà divisés par les opinions politiques ; ces luttes d’intrigue ou la calomnie, la détraction, les menaces de vengeances, les promesses et quelques fois la vénalité sont employés sans pudeur, et sonvent coutre des citoyens paisibles qu'on aura forcé de veniraux élections ; ces luttes dis-je, rompent tous les liens d'amitié, de parenté, de bon voisinage, et éternisent les divisions dans les familles, Ces manœuvres odieuses ont peu d'influence en Angleterre sur l'union entre des hommes qui se

connoissent à peine, et hors le temps des élections, ne se rencontrent que par hasard Dans les grandes cités on ne songe qu’au plaisir, qu'on y retrouve sous toutes les formes et rien n'y laisse de traces profondes, mais dans Îes petites villes, les sentiments sout plus profonds, les haines plus durables entre des hommes qui sont toujoursensemble et se retronvent à chaque pas. Là où 1ln°y a pas de plaisirs,on demende au moinsle bonheur, le bonheur n’estque dans l'union des familles, et la bienveillance mutuelle entre les concitoyens.

Une fois cependant que la loi que nous discutons aura été décrêté par le Parlement Impérial, elle sera me disoit nn Patriote l’autre jour, elle sera dans l’ordre légal. Il est honteux assurément dans un siècle que se dit aussi avancé en politique, et chez un peuple chrétien et civilisé, il est honteux de voir invoquer l’ordre légal d’une manière absolue par un parti qui s’appelle fastuensement Patriote lorsqu’on a vu l’ordre légal en Angleterre dans l'oppression des Catholiques d'Irlande ;en France dans les erreurs de la constituante, dans les furenrs de la convention, dans la despotisme de Buonaparte. En Turquie dans la Polyganie et l'esclavage; en Chine dans le meurtre des enfans sacrifiés à l'esprit dn Fleuve, chez les Romains, dans les jeux sanglans de l'arène ou le droit barbare de leurs guerres ; en Grèce dans la prostitution consacrée chez tous les peuples idolâtres, par l’immolation des victi. mes humaines. Il n'y a pas d'association humaine qui puisse exister sans un ordre légal quelconque ; et les Brigands entr’eux obéissent à la loi

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du partage égal du butin et de leur défense mutuelle contre la force publique.

Parlez donc à des hommes raisonnables, à des chrétiens, d'ordre légitime qui ne s'applique qu'a des loix justes, sages, naturelles et non d'ordre légal qui s’applique ou peut s'appliquer à toutes les loix, même les plus absurdes. L'ordre légal est de l'homme : l’ordre légitime est de la nature ou plutôt de son auteur. Et pentêtre les connoissances Philosophiques de nos Patriotes ne vont-elles pas jusqu’à sçavoir que deux mots expriment deux idées. Si vous ne voulez pas en croire la raison éclairé par les lumières du Christianisme, croyez en un philosophe élevé a l’école du Paganisme et le prémier des philosophes Païens : ‘Gardez vous, dit-il, de regarder comme des lois, tout ce que, dans la législation des divers peuples, porte le nom d’edits ouordonnances.” “ Neve putes legem esse omne quod in Insritutis !'opulorum scitum est.”

Et le même Philosophe distinguant avec précision ce qui n’est que légal de ce qui est légitime, donne le moyen de le discerner. “ Ce n’est, dit-il que dans la nature qu’on peut trouver la règle quiserta distinguerune loi bonne d’une mauvaise >” legem bonam a mai& null& ali& nisi naturali norm& dividere possumus. Il seroit assez difficile de décider a quelle nature appartient bien des choses faites au nom de l'ordre légal, et qui ne sont certainement ni dans la nature politique ni dans la nature religieuse.

Tout ce qu’on peut dire sur cette matière est que la perfection de la législation consiste à rendre legal tout ce quiest légitime, et légitime tout ce qui est légal, c. a. d. de faire de bonnes lois et de n’en point faire d’autres. Nous avons fait en bien peu de temps de grands pas dans un nouveau système. Les Patriotes se félicitent, les Impies triomphent, les Loyaux sujets sont attristés, les Chrétiens gémissent!...., et tous demendent s’il y aura révolution. . . ... Laissons répondre J. J. Ronsseau. ....,..,... ...

‘ Le gouvernement dit-il, passe de la démocratie a l'aristocratie, de l'aristocratie à la royauté ; c'est là son inclinason naturelle, le progrès inverse est impossible.”

Cependant on a vu des gouvernemens passer de la royauté à la démocratie, toujours Roussean a raison, car il parle de ce progrès qui suivant une inclinaison naturelle, est un avancement régulier vers un meilleur but, et non d’une chute qui, contrariant l’inclinaison naturelle des choses, est un progrès invérse comme l'appelle le Philosophe ou plutôt l'inverse de tout progrès Ainsi, - c’est parler correctement le language de la politique que de dire : “ Le gouvernement s’éleve à la monarchie, ou tombe dans la démocratie.”

Quand un gouvernement passe de la démocratie à la royauté, ce passage est un progrès, et il n’y-à de progrès que vers le mieux ; et comme il suit son inclinaison naturelle ce passage n’est pas proprement une révolution, c’est le retour de la maladie à la santé : il se fait sans désordre,

1sser seau vant ment hute oses, hiloinsi, polive à tie.” bcraet il nme rest ir de rdre,

sans violence, comme tout ce qui se fait Suivarit une 2nelinaison naturelle, c’est ainsiqu'autrefois l'Angleterre a passé de la democratie de son Long Parlement à laroyauté sous Charles IT, receament de dessous le joug alors pesaut des torysaux donces Jouissances des bienfaits de la réforme; la France de l'anarchie de sa révolntion, au consulat provisoire de Buonaparte à 'a monarchie de l'empire, et à la royauté définitive de Louis XVIIT; plus tard encore et réceament de Pinsignifiance du gouvernement de Charles X à la régie d’abord sage et éclairée puis ensuite et actuellement absolue, de cette portion de l’Europe sous un roi citoyen. La Suede de la démocratie de son sénat à la royauté sous l'avant dernier de ses rois. Quant au contraire le gouvernement passe de la royauté à la démocratie, comme il suit une marche inverse et qu'il va contre son inclinaison naturelle, il n'y à pas de progrès ; il y à chute et tout ce qui se fait contre la nature est violent et désordonné, tel a été l’étât de l'Angleterre, tel fut trop long temps celui de la France Tel peut-être le nôtre! !1 ..... Ainsi la démocratie dans le gonvernement est le principe des révolutions, les désordres les violences, les proscriptions, les excès de tout genre en sont les conséquences.

Ces conséquences sont-elles nécessaires, inévitables ? c’est ce que n’accordent pas les gens ambitieux et timides qui rêvent des révolutions pacifiques, des révolutions dans les journaux, des révolutions dans la Chambre d'Assemblée, . …..... Condorcet lui-même profond révolu-

*’onnaire, a partagé cette illusion ; le passage est curieux. ‘ C’est dit-il, la pensée des sages qui fait les révolutions politiques, mais C “est ton jours le Bras du Peuple qui les exécute.” Il est vrai, continue t-il, que sa force peut seu dangéreuse pour lui-même et qu'après avoir appris a en faire usage, il faut lui enseigner à la soumettre à la loi; mais ce second ouvrage, quoique difficile, n’est pas a beaucoup près si long et si pénible que le prémier.” Malheureusement ce sage emporté par la révolntion que sa pensée

écrite on parlée, avoit préparée n’à pas eu Île temps de voir ce second ouvrage, qu’il a du trouver bien long et bien pénible, lorsqu'il expiroit dans un cachot, où l’avoit plongé le bras de ce même peuple qu’il avoit déchainé.

D’hypocrites journaux, bravant les craintes des gens de bien, cherchent a endormir le gouvernement, et éloigner de l'esprit des sujets loyaux toute idée de révolution “ Mais,” pourrait-on leur dire, ‘“ qu’appellez vous révolution ? et n’estce pas une révolution que cette effrayante profusion de maximes séditieuses, :# libelles impies, de chansons révolntionnzires ? N’est ce pas une révolution que ces insultntes sonscriptions proposées sous les yeux de la justice pour subvenir aux dépenses de la Convention de Montréal ? N'est ce pas une révolution que ces conversations journalières, tenues dans les cercles, au coin des rues, dns les lieux publiques et où pour l’instrnction prétendue de ja jeunesse, on délaute la philosophie et l'histoire, on calomnie le gouvernement, métropolitain, ou injurie

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l'administration coloniale, on fait assault sur tous les officiers publics sans restrictions ni réserves, ... L’autel même n’a plus d encens, le Prêtre est outragé jusques dans sa chaire? . . . . . N'est ce pas une révolution que ces manifestes des patriotes insérés dans leurs Journaux ? . . . N’est ce pas une révolution que ces attaques virulentes faites contre le citoyen honnête et consignées dans des Pamphlets orduriérs ! . . . . . . .. vous ne voulez ou ne voudrez avouer qu’il y a révolution que lorsque vous vérez des instruments de supplice élevés sur nos places publiques, mais dites moi La France en ofirait-elle en 89. . .. cependant trois ans après son sol était rougi de sang. . , À bas les prémières! Crioit-on dernièrement au parterre du Théâtre de Lyon, où il n'y avoit cependant aux prémières loges que de Pindustrie et du commerce ; & bas les prémièresa t’on crié pendant longtems et précédemment an Parterre dis plus grand Théâtre à bas les prémières c’est là le cri de guerre de la démocratie Lyonnaise, comme mont joie St. Denis étoit le cri de guerre de l'antique monarchie Parisienne.

Cicéron, grand homme d'état et grand Philosophe, le dernier, je crois des Philosopies hommes d’étât, n’aimoit pas le principe des révolutions et ne se faisoient pas illusion sur Îies conséquences dont il fut lui-même la terrible victime. “ Mihi nil unquam populare placuit.” “Je n'ai jamais rien aimé de populaire,” dit-il, quoique Plébéienlui-même. Voila pour le principe, et quant aux conséquences, il ajoute : “ Nec verd ‘unquam bellorum civilium semen et causa de-

erit, dum homines perditi hastam illam cruentamn, et meminerint et sperabunt;” ‘ Jamais il ne manquera de germes et de causes de guerres civiles, tant que des misérables conserveront le souvenir de ces sanglantes enchères, et en attendront de nou\elles.”

Des novateurs posent le principe d’une révolution et ne voudraient pas aller plus loin ; mais ils ont derrière eux de terrible logiciens qui en déduisent des conséquences rigoureuses. Si l’on posait aujourd’hui le principe, les conséquences seroient prochaines et terribles. |

Il se feroit (à peu de choses prés) autant de.

mal en ce pays qu’il s’en est fait en France, il ne.

pourrait s’en faire moins, si l’on veut faire nne compensation, peser les moyens et diminuer le nombre des Fauteurs ; et ce parcequ'il y a, chez cette classe d'hommes, presqu’autant d’irréligion dans les habitudes, moins de modération dans les esprits, autant de passions dans les cœurs, et beaucoup d’ambition et de cupidité ; parceque les classes elevées de la société ont été dans ce pays depuis huit à dix ans l’objet des plus violentes déclamations et des plus furieuses persécutions, et que le peuple a eu sous les yeux l'exemple corrrpteur des prospérités et des impunités des chefs du parti mécontent. Les artisans de. trouble trouveraient, et peut-être ailleurs que dans la dernière populace, autant d'instruments de mal et de désordre qu’ils en ont trouvés, et les malheurcux moins d’amis.

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Éa grande erreur de la Chambre d’Assemblée est d’avoir présenté les fonctionnaires publics la religion ses ministres les meilleurs amis du peuple, comme ses plus mortels ennemis. Cette opinion insensée et criminelle a reparu daus les assemblées de la convention à Montréal, et on la fait revivre aujourd’hui plus que jamais. Le Peuple Canadien n’a d’ennemis que lui-même et ses perfides flatteurs qui le caressent comme on fait d’un cheval indompté à qui on veut mettre le mors pour mieux le réduire,

L’autorité peut voir à présent quel est le plan de campagne dressé par nos ennemis pour la prochaine session. Les Journaux résolutionnaires ont proclamé leurs organes, et voilà que la guerre nous est déclarée. Espérons donc de la part de l'administration une défense courageuse et éclairée, reposons nous surtout sur la fermeté et la prudence de notre Gouverneur. Croyons qu’à, présent comme par le passé il s’'acquittera honorablement de l'immense responsabilité dont il est chargé vis-a-vis Angleterre, vis-a-vis la Colonie, et vis-a-vis la Postérité qui lui fera justice.

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