‹ Traité sur les phrénopathiesChapitre 1 sur 58 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au quinzième siècle parut à Baie un écrit qui semble avoir attiré fortement rattention des psyco-^ logues de- ce temps-la : c'était Fépoque du merveilleux^et des idées mystiques , adaptées à lexplicatioû des maux> dont^r on ignorait les causes et la nature. Perdant^ les sages préceptes de l'école d'Hippocrate , on s'égara dans un dédale de systèmes , auxquels le trouble de l'^çsprit fournit- des sujets toujours^nouveaux.

Mais plus tard Tintelligence humaine s'enficbit de connaissances positives : on vit disparaître les oiôBres mensongères que partout on trouvait dans ces espèces de maladies ;•* et Taspect effrayant ou bizarre de ces affections ne fut plus un phénomène surnaturel pour les médecins des siècles suivans. C'est de Jean Wier (') que date cette ère nouvelle dans letude des maladies mentales/

Trincavella, Montanus, Mercurîalis ^ Prosper |^1pinus et d'autres Italiens, publièrent dîfférens opuâ^ cuIqs sur ces maladies : remplis d'observation^ 'curieuses, ils sont remarquables par l'analogie^ qu'ils offrent avec des doctrines professées de nos jours,^

Fernel , Rivière , Théophile Bonnet j. a leur touS, appelèrent l'attention des médecins français sur le trouble de Tentendement. Lorry publia, en 1764, son

(i) De Praesligii^ et Ipcantalionibus.

VIII INTRÛDtCTlON.

tfaitë de Morbis nïeïancholicis. Fluctuant entre le soli disme de Sthal et la the'orie mécanique de Boerhaave , il attacha une importance spe'ciale au système nerveux dans l'explication de cette afîection.

Marchant sur les traces de Hofifman , de Haller , de Baglive et de Gaubius, CuUen rapporta ces espèces d'altérations aux lois de la vie organique. Son chapitre des hallucinations est remarquable : il renferme des idées qui , plus tard, furent élaborées par des hommes de talent : mais ceux-ci ne rendirent point au médecin écossais toute la justice qu'on lui devait.

Les psycologues reparurent sur la scène; Condillac publia ses ouvrages : les questions d'idéologie, les doctrines d'Aristote et de Platon, de Kant et de Leibnitz , de Descartes et de Locke , furent , tour-à-tour , combattues et embrassées avec enthousiasme. On agita la question de savoir si la folie est une maladie de l'ame ou du corps. Provoquées d'abord par Fawcet (i) et par Weickard (2) , ces discussions agitent encore de nos jours l'Allemagne (3).

Un bien résulta cependant de ce choc d'opinions : chacun sentit le besoin d'apporter des preuves à l'appui de son système : on eut recours à l'observation, et on cita des faits. L'Angleterre prit l'initiative : Perfect, Hasper , Pargeter , Grichton^ Haslam, Crowter, Hill et récemment Mayo , Burrow et Willis , provoquèrent ces importantes améliorations que nous avons vues partout dans le traitement des aliénés.

(1) Observ. on Ihè^aus, of melancol.

(2) Philos, artze.

(3) Voir les écriU de Hoflfbauer, de Reimolh et d'autres.

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