EXTASE AVEC MELANCOLIE, MANIE ET FOLIE
M.... reçoit l'avisd'une perte considérable qu'il vient d'éprouver, et, à la lecture de la lettre qui lui annonce sa ruine , elle lui tombe des mains; il s'écrie : « Je suis perdu! « Tout a coup il est silencieux, ne répond plus ; s'enferme dans son cabinet, oii il pleure amère-
SUR LES PHÎIENOPATHIES. 271
ment. Trois , quatre mois se passent , sans que le malade goûte le repos du sommeil. On le trouve souvent de bon matin dans les champs. Il ne se déshabille plus, ou s'oppose à ce qu'on lui mette des vêtemens ; il les déchire , refuse de manger et court enfin se jeter a la rivière. Retiré de l'eau , il est immobile ; la pupille est dilatée ; le malade ne clignote plus ; un e'coulement de salive se déclare qui l'afifaiblit pendant plusieurs semaines : il maigrit; une pâleur excessive se manifeste ; la peau se grippe ; les mains , le bout du nez , les oreilles deviennent livides. Le ptyalisme cesse : la physionomie s'anime , l'œil est ëlincelant ; l'alie'në brusque ses gardiens , il bat sa femme , ses enfans ; parle avec volubilité' , et retombe encore dans son immobilité. Il y a des jours qu'il éprouve quelque amélioration : par intervalles , il pleure et est abattu. Plus les symptômes de la réaction fantastique sont prononcés dans cette complication, plus le pronostic en est fâcheux. Parfois un état de gaieté , un rire continuel succède a la mélancolie : ce symptôme , qui indique , comme il a été dit , une plus grande excitation cérébrale, est parfois le prélude de l'explosîon d'une manie furieuse, et, dans le plus grand nombre des cas, celui de la longue durée de la maladie , ou de son incurabilité.
SECTION CINQUIEME