RÉACTION AVEC AGITATION INTELLECTUELLE ET MUSCULAIRC
HTPERSPASBIIE (1).
Tremblement f Syncope conpulsiue , Hystérie , Danse de St.-TFeit,
Épilepsie.
En faisant entrer dansce cadre les convulsions comme symptômes de Faliënation mentale, il s'agit moins d'exposer un tableau précis de ces affections, que d'indiquer les rapports qui les unissant aux maladies mentales.
11 n'y a peut-être pas d'alie'né atteint de maladie mentale aiguë , qui n'offre point , dans l'appareil moteur, quelque indice d'une contractilité musculaire augmentée. Dans la manie, les muscles sont raides , avons-nous dit ; on ne les détend que difficilement; dans le mode fantastique, cet état de tension n'est pas moins sensible ; dans l'extase , il est encore plus prononcé , et c'est ainsi que les anomalies de l'appareil locomoteur s'élèvent a ce degré de tension oscilla-
(i) Tjt//}, au-dessus , 0"^iJ{W) je tire , je contracte j aTrcidfMÇ) resserrement violent.
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toire qui caractérise les convulsions. Dans nos Considérations préliminaires , nous avons indiqué cette gradation des phénomènes morbides.
Tantôt la convulsion est concentrée dans le syst ème intellectuel : le malade tombe à la renverse sans connaissance ; tantôt la convulsion affecte les muscles et s'annonce ou par un tremblement général, parle grincement des dents, par des contractions partielles et permanentes des membres , par une danse convulsive , ou bien par des convulsions épileptiformes : enfin l'état convulsif se concentre encore dans les organes internes , et produit ce que l'on a nommé le Globe hystérique , ou la suffocation du même nom.
Ce premier état , que notis appellerons Convulsion mentale ou léthargique , mérite notre attention : quelquefois il surgit isolé de tout autre phénomène spasmodique ; quelquefois il précède , accompagne les convulsions musculaires ou y succède ; il naît subitement , ou bien se prépare de loin. Chez quelques malades , ilne dure que des minutes; chez d'autres, il se prolonge pendant des heures, des journées entières : il est rémittent, intermittent, périodique comme l'aliénation mentale.
Ordinairement ce mode convulsif précède les convulsions générales ; il est même rare de le rencontrer a un état d'isolement complet. Comme tel , il se présente dans la proportion de 1 a 25; accompagnant Tépilepsie, ses proportions d'association sont de 1 à 20, tandis que les rapports de cette dernière affection avec
l'aliénation mentale sont de 1 à 14.
Voici comment la conyvilsion mentale se manifeste : Le malade tombe a la ren\erse sans connaissance; son état , au premier abord , pre'sente de Tanalogie avec la syncope. La figure est pâle , tirée ; les paupières sont closes, tous les membres sont raides ; mais le pouls continue de battre ; il est même plus fréquent que de coutume ; parfois il est lent et convulsif.
Si la convulsion est concentre'e dans le système nerveux intra-cranien , les membres conservent leur immobilité ; mais si cet état dure un certain temps, ils commencent a s'agiter; les muscles de la face se contractent , les yeux roulent dans les orbites , la salive inonde la bouche , et les caractères de VÊpilepsie se présentent.
Dans le Tremblement cons^ulsîf, les membres s'agitent vivement , les mouvemens sont parfois aussi rapides que ceux de la feuille agitée par le vent. La tête est violemment secouée en tout sens. Cette secousse vibratiie dure quelques minutes, et se ralentit pour renaître et cesser encore. Chez quelques individus, elle offre moins d'intermittence ; chez d'autres , elle est permanente : c'est le caractère propre aux Convulsionnait es. Une trémulation moins convulsive naît souvent de l'excès des boissons , et constitue le phénomène fondamental du Delirium tremens.
Le Grincement des dents, quelquefois propre a des personnes jouissant delà meilleure santé intellectuelle et physique , se rencontre associé a l'aliénation men-
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taie : c'est un ëpipLënomène de cette dernière affection, dans laquelle il ne se présente ordinairement que dans la période d'incurabilitë.
Je ne m'étendrai point sur la danse convulsive , l'hystérie et d'autres névroses ; de telles considérations nous feraient dévier de la route que nous devons suivre.
Les convulsions constituent toujours une complication fâcheuse de l'aliénation mentale.
ASSOCIATIONS MORBIDES
Mélancolie f Manie j Folie, Extase, Convulsions.
Dans les ouvrages contenant l'énumération des symptômes de l'aliénation mentale, nous voyons le mode convulsif associé au trouble de l'esprit ; cependant on est loin d'avoir reproduit toutes les combinaisons sous lesquelles ce mode se présente.
laELANCOLIE ET CONVULSIONS.
A Fétat physiologique : trembler, avoir les nerfs agités de crainte , de chagrin, de frayeur,
La lupérophrénie sert de prodrome à toutes les convlilsions.
Elle s'associe avec l'hystérie , état morbide qui est connu sous le nom de Melancholia hjsterica.
Il est rare de rencontrer les convulsions, considérées dans toute l'acception du terme , comme symptômes accessoires de la mélancolie.
BÏAHIB ET CONVELSIONS.
A l état physiologique \ Rire sardonique , trembler, avoir les nerfs agités de colère , de fureur.
La manie s'associe dans quelques cas rares avec la danse convulsive : c'est la Mania saltans des auteurs.
Parfois elle se manifeste dans le cours de l'hystérie : c'est la Mania hjsterica.
Mais c'est la Manie avec épilepsie qui, parmi les associations que forme l'aliénation avec le mode convulsif , est la plus fréquente : Tépilepsie est à cette dernière variété d'aliénation ce que 1 est à 18.
Une propension à la colère est une des plus fréquentes combinaisons que l'épilepsie présente avec le mode exalté ; ce qui n'est pas moins fréquent , c'est l'état de simple éréthisme et surtout celui que nous avons désigné sous le nom d'irritabilité morale. L'épileptique ne cesse de se plaindre et d'accuser tout le monde d'injustices dont il se croit victime. C'est avant l'explosion des accès que ces plaintes , ces accusations , se prononcent le plus. Ainsi, on remarque une vivacité extraordinaire à tous les enfans épileptiques : turbulens , une susceptibilité extrême les caractérise ; un rien les affecte et les met en colère : chose à noter , c'est que les emportemens sont d'autant plus violens , que les accès convulsifs se prononcent moins fortement que de coutume.
La manie furieuse accompagne souvent les convulsions. épileptiques. Jacques Protin , connu dans le Luxembourg par les circonstances qui accompagnèrent
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les crimes qu'il commit et celles qui suivirent sa condamnation , est atteint de manie furieuse avec épilepsie. Servant comme soldat a l'armëe française, il fit les campagnes de Russie : Fa on observa qu'il était sujet à des absences momentanées. De retour en Belgique y il se maria et eut trois enfans.
Après des revers domestiques , il devint taciturne , et un jour, sans motif raisonnable , quittant la maison conjugable et errant dans les champs, il attenta à la vie de différentes personnes. De retour chez lui , il s^élanca sur sa femme et ses enfans , et leur porta des blessures mortelles. Il fut condamne aux travaux forcés a perpétuité : pendant les débats mêmes , pris d'un accès de fureur , il renversa les membres du tribunal. Après un court séjour a la maison de réclusion, il fut reconnu comme aliéné et tranféré comme tel ù notre établissement. Il est atteint toutes les trois semaines, tous les trois mois , d'explosion de manie furieuse avec épilepsie. Par sa stature athlétique , sa force prodigieuse , il est un sujet de terreur pour tous ceux qui sont avec lui; calme, raisonnable, il est doué dune grande bonté de caractère pendant ses intervalles lucides.
Succédant à la mélancolie , un assoupissement léthargique précède ordinairement l'explosion des accès; le malade s'éveille l'air égaré , la figure pâle , l'œil terne ; il s'exhale en imprécations , se défait parfois de ses liens et menace quiconque ose l'approcher. Tout-a-coup , il tombe dans les convulsions ; les membres s'agitent, les yeux roulent dans les orbites et la salive sort écumeuse de la bouche. Ces accès se suc-
cèdent rapidement et sont remplacés par des explosions de furem^ sanguinaire , jusqu'à ce que le calme renaisse définitivement.
Cet assoupissement , cette syncope mentale , comme nous l'appelons, est assez fréquente au début de la manie ; un tremblement , un frémissement des extrémités, est souvent le seul symptôme convulsif qui vienne s'y joindre. La manifestation de cette affection est brusque; le malade tombe à la renverse, il est sans connaissance ; mais au bout de quelques jours , la face s'anime , le regard devient menaçant , l'oeil étincelle , et la manie éclate avec tous les symptômes qui lui sont propres.
Une gaieté , un état de belle humeur , est propre à certains épileptiques : il y en a qui, immédiatement avant l'explosion des accès, éprouvent un bien-être tout-à-fait remarquable.
Le malade périt ordinairement de mort subite dans la manie avec épilepsie , et sa mort est presque toujours le résultat d'une asphyxie.
Les aliénés épileptiques sont très sujets^auxmauxde poitrine ; plusieurs de ces malades se plaignent de douleurs lancinantes dans les régions latérales de cette cavité; quelques-uns expectorent une matière purulente.
Une fièvre lente résultant ou de la consomption pulmonaire, ou d'une inflammation des intestins grêles les conduit souvent à la tombe.