MÉTHODES GÉNÉRALES
lion SOUS différents aspects,* et sont divisés dans les interprétations qu'ils en donnent , il est inutile de discuter longtemps et d'apporter des arguments pour telle ou telle explication d(^ l'image donnée par le microscope. — La discussion à elle seule indique que la méthode employée est insuffisante, incomplète, puisqu'elle ne donne pas d'images nettes, et la seule chose à. Taire, c'est de se mettre cà la recherche de procédés nouveaux. En effet, si devant une image microscopique, plusieurs histologistes exercés ne sont pas du môme avis sur la forme réelle de l'ohjet qu'elle représente, c'est que cette image n'est pas nette. Par exemple, on a longtemps discuté et l'on discute encore pour savoir si, dans la queue du têtard, les vaisseaux lymphatiques sont, oui ou non, en connexion par leurs extrémités avec les cellules étoilées, d'autres disent les espaces étoilés qu'on y voit. Par les méthodes usitées jusqu'à présent (nitrate d'argent, imprégnation) on obtient des préparations sur lesquelles on peut discuteilonguement; les uns voient la connexion avec les cellules, les autres la nient. Le procédé à suivre dans ce cas n'est pas de continuer à faire des préparations à l'argent et à les examiner avec une attention soutenue, à discuter toutes les possibilités, à raisonner, comme bien des auteurs l'ont fait, sur la probabilité plus ou moins grande de l'une ou de l'autre hypothèse; la seule chose à faire consiste à chercher une nouvelle méthode, soit des coupes transversales, soit des injections colorées dans les vaisseaux lymphatiques, soit tout autre procédé à l'aide duquel on aura des images nettes et indiscutables.
Citons un autre exemple du même genre sur lequel nous reviendrons plus tard ; tant qu'on n'examinait le tissu conjonctif que sur des coupes transversales faites après dessiccation et colorées au carmin, on ai-rivait à voir des cellules étoilées ; des discussions interminables se sont engagées entre les différents histologistes à propos de ces cellules dites plasmatiques : d'après les uns, c'étaient réellement des cellules anastomosées; d'après les autres, c'étaient des espaces lacunaires reliés par des canaux. En somme, on n'est arrivé à aucun progrès avant que l'on n'eût essayé de nouvelles méthodes. Les injections interstitielles, l'étude des tendons, ont complètement changé la science sur ce point, comme nous le verrons à propos du tissu conjonctif, et elles ont emporté avec elles la base m Ame do la discussion, les cellules plasmatiques.
62 TRAITÉ TECHNIQUE D'IIISTOLOUIE.
■JfSodTs. ^^^"^^ pourrions multiplier ces otemples: montrer comment ki méthode de l'imprégnation à l'argent, par exemple, a fait cesser toutes les discussions sur la nature de la paroi interne des vaisseaux; comment l'emploi de la platine chauffante a démontre que, chez les animaux à sang chaud, les globules blancs sont susceptibles de mouvements amiboïdes comme ceux de la grenouille. Mais nous aurons à revenir sur ces questions à propos de chaque tissu, à mesure que nous les étudierons; nous verrons que c'est chaque fois, non pas grâce à un génie supérieur ou à une interprétation bien faite que la science se fait ou se modifie sur un point, mais grâce à une nouvelle méthode, grâce à la découverte soit d'une nouvelle matière colorante, soit d'un procédé de durcissement ou d'extension plus parfait. C'est donc de ce côté-là que l'histologiste doit diriger toute son attention; il est absohunent nécessaire qu'il connaisse à fond tous les détails des procédés à employer, et qu'il sache la raison de chacun d'eux, afin qu'il puisse les modiner suivant le but particulier qu'il se propose d'atteindre.
L'histologie ne peut, nous le voyons, faire des progrès que grâce à une technique bien connue, bien nette, bien formulée, qui puisse servir de base aux recherches et de point de dépari à la découverte de nouvelles méthodes.
A propos de chaque tissu que nous étudierons, nous devrons, d'après cela, décrire les diverses méthodes qui permettent d'en distinguer les éléments et d'en reconnaître la forme; mais, avant d'aborder cette étude détaillée des tissus en particulier qui fera l'objet de notre seconde partie, nous allons nous occuper des méthodes générales, c'est-à-dire des méthodes qui s'appliquent plus ou moins à tous les tissus, et en particulier des procédés variés par lesquels on en fait des préparations histologiques, c'est-àdire par lesquels leur observation au microscope est rendue possible.
iiisioiogic L'étude de l'anatomie générale s'est faite d'abord sans l'aide
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microscope, du iTiicroscopc, ct Bicliat, qu'on peut considérer comme le fondateur de cette science, n'en faisait pas usage. Après lui, on a continué pendant assez longtemps à faire des observations à l'œil nu, et à les contrôler par l'étude des propriétés physiologiques que l'on constatait sur les tissus. On était arrivé ainsi à avoir en anatomie générale, avant l'emploi du microscope, une