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MÉTHODES GÉNÉRALES

série de notions plus ou moins exacles, muis très-incoinplèles, sur la nature des tissus.

C'est ainsi qu'on avait reconnu dans le tissu cellulaire des libres et des lames limitant des cavités; on insufflait le tissu, et l'on observait la forme que prenaient ses mailles. On y injectait des liquides qu'on faisait geler, et en recueillant les petits glaçons ainsi produits, on concluait de leur dimension et de leur forme à celle des cavités du tissu.

On savait que le tissu adipeux contenait de la graisse; en l'écrasant sur un papier, il y faisait une tache qui ne séchait pas ; mais on croyait que cette graisse était simplement déposée dans la trame du tissu conjonctif, comme la sérosité ou un liquide injecté.

Dans les tendons, on avait constaté l'existence de fibres. Dans les os, celle de petits pertuis, et puis de lacunes plus considérables; on avait reconnu un tissu mou à l'intérieur, et autour une membrane spéciale, le périoste, dont on connaissait, entre autres propriétés, celle de régénérer l'os. Mais au delà on était impuissant, on ne savait si l'os était composé de lames ou de fibres; comme les os longs se laissaient chver dans leur longueur et non pas entravers, on admettait cependant des fibres longitudinales.

Pour les cartilages, on ne connaissait guère que leur transparence, leur élasticité spéciale. On ne soupçonnait pas dans leur intérieur d'éléments cellulaires, on discutait leur vitalité.

Pour les muscles, on connaissait leur constitution fibrillaire, mais sans avoir la notion de l'existence des faisceaux primitifs.

On n'avait sur la structure des nerfs que des notions bien insuffisantes, et Bichat lui-même croyait qu'ils étaient formés par une enveloppe membraneuse contenant une substance qu'il appelait la moelle nerveuse, et qui s'y trouvait renfermée comme le sang dans les vaisseaux.

Le sang était simplement un liquide coloré; cependant, même avant l'emploi du microscope, on aurait pu savoir qu'il contenait des parties solides, puisqu'au sortir des vaisseaux il est opaque, et, que l'addition d'eau le rend transparent. L'eau devait donc dissoudre des parties solides qui le rendaient opaque tout d'abord.

On avait donc, avant l'application du microscope à l'étude des >'«'=cssitô tissus, une série de notions plus ou moins exactes sur leur constitu- tST tion élémentaire. Aujourd'hui, l'emploi de cet instrument a fait liiire des progrès immenses à la science histologique, et nous avons des notions bien plus complètes et plus exactes sur la structure

des éléments de l'organisme . Cependant l'étude des tissus à l'œil nu ne doit pas être négligée. Môme sur des préparations spécialement faites pour le microscope, il y a bien des choses qui s'apprécient à l'œil nu. C'est ainsi que, si l'on examine à conlre-jour une lamelle d'os rendue transparente par suite de son extrême minceur, on y aperçoit les canaux de Ilavers, et si la pièce a été colorée auparavant, on peut même y distinguer leur trajet et leur distribution.

Il est essentiel de faire cet examen préalable pour tous les tissus que l'on soumet ensuite à l'observation microscopique. On peut apprécier, soit la couleur, soit la forme, soit l'aspect général des tissus, de telle façon que sans avoir besoin de recourir au microscope, il est possible de dire, rien qu'en regardant une préparation, quel est le tissu qui la compose. Ainsi, pour les muscles, leur aspect nacré et miroitant les fait reconnaître au premier abord (du reste, cet aspect est dû à une structure analogue à celle de la nacre, c'est-à-dire à une siriation très-fine); pour le tissu adipeux, la série de cercles brillants et réfringents qu'on y distingue se reconnaît facilement dès qu'on l'a vue une fois. Pour des organes plus compliqués, à la formation desquels concourent plusieurs tissus, l'examen à l'œil nu devient impuissant; il est absolument impossible, sans l'aide du microscope, de discerner la complexité de leurs éléments.

L'examen préalable à l'œil nu acquiei't une grande importance dans l'étude des tumeurs ; comme on n'en connaît pas du tout le tissu à priori, il importe, avant de les soumettre aux différents procédés de durcissement et de coloration dont nous parlerons plus loin, de savoir à peu près quelle peut être la nature du tissu ou des tissus qui les constituent; c'est en effet d'après l'hypothèse à laquelle on se range qu'on se décide pour le choix des réactifs auxquels on les soumet. La plupart du temps un histologiste exercé devine à peu près, en examinant à l'œil nu une tumeur, quelle est la nature du tissu qui la constitue. Conditions Cet cxamcn à l'œil nu ne doit être, on le conçoit aisément, ^micros'!?opc" qu'unc éludc préalable. L'étude d'une pièce histologique quelconque n'est sérieuse et complète que lorsque cette pièce a été examinée au microscope avec de bons objectifs et sous des grossissements variés. Ces observations ne peuvent se faire avec exactitude qu'à la lumière transmise, la seule qui permette de pénétrer, en abaissant plus ou moins l'objectif,

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ilans riiilcrioiir do la pirparalion , cl do se rendre compte do la l'orme, de la dimension et do la position relative des éléments dans les tissus que Ton ôludio. Il est donc nécessaire que les préparations soient transparentes, c'est-à-dire qu'elles laissent passer la lumière, et pour cela, la première condition c'est que les fragments de tissus soient très-pet il s ou très-minces. De plus, il y a des parties qui, malgré leur minceur, restent plus ou moins opaques, et il l'aut les soumettre, pour les rendre transparentes, à l'action do liquides appropriés. Pour bien distinguer dans les tissus certains éléments, il est souvent opportun d'en l'aire disparaître d'autres qui lenr sont interposés et qui empêchent de les bien voir. On a recours pour cela à l'action de réactifs qui augmentent la réfringence de quelques-uns d'entre eux et les rendent plus visibles, tandis qu'ils réduisent celle des autres à l'indice de réfraction du milieu où ils se trouvent, et les rendent par conséquent invisibles. Enfin, en soumettant méthodiquement les tissus à l'action de certaines matières colorantes, on obtient des préparations où quelques parties seules sont colorées, et où elles deviennent dès lors bien visibles et distinctes des autres.

hes méthodes générales, c'est-à-dire les procédés divers par le moyen desquels on fait subir aux tissus ou aux organes les modilicalions nécessaires pour les rendre propres à l'examen microscopique, peuvent se diviser en sept groupes principaux :

Les méthodes à employer pour l'étude des éléments qui, à l'état normal, flottent dans un liquide.

Les méthodes pour tendre les filaments, pour étendre et développer les membranes.

Les méthodes de dissociation et de dissection.

Les méthodes pour faire les coupes fmes.

Les méthodes de coloration et d'imprégnation, et les procédés pour augmenter la transparence des objets.

Les méthodes pour injecter les vaisseaux et les conduits glandulaires.

liOs méthodes pour la conservation des préparations.

Ranvier, Kistol.

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