LOUPE ET MICROSCOPE SIMPLE
La loupe, qui est l'instrument de grossissement le plus simple, est une lentille plan convexe ou biconvexe. Un objet placé entre la loupe et le foyer principal paraît droit et grossi. Il présente des déformations, et sur ses contours des bandes colorées.
Les déformations sont de deux espèces : l'image est obscure et confuse, c'est ce qu'on nomme l'aberration sphérique; ou bien elle est concave ou convexe, c'est l'aberration de forme.
li'iw.iî" L'aberration sphérique tient à ce que les rayons marginaux sont plus "fortement réfractés que les rayons centraux et forment
lu™.'' leur foyer en un point plus rapjiroché de la lentille. L'aberration
de forme, qui souvent a été confondue avec la précédente, en es'l absolument distincte. Elle consiste en ce que les rayons qui partent des parties de l'objet situées au bord du champ visuel, vont se réunir plus loin ou moins loin que les autres; de cette façon, Fimage d'un objet plan paraîtra concave ou convexe, et sur un écran à surface plane on ne pourra réunir qu'une partie de cette iniàge; certaines parties seront neUes, d'autres indistinctes; en abaissant ou élevant la lentille, les points qui étaient nets paraîtront confus et réciproquement, de telle sorte qu'avec une loupe ne présentant pas d'aberration sphérique mais une simple aberration de forme, il sera possible d'avoir une vue distincte des différentes parties rien qu'en faisant varier le foyer. Ainsi, dans l'aberration sphérique, chaque point de l'objet est
Fie. 1. — Modèle de microscope simple pour la dissection.
vu d'une façon diffuse ; dans l'aberration de forme, lorsqu'il n'y a pas complication d'aberration sphérique, chaque point donne une image nette, mais l'ensemble des différents points ne produit pas une image sur une surface plane.
^ Une troisième aberration est l'aberration chromatique, duc à l'mégaUté de réfrangibilitc des différentes irradiations colorées de la lumière. Les rayons violets sont bien plus réfrangibles que les rouges; dejà,vient que l'image donnée par une loupe formée par un seul verre présente toujours sur ses bords des zones colorées.
Cette aberration se corrige par la combinaison de deux len- Idles, 1 une de crown-ylas,, l'autre de flmt-glms, dont le pouvoir drspcrsif est diffVîrent et qui, par leur association, peuvent donner
Alicrrniinii clironialiqiic.
une lentille convergente ne présentant pas l'aberration chromatique, ou ne la possédant qu'à un très-faible degré.
Quant à l'aberration de sphéricité, elle se corrige en associant plusieurs lentilles à faible courbure, dont l'ensemble a^it comme une lentille dont la courbure serait beaucoup plus forte. Les len-
Doubieis. iiWes ainsi composées se nomment doublets ; elles ont l'inconvénient d'avoir un foyer très-court dès que l'on veut obtenir un grossissement de 5 ou 6 diamètres. Or il est important d'avoir un long foyer, lorsqu'on veut agir sur un objet examiné à la loupe, soit pour le disséquer, soit pour lui donner diverses positions par rapport à l'œil de l'observateur.
On donne le nom de microscope simple à une loupe montée solidement sur un pied et dans laquelle les aberrations dont nous venons de parler ont été corrigées.
(le'Bruci u Chevalicr a construit un(! loupe, qui a été reprise et améliorée par Briickc; elle porte aujourd'hui le nom de ce dernier auteur. Cette loupe se compose d'un objectif plan convexe achromatique, et d'un oculaire constitué par une lentille biconcave. Une loupe de Brûcke bien construite doit avoir une distance focale de 6 centimètres au moins, un cUainp complètement plan, et fournir une image achromatique dont les bords soient bien précis. — Cet instrument est disposé de telle façon qu'en éloignant les deux lentilles on peut augmenter le grossissement.