GÉNÉRALITÉS SUR LE TISSU CARTILAGINEUX
Le tissu cartilagineux (;st caractérisé essentiellement par une substance intercellulaire ou par des capsules péricellulaires. Ces capsules, de la même nature que la substance intercellulaire, sont formées par une matière élastique, transparente, se colorant faiblement par l'iode, qui se caupe facilement, et qui donne naissance par l'ébnllition à un pi-oduit que l'on nomme h\ c/iondrine.
' Note àrûdition IVnnpaisc ilii TroUé d'hislalof/w do Fvc.y, j). 190 ol 197.
Quant aux cellules, elles ne possèdcntaucuncnraclère spécial ; elles ne peuvent être définies que par la propriélé qu'elles ont de faire autour d'elles de la substance cartilagineuse. Elles remplissent exactement leur cavité capsulaire ; elles possèdent toutes un ou deux noyaux. Elles élaborent dans leur protoplasma soit de la matière glycogène, soit de la graisse. Quand elles ont un développement très-actif, comme chez l'embryon, dans les couches d'ossification que nous étudierons plus tard, et dans les chondromes, elles contiennent de la matière glycogène. Lorsqu'au contraire, leur développement est arrêté et qu'elles sont devenues fixes, on y observe de la graisse. Ce lait a une certaine importance au point de vue des hypothèses que l'on peut faire sur la formation des matières grasses dans les organismes vivants, et conduit à penser que, dans les cellules de cartilage, la matière glycogène donne naissance à la graisse.
N'iiiiiiion La nutrition du cartilage ne peut se faire qu'aux dépens de matin ciirlilng'i'. , , o 1 11
tières provenant de la lymphe ou du sang qui arrivent jusqu'aux cellules cartilagineuses pour y être élaborées. Oi-, ces cellules étant enfi^rmées dans une subslance Ibndamentale compacte et ne possédant pas de vaisseaux, il importe de savoir comment les matériaux nuti'itifs peuvent arriver jusqu'à elles. Ils y arrivent nécessairement à travers la substance intercellulaire. Celle-ci es! perméable, ainsi que le prouve la rapidité avec laquelle nous voyons s'y faire la diffusion de l'eau et des différentes matières colorantes que l'on fait agir sur le cartilage pour en colorer les cellules. La pénétration des substances colloïdes par les cristalloïdes, bien connue aujourd'hui, nous rend parfaitement compte de ces phénomènes de diffusion ; et pour expliquer l'apport des matériaux de nutrition dans les capsules de cartilage, il n'est nullement nécessaire d'admettre des voies canaliculées que du reste nous n'avons jamais pu observer à l'aide du microscope sur les cartilages des vertébrés.
Nous aurions à présenter ici des considérations générales sur les rapports du tissu cartilagineux avec le tissu fibreux et le tissu osseux. Mais, pour en faire saisir toute l'importance, il est nécessaire d'avoir étudié auparavant le tissu conjonctif, le tissu osseux et les phénomènes essentiels du développement des os. Ces considérations seront donc mieux placées après l'étude que nous allons faire de ces différents tissus.