S THAITJ': TECIliNlgUE D'IllSTULUGli
dus fibres qui, au lieu d'èlrc lecliligiies, sonl ondulcuses, en zigzag- ou en tire-bouclion. Ce sont des libres dont les deux extrémités n'ont ])as été lixées, et qui se sont repliées par suite du retrait des faisceaux de tissu conjonctil" au milieu desquels elles SB trouvent.
Sur les préparations faites pai' la méthode ancienne, les libres élastiques sont toujours sinueuses, et, si l'on étudiait seulement des préparations de celte sorte, on serait porté à croire que c'est là leur forme naturelle. Les injections interstitielles nous démontrent qu'à l'état normal, c'est-à-dire quand leurs extrémités sont fixées, elles sont rectilignes.
Sur une préparation laite au moyen d'une injection interstitielle de picrocarminate,les faisceaux connectifs sont, comme nous l'avons vu, colorés .en rose, et les fibres annulaires en rouge. Les libres élastiques, au contraire, sont colorées en jaune par l'acide picrique. Le picrocarminate s'est dédoublé; le carmin s'est porté sur les faisceaux, l'acide picrique sur les fibres élastiques. Ces fibres ne se colorent dans aucune autre solution de carmin, môme après ime macération prolongée. Ce seul l'ait prouve que les fibres spirales et annulaires, dont nous avons fait remarquer la coloration rouge après l'action du carmin, ne sont pas des fibres élastiques, bien qu'elles résistent, comme ces dernières, à l'action de l'acide acéticpie.
l^ludiécs avec les moyens que nous venons d'indiquer, les fibres élastiques paraissent parfaitement homogènes. Cependant elles ne le sont pas, ainsi qu'on le voit lorsqu'elles sont soumises à certains autres modes de préparation. Au lieu d'employer les différents liquides dont nous avons parlé pour faire l'injection interstitielle, prenons de l'acide osmique ài pour 100. La boule d'œdème ainsi produite est détachée tout entière et plongée pendant vingt- (fuatre heures dans la même solution d'acide osmique ; puis elle est placée dans l'eau distillée. Des h'agments en sont détachés avec des ciseaux, dissociés avec les aiguilles et montés en préparations persistantes dans la glycérine. Sur des préparations ainsi faites, h's fibres élastiques, examinées à un grossissement de 1000 diamètres, se montrent formées de grains réfringents lenticulaires ou sphériques, plongés dans une substance beaucoup moins réfringente. Lorsque le grossissement est moins considérable, s'il n'est, par exemple, que- de -400 diamètres, les libres paraissent simplement striées transversalement.
TISSU CONJONCTIK LACHE. — CELLULES CONNECTIVES. 3J9
Sur une préparalion de tissu conjonclil traité pai' une solution lie potasse à 10 pour 100, tous les éléments du tissu disparaissent rapidement, el il ne reste que les fibres élastiques seules. Ce procédé eonvient donc pour l'étude des réseaux que Ibrment ces libres.
Nous avons vu les libres élastiques prendre une coloration jaune caractéristique sur des préparations obtenues à l'aide de rinjection interstitielle de picrocarminate. Cette même coloration peut être obtenue sur des coupes. A cet effet, un l'ragment de peau muni de sa couche de tissu cellulaire sous-cutané est plongé dans l'alcool ordinaire pendant vingt-quatre heures. On en fait des coupes c|ui, placées dans l'eau, puis montées en préparations dans le picrocarminate additionné de glycérine, montrent les fibres élasticjuescolorées en jaune par l'acide picrique, tandis que les autres éléments du tissu présentent des colorations diverses, en rapport avec leurs élections spéciales pour la. matière colorante.
Cellules. — Cellules co/mectives. — L'exislenc(.' et la l'orme des cellules connectives ont été l'objet de nombreuses discussions.
Henle signala le premier dans le tissu conionctil', outre les l'ii^'^^ faisceaux, des corps spéciaux qu'il appela fibres de noyaux deiienie. (Kernfasern), et qu'il faisait apparaître par l'action de l'acide acétique. Sous ce nom de fibres de noyaux, cet auteur a confondu les noyaux de cellules, les fibres élastiques, les libres spirales et probablement aussi le système de fibres intra-fasciculaires C{ue j'ai été le premier à décrire K II n'a pas vu les cellules proprement dites. Les moyens dont il disposait ne lui permettaient pas de l'aire à ce sujet une observation plus rigoureuse.
Yirchow reprit les mêmes observations, et voyant, parmi les ceMuios libres de noyaux de Henle, certains corps qui avaient une forme Jcvircimw. radiée et qui se distinguaient par leur coloration vive dans le carmin, il les considéra comme les cellules du tissu conjonctif. La forme de ces corps les rapprocliait des corpuscules osseux et venait donner une confirmation à la théorie de Reicbert sur l'analogie des tissus de substance conjonctive. Aussi les histologistes se rallièrent-ils tous peu à peu à l'opinion de Virchow, et finalement . l'existence de la cellule plasmatique ne l'ut plus contestée que par Henle., son école et les partisans français de sa doctrine. A pro-
' /J /■';/( iV. ik ii/ti/.iioL, 186!), 1). /i 83,
Injcclitm intci'stiliolle do iiili'alo d'arffciil.
3 40 TRAITÉ TECIINIQUIi D'HISTOLOLiU:.
pos du développement du lissu conjonclif, nous aurons l'occasion de revenir sur l'exposé de ces diverses théories.
Par la méthode des injections interstitielles, je suis arrivé à une conception toute différente de celle de Virchow, que j'avais partagée pendant un temps. Les résultats que donne cette méthode sont si nets qu'aujourd'hui aucun liistologiste sérieux et indépendant ne soutient plus la manière de voir de Virchow. Cet auteur examinait, en effet, le lissu après l'action de l'acide acétique, qui modifie complètement la forme des celkdes.
La première condition, au contraire , est de fixer cette forme avant de soumettre le tissu à cet agent modificateur.
A -cel effet, le meilleur procédé consiste à faire dans le tissu cellulaire sous-cutané une injection de nitrate d'argent à 1 pour 1000.
Lorsqu'il est ainsi dilué, ce réactif n'imprègne pas les cellules, mais il les fixe, et lorsqu'ensuite on les traite, soit par l'eau, soit par l'acide acétique faible, elles conservent leur forme.
Un fragmei^ de la boule d'œdème produite })ar l'injection de la solution de nitrate d'argent est enlevé avec des ciseaux ; il est placé sur -
FiG. T13. — Tissvi coiijuuclir suus-LuLaiiù du chien adulte, préparé par iiijeclioii intcrstiliellc d'une solution de nitrate d'argent à 1 p. 1000, coloré avec le picrocarminate et conservé dans la glycérine additionnée d'acide l'orniiquc. —
l'aisccaux conjonclifs munis de fibres annu laires; 6. libres élastiques; c, cellules jilates vues de face; u', les mêmes vues de profil;
cellules lymphatiques. — -'lOO diani.
la lame de verre avec quelques gouttes de picrocarminate, recouvert d'une lamelle et mis ensuite pendant vingt-quatre heures dans une chambre humide. Au bout de ce temps, une ou deux gouttes de glycérine sont déposées sur le bord de la lamelle et se
TISSr CONJONCTIF LACHE. — CELLULES CONNECTIVES. 3i1
miMoiil au picrocarminalo. La |)i'('})aralion est ainsi rondiio persistante. -
. Portée sous le microscope, elle prcscnic, outre les faisceaux et cdinies
, , , - . Iiliitcsdu (issu
les fibres dont nous avons parle, de grandes plaques granu- ciiMjmicuf. leuses ayant une teinte rouge brun légère et munies d'un noyau . coloré en rouge. Certaines de ces cellules ont exactement la forme des cellules endotliéliales, c'est-à-dire qu'elles sont minces, polygonales et régulières ; d'autres présentent un ou plusieurs prolongements. Elles sont toujours parfaitement plates et si minces que, lorsqu'elles ne sont pas colorées, elles échappent facilement à l'observation. Vues de profil, elles paraissent fusiformes ; mais il est facile de constater que ce n'est pas leur forme réelle. Examinées attentivement avec un fort objectif, elles montrent au niveau du noyau, dans le sens de leur longueur, une strie fine qui peut se prolonger jusqu'aux extrémités; cette strie représente le bord de la cellule qui avance vers l'œil de l'observateur. Souver^ aussi , ce bord est déjeté et lorme, sur le côté du noyau, une ligne frangée, très-pale et difficile à apercevoir.
Lorsque l'on s'est convaincu de l'existence de ces cellules et que l'on a appris à les voir par le moyen que nous venons de décrire, il est facile de les reconnaître' sur les préparations faites par la plupart des autres procédés. Les injections interstitielles de sérum, de sérum iodé, d'alcool d/3 (c'est-à-dire d'alcool à 86° additionné de2parties d'eau) et de picrocarminale fournissent des préparations où elles sont très-nettement visibles, lorsque l'on emploie pour les examiner un objectif fort et à grand angle (l'ouverture.
Si la boule d'œdème a été produite par une injeclion d'eau, les cellules sont ratatinées, et elles se présentent alors comme des corps irréguliers et anguleux dans lesquels il est cependant encore possible de distinguer le noyau.
La forme de ces cellules une fois connue, il reste à savoir la manière dont elles sont disposées par rapport aux faisceaux. Sur les préparations faites à l'aide des injections interstitielles, elles se trouvent généralement à côté d'eux et n'y adhèrent que par exception; mais on peut fort bien admettre qu'elles ont élé (léphifécs par la dissociation qu'a produite le liquide injecté.
Pour connaître la position normale des cellules, il est nécessaire d'examiner des coupes perpendiculaires à la direclion des
342 TRMTK TECIINIQIIR D'IIISTOLOOIR.
Disposiiinn liiisceaux. A cet effet, un peLit Iragmonl de peau est porté dans '''S'îe"' ' ''î^lcool pendant douze heures, puis dans l'acide picricpie pendant ''Tiïîâr" ving'-quatre heures. Ensuite il est plongé pendant vingl-qiialre heures dans une solution sirupeuse de gomme qui en comble les interstices et enfin pendant vingt-quatre heures dans de l'alcool qtii coagule la gomme et durcit le tissu. Les coupes minces sont placées pendant vingt-quatre heures dans l'eau. Une fois dégommées, elles sont colorées au pi(;rocarminate, lavées, et examinées dans de la glycéiine contenant 1 pour 100 d'acide formique.
Parmi les faisceaux qui se présentent sur la préparation, il faut choisir, pour les étudier, ceux qui sont coupés transversalement. Ils sont colorés en rose et ils se reconnaissent facilement, grâce à l'anneau plus fortement teinté que forme leur gaine. Sur certains d'enti e eux, on aperçoit autour de cette ganie un croissant ou un cercle complet de protoplasma granuleux , au milieu duquel se montre un corps ellipsoïde plus fortement coloré, qui correspond au noyau.
De cette observation, il faut conclure qu'à l'état normal les cellules comiectives sont appliquées sur les faisceaux comme des cellules endothéliales. La grande différence entre ce revêtement et le revêtement endothélial, c'est que ce dernier est continu, tandis que, sur les faisceaux de tissu conjonctif, les cellules ne se touchent pos par leurs bords, et, comme nous le verrons plus loin en étudiant les tendons avec le nitrate d'argent, il y a de grandes étendues de la surface des faisceaux non revêtues par des • cellules. Sur des coupes, le petit nombre de faisceaux que l'on voit munis de cellules fait déjà soupçonner cette disposition'.
Cellules adipeuses. — Sur un fragment de tissu cellulo-adipeux dissocié et examiné dans l'eau, les cellules adipeuses apparais-
' Dans certaines condilions, ces cellules peuvent épiouver en très-peu de temps des modifications remarquables, Ainsi, quand on produit chez le chien un œdème expérimental en liant la veine cave inférieure et en coupant un des nerfs sciatiques, il suffit de prendre, vingt-quatre heures après l'opération, mi fragment du tissu cellulaire œdématié et d'en faire une préparation, pour voir que les cellules ne sont plus plates ; elles sont toutes devenues globuleuses,, et leur protoplasma est chargé de granulations spéciales qui sont formées d'une substance albuminoïde et de graisse. Ku ce court espace de temps, la lume de protoplasma si mince, si inerte eu apparence, qui constilue ces cellules, peut donc changer complétcmenl de forme et de ■volume^ et subir une transformation complète. (Dp' léxkins du. fimi co}ijo7iciïf /<i''lir dnm l'œdème. Comptes rendus, avril 1872.)
TISSI" GONJONCTir LAr.ll K. — CELLULES AllIPEUSES. ;34n
^oaU au milieu d'uu ivseau plus ou moins embrouillé do lllaluents comme des masses globnleuscs réfringentes. 11 esl; rare qu'elles se trouvent isolées d'une façon complète; presque toujours elles conservent avec le reste du tissu une certaine adhérence. C'est du tissu adipeux du chien qu'il est le plus facile de les dégager tout à fait, probablement parce que chez cet animal la membrane d'enveloppe des cellules est plus l'f'sistante. Sur quelques-unes d'entre elles se distingue un novau plat àpplicjué contre la paroi. Pour que ce noyau soit visible, il faut que la cellule soit dans une position favorable, c'est-à-dire que le noyau soit précisément sur ce c{ue l'on pourrait appeler son écpiateur, en supposant qu'un de ses pôles soit tourné vers l'œil de l'observateur. De face, il n'est pas visible. Aussi arrive-t-on à en voir plus facilement en imprimant des mouvements à la lamelle à recouvrir, de manière à faire rouler les cellules isolées qui, se présentant alors successivement dans différentes positions, laissent voir leurs noyaux sur leur équaleur.
Lorsqu'il n'est pas recueilli immédiatement api'ès la mort, le tissu adipeux présente assez fréquemment clans beaucoup de les'ceiinios cellules des aiguilles cristallines qui partent en rayonnant d'un '""''i'"" 'point central. Ces aiguilles, que l'on considère comme des cristaux de margarine, sont dues à une transformation subie par la g-raisse après la mort ; jamais elles ne se rencontrent dans le 1 issu adipeux vivant.
Le moyen employl3 d'oi'dinaire pour démonte or la mem- Momiirnup brane d'enveloppe des cellules adipeuses consiste à plonger ''"'^''"l'i"- <lans l'élher un très-petit fi'agment de tissu adipeux à peu près dissocié et à l'y maintenir pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, la graisse est dissoute, au moins dans une partie des cellules, et, en examinant au microscope, on trouve, à côté des cellules adipeuses qui ont conservé leur aspect primitif, des utricules à membi'ane plissée que l'on considère comme des cellules dont la graisse a été dissoute. C'est le procédé indiqué par les auteurs pour faire apparaître la membrane, et le résultat en est généralement considéré comme parliiitement démonstraliL
La méthode que nous employons pour examiner les cellules adi])euses nous permet de les voir avec tout ce qui les constitue, noyau, enveloppe et masse graisseuse. C'est à cette méthode que
TRAITK TECFIMOLin: n'IlISTOLOOlP:.
liijnclioM inlorslitiollo.
dfiiiitratft d'arçiMil.
Foniio di" la ccllnlo adipcusi».
ZI
nous nous arrêtons, parce qu'il suffit ainsi d'uno seule prépai-alion pour donner une notion exacte et complète de ces cellules.
Sur un animal que l'on vient de tuer, un chien par exemple, un fragment de peau muni du tissu cellulo-adipeux est détaché, et tandis qu'il est encore chaud, une injection interstitielle y est pratiquée avec une solution de nitrate d'argent à 1 pour 1000. (Jue mince tranche de la boule d'œdème ainsi produite, détachée avec des ciseaux courbes, portée sur la lame de verre et recouverte, montre les cellules adipeuses sous un aspect que l'on
ne soupçonnerait pas si l'on n'avait employé pour les préparer que les moyens ordinaires.
La cellule présente la forme d'iui vaste utricule limité par une membrane à double contour.
La graisse, reconnaissable à sa réfringence, n'occupe qu'une portion de sa cavité; le reste est rempli par du protoplasma linement granuleux et un liquide transparent; en un point 'se montre un noyau vésiculeux muni d'un ôu deux nucléoles. Quelquefois, mais rarement, une cellule contient deux noyaux.
La cellule adipeuse est donc constituée, comme le démontre l'aspect qu'elle présente sur ces préparations, par une membrane homogène ti'ansparente, tapissée à l'intérieur par une lame de protoplasma dans laquelle est contenu le noyau. Le milieu de la cellule est occupé par une luasse graisseuse, séparée du protoplasma par une zone qu'occupe un liquide transparent.
, Pourquoi dans les autres modes de préparation ne retrouve-ton pas cette zone, et que devicfnt-le liquide dont elle est remplie? Pourquoi-, dans presque tous les cas, la membrane d'enveloppe vient elle s'appliquer immédiatement contre la masse graisseuse, de manière à dissimuler le protoplasma et souvent ]e noyau? Nous n'avons encore aucune donnée expérimentale à ce sujet, et la solution de ce problème nécessitera de nouvelles recherches.
Fie. lli. — Cellule ailipeusc isolée (in tissu conjonclif lâche soiiscntané du chien, après injection interstitielle de nitrate d'argent à 1 pour -lOOO. — m, nicmlirane noyau entouré d'un protoplasma granuleux p a , boule de };raissc. — 300 diam.
TISSU CONJÔNCTIK LAriHE. — CIILLCLKS ADIPEUSES. :V(.o
Sur des préparations liiitcs avec le picrocarminate el examinées dans la glycérine, la membrane enveloppe exactement la masse graisseuse. Le noyau est visible, soit de face quand il se trouve sur l'hémisplière de la cellule qui est du coté de l'observateur, soit de prolil quand il se trouve sur l'équateur de la cellule. Il est. facilement reconnaissable à sa couleur rouge. Lorsqu'il est vu de jn'olîl, il se trouve dans un mince croissant rosé qui est la coupe optique du proloplasnia.
Fif.. 115. — 'lissii cclltilo-adipeux sous-culanù du chien, obleiui après injection interstitielle de nitrate d'argent à \ pour 1000. — a, bonlc de graisse; ;j, protoplasma ; n, noyau ; »?, membrane de la cellule ; f, faisceau con,j"nctir. — 200 diam.
Les solutions d'acide osmique, à quelque degré qu'elles soient • employées, ont la propriété de colorer la graisse en brui>-noiràlre. La meilleure manière d'appliquer ce réactif est de faire des injeclions interslilielles avec une solution à '1 pour 300. Il serait plus simple de plonger un fragment du tissu dansla solution, et la coloration se produirait aussi ; mais l'avantage de l'injectioti interstitielle,c'est que, pénétrant en même temps autour de chaque cellule
fidldi'ation (Ins coHiiIrs blou (li^ quinoliMiin.
3'Ki TliAITK TROIIMOUR IV IIISTOLOOIR.
adipeuse, ello prodiiiL direclemcnl sur elle Ja réaction caractéristique.En outre, à la périphérie de la boule d'œdème ailificiel, les cellules adipeuses ne sont pas également colorées. Tandis qu'au centre ces cellules, transformées en une masse noire, ne laissent plus reconnaître ni leur proloplasma, ni leur noyau, quelquesunes des périphériques sont à peine teintées de jaune brun. Ces
deniières, soumises à l'action du picrocarminate, montrent nettement leur croissant protoplasmique et leur noyau. De plus, leur membrane présente des plis facilement reconnaissablés et tout à fait caractéristiques. Ces plis sont dus à ce que la membrane , fixée par l'osmium , a perdu sa rétract ilité. Ils ne sont pas visibles dans les préparations ordinaires coloré^es et montées dans la glycérine , parce que, dans ces conditions, la membrane n'a pas perdu cette propriété, et que dès lors elle peut revenir s'appliquer directement sur le contenu cellulaire.
Une mince couche de tissu adipeux dissocié, traité sur la lame de verre par une solution alcoolique de bleu de quinoléine, montre les cellules adipeuses colorées en bleu. Cette coloration se conserve et devient même plus intense si la préparation, colorée et lavée, est soumise ensuite à l'action d'une solution de potasse à 40 pour iOO.
Des coupes faites sur le tissu adipeux après durcissemeni dans
Fin. 116. — Lobule adipeux d'un embryon de bœuf de .S.'i centimètres. Préparation obtenue par injection interstitielle d'une solution d'acide osmique il 1 pour 300, et conservée dans la glycérine. — fl, lobule adipeux; c, cellule adipeuse isolée à la péripiiérie du lobule; 7n, tissu conjonctif embryonnaire; V, vaisseau sancruin. — 50 dinm.
TISSi; CONJONCTII- LACHK. — CRI.LULRS LYMPHATIQUES. .117
l'alcool fort peuvont ùtre soumises au môme traitcmenl. Les cellules adipeuses s'y présentent avec des caractères identiques
Cellules lymphatiques. — Une préparation de tissu conjonctif, faite après une injection interstitielle, contient, outre les cellules adipeuses et les cellules conneclives plates, des cellules arrontlies, libres dans la préparation et c{ui ont tous les caractères des cellules lymphatiques. Il y a de ces cellules dans toutes les parties du tissu conjonctif lâche, mais elles se trouvent toujours en plus orand nombre au voisinage des cellules adi|)euses. La question (le l'origine de ces cellules n'est pas encore résolue. Elles peuvent venir du système vasculaire et être sorties des vaisseaux par (lia[)édèse ; elles peuvent aussi provenir d'une prolifération des cellules connectives fixes; ou enfin, vivant dans i la lynjphe du I issu conjonctif, elles peuvent s'y être reproduites par division, et dès lors ce tissu devrait être considéré compie un lieu de production des cellules lymphatiques'-. Jusqu'à présent il est im])os-
' Los modifications pathologiques que subit la cellule adipeuse présentent de l'inliTct au poiut de vue de sa constitution histologique. Chez le chien, dans les œdèmes produits expérimentalement, les cellules adipeuses sont profondément modifiées vingt-quatre heures seulement après le début de l'iiydropisie : Le protoplasma contient une grande quantité de gouttelettes dégraisse, de sorte que la masse grais- ■^pusc centrale se montre entourée comme d'un collier de grains brillants.
Dans l'inflammation, il se produit une multiplication des noyaux et une hypertrophie du protoplasma, avec résorption graduelle de la masse graisseuse; finalement, le protoplasma se segmente, et il s'en répartit autour de chaque noyau, de telle sorte que la cellule adipeuse devient ainsi une sorte de nid de cellules embryonnaires. [Manuel d'histologie pathologique, en commun avec Cornil. 1869, p. 80, fig. AG.)
Dans l'amaigrissement, il s'accunnile à l'intérieur de la membrane une grande quantité de liquide séreux, tandis que la graisse diminue progressivement. C'est notamment ce que l'on observe dans les appendices épiploïques de la grenouille Yi la lin de l'hiver : Les cellules adipeuses sont alors remplies d'un liquide séreux,, au milieu duquel nage librement une granulation ayant îa réfringence de la graisse, et dont la couleur est jaune ambré.
- Dans certaines conditions, le nombre des cellules lymphatiques du tissu conjonctif augmente considérablement. C'est ce qui se produit dans l'œdème soit spontané, soit expérimental. Dans l'inllainmation, leur nombre peut être encore beaucoup plus considérable, mais la présence d'un grand iiombry de cellules lymphatiques dans les mailles du tissu conjonctif ne suffit pas pour caractériser l'inllanimaliou, comme Colmlieim l'a .soutenu. En eflet, ainsi qu'on vient de le voir, ce phénomène peut se produire dans rœdème, état que les médecins n'ont jamais compris dans les phleijmasies. Du reste, à propos des vaisseaux capillaires, nous reviendrons sur la di;ipé(lése des globules blancs et nous montrerons qu'elle existe à l'état physiologique et dans une série de inodincalioiis non inflammatoires; elle ne saurait donc, il clic seule, fournir une définition de rinflaunnation.
•VtS TnAITK TRCIlMnUR D'IIISTOLOGIR.
sihie d'appuyor l'une ou l'aulre de ces liypolhèses sur des fails ayant imc valeur expérimentale
Loniîiioiir Tlssu conjonctif lAchc dans son enscmlilc. — NouS venons dc
dps fais,M.a„x. passer en revue les différents éléments du tissu conjonctif lâche.
Les méthodes que nous avons employées ne nous les montrent pas isolément, de telle sorte qu'elles nous permettent, non-seulement d'étudier chacun de ces éléments dans son individualité, mais encore de voir dans quel rapport ils sont entre eux. C'est ainsi que les faisceaux conjonctifs nous ont paru se continuer avec le même diamèlre dans une grande longueur, sans se diviser ni se réunir. IMus tard, en étudiant le tissu conjonctif dans les membranes, en le poursuivant à la peau jusque dans les papilles, nous vep'ons qu'il n'en est pas toujours ainsi.
Du reste, il y a de très-grandes différences dans le diamètre des faisceayx du tissu conjonctif lâché dans une môme région.
Rappoiis Une autre question se pose à propos des fibres que l'on observe ' cmijmu iifr dans le tissu conjonctif lâche. Les fibres élastiques et les réseaux ' l;iasu,|ii 's.' élastiques sont-ils indépendants des faisceaux de tissu conjonctif ?
Un faisceau de tissu conjonctif peut-il contenir dans son intérieur, au milieu des libres connectives proprement dites, des fibres élastiques? Il osl imporlant de soulever cette dernière question,
' On trouve dans certaines régions, entre les faisceaux du tissu conjonctif, outre les cellules plates, les cellules lymphatiques et les cellules adipeuses, d'aulres cellules spéciales. C'est un fait sur lequel tout dernièrement Waldeyer (Ueber Bindeffewebszellcn, Arcfi. f. micrasc. Analomie XI, 187/ji,p. 186), a beaucoup insisté, et il considère ces cellules comme des cellules particulières du tissu conjonctif. C'est ainsi que cerlains groupes de' cellules du testicule et toutes les cellules dites parencliymaleuses des capsules surrénales seraient des cellules connectives. Nous reviendrons sur ces différents éléments à propos des organes qui les contiennent. Nous ferons seulement remarquer ici qu'il peut exister dans les mailles du tissu conjonctif des cellules ou des groupes de cellules qui, par leurs fondions et par leur développement ultérieur, doivent êire distinguées des cellules' connectives proprement dites. C'est ainsi que, lorsque nous étudierons les vaisseaux, nous verrons qu'au milieu des cellules plates et des cellules lymphatiques du tissu conjonctif, il existe pai fois des cellules particulières destinées à former des vaisseaux et que nous avons appelées vasoformatives. Du reste, on ne doit pas considérer comme de nature connectivc tous les éléments ou tous les groupes d'éléments qui sont plongés dans le tissu conjonctif, car, s'il en était ainsi, un vaisseau capillaire, un tube nerveux, un faisceau musculaire, qui chacun sont contenus dans une maille dc ce tissu, devraient faire partie du système eonjn:;ctif.
TISSU CONJONCTIF. — TENDONS. 349
parce que dans la plupart des traités classiques d'histologie se trouvent figurés des Faisceaux de tissu.conjonctit' contenant à leur intérieur des libres élastiques (voyez par exemple Frey, édit. franraise, p. m, Qg. %\).
Lorsque des Faisceaux ont été dissociés par la méthode des injections interstitielles et individualisés par le traitement à l'acide acétique, jamais je n'ai vu, dans l'intérieur d'un faisceau, ni fibres élastiques, ni éléments cellulaires d'aucune sorte. Les libres . élastiques que l'on observe dans le tissu conjonctiF lâche se montrent cà côté des Faisceaux, et elles paraissent en être indépendantes.
Les cellules plates occupent aussi les interstices laissés entre les Faisceaux du tissu conjonctiF, et, comme rétablit l'observa- ^^i^^^^g lion des coupes transversales , elles sont appliquées à leur sui'Face, sur laquelle elles semblent moulées. Les observations que nous poursuivrons sur les membranes de tissu conjonctiF et sur le tissu conjonctiF lamelleux établiront c{u'une cellule plate peut reposer sur plusieurs Faisceaux de tissu conjonctiF disposés en natte.
Les cellules lymphatiques sont complètement libres dans les interstices laissés entre les Faisceaux connectiFs. Elles y cheminent au milieu du plasma de la lymphe connective, et celui-ci est disposé entre les ditîérentes fibres, à la manière d'un liquide qui imbiberait un paquet de chanvre teillé.
Du reste, nous reviendrons sur ces généraUtés "et sur la signilication morphologique du tissu cellulaire, lorsque nous aurons étudié les autres variétés du tissu conjonctiF. ,