TISSU MUQUEUX
Nous avons vu que le tissu conjonctif en voie de Ibrmatioii contient dans ses mailles une grande quantité d'une substance albuniinoïdc liquide, alors que les faisceaux du tissu conjonclif ne sont
TISSU CONJONCTU' . — DKVELOPPEMfiNT. 421
pas encore formés ou qu'ils sont peu nombreux et très-minces. C-iiez les mammifères, il y a certaines parties du corps où le développement s'arrête à cette période. Le tissu muqucux de Yirchow n'est pas autre chose. Il constitue le cordon ombilical et le corps vitré. Chez un qrand nombre d'animaux, les raies et les céphalo- Tissu podes par exemple, du tissu muqueux, persistant pendant toute cépimiopoiios la durée de la vie, se rencontre dans des régions plus étendues. Au voisinage des cartilages de la tête, il existe chez ces animaux une masse de tissu muqueux. Pour en obtenir de belles préparations, il suffit d'en étaler de petits fragments que l'on a enlevés avec des ciseaux, et que l'on peut colorer avec la solution d'iode ou le picrocarminate. Au milieu d'une substance amorphe, presque liquide, se colorant faiblement par les réactifs dont nous venons de parler, se- voient de grandes cellules à protoplasm.'i granuleux, munies de nombreux prolongements ramifiés qui s'anastomosent avec les prolongements des cellules voisines, de manière à former un réseau cellulaire. A côté de ces cellules s'observent de petits faisceaux de tissu conjonctif qui parcourent en ligne droite ou légèrement sinueuse la préparation dans toiite son étendue, à moins qu'ils n'aient été coupés par l'instrument tranchant au moment où la préparation a été faite. Il y a une indépendance complète des faisceaux de tissu conjonctif et du réseau cellulaire. Le nombre des faisceaux conjonctifs est extrêmement variable, et l'on trouve même des régions, étendues où ils manquent complètement'.
Pour étudier le tissu muqueux du cordon ombilical, les anciens procédr histologistes le faisaient sécher pour y pratiquer des coupes min- ''°Se tiss!,"" ces qui étaient ramollies dans l'eau, non colorées ou colorées au carmin et traitées après lavage par l'acide acétique. Cette méthode est bien grossière pour un tissu aussi délicat, aussi n'a-t-elle pas fourni des notions exactes sur sa structure. Pour se rendre compte
' Il y a une grande analogie entre ce tissu muqueux et le cartilage à cellules ramifiées des céphalopodes ; la substance intcrccUulaire seule diiïère. Parmi les tumeurs observées chez l'homme, il en est quckiiies-uncs qui sont formées du tissu muqueux et que l'on désigne sous le nom de myxomcs. L'analogie qui existe entre ce tissu et le tissu cartilagineiix à cellules ramifiées a ccrtaincinenl Trappe tous les anatomopathologistes qui ont l'ait une étude des tnmeiu's de la glande parotide. Parmi ces tumeurs, il en est qui présentent, à côté de masses foimécs par du cartilage à cellules ramifiées, des parties dont la constitution histologique est semblable à celle du tissu muqueux.
inSlïeiio constitution, il faut employer la méthode des injections
lesôrmuioci,;. interstiticUes avec le sérum iodé. Les boules d'œdème artificiel
obtenues ainsi fournissent des préparations qui différent suivant
l'âge de l'embryon.
Chez des embryons humains de trois mois à cinq mois, le tissu muqueux du (?ordon ombilical présente à peu près les mêmes ca-
FiG. 151. — Tissu muqueux du cordon ombilical d'un embryon de mouton. — c, cellules ramifiées; 7i, cellules embryonnaires on lymphatiques; F, faisceaux de tissu conjonctif; B, substance amorphe. — 500 diam.
ractères que le tissu muqueux des poissons : on y observe des cellules lymphatiques, de grandes cellules ramifiées et anastomosées et des faisceaux du tissu conjonctif minces et rectilignes. Chez les nouveau-nés, la trame connective s'est développée; elle est constituée par des faisceaux isolés ou groupés de façon à limiter des aréoles, et les cellules devenues plates sont généralement appliquées à leur surface, tandis que les mailles sont remplies d'un liquide albuminoïde dans lequel nagent des cellules lymphatiques \
Le corps vitré des mammifères adultes se rapproche du tissu
' V. Renaut, Du tifsu muqueux du cordon ombilical. Archives de physiologie, 1872, l. VII, p. 219.
TISSU CONJONCTIF. — CLASSIFICATION. 423 miiaueiix par sa consistance, mais il n'en a pas la structure, car Tissu
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on ne trouve dans son sein que quelques cellules arrondies. iNous V reviendrons à propos de l'œil.
Chez les embryons, le corps vitré est vasculaire, et, à la surface externe des vaisseaux sont appliquées des cellules plates semblables à celles du tissu conjonctif et qui ont été décrites par Éberth'. Les mailles laissées entre les capillaires sont occupées par de la substance muqueuse dans laquelle sont disséminées de petites cellules de formes variées.