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C.arlilapfp fil'rciix

ffiisceaux conjonctifs dans ses rapports avec les cellules, car il nous paraît évident que des cellules capsulées et séparées par conséquent de la substance fibreuse qui les entoure ne peuvent concourir directement à sa formation. Dès lors, si dans un tendon ou un ligament nous ne trouvons pas d'autres éléments cellulaires que des cellules cartilagineuses, il faut bien admettre que les faisceaux de ce tendon se sont développés à côté des cellules et nullement à leurs dépens.

(Us wiéios compléter ce qui est relatif au développement des ten-

(1.^ foinin dons, il convient d'aiouter que Tes différentes variétés de forme

(li'S cellules 1 , , .

lendiiioiiscs. dcs éléments cellulaires que l'on trouve entre les faisceaux des tendons et des ligaments peuvent parfaitement s'expliquer si l'on tient compte de leur origine. En effet, provenant des cellules du cartilage délivrées de leurs capsules, ces éléments constituent d'abord entre les faisceaux tendineux des cellules molles embryonnaii'cs ; bienlôl , pressées entre les faisceaux, ces cellules s'aplatissent et prennent les différentes formes que nous avons signalées. Mais leur origine leur imprime une tendance à revenir à leur forme primitive, et c'est là la cause des dispositions si intéressantes que l'on observe dans les tendons des taupes, dans les tendons carlilaginiformes des oiseaux et dans le nodule sésamoïde du tendon d'Acbille de la grenouille. C'est aussi la raison pour laquelle certains tendons, ceux de la patte des oiseaux et ceux des mammifères au voisinage de leurs attaches aux os, subissent si fticilement la transformation osseuse.

Los fmsceaux En rapprochaut Ics uus des autres les quelques faits que nous so venons d'étudier et que nous avons choisis entre beaucoup d autres

ili'wloppcnl

sans parce que leur netteté leur donne une valeur démonstrative, nous

|i.Trlicipalioii '■ . in- • • n

iiiiccio sommes conduit à conclure que les faisceaux conionctifs peuvent

ili's cellules. ...

se développer sans la participation directe des cellules. JNoiis insistons sur ce point. Il y a en effet toujours participation indirecte des cellules à leur développement, même quand ils se produisent dans le cartilage, puisqu'alors les cellules ont produit la substance fondamentale aux dépens de laquelle ils se forment.

Quant cà la question de savoir si les faisceaux du tissu conjonctif se développent toujours ainsi, on ne pourra la résoudre qu'après avoir étudié en détail un très-grand nombre de faits avec autant de soin que nous en avons mis à ceux dont nous venons de parler. Jusqu'à ce que ce travail considérable ait été fait, il ne sera pas possible de donner une réponse absolue à cette question ;

TISSU CONJONCTIF. —DÉVELOPPEMENT. 411

mais en attendant, les observations que nous avons signalées prouvent au moins que ce n'est pas toujours le protoplasma cellulaire qui se transforme de toutes pièces en fibres et en faisceaux, comme le pensait Schwann et comme le soutient encore aujourd'hui F. Boll.

Développement des Obres élasUqaes. — Le développement deS

fibres élastiques dans le tissu conjonctif a été fort discuté. D'après Henle', ces fibres se forment aux dépens des noyaux des cellules, et c'est pour cela qu'il leur a donné le nom de fibres de noyaux. D'après Donders^ et Virchow, ces fibres se produisent aux dépens des prolongements des cellules du tissu conjonctif.

Il y a déjà longtemps que H. Millier '\ en étudiant lés cartilages du larynx chez l'homme et chez les animaux supérieurs, a montré nettement que ni l'une ni l'autre des théories précédentes no .sont vraies, et que les fibres élastiques se forment dans la substanciî fondamentale primitivement hyaline.

Pour suivre le développement des fibres élastiques, le cartilage aryténoïde du larynx de l'homme pu du chien adultes constitue un bon objet d'étude. Les coupes peuvent être faites sur le cartilage frais ou modifié par l'action de l'alcool, de l'acide picrique, ou mieux encore de l'acide osmique. En général, ce cartilage présente une partie qui a subi une transformation élastique complète et une autre partie constituée par du cartilage hyalin. Entre les deux se trouve une zone intermédiaire sur laquelle l'observation doit principalement porter. Dans cette zone, à un grossissement faible, de 80 à iOO diamètres, se montrent des groupes de capsules entourées chacune d'une sorte de couronne granuleuse, do la périphérie de laquelle partent des prolongements également granuleux qui rayonnent dans toutes les directions. Sur les préparations traitées par l'acide picrique et le picrocarminate, toutes ces portions granuleuses sont colorées en jaune.

A un grossissement fort, 300 à 500 diamètres, on reconnaît que cette apparence granuleuse est produite par des grains disséminés, par des grains arrangés en séries, par des fibres élastiques moniliformes évidemment constituées par la soudure d'un

^ Henle. Traité d'anatomie génûrule. Traduction française, 18/13. T. I, p, 437. ^Donders. Zeitsciirift f. wisscnscliaflliclie Zoologie, III. 1851, ji. 35/1, 3//. Millier. Wiirzbiirger Vcrliandl. Vol X, p. 132.

Cnrlilap:n nrytéiloïlic (lu cliii'ii l'iicide (isinir|ii('.

Ci)ii|)os li'.'insversalps iliî répiglotd' ilii chien.

^' '2 . TRAITK TRCHNIOUR D'MISTnLOGIR.

cerlain nombre do ros gTaniilalions, o(, par des fibres élastiques à ])ords rertiligiies et parallèles.

Sur le cartilage aryténoïde du cliien jeune, ayant séjourné dixhuit à vingt heures dans une solution d'acide osmique à 1 pour .100, puis divisé en coupes minces, il est facile de trouver des

capsules où le processus est à son débul.

Tout autour de la capsule on observe une zone granuleuse formée par des grains extrêmement fins, tandis qu'à l'intérieur de celle-ci, entre sa paroi intei-neet le corps cellulaire, se montrent une série de grains plus gros, disposés en une couche régulière et rendus légèrement polyédriques par pression réciproque ((7,tig.l.4()).

Dans l'état actuel de la science, il est impossible de savoir quelle relation il y a entre les grains formés à l'intéi'ieur de la capsule et ceux qui se développent à son pourtour; mais cela ne change en rien les conclusions que l'on peut tirer de l'observation de ce qui se produit dans la substance fondamentale hyaline du cartilage autour des capsules , à savoir que la substance élastique y apparaît sous forme de fines granulations qui grossissent peu à peu, se disposent en séries et se soudent les unes avec les autres pour former les fibres élastiques.

Ces fibres, poursuivant leur développement, arrivent au jiérichondre, le traversent et viennent se confondre avec le i"éseau élastique du tissu conjonctif circonvoisin. Des coupes transversales de l'épiglotte du chien, faites après durcissement dans l'alcool et colorées ensuite au picrocarminate (fig.'L47), montrent des îlots de cartilage élastique, séparés les uns des autres par du tissu cellulo-adipeux ; ceux qui avoisinent la surface sont limités par de gros faisceaux du tissu conjonctif. Comme, dans ces prc-pai'a-

Fir,. Hil. — Coiipc (r.insvcrsalc du carlilagc arylliônoïde du chien adulte, failc apn-s macéralioii dans une solution d'acide osmique à 1 pour 300. — X, substance fondamentale, avec des grains élastiques; «, noyau; r, granulations graisseuses du proloplasma colorées en noir par l'osmium; g, granulaiinns à la surface du proloplasma. —

TISSU CONJUNCTH-. — DÉVELOPPEMEiN"

lions, les libres élastiques sont colorées en jaune par l'acide picrique, il est facile de les suivre. Elles partent en rayonnant d'un des petits îlots de cellules cartilagineuses dont nous avons [)arlé tout d'abord, le dépassent et traversent le tissu cellulo-adipeux pour s'anastomoser avec des fibres venues d'un autre îlot ou bien, gagnant le périchondre, elles le traversent et viennent concourir à la formation du réseau de la muqueuse épiglottique '.

Notre observation sur le développement des fibres élastiques

dans la gaine lamelleuse des nerfs n'est pas moins instructive. Elle a même cet avantage sm^ la précédente que, la substance élastique se produisant dans une membrane extrêmement mince et seulement dans le plan de celle-ci , il est impossible de prendre pour un grain élastique une coupe transversale de fibre.

Nous avons déjà parlé antérieurement (p./^OOyde la manière de préparer la gaîne lamelleuse des nerfs pour y observer les masses élastiques qu'elle contient.

Les grains, les fibres et les plaques élastiques de la gaîne des laisceaux neryeux n'existent pas l iiez les jeunes animaux, ils ne

FiG. ikl. — Coupe transversale de répig'lotle du chien, faite après dur- •cissement par l'alcool et colorée par le picrocarminate. — a, cellules adipeuses; ç, tissu conjonctif làclie; e, fibres élastiques ; i, couches superficielles du cartilage avec petites cellules ; r, portion centrale avec de grandes cnpsules; substance fondanientale avec des libres et des grains élastiq^ues ; f, faisceaux du tissu conjonctif coupés en travers, — 1 70 diam.

se développent que cbez les

adultes et sur les gi^os laisceaux nerveux, par exemple le pneumogastrique ou le gros faisceau du sciatique du chien. Ce dé/elop •

' Dans ces derniers temps, les conceptions doctrinales de M. ScluiUzc ont engendré un travail sur le développement des fibres élastiques, dans lequel l'auteur {Oscar

Fibirs ('liistiques

laiiiollousc lies iiorfs.

pemenl tardif appartient d'une manière spéciale au tissu élas tique qui, à ce point de vue, peut être placé à côté du tissu osseux, comme on le verra plus loin.

d^j^pTaîcs plaques élastiques. sont disséminées d'une manière irrégu-

éiasiiquos \[^yq dans k couche interne de la oaîne lamelleuse ; elles sont en-

ajis la gaini) o '

lameiicusu. tourécs cliacunc d'une zone plus ou moins étendue formée par des granulations élastiques dont le nombre et le volume diminuent à mesure que l'on s'éloigne de la plaque (voy. fig. i4.r3). Quelquesunes de ces granulations ont un volume relativement considérable. Au bord de la plaque, et cela dans une proportion très-variable, ces granulations élastiques se disposent en réseaux et forment des fibres moniliformes ou des fibres à bords rectifignes. Comme dans le cartilage élastique, on peut donc suivre, dans la gaine lamelleuse des faisceaux nerveux, la formation des fibres élastiques par juxtaposition et soudure de grains. Dans les deux tissus, on voit le développement de la substance élastique se faire en rayonnant à partir de certains points qui semblent être des centres de formalion'. A ce point de vue, nous rappellerons, uniquement dans le but de faire un rapprochement de formes, les figures analogues que donne la fibrine lors de sa coagulation (voy. p. ^14 et ^iO).

Ucvcluppeinent des cellules adipeuses. — Si, chcz UU lapin qui

vient de naître, nous enlevons en l'arrachant la peau qui recouvre le dos et la nuque, nous voyons que le tissu adipeux y apparaît, de chaque côté de la colonne vertébrale, sous forme de deux masses absolument semblables, bien limitées, ayant une apparence glandulaire. En dehors de ces masses, le tissu conjonctif lâche voisin ne contient pas de tissu adipeux. •

Herlwig. Archives de M. SchuUze, 1873, p. 80), cherche à démontrer que ces fibres naissent dans le cartilage aux dépens du protoplasma des cellules. Il s'appuie sur un travail de Bubnoff, d'après lequel il serait démontré que les capsules de cartilage sont perforées pour donner naissance à de fins canaux anaslomoliques. En suivant exactement la méthode de Bubnoff (v. p. 289), nous n'avons jamais pu réussir, bien que nous ayons répété cette opération sur plusieurs espèces de cartilages, à Voir les canaux qui sillonneraient la substance fondamentale. Nous avons repris aussi les observations de Hertwig sur l'oreille des mammifères nouveau-nésj et nous n'avons jamais pu observer nettement la continuité des fibres élastiques naissantes avec le protopyisma des cellules cartilaginèuses. Par contre, nos propres observations sur le cartilage aryténoïde de rhomme et du chien et sur la gaine lamelleuse des nerfs corroborent l'opinion dè H. Miiller sur le déVéloppeiiient des fibres élastiques; * ' Recherches sur l'histologie et la physiologie des nerfs, Archives de physiologie; 1872, p. 428i

TISSU CONJONCTIF. —DÉVELOPPEMENT.

Cette première observation, laite simplement à l'œil nu, peut déjà nous suggérer une hypothèse sur le développement du tissu adipeux, à savoir que toutes les parties du tissu cellulaire sous-cutané ne sont pas également aptes à produire des cellules adipeuses, et que très-probablement les cellules ordinaires du tissu conjonctif ne' concourent pas directement à leur formation.

Sur les embryons de bœuf ayant moins de i 5 centimètres de longueur, il n'y a pas encore de cellules adipeuses dans le tissu cellulaire sous-cutané. Sur un embryon plus développé du mèrne animal , long- de 30 à 35 centimètres, on observe à l'œil nu, dans le tissu cellulaire sous-cutané, de petits grains aiTondis, un peu opalins, qui tranchent sur le tissu conjonctif embryonnaire alors très transparent. Si avec des ciseaux courbes on enlève de petits fragments de ce tissu et qu'on les étale en préparation en les recouvrant d'une lamelle sans y ajouter aucun léactif, on voit que chaque îlot adipeux est appenduà la paroi des vaisseaux sanguins, de sorte que l'ensemble dos ramifications vasculaires ressemble fruits.

Ces groupes de cellules adipeuses ne sont pas également chargés de graisse. On en rencontre même où presque toutes les cellules en sont encore dépourvues. Ces cellules, étudiées avec un grossissement de /aOO à 500 diamètres, apparaissent sous la forme de corps globuleux, constitués par une masse de protoplasma dans

l'jc. 148. — Tissu cellulo-adipeux de l'aisselle d'un embryon de bœuf de 35 centimètres de longueur. — V, vaisseau sanguin ; m, tissu conjonctif embryonnaire; ri, îlot adipeux; c, cellule adipeuse isolée au voisinage d'un îlot. — 50 diam.

des branches garnies de

il 6 TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

rinléi'itiui' de lacjuelh) se Irouvenl un ou plusieurs noyaux ovalaires.

Mode La graisse apparaît, dans le sein du proloplasma de ces cellules,

li'appai'ilioii (' i i • r>

de la graisse SOUS loruic de gTanulalions fines, plus ou moins nombreuses. En

dans . ^

''■«.«L'Uides grossissant, ces granulations arrivent à

adipeuses. ^^^^^

se toucher et a se confondre de manière à former une gouttelette qui occupe le centre de la cellule. Le noyau et le protoplasma sont refoulés à la péripliéVie et constituent autour de la goutte de graisse une enveloppe qui, sur la coupe optique, ap paraît comme un anneau complet, en un point duquel le noyau se montre comme le cliaton d'une bague («fig. 1-49). Dans , le proloplasma refoulé à la périphérie se

produisent de nouvelles granulations ^-^. d" graisseuses </, qui semblent destinées à ga-

^PPy?) gnerla masse centrale et a se fondre avec

'"^^^^ elle. Pour bien étudier ce tissu, il convient

,. ,, ,, , ,. de le préparer à l'aide des iniections in-

l'iG. 149. — t-clliiles adipcii- ... .

ses (lu lissii conjonctii soiis- terstiticUes faites avec une solution d'acutané d'un embryon iic cîdc osmiquc'à 1 pour 300. Lcs prépara-

bœul de ao cenliniclres, i ^ ^ ^.

après iiijociion iiiiersii- tions faîtcs avBC la boulc d'œdèiiie par le ticiic d'acide osmiquc con- pi-océdéouia été indiqué, montrent dans

servation dans la glycérine. ^ i .

— n , cfiiuie adipense chaquc cellulc la gouttc de graîsse cen-

prcsque complètement dé- ^^.^^^ g^^g f^^.^^^ ^.^^^ g 1^^^,^ ^Q^Q^^^^g veloppee, dans laquelle on ^ ^ ,

voit une boule de graisse en noir bruu, tandis qucles granulations colorée en noir par l'os- .^p^^^-gog dans le protoplasma sont faible-

niinm , un Tioyau n et des " v •

j'i-anuiaiions graisseuses g luent colorécs daus la mèmc tciiite. dans la masse du proto- j^j^j^^^ ^^^^^^ Compte de la différence ,

plasma qui 1 entoure ; «, ^ .

cellule adipeuse au débutde de voluiïie dcs granulations graisscuses kl formation de la graisse; ^.^ pouUg centrale, Ics premières

l) et (' Q6U\ cellules pré"

sentant les stades intormé- sont sî faiblement colorécs par l'acide diaires du développement, ggi^iig^e Qu'il v a tout Ucu de croirc quc

leur constitution chimique est un peu différente. Ces granulations seraient formées par un mélange de matières grasses et de matières albuminoïdes

' Dans les œdèmes produits expérimentalement chez le cliien par la ligature de la veine cave et lu section d'un des nerfs scialiques, vingl-(iuatrc heures après le début

TISSU CONJONCTll'. — DÉVELOPPEMENT. 417 Los cellules adipeuses, lors de la ronnalion de la graisse dans tissu adipeux

' ..... tlu mdsuiitcre

leur intérieur, ne présentent pas toujours les dispositions que du rat jeune, nous avons observées dans le tissu conjonctif lâche sous-cutané des embryons de bœuf. Si, .par exemple, nous prenons le mésentère d'un jeune rat et qu'après l'avoir régulièrement étendu sur une lame de verre nous y ajoutions du picrocarminate à 1 pour iOO, nous remarquerons, le long des vaisseaux mésentériques, des cellules adipeuses complètement constituées. A côté de celles-ci, généralement dans les portions les plus éloignées de la limite du vaisseau, se trouvent des cellules rondes dépourvues de graisse ou contenant seulement quelques granulations graisseuses. Entre ces dernières et les cellules adipeuses parfaitement développées, on peut rencontrer une série de formes intermédiaires.

Parmi ces cellules, nous en observons qui contiennent seulement de fines granulations disposées dans leurs parties périphériques où elles forment une zone distincte, tandis qu'au centre de l'élément cellulaire se trouve une masse de protoplasma transparent et renfermant un, deux ou trois noyaux vésiculeux colorés en rouge par le carmin. Les granulations graisseuses marginales augmentent de volume et arrivent même en confluant à constituer des gouttelettes. Le protoplasma et les noyaux, contrairement à ce que nous avons observé dans le tissu conjonctif lâche sous-cutané, restent longtemps au centre. C'est seulement à une période plus avancée du développement que, par un phénomène de transposition dont nous observerons d'autres exemples, en particulier dans le développement des muscles, le protoplasma et les

'le l'hydropisic, le tissu conjonctif, infiltré tic sérosité, montre des cellules adipeuses dont le protoplasma périphérique contient des granulations d'apparence graisseuse. Cependant leur indice de réfraction est un peu inférieur à celui do la graisse, et, lorsqu'on les traite par une solution faible d'acide cliromique ou de bichromate de potasse, elles deviennent plus réfringentes et perdent de leur diamètre. Conimn dans les cellules adipeuses en voie de développement, ces granulations marginales paraissent être formées d'une combinaison de matières grasses et de matières albuminoides. {Des lii.iiniis du (issu cellulaire lùchc dans l'œdème. Comptes rendus. 1 0 juillet 1871.) Hanvier, Histol, 27

Ftr,.150. — Cellules adipeuses du mésentère du rat, peu de temps après la naissance. Coloration au picrocarminate. — n, noyau; p, protoplasma; l , granulations graisseuses; e, région du protoplasma autour du noyau, dépourvue de granulations graisseuses.

418 THAITÉ TECHNIQUE D'JJISTULUGI E.

noyaux s'élalenl à ki périphérie delà cellule pour laisser la {poulie de graisse au centre de celle-ci. Quel que soil le mode de développement de la cellule adipeuse, c'est seulement lorsque le noyau et le protoplasma ont été refoulés à la périphérie que s'y forme la membrane caractéristique. Cette cellule, si on la supposait déroulée, pourrait être représentée de la façon suivante : Une lame de protoplasma contenant un noyau, semblable à une des cellules plates du tissu conjonctif, ayant élaboré au niveau de l'une de ses faces des matières grasses, tandis que sur l'autre se serait formée une membrane anhiste. Cette membrane peut être considérée comme une production secondaire périphérique de la cellule, et à ce point de vue elle est l'analogue d'une capsule de cartilage.

Los coiiiiics D'après l'ensemble de ces observations, le tissu adipeux ne sonî'"^ l'ésulterait pas d'un simple dépôt de graisse dans les cellules fixes

dos cellules I ^. . . ,, „, • I 11 ^ • 1 i

spéciales, du tissu conjouctil, coiume rlemmmg' l a soutenu dernièrement encore. Les celkiles adipeuses sont à l'origine des cellules spéciales. Elles apparaissent le long des vaisseaux sanguins, et en cela mon observation concorde avec celle de Flemming. II no faudrait pas soutenir cependant que des matières grasses ne peuvent pas ôti'e élaboi"ées ultérieurement dans les cellules plates du tissu conjonctif, d'autant. plus que la fonction de produire de la graisse appartient à un très-grand nombre d'éléments cellulaires, les cellules du cartilage et les cellules du foie, par exemple. A ce point de vue, ces éléments peuvent être considérés comme supplémentaires des cellules adipeuses proprement dites.

Il n'en reste pas moins établi que, dans le développement physiologique du tissu conjonctif, la graisse semble se former dans des cellules spéciales qui agissent pour la produire comme des éléments glandulaires, de sorte qu'une cellule adipeuse est en réalité une glande unicellulaire.

Développement du tissu conjonctif dans son ensemble. —

Le tissu conjonctif se développe tout entier aux dépens du feuillet moyen du blastoderme. Aussi peut-on, avec une certaine logique, considérer comme du tissu conjonctif la masse cellulaire qui constitue ce feuillet à son origine. Plus tard, à des périodes qui varient suivant les espèces animales, les cellules du feuillet

' Flemming. Ueber Bildung uiul Puickbikliing; der FcUzelicn im [iiiulogcwebf. Archiv fur microsc. Anatomie. vol. Vil. 1870, p. 32.

TISSU CONJONCTIF. — DÉVELOPPEMENT. il'J

nioven se différencient, et, si nous laissons de côté celles qui concourent à la Ibriuation des cartilages, des os, des vaisseaux, des nuiscles, des nerl's et de cei'tains parenchymes, toutes les autres peuvent être regardées comme des cellules de tissu conjonctil". Premiéic

,., » T. 'il,- • -n ' conslituliol

Lorsqu il apparaît en masse distmcte, le tissu conjonctil se montre dmissu formé entièrement par des cellules dont les unes, conservant le ^""j""'^^''^caractère embryonnaire, sont petites, rondes ou irrégulièrement globuleuses, tandis que les autres grossissent, changent de forme, s'aplatissent ou s'étirent en fuseaux et donnent naissance à des prolongements ramifiés et anastomotiques, constitués par un protoplasma semblable à celui du corps de la cellule. Entre ces divers éléments cellulaires est répandue une substance albuminoïde amorphe, qui donne au tissu une apparence gélatineuse ou muqueuse. C'est dans cette substance intercellulaire que se montrent les premières fibres du tissu conjonctif. A leur origine, elles sont extrêmement minces, possèdent une longueur indéterminée et n'ont avec les cellules et leurs prolongements que des rapports de contiguïté. Les cellules adipeuses se forment ensuite, principalement aux dépens des petites cellules arrondies. Les fibres élastiques ont un développement encore plus tardif ; il se poursuit après la naissance et même dans l'âge adulte. Ces fibres, pas plus que les faisceaux connectifs, ne se produisent aux dépens des , prolongements protoplasmiques des cellules. Elles apparaissent dans la substance intercellulaire.

Quelle que soit celle des variétés de tissu conjonctif que l'on considère, les faisceaux connectifs, depuis leur apparition jusqu'à leur complet développement, sont absolument distincts des cellules, et jamais on ne trouve de cellules dans leur intérieur ; toujours elles sont disposées à leur surface. Mais tantôt une cellule s'enroule autour d'un faisceau de manière à lui constituer une sorte de revêtentent, tantôt elle recouvre la surface d'un certain nombre de faisceaux groupés pour former des faisceaux plus volumineux ou des membranes. Dans ce dernier cas, comme il arrive dans le mésentère du lapin et dans les gaines lamelleuses des nerfs par exemple, les cellules connectives sont disposées à la surface de la membrane et lui forment un revêtement plus ou moins complet.

Les conclusions que nous venons de présenter sur le développement du tissu conjonctif, bien que fondées sur une série d'observations dont le détail a été donné plus haut, peuvent encore

420 TRAITK TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

prêter matière à la discussion. Mais les arguments que l'on pourrait produire contre notre manière de voir doivent, ce nous semble, tomber complètement, si. l'on étudie l'accroissement des faisceaux du tissu conjonctif, en se plaçant dans de bonnes conditions.

Dans le paragraphe destiné à l'étude des membranes, mu^ avons vu que dans les portions les plus minces du mésentère du lapin adulte, les éléments cellulaires de la membrane sont les cellules endolhélialesqui en tapissent les deux, faces et les cellules plates sous-jacentes. Chez le lapin nouveau-né, le mésentère a une structure absolument semblable.

Viimiions Oi- les plus ûi'os faisccaux connectifs qui se trouvent dans

clo cliaiiiolrR , .

(les faiscoa.i.v l'épaisseur de la membrane ont chez le lapin nouveau-né 2 u,

conncclifs ^ . ■ ^ '

suivant l'àgc. taudis quc chez l'adulte ils atteignent 12 fx. Leur diamètre a donc augmenté dans la proportion de 1 à 0. Cet accroissement ne peut pas être considéré comme le produit d'une transformation du protoplasma cellulaire, puisque, pendant la période de croissance comme lorsque le développement est achevé, il n'y a pas de rapport de forme entre les faisceaux conjonctifs et les cellules. Les faisceaux connectifs du mésentère sont cylindriques, ont une grande longueur et se poursuivent môme dans toute l'étendue , de la membrane, tandis que les cellules sont de très-petites plaques, n'ayant avec ces faisceaux qu'un rapport très-limité.

Du reste, il suflit d'un simple lavage avec le pinceau pour enlever toutes les cellules des portions les plus minces du mésentère, ce qui démontre, ainsi que nous l'avons dit, qu'elles sont toutes disposées à sa surface.

Ce fait, resté inconnu aux auteurs qui se sont occupés du développement du tissu conjonctif, doit être considéré comme ayant une très-grande valeur. Il ne s'agit pas ici, en effet, de l'interprétation de telle ou telle figure dont l'observation est difficile, mais d'un fait absolu, que les histologistes les moins exercés seront à même de l'econnaître, s'ils emploient les méthodes qui ont été indiquées plus haut pourfendre et colorer les membranes.

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