JAUNE VIOLET
Fie. 8. — lUillcs d'air observées dans l'eau à la lumière jaune et à la lumière violette.
sanguins
présentent im rentre brillant quand on rapproche l'objectif, obscur au contraire quand on réloii-ne.
Ainsi les globules sanguins de l'homme, qui ont la forme do je^'/XL disques biconcaves arrondis à leur périphérie (voyez plus loin, art. Sa^'g), présentent, lorsqu'on rapproche l'objectif de manière à bien voir leur lace inférieure, un centre blanc entouré d'un anneau légèrement obscur; lorsqu'on éloigne l'objectif de manière à examiner leur face supérieure, leur centre est au contraire; d'un gris plus ou moins foncé et entouré d'un anneau plus clair. Ils se comportent ^ donc à peu près comme une bulle d'air dans l'eau. Ce qui fait différer un peu les
,•11 ,.1 11 1 1 i ni FiG. 9. — Globule sanguin
nuages qu ds donnent de celles de la bulle xx^xma^ : a, l'objecd'air, c'est qu'ils sont convexes sur les ur étant mis au point sur
, , , , ^ . , la face supérieure du glo-
bords, et se comportent en ce pomt comme ^^^jg . l'objecUf étant des corps convexes dans un mdieu moins mis au point sur la face
,,. . ^ • 1- i'->r il,- 1 inférieure du même glo-
relrmgent. — Dujardni a deja lort bien observé et décrit ces phénomènes en 1843
\erre recouvrant. — Le petit verre qui recouvre une prépara- '^"'^J^i;^'""tion donne Heu cà une déviation des rayons lumineux dont les p; conséquences sont assez importantes, déviation d'autant plus considérable que cette plaque recouvrante est plus épaisse. Cette cause d'erreur a été signalée par Amici.
Soient, par exemple, une lamelle de verre V, i , fig. 1 0 (dont nous exagérons beaucoup l'épaisseur pour la facilité de la démonstration), et un point lumineux a situé au-dessous et envoyant des rayons à cette lame de verre : le rayon perpendiculaire «B passera sans subiraucune déviation, mais les rayons obliques «C, «D, a F], subiront une déviation de plus en plus considérable en passant à travers la lame; de l'autre côté de cette lame, ils prendront, suivant les lois de la réfraction, les directions C'C", D'D", E'E". Les prolongements de ces différents rayons ne viendront pas se réunir au point «, ni en un i)oint unique quelconque; chacun de ces rayons prolongés viendra, comme le montre la figure, croiser l'axe optique en un point dilférent c, r/, e, et l'image, au lieu
ai' le vcrn ccoiivrant.
' Dujardin, loc. cit., p. 91 : « Les corpuscules sanguins montrent nettement les mômes effets d'ombre et de lumière qu'une lentille biconcave ou qu'une bulle d'air dans l'eau, ou qu'une gouttelette d'eau dans riiuile, devenant plus sombres quand on éloigne, et plus clairs quand on rapproche l'objectif du porte-objet. »
Objectifs correction.
22 THAITÉ TECHiMQUE D'HISTOLOGIE.
d'èLrc rapport éo ;i un seul point et par conséquent d'être nette, paraîtra se faire sur la ligne ce, dont elle occuperait toute la longueur, et par conséquent elle sera diffuse, quelle que soit la perfection du microscope.
La déviation des rayons lumineux varie suivant l'épaisseur de la lamelle. D('jà Amici a constaté qu'à chaque objectif correspond une épaisseur de la lamelle de verre qui donne les images les
FiG. 10. — 1. Aberration produite par la lamelle de verre couvre-objet. — E, eau; V, verre; A, air.
2. Correction partielle de l'aberration produite parla lamelle de verre couvreobjetau moyen de Timmersion. — E, eau ; V, verre. — La construction est la même que dans 1.
plus nettes, et il a conseillé d'employer pour chaque objectif la lamelle de verre de l'épaisseur qui lui convient. Dans la pratique, on ne peut guère s'en tenir à ce conseil; comme les lamelles sont faites de verre soufflé, il est difficile de s'en procurer d'une épaisseur déterminée. Ne pouvant corriger la lamelle, on a imaginé de corriger les objectifs, et l'on a'construit des objectifs à correction dans lesquels, à la volonté de l'observateur, les dilférentes lentilles qui les constituent peuvent être éloignées ou rap-
Fir,. 11.
prochées l'une de l'autre. A cet effet, l'objectif porte un collier A
(lig. 11) qui peut tourner sur lui dans les deux directions. Quand
on le lait tourner de gauche à droite, on rapproche les lentilles,
et, réciproquement, on les éloigne quand on tourne de droite
à gauche. C'est du moins ainsi qu'on les construit à Pans.
Quand la lamelle de verre est mince, il faut
rapprocher les lentilles; quand elle est
épaisse, il faut les éloigner. Généralement en
France, les objectifs à correction sont aussi
ù immersion.
L'objectif k immersion est construit de
telle laçon que l'on interpose entre la face
inférieure de la lentille et la lame de verre
une goutte d'eau ; il a l'avantage de rendre
l'image beaucoup plus brillante, en faisant
arriver à l'œil de l'observateur une plus
grande quantité de rayons lumineux. La
raison en est facile à comprendre. Soient, par exemple, ce' (fig. 12) la surface inférieure de l'objectif, V le verre recouvrant; soit o un point lumineux plaçé sous ce verre et soit oo' un rayon lumineux envoyé par cet objet : ce rayon, passant au sortir du verre dans l'air, se réfracterait de manière à prendre la direction kl et n'arriverait pas à l'objectif. Si, au contraire, entre la lamelle et l'objectif se trouve un milieu beaucoup plus réfringent que l'air, de l'eau par exemple, le rayon lumineux s'écartera beaucoup moins de la normale, et viendra prendre la direction k, de manière à rencontrer l'objectif et à arriver par suite" à l'œil de l'observateur. 11 parviendra donc par ce moyen à l'œil une foule de rayons lumineux qui autrement n'y seraient pas arrivés.
D'autre part, avec les objectifs ordinaires, un certain nombre (le rayons lumineux, arrivant de l'air sur la surface polie de la lenlille, sont rétléchis et rejetés au dehors. Lorsqu'il y ,i une couche d'eau, cette réflexion est beaucoup moins considérable, et il y a moins de rayons lumineux perdus.
De plus, l'immersion à eUe seule corrige déjà en partie l'aberration produite par la lamelle de verre, puisque les rayons lumineux subissent par le fait de l'immersion une déviation moins grande (2, fig. 10).
Les objectifs à immersion sont construits d'une laçon spéciale',
Objectifs à immersion.
Conditiiins incciiniqueï.
FiG. 12.
Aberralion clironiatique.
appropriée à la grande épaisseur de la {'Oiiohe réfringente que parcourent les rayons lumineux ; ils donneraient lieu à une grande
aberralion si on les employait sans eau.
Une précaution indispensable à prendre avec les objecliisà immersion, c'est de tenir la face inférieure de la lentille parfaitement propre; si elle était tant soit peu grasse, l'eau n'y adhérerait pas bien, il y resterait (le petites bulles d'air, et il serait impossible de rien voir nettement. Il est nécessaire aussi d'employer pour l'immersion de l'eau distillée; l'eau ordinaire, en séchant, laisserait sur la lentille des cristaux qui pourraient la rayer quand on l'essuierait.
^:prcnvc du microscope. — Pour qu'uu microscopc soit bon, il faut qu'il réunisse de bonnes conditions mécaniques et de bonnes conditions optiques.
Les conditions mécani(];ues d'un microscope sont faciles à apprécier. Pour la vis micrométrique, on s'assurera, en la faisant tourner, que son mouvement est régulier et n'exige pas d'effort. II ne faut pas qu'à certains points lavis soit plus serrée et que son jeu exige plus de peine. Si le microscope peut s'incliner, le mouvement de bascule doit se faire facilement, et l'instrument rester dans la position quelconque qu'on lui donne.
Si la platine est tournante, il faut examiner si elle est bien centrée, c'est-à-dire si, dans toutes les positions, son centre reste dans l'axe optique de l'instrument.
Les diaphragmes doivent aussi être bien centrés : cette condition n'est pas toujours exécutée pour les plus petits diaphragmes-; en les mettant sous la platine, et en les regardant à travers un objectif faible, on remarque lacilement si le cercle lumineux qu'ils donnent est au milieu du champ.
(Juant aux conditions optiques, il faut s'assurer d'abord que ral)erration de sphéricité n'est pas considérable, autrement Tinsli-ument est à rejeter. Pour l'aberration chromatique, nous avons
vil qu'on ne peut janiiiis réviter complétemenl. Les objcls ont toujours, ou bien un bord orangé, qui prouve que la dispersion des ravons lumineux n'a pas été corrigée entièrement, ou bien un bord bleuâtre, qui indi([ue un excès de correction. Le plus souvent l'opticien clioisit cette dernière condition. A la lumière oblique, quand bien même la correction chromatique du microscope est aussi complète que possible, les objets offrent d'un côté une coloration bleuâtre, de l'autre une coloration orangée.
11 peut encore se produire une aberration de forme qui est due à l'oculaire. Si avec un oculaire faible le champ du microscope ]iaraît plat, avec un oculaire fort il paraîtra convexe. Ce n'est pas une raison pour que le microscope soit mauvais ; cela prouve simplement que l'oculaire dont on s'est servi ne correspondait pas à l'objectif avec lequel on l'a accouplé.
Un autre inconvénient de quelques lentilles est la brièveté du Biiéveié .h. foyer. 11 faut, dans ce cas, pour mettre au pomt, que 1 objectil
FiG. 13.
louche pour ainsi dire la préparation. Du moment que l'objectif a un foyer trop court pour que l'on puisse observer les objets recouverts avec des lamelles du commerce, il faut le rejeter.
Il ne suffit pas qu'un microscope soit exempt des défauts que nous venons d'indiquer ; pour qu'il soit bon, il faut encore qu'il réunisse certaines qualités que nous allons énumérer. Tout d'abord il est nécessaire que les objectifs à fort grossissement aient un grand angle d'ouverture. L'angle d'ouverture d'un objectif est Tangle formé par les deux rayons extrêmes qui, partant d'un même point de l'objet examiné, peuvent arriver à l'œil de l'observateur.
Soit un point o (fig. 13) examiné successivement avec les objectifs î)vi et m'n'. Ce point enverra à l'objectif un cône de rayons
TRAITÉ TECIINIOUE D'HISTOLOGIE.
liimineiiK dont les rayons om el on limilemienl la coupe longitudinale. Le même point examiné avec l'objectil m'n' enverra à cet objectil'iin cône de rayons beaucoup plus évasé, et dont la coupe serait limitée par les rayons o'w', o'n\ L'angle mon et l'angle m'o'n' sont les angles d'ouverture des objectifs. La seule inspection de la figure montre que l'angle d'ouverture ne peut être con-
sidérable que si l'objeclif est à court foyer; cependant un objeclit peut être à court foyer et n'avoir pas néanmoins un angle d'ouverture considérable, si sa construction ne lui permet pas de conduire à l'œil de l'observateur les rayons marginaux.
L'avantage du grand angle d'ouverture d'un objectif se com-. prend facilement. Plus cet angle est grand, plus sera considérable la quantité de rayons lumineux qui d'un même point arriveront à l'œil de l'observateur; par conséquent la situation des différents points d'un objet sera d'autant mieux définie.
Ce sont surtout les rayons marginaux (ceux que les objectifs à grand angle d'ouverture seuls peuvent recueillir) qui donnent une bonne définition d'un objet.
On obtient aujourd'hui des objectifs qui ont un angle d'ouverture de 170'.
Il est important de pouvoir mesurer Fangle d'ouverture d'un Me-re de objectif. On ii pour cela un appareil très-simple et lacile à manier, d'ouverture. Il se compose d'un petit support (lig. 14) ab qui peut se mouvoir autour du point a sur un cercle gradué en degrés Imn. Au point c se trouve une lampe qui envoie à travers un écran d un rayon Jumineux dans la direction ca.
On place le microscope dont on veut étudier l'objectif sur le support ab, de manière que son objectif soit exactement situé au point o ; en regardant à travers le tube dépourvu de son oculaire, on aperçoit nettement l'image de la lampe. On fait alors tourner lentement le tube suivant ml, en regardant toujours à travers, de manière à voir l'image de la lampe, et l'on s'arrête lorsque l'image disparait. Supposons qu'à ce moment on soit arrivé à 75^ à partir du zéro placé en m. On fait tourner de même le support vers mn, et l'on constate que l'image de la lampe est visible dans le tube du microscope jusqu'au même degré que de l'autre côté, par exemple jusqu'à 75°. L'angle d'ouverture est donc de 75" + 75" = 150".
Dans dilférents traités du microscope, par exemple dans celui de ^^pf^S^f^ Frey, dans celui de Ch. Robin, on distingue les objectifs en défi- p^"'^'"' nissants et en pénétrants. La distinction que font ces auteurs n'est pas bien claire. D'après eux, la définition serait relative à la perceplion nette des formes, du contour des objets ; la ])énétrationau con- Irai-re, à l'étude des délails d'un objet. Cette distinction ne se soutient pas en pratique. Supposons, en effet, une boule qui en contienne plusieurs petites : un objectif définissant serait celui qui pour la grosse boule indiquerait nettement sa forme et ses contours, mais sans faire voir son contenu ; un objectif au contraire qui ferait voir les petites boules et qui pour elles serait définissant, serait pénétrant poui^ la grosse boule. Ces mots ont été introduits à une époque où l'on ne connaissait pas bien les qualités d'un objectif En réalité, un objectif qui définit bien pénètre bien, et réciproquement : sa qualité dépend uniquement de la perfection des lentilles et de l'angle d'ouverture; en d'autres termes, de la quantité de rayons lumineux arrivant d'un point à l'œil de l'observateur. Plus un point enverra ainsi de rayons lumineux, moins on sera exposé à le confondre avec les objets voisins ou superposés.
La distinction entre les objectifs définissants et pénétrants n'est en somme- que celle entre lea objectifs à faible et à fort grossisse-
Irants.
28 TRAITi;: TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
ment. Les objecLil's à faible grossissement permettent d'avoir une vue d'ensemble- des objets. Avec un fort grossissement, au conli-aire, et un grand angle d'ouverture, il n'est pas possible de voir un objet, une cellule, par exemple, dans toutes ses parties à la lois. On voit, ou bien la face inférieure, ou le centre, ou la face supél'ieure, et tout d'abord en commençant on ne dislingue rien nettement. On serait même porté à croire, lorsque l'on commence des études histologiques, que l'on a affaire à des objectifs imparfaits, puisqu'ils ne peuvent pas montrer un objet dans son ensemble ; mais on reconnaît bientôt que ce défaut apparent est la qualité la plus précieuse de l'objectif, puisqu'il permet non-seulement d'étudier les contours, mais de connaître la situation relative des différentes parties d'un objet, de le toucher pour ainsi dire à l'aide dela vis micrométrique et d'en apprécier l'épaisseur.
Objets d'épreuve. — Pour étudier un objectif, on se sert d'objets d'épreuve que les Anglais ont appelés test-objects. Les objets d'épreuve les plus usités sont lesdiatomées, sortes d'algues unicellulaires à carapace siliceuse. On détruit avec l'eau régale leurs parties organiques, et la carapace siliceuse qui reste présente des stries d'une linesse extrême, variables suivant les espèces, piemosignia. L'cspècc qu'ou cmploic le plus souvent est le Pleurosigina (iiigulatum. Avec un grossissement de 500 diamètres, à sec et avec un objectif ayant un angle d'ouverture de 150% il montre trois systèmes de raies si l'on emploie la lumière oblique: un système oblique partant de la nervure centrale, un second système oblique en sens inverse, et enfin un système perpendiculaire à cette nervure.
En plaçant le miroir obliquement hors de l'axe et en employant une platine tournante, on fait tomber successivement la lumière sous des incidences variées, et l''on obtient, l'un après l'autre, les trois systèmes de raies. Avec la lumière centrée, ces raies sont beaucoup plus difficiles à apercevoir, et c'est là que se reconnaît la puissance d'un objectif à grand angle d'ouverture. Avec un objectif de 160' à 170" d'angle d'ouverture et à immersion, on voit nettement les trois systèmes de raies du Pleurosigma '. v'iaques Un constructeur allemand, Nobert, a tracé au diamant sur des
de ^oDerl. ' '
lames de glace des systèmes de raies parallèles de plus en plus fines
• Presque tous les constructeurs de microscopes, du moins en France, livrent à l'acheteur une préparation de Pleurosigma angulatum. Dès lors il m'a semblé inutile d'en reproduire ici un dessin.
MICROSCOPE. 2y et de plus en plus rapprochées. On appelle ces lames plaques de Nobert.
Pour reconnaître, à l'aide de ces plaques, le pouvoir d'un objectif, on les examine, comme tout autre objet, soit à la lumière centrée, soit à la lumière oblique, et l'on peut déterminer quel est le dernier système résolu par tel ou tel objectif, c'est-à-dire le dernier dans lequel les lignes peuvent être distinguées; dès lors les objectifs peuvent être comparés par ce moyen les uns aux autres au point de vue de leur puissance'.
Pour les recherches histologiques, le meilleur microscope n'est pas toujours celui qui montrera le mieux les raies du Pleurosigma. Les diatomées sont en effet des corps plans, offrant seulement de légères stries ; en anatomie générale, on a au contraire aifaire à des objets irréguliers, rugueux, concaves, convexes, changeant de forme, et il faut ■des objectifs qui montrent bien ces détails-là. Le seul moyen de les choisir, lorsqu'on est habitué à l'observation microscopique, c'est d'avoir un objet histologique que l'on ait étudié auparavant iivec des lentilles variées, et dont on se soit convaincu qu'il doit être vu de telle ou telle façon avec un excellent objectif; on regarde alors cet objet avec les divers objectifs que l'on veut essayer, et l'on <;onsidère comme les meilleurs ceux qui le montrent le mieux.
Je me sers habituellement, comme objet d'épreuve, de Tdarilles musculaires isolées des ailes des hydrophiles : il faut qu'avec un grossissement supérieur à 300 diamètres, on y voie les disques sombres alternativement épais et minces qui les caractérisent.
Manière d'apprécier le grossissement «lu microscope. — Pour Angli' visuel.
apprécier le grossissement d'un microscope, il faut se rappeler que nous ne connaissons pas par la' vue seule la dimension réelle des objets; nous ne connaissons que l'angle visuel sous
Fie. 15. — Fibrilles isolées des muscles des ailes de l'hydrophile (2000 diam.) :
«, disque épais; b, disque mince.
' Jious avons sous les yeux une de ces plaques de Nobert : c'est une lame de glace sur laquelle est tracée une série de dix-neuf systèmes de raies. L'ensemble de CCS dix-neuf systèmes paraît à l'œil nu comme une ligne unique. L'endroit on se trouve le tracé est recouvert d'une lamelle njince lulée avec un vernis, de
lequel ils se présentent. Soient en effet l'objet mn, et bac l'angle visuel sous lequel nous voyons cet objet; l'objet m'n\ placé à une distance plus grande, sera vu sous le même angle visuel, aura par conséquent la môme dimension apparente, quoique sa gran-
Fic. 16.
deur soit plus considérable. La grandeur apparente d'un objol différera donc suivant le plan {imi ou m'n') où l'on arrêtera l'angle visuel.
manière que Ton puisse observer avec des lentilles à immersion, sans que l'eau vienne mouiller les raies. Sur une des extrémités de la glace se trouve le tableau suivant que nous reproduisons textuellement :
Test-object.
DiSTANTIA LINE ARUM.
i Div 0,001000
11 Div 0,000167
Dans le premier système, la distance d'une raie à l'autre est donc d'un millième de ligne ; elle va en diminuant graduellement dans ces différents systèmes jusqu'au dix-neuvième, oîi la distance entre deux raies voisines n'est plus que d'un dixmillième de ligne. Dans les derniers systèmes, les raies sont si rapprochées, qu'avec les plus forts objectifs on n'arrive pas à les distinguer. .\vcc un objectif n° 10 à immersion de Hartnack, on distingue nettement les raies jusque dans le liuiliènio système avec la lumière centrée et un polit diaphragme, et jusque dans le dixième avec la lumière ohliquc.
Aussi lo gTossissemonl d'un système de lentilles sera apprécié d'une façon tout à fait différente suivant le point où l'on arrêtera l'angle visuel pour recueillir l'image. Quelques observateurs ont voulu recueillir l'image sur l'oculaire même, elle est alors très-petite ; d'autres l'ont prise sur la table de travail, elle est beaucoup plus considérable. Aujourd'hui on la prend généralement sur la platine du microscope, c'est-à-dire à 20 ou 25 centimètres de l'œil de l'observateur ; c'est pour ce point-là que l'on donne la grandeui' apparente ou ce qu'on appelle le grossissement. On ferait mieux encore d'adopter définitivement 25 centimètres, pour que l'on pùl comparer entre eux tous les grossissements.
Cela posé, pour apprécier le grossissement d'un système de lentilles quand il s'agit d'un objectif faible, on place sur la platine une petite règle d'ivoire divisée par exemple en demi-millimètres ; cette règle est éclairée par la lumière directe. Lorsque la mise . au point est parfaite, on aperçoit nettement les divisions de la règle. Ssupposons qu'il y en ait six dans le champ du microscope ; on en conclura que le diamètre du champ est de 3 millimètres. Puis on place à côté de la platine, sur une tablette élevée à la même hauteur, une surface blanche, une feuille de papier, par exemple. On regarde dans le microscope avec l'œil gauche, et directement sur la surface blanche avec l'œil droit ; il est facile alors de superposer les deux images, et de tracer avec un crayon sur l'écran l'image grossie de la règle. Supposons que sur le papier cette image des six divisions de la règle occupe 9 centimètres ou 90 millimètres; nous aurions ainsi un grossissement de ^ ou de 30 diamètres.
Pour des systèmes plus forts, par exemple ceux dont le grossis- Miciomûi.esement dépasse 400 diamètres, cette division en demi-millimètres / ne serait plus applicable . On prend [ micr/^melre
alors un micromètre-objet, c'est- \
à -dire une lame de glace sur "TT~ laquelle ont été tracées avec une
machine à diviser des raies parai- fig. 17. — Micromètre-objet, lèles à un centième de millimètre
de distance. On procède de môme que précédemment, c'est-à-dire (ju'on supor[)Ose l'image d'un certain nombre de ces divisions grossies sur une feuille de papier vue à l'œil nu. Cette superposition exige un peu (rii;\hiliule. Supposons que cinq divisions du
Millimttre ' .
Ceitt' Parties
iilicromètrc con'cspoiicl(?nt sur le papier à un ccnliinètrc, le grossissement sera de i^ou de :200 diamètres.
Mensuration des objets, ou 7nicrométrie . — Pour connaître la dimension des objets que l'on voit au microscope, le procédé le
plus simple serait de les placer sur le micromètre-objet, et d'observer directement combien ils occupent de divisions de ce micromètre. Ainsi, en plaçant un objet sur la lame de glace divisée en centièmes de millimètre, si cet objet occupe exactement l'espace compris entre deux des divisions, c'otit ffu'il a un centième de millimètre de dia-
FiG. 18. — Micromètre ^ , » i - , ^^ ^ ^
oculaire. mctre. Le procède n est pas applicable, parce
qu'on ne manie point les objets microscopi- . (pies connue on veut; il n'est pas possible d'amener l'objet sur la division du micromètre, ni de l'y placer dans le sens qu'on voudrait ; ensuite il est rare que l'objet occupe un nombre exactde divisions. Pour obvier à ces inconvénients, on se sert de deux micromètres combinés : le micromètre-objet et le micromètre oculaire. Mi. nMm-tio Le micromètre oculaire est formé par une lame de glace sur laquelle sont tracées des divisions équidistantes d'une grandeuiquelconque, et qui est placée dans l'oculaire entre la lentille oculaire proprement dite et la lentille de cbamp. Pour que les divisions de ce micromètre soient aperçues nettement, il est né- (îessaire qu'il soit exactement au point de la lentille oculaire, et comme ce point varie suivant les observateurs, il faut pouvoir faire varier la position relative de la lentille et de la lame de glace. Dans les oculaires qui contiennent ces micromètres, la lentille supérieure est montée sur une douille qui peut en effet se visser ou se dévisser de manière à la rapproclier ou à l'éloigner de la lame de glace jusqu'à ce qu'on en aperçoive bien nettement les divisions. On la fixe alors au moyen d'un collier dans cette position.
Le micromètre oculaire étant ainsi disposé, on observe sur la platine du microscope l'objet dont on veut déterminer les dimensions. La division du micromètre, amplifiée seulement par la lentille oculaire, se trouve reportée pour l'observateur sur l'objet à examiner, et cet objet correspond alors à un certain nombre de divisions de ce micromètre. Supposons par exemple qu'il correspondit aune division. On remplace alors la préparation par le micromètre-objet, et les divisions du micromètre oculaire viennent
se superposer à celles du micromètre-o])jeL On voit à combien de divisions du micromètre oculaire correspond une division du micromètre-objet. Supposons qu'une division du micromètre-objet (divisé, par exemple, en centièmes de millimètre) corresponde à deux divisions du micromètre oculaire, nous en conclurons que l'objet que nous avons vu avait un demi- <3entièmede millimètre de diamètre.