TISSU CONJONCTIF. — CONSIDÉRATIONS PHYSIOLOGIQUES
OU formée clans quelque autre organe, le foie par exemple,- estelle simplement mise en dépôt dans ces cellules? Nous manquons d'expériences directes pour répondre à ces questions, mais il n'en reste pas moins aux cellules adipeuses un rôle très-imporlant dans la fonction stéalogénique considérée d'une manière générale.
Au point de vue pathologique, le tissu conjonctif est le Lissu le plus important de l'orgariisme ; c'est lui qui est le plus souvent le siège des néoplasmes, inflammatoires ou autres, comme Bichat l'a établi. Mais cette conception perdrait de sa généralité si l'on voulait restreindre la signification du tissu conjonctif. En effet, une maille du tissu cellulaire, une cavité séreuse, un ganglion lymphatique, une aréole du tissu osseux, une vésicule pulmonaire, un vaisseau lymphatique, sont des équivalents au point de vue des altérations inflammatoires et des néoplasmes qui constituent les tumeurs. Un vaisseau sanguin m.ême peut se comporter de la même façon qu'une maille du tissu conjonctif, et c'est ce qui arriverait plus fréquemment si le cours du sang ne venait entraver le processus. Aussi suffit-il que la circulation soit arrêtée dans une artère, et que le sang s'y soit coagulé pour que l'on voie bourgeonner sa paroi interne absolument comme le ferait du tissu conjonctif lâche sous-cutané.
Une question qui reste à élucider au point de vue de la patho- ''''cnnjonolîf " logie du tissu conjonctif c'est celle de la prolifération de ces élé- ,,,, i,'|n!,mmaments cellulaires. Pour les cellules lymphatiques, cette prolifération est certaine, et il n'est pas nécessaire d'y revenir. Pour les cellules plates, quand on voit, sous l'influence d'une inflammation, ou même sous l'influence d'une irritation simple, par exemple un œdème aigu produit par l'injection de nitrate d'argent à 1 pour 300, ces cellules prendre en quelques heures une forme globuleuse, puis présenter dans leur intérieur plusieurs noyaux, on a peine à douter de leur prolifération. Si des globules blancs du sang, passant à travers les vaisseaux, viennent augmenter le nombre des éléments cellulaires dans les foyers • inflammatoires, cela ne prouve pas que de leur côté les cellules (le tissu conjonctif ne se multiplient pas, malgré ce que Cohnheim a soutenu.
Quant à la question de la suppuration, ce phénomène ultime de l'inflammation, nous n'avons pas à l'aborder ici ; l'étude du pus se rattache bien plus directement à l'histoire de la lymphe, et
428 TRAlTlî: TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
nous en avons parlé plus haut. Nous avons vu (jue les giobuios du pus ne sont autre chose que des cellules lymphatupies mortes ou sur le pointde mourir, parcequ'elles se Irouventdans dos conditions telles que les échanges nutritifs nécessaires à leur vitalilé sont dilïiciles ou impossibles. Nous ne reviendrons pas ici sur l'expérience qui nous a montré ces conditions si nettes de la vie des cellules lymphatiques (voy. p. KiT). Sorties des vaisseaux grâce à leurs mouvements amiboïdes, ces cellules, une fois mortes, deviennent des corps étrangers, qui ne peuvent plus être repris par la circulation lymphatique qu'après avoir subi une série de modifiralious chimiques.
La plupart des os du squelette sont précédés par des pièces cartilagineuses qui possèdent la même forme qu'aura ensuite l'os adulte. Le tissu osseux ne s'y développe que plus tard, prenant en partie la place du cartilage lui-même auquel il se substitue, et en partie l'enveloppant de couches périphériques qui en augmentent les dimensions sans en altérer la forme.
Certains os, ceux de la voûte du critne, par exemple, ne sont pas précédés par du cartilage et se développent entièrement aux dépens d'un tissu conjonctif fibreux. Nous ne pouvions donc aborder l'étude de leur formation qu'après avoir fait Thistoire du tissu conjonctif. Nous étudierons d'abord le mode de développement et d'accroissement des os longs. En second lieu nous parlerons des os qui prennent naissance dans le tissu fibreux. Lorsque nous aurons exposé les différents procédés dont il faut se servir dans cette étude et les résidtats que fournit chacun d'eux, nous résumerons en quelques mots riiistoire de ce développement.
DÉVELOPFEMIiiNT IJU TISSU USSEUX.