‹ Traité technique d'histologie (volume 2)Chapitre 52 sur 81 · DEVELOPPEMENT DES OS LONGS · texte numérisé non relu

DEVELOPPEMENT DES OS LONGS

Le développemenL des os longs doit être étudié au moyen de coupes pratiquées sur des os d'embryons ou d'animaux en voie de croissance. Pour obtenir ces coupes, il est nécessaire déplacer d'abord les os dans des réactils divers qui tous doivent agir en dissolvant les sels calcaires, tout en conservant la forme des parties molles aux dépens desquelles se forme le tissu osseux.

Le procédé de décalcification le plus usité consiste à plonger l'i'oeede de les os dans une solution d acide chromique, de il à 4 pour 1000. çtdo

(.(urcisscmont

Un os long d'embryon très-jeune, placé dans 100 à 200 centimètres cubes de ce réactif, y est complètement décalcifié au bout de quelques jours. Mais, si cet os est plus volumineux, comme le fémur, le tibia, l'humérus d'un enfant nouveau-né, la solu-' tion d'acide chromique devient insuffisante, et quand bien môme on l'a renouvelée plusieurs fois, l'os n'est pas encore décalcifié dans toute sa masse. Du reste, pour étudier le développement du tissu osseux, un os entier n'est pas nécessaire ; il suffit d'avoir le cartilage d'ossification avec la petite portion du tissu osseux qui lui fait suite. On divisera donc, au moyen de la scie, l'extrémité d'un os long, et celle-ci placée dans une solution chromique convenable sera décalcifiée au bout de peu de jours, surtout si l'on a soin de renouveler plusieurs fois la solution.

Un os complètement décalcifié peut être coupé avec le rasoir, mais la différence de consistance des diverses parties rend trèsdifficile de faire des coupes minces et égales. Pour éviter cette difficulté, il faut, à sa sortie de la solution d'acide chromique, laisser la pièce vingt-quatre ou quarante-huit heures dans l'eau, puis la mettre dans l'alcool; la différence de consistance entre les divers tissus diminue, et les coupes sont plus faciles à faire. Il est essentiel de laisser dégorger la pièce dans l'eau avant de la mettre dans l'alcool, autrement il se produirait dans les tissus un précipité chromique granuleux.

Une autre méthode consiste à placer le fragment d'os d'aboi'd dans l'alcool absolu pour en fixer les éléments, puis dans une solution concentrée d'acide picrique qui le décalcifie et qui a sur l'acide chromi([ue l'avantage de ne pas donner de précipité avec l'alcool. Ensuite la pièce est mise dans une solution sirupeuse

^t30 TRAITE TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

(le yomme arabique pendanl vingL-(iiialre heures el eiiliri dans l'alcool. Les coupes sont laissées vingt-qualre heures dans l'eau pour les dégommer.

Lorsque les coupes ont été pratiquées après décalcification du tissu, soit par l'acide chromique, soit par l'acide picrique, on les soumet d'habitude à la coloration par le carmin ou par le picrocarminate, et c'est alors seulement qu'on voit que les préparations faites au moyen de l'acide picrique sont supérieures, parce que les cellules et les noyaux, qu'il importe à un haut degré de suivre dans leurs diverses modifications, se colorent très-bien, tandis que, dans les préparations faites au moyen de l'acide chi'omique, ces cellules se colorent mal ou ne se colorent pas du tout. Cependant ces dernières préparations ont des qualités remarquables, en ce sens que la substance inlercellulaire du cartilage d'ossification et les jeunes travées osseuses, tannées pour ainsi dire par le réactif, possèdent des formes plus accusées.

Dernièrement, j'ai trouvé un réactif, la purpurine, qui après l'action de l'acide chromique , colore admirablement les différentes cellules que l'on trouve soit dans le cartilage, soit dans l'os en voie de développement. L'emploi de cette matière" colorante entre pour une part dans le mode de préparation qui m'a donné les résultats les plus nets.

Un os long d'un embryon humain de ."3 à 5 mois ou un os court d'un petit animal en voie de croissance, d'un jeune lapin ou d'un chien nouveau-né, est placé d'abord dans une solution de bichromate d'ammoniaque pendant une semaine, puis dans une solution abondante d'acide chromique à 2 pour iOOO. Lorsqu'il est décalcifié complètement, il est laissé pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures dans de l'eau que l'on renouvelle plusieurs fois; puis, quand il a abandonné presque tout l'acide chromique qu'il contenait dans son tissu, on le met pendant trois ou quatre jours dans une solution de gomme ayant la consistance d'un sirop peu épais. Finalement, il est porté dans l'alcool qui lui donne au bout de vingt-quatre ou trente-six heures une excellente consistance pour permettre des coupes fines que l'on fait au rasoir à main libre ou au microtome. Ces coupes, laissées pendant vingt-quatre heures dans de l'eau distillée pour dissoudre la gomme, sont colorées ensuite par un séjour de vingtquatre ou quarante-huit beures dans la solution de purpurine pi'éparéc comme il a été dit page 280.

Coupe loiisiludiualc d'un us long;.

Toiile celle manipulalion esl un peu longue, encore avonsnous omis de dire que, pour oblenir des préparalions vraiment démonslratives, il est nécessaire d'y soumettre des pièces dont les vaisseaux ont été préalablement injectés avec du bleu de Prusse soluble additionné de gélatine (voy. p. l'ii). Mais on sera bien récompensé de toutes ces peines par la bonne qualité des préparalions et la possibilité d'y reconnaître cerlains détails de structure qui échappent complètement sur les autres.

Pour avoir une idée générale du développement d'un os long, examinons une coupe longitudinale d'un de ces os, pris chez un très-jeune embryon, faite à l'aide d'une des méthodes que nous venons d'indiquer. Si cette coupe passe par l'axe de l'os et comprend le cartilage épiphysaire, le périoste et l'os proprement dit, on y dislingue, à l'œil nu ou avec un faible grossissement, deux parties bien différentes l'une de l'autre. La partie centrale m (fig. 15^:^) a la forme de deux triangles opposés par le sommet et dont les bases sont à chacune des extrémités du cylindre osseux; la partie externe ?>i' s'étend de là jusqu'au périoste. Ces deux couches sont bien distinctes l'une de l'autre par leur origine et leur structure. L'une correspond à l'os cartilagineux, l'aulrc, à l'os périostique. A cette période, l'os tout entier pourrait être représenté par le schéma suivant : un sablier, figurant

l'os cartilagineux, est placé debout dans un vase cylindrique qui l'eprésenterait le périoste , et l'espace compris entre les deux correspondrait à l'os périostique.

L'os cartilagineux se termine neltemonl, par une ligne droite ou légèrement sinueuse .s, la ligne d'ossilication. Aux deiix.extré- •ni lés de celle ligne, l'os empiète sur le cartilage et y esl conqjri

FiG. 152. — - Coupe longitudinale lie l'humérus d'un embryon de chien , faite après décalcification par Tacide picrique et durcissement par la gomme et l'alcool. Coloration avec le picrocarminate. — a, tête cartilagineuse de l'os ; m, os cartilagineux; ??<', os périostique; e, encoches d'ossification ; cartilage sérié ; périoste.

— 7 diam.

Liffuc

de chaque côté dans une encoche. C'est ce que nous avons décrit sous le nom d'encoche d'ossification'.

Elle correspond évidemment à un sillon circulairii tout auloui' du cartilage épiphysaire. Nous verrons bientôt qu'elle a une grande importance dans l'explication des phénomènes de l'ossilicalion.

Nous allons maintenant revenir avec plus de détails sur chacune des parties que nous venons d'indiquer, et nous étudierons

KlG. 153. — Mclacarpleii d'un embi'yoïi de chien. Coupe longitudinale passant par l'axe de l'os, faite après décalcification par l'acide chromique. Coloration au carmin. — m, îlot central calcifié; «, cartilage fœlal; c, croûte osseuse périchondrale ; p, périoste et périchondre. — ^3 diani.

successivement la ligne d'ossification et le processus de ibrmation de l'os cartilagineux, puis l'encoche d'ossification et le développement de l'os périostique.

Os cartilagineux. — L'os cu voic dc développement (fig. 15^2) que nous avons pris d'abord pour type ne représente pas le premier stade du développement du tissu osseux. Pour étudier l'apparition du premier point d'ossification, il iaut prendre chez un embryon un os dans lequel on distingue, au inilieu de la masse

Comptes rendus do l'Acad. des se, 10 novembre 1873.

DÉVELOPPEMEiNT DU TISSU OSSEUX.

carlilagineusc transparente, une lâche blanche opaque. Comme tous les os ne sont pas à la lois à la même période de leur développement, on peut en trouver à ce premier stade sur un em- Promiei- point bryon dont les os longs sont assez développés pour fournir une préparation comme celle qui est représentée fig-. 152. Une coupe mince, faite avec un scalpel ou un rasoir à tranchant dur au niveau d'un point d'ossification tout à fait à son début, permet de constater à l'examen microscopique qu'il consiste en un dépôt calcaire qui se produit autour des capsules de cartilage. Les sels calcaires des os étant attaqués et dissous par l'acide chlorhydrique, on pourrait se servir de cet acide pour ramollir le point d'ossification et y faire ensuite des coupes à l'aide du rasoir; mais les préparations obtenues ainsi ne sont pas nettes, parce que l'acide chlorhydrique produit des modifications trop considérables dans les éléments cellulaires qu'il importe de conserver.

Un procédé bien meilleur consiste à mettre l'os tout entier dans 150 à 200 centimètres cubes d'une solution d'acide chromique à 2 pour 1000.

Au bout de deux jours, la décalcification est complète, sans

que la forme des éléments anatomiques délicats soit sensiblement altérée, et il est facile alors de faire des coupes qui comprennent le cartilage et le point d'ossification. Ces coupes présentent, dans la partie qui était infiltrée de sels calcaires et qui maintenant est décalcifiée, des capsules plus grandes que dans le reste du cartilage, arrondies et caractéi'isées par un double contour. Sur des préparations conservées dans la glycérine, on. y reconnaît que le protoplasma de la cellule remplit toute la cavité capsulaire et contient un noyau vésiculeux (fig. 154). Ces cellules ne reviennent donc pas aussi facilement sur elles-mêmes que les autres cellules du cartilage, car dans ces dernières, étudiées dans les mêmes

Ranvier, Hislol. !i8

Fjg. 154. — Portion centrale, infiltrée de sels calcaires, du métacarpien représenté dans l;i figure 153. — a, substance fondamentale du cartilage; 6, capsules; c, masse cellulaire; n, noyau; g, zone granuleuse du protoplasma autour du noyau. — 320 diam.

434 TRAlTli TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

rondilions, la glycérine déterminu una rétraclion considérable.

Tout autour du point calcifié, les capsules caililagineusfs forment des séries rayonnées et deviennent de plus en plus petites à mesure qu'elles s'en éloignent. (Fig.i53.) croùto Immédiatement au-dessous du pérîchondre et au niveau de la chondraic. zonc calcifiée, il existe une couche spéciale qui enveloppe l'os cartilagineux comme d'un manchon. Cette couche (c fig. 158), que je désigne sous le nom de croûte osseuse 'périchondrale^ , forme le premier rudiment de l'os vrai. Elle est composée de cellules incomplètement enfouies dans une substance solide qui, après décalcification dans l'acide chromique, se colore fortement en rouge par le carmin, tandis que la zone calcifiée centrale, traitée de la même façon, demeure incolore. C'est là un caractère important, car, ainsi qu'on le verra dans la suite de ce chapitre, toute substance osseuse de nouvelle formation, après qu'ehea été décalcifiée, se colore en rouge par le carmin, tandis que les restes de la substance cartilagineuse demeurent incolores ou ne sont que faiblement colorés, après l'action môme prolongée de ce réactif

Ace moment, le cartilage ne contient point encore de vaisseaux, pas plus dans sa partie hyaline que dans sa partie calcifiée. Par contre, le périchondre en possède, comme on peut le voir sur des pièces dont le système vasculaire a été injecté, et c'est seulement dans leur voisinage qu'il se forme du tissu osseux vrai pour constituer la croûte osseuse périchondrale. A cette époque, le point d'ossification est simplement ossiforrae. Il ne s'y développe du véritable tissu osseux qu'après que les vaisseaux venus du périchondre y ont pénétré et y ont creusé des espaces médullaires. Etude Après avoir décrit ce premier stade de l'ossification du cartidwSn. lage qui consiste dans une simple infiltration calcaire, reprenons maintenant l'étude de la ligne d'ossification. En l'examinant à l'œil nu ou à la loupe, sur un os frais de nouveau-né, divisé suivant sa longueur avec un scalpel, nous pourrons facilement, à son niveau, reconnaître plusieurs couches distinctes :

Au cartilage fœtal hyalin succède une zone également cartilagineuse, mais plus transparente et présentant un reflet bleuâtre bien net. Au-dessous de celle-ci commence brusquement une couche opaque d'un gris jaunâtre à laquelle fait suite le tissu osseux embryonnaire, caractérisé par une apparence .spongieuse

' Comptes rendus, 10 nov. 1873.

Cl par une coloration rouge due à la présence de vaisseaux remplis de sang.

Si nous examinons, avec un grossissement de 300 à -400 diamètres, ces différentes couches sur la coupe d'os d'embryon dont nous avons décrit plus haut la disposition générale (fig. i52), nous distinguerons dans le cartilage fœtal les capsules anguleuses qui le caractérisent. Dans la couche du cartilage qui a un reflet bleuâtre et qui touche à la ligne d'ossification, les cellules sont plus volumineuses que dans le cartilage fœtal. Leur forme, leurs dimensions et leur groupement varient dans les différents étages de cette couche. Ainsi, d'abord rondes et réunies en petits groupes, elles forment bientôt des séries longitudinales, d'autant plus longues qu'elles sont plus voisines de la couche osseuse. Les cellules qui composent ces séries sont aplaties les unes contre les autres et présentent un arrangement semblable à celui des piles de monnaie. Ces piles {a, fig. 155), qui sont toutes disposées suivant l'axe de l'os, sont à peu près parallèles, et entre elles il reste des colonnes de substance cartilagineuse {b, fig. '155) transparentes et striées suivant leur longueur.

La couche calcifiée sous-jacente est formée des mômes élé- Couchu ments; seulement les cellules cartilagineuses y sont devenues arrondies, et les cavités qui les contiennent présentent des bprds nets. Les colonnes de substance cartilagineuse situées entre les piles que forment ces cellules paraissent constituées par une substance fortement réfringente et homogène, si la décalcification est complète, ou bien elles sont semées de granulations fines et cependant distinctes, si les sels calcaires n'ont été dissous qu'en partie. A la hmite de cette couche du côté de l'os, les cavités cartilagineuses s'ouvrent les unes dans les autres pour former des cavités plus grandes, anfractueuses, entre lesquelles subsistent les colonnes ou les travées longitudinales de substance fondamentale du cartilage. Ces travées sont limitées latéralement par une ligne festonnée en creux; elles demeurent incolores sur les préparations traitées par le carmin.

Dans la couche osseuse proprement dite, elles sont bordées d'un liséré plus ou. moins épais d'une substance colorée en rouge par le carmin (n, fig. 155). Dans cette bordure rouge, on aperçoit, non pas au point où elle commence à apparaître, mais un peu plus loin, des corpuscules osseux {p, fig. 155), tandis qu'il n'y en a jamais dans les travées qui représentent des restes de la substance

carlilagineuse. Les premiers espaces médullaires limités par ces travées contiennent de petites cellules colorées en rouge par le carmin et des anses vasculaires que l'on ne distingue bien que dans les préparations faites sur des pièces injectées.

En résumé, la zone du cartilage qui, à l'œil nu, se montre transparente et à reflets bleuâtres correspond à celle où les cellules sont disposées en séries longitudinales. Nous désignerons le tissu qui la forme sous le nom de cartilage sérié. Dans la zone qui, à l'œil nu, est gris jaunâtre, on observe au microscope une infiltration calcaire simple du cartilage. Il n'y a pas encore là du véritable tissu osseux. iNous appellerons ostéoïde cette dernière couche, réservant le nom de couche osseuse seulement à cette portion où, le long des travées qui séparent les premiers espaces médullaires, s'est déposée de la substance osseuse et se sont produits des corpuscules osseux.

Tels sont les principaux laits relatifs au développement du tissu osseux aux dépens du cartilage. Leur étude soulève une série de problèmes pour la solution desquels il faut un examen plus attentif ou le secours d'autres méthodes, rioiifdiaiioii Une première question est de savoir si, dans le processus

dos cellules do V , \, , ... ' . ^

cartilage, (j ossiiicalion, ics ccllules cartilagmeuses prolilerent.

La multiplication des éléments cellulaires se produit dans toute la portion du cartihige que nous avons appelée cartilage sérié. Pour le reconnaître, on peut suivre deux méthodes : La première consiste à pratiquer sur le cartilage frais des coupes minces qui sont placées immédiatement sur la lame de verre , soit dans une solution concentrée d'acide picrique, soit dans une solution d'alun à 1 pour 200. Dans ces conditions, les cellules n'étant pas ratatinées et leurs noyaux étant très-apparents, on y observe, à l'aide d'un grossissement convenable (300 à 500 diamètres) toutes les phases du processus de multiplication cellulaire : deux noyaux dans l'intérieur d'une même cellule, deux cellules dans une môme capsule, en contact ou séparées par une lamelle de substance cartilagineuse excessivement mince (voy. fig. iH).

Le second procédé est celui que nous avons indiqué au débul de ce chapitre (p. 430) et qui consiste à faire subir à l'os une sérir de préparations par le bichromate d'ammoniaque, l'acide chromique, etc., et la coloration par la purpurine. Sur des coupelongitudinales des phalanges d'un embryon humain de quatre mois et demi à cinq mois, on peut observer ainsi dans le cartilage qui

DÉVELOPPEMENT DU TISSU OSSEUX. /i."]?

limite la ligne d'ossification tous i6s signes d'une multiplication cellulaire très-active ; dans «^i ^viriis qui était infiltrée de sels calcaii'es, certaines capsules contiennent même trois, quatre ou un nombre plus considérable de cellules distinctes possédant chacune un noyau.

Ainsi se trouve confirmée cette donnée générale que j'ai signalée il y a longtemps déjà : Aussi bien à l'état physiologique qu'à l'état pathologique, toutes les fois què, dans un cartilage ayant subi l'infiltration calcaire de sa substance (bndamentale, les C(3llules poursuivent leur mouvement démultiplication, elles redeviennent embryonnaires et perdent la prcvjîriété de former autour d'elles de la substance cartilagineuse \ C'est pour cela que, chez les embryons très-jeunes, dont par conséquent le mouvement formateur est très-actif, il existe dans la partie calcifiée du cartilage d'ossification des capsules qui, contenant un ceiitain nombre de cellules libres, ont perdu la propriété de produire autour d'elles de la substance cartilagineuse sous forme de capsules secondaires.

Un second problème est le suivant : Lorsque l'infiltration cal- cause ^

^ . ^ de rouvorluré

caire est produite, quelle est la cause de l'ouverture des capsules des capsules, les unes dans les autres? qu'est-ce qui détermine la résorption des parois et donne naissance à ces grandes cavités anfractueuses qui constituent les premiers espaces médullaires? Quand on étudie attentivement cette destruction des parois, on remarque qu'elle ne se fait pas dans une direction quelconque, mais seulement dans le sens de la croissance des vaisseaux.

Pour s'assurer de ce fait, il faut l'étudier sur des pièces dont le système vasculaire a été injecté. Ces injections présentent ici quelques difficultés, parce c[u'à cette période de leur développement les vaisseaux sont formés de cellules molles faiblement soudées entre elles et ont par conséquent peu de solidité. Aussi faut-il choisir non pas des embryons, mais des animaux en voie de croissance (un lapin de deux ou trois mois par exemple), chez lesquels les vaisseaux ont des tuniques un peu plus solides, parce que le développement y est moins actif que chez l'embryon. Il faut employer une masse formée de bleu de Prusse en solution aqueuse ou additionné de gélatine (p. 121). L'injection

' De quelques points relatifs à la préparation et aux propriétés des cellules de ' iitil;ii,'c. JnuriKil ili: lu physiolof/ii', t. Vf, ISlif), p. ô77.

doit être faite dans l'animal entier et préférablement par le bout central d'une des carotides. Apres cela, les os sont enlevés avec soin, y compris le périoste, et placés dans l'alcool, pour être soumis ultérieurement à la décalcification par l'acide picrique. Les coupes sont colorées par le picrocarminate. On obtient encore de meilleurs résultats en traitant les os injectés par le bichromate, l'acide chromique, etc., et en colorant les coupes par la purpurine (voy. page 430).

Sur les coupes longitudinales des grands ou des petits os longs, examinées dans la glycérine ou dans le baume du Canada, on voit les vaisseaux sanguins, remplis de la matière colorée, partir de la moelle centrale et envoyer du côté du cartilage des rameaux qui, en s'insinuant dans les premiers espaces médullaires, arrivent jusqu'à la ligne d'ossification. Situés entre les travées cartilagineuses,, ils s'avancent jusqu'au plafond de ces espaces et s'y recourbent pour former des anses dont la convexité est en rapport direct avec une capsule de cartilage destinée à disparaître bientôt.

des ^liTsscaux ^'-^i' bouucs préparatlous, cette disposition est tellement réloï-piinri ncttc, qu'll cst impossible de ne pas reconnaître que les vaisîe%arTiîîp'. ï^^aux joucut uu très-gTand rôle dans la résorption du cartilage d'ossification.

Du reste, des bourgeons vasculaires peuvent déterminer la résorption du cartilage non-seulement sur la limite de l'ossification, où il y a infiltration calcaire, mais en d'autres points. Ainsi, par exemple, dans la tête du fémur du lapin, du chien, etc. , au moment de la naissance, un bourgeon venu de la moelle, composé d'une série d'anses vasculaires superposées, s'avance au delà de la limite de l'ossification, pénètre dans le cartilage et y creuse des canaux ramifiés.

Cependant les histologistes ne s'entendent pas sur les causes qui déterminent la formation et l'agrandissement des espaces médullaires. Ils ne s'entendent pas non plus sur le rôle des cellules du cartilage dans le processus de l'ossification.

D'après H. Millier', au niveau delà couche ostéoïde, les capsules ouvertes laissent proliférer d'une façon active les cellules qu'elles contenaient. Ces cellules, libres dans les premiers espaces

' H. Millier. Ueber die Entwickeluiig der Knochensubstanz, etc. Zeitschrift fiir wùsensch. Zoologie, t. IX, 1858, p. 148.

médullaires, cleviennenL des cellules de la moelle, et, comme les autres cellules médullaires, peuvent ensuite former des corpuscules osseux. Midler reste dans le domaine des faits observables ; il n'émet pas d'hypothèses sur la cause qui amène la résorption de la paroi cartilagineuse.

Lovén', au contraire, dans un travail publié en 1863 en langue suédoise, soutient que les cellules embi'yonnaires de la moelle arrivent avec les vaisseaux dans les premiers espaces médullaires et y végètent avec eux ; ce sont ces cellules qui, d'après lui, agissent sur la substance cartilagineuse calcifiée, la rongent pour ainsi dire et en absorbent les débris, de manière à agrandir peu ;"i peu ces espaces médullaires et à leur donner la forme festonnée caractéristique. Cet auteur n'indique pas ce que deviennent les cellules de cartilage.

D'un autre côté, Stieda^, dans un mémoire publié à l'occasion du 50' anniversaire de la Société des médecins de Riga, partant de cette idée de Duhamel, de Flourens, d'OUier, etc., que le périoste est par excellence l'organe formateur des os, admet que les vaisseaux sanguins du périoste envoient des prolongements dans l'intérieur de l'os, s'v ramifient et entraînent avec eux une partie des cellules qui doublent le périoste et dont il sera question plus loin. Ce sont ces cellules qui, en se multipliant, formeraient toute la masse cellulaire de la moelle; le cartilage n'y aurait aucune part.

Pour ce qui est de l'origine des cellules médullaires, il nous ,ios Si, semble que les assertions de Lovén et de Stieda sont trop absolues. Nos observations nous ont amené à d'autres conclusions. En choisissant bien les objets d'étude, c'est-à-dire en prenant des embryons très-jeunes où le processus du développement est actif, pour qu'il soit aisé de le suivre, on peut voir, sur de bonnes préparations, les cellules de cartilage, devenues libres après l'ouverture de la capsule qui les contenait, concourir à la formation des cellules qui remplissent l'espace médullaire nouvellement l'oi'mé. Nous avons nettement observé ce fait chez des embryons

' Lovén. Sliidiui- ocli uiidersokiiinyar ùl'ver bciivâl'nadeii, luniâmligasl med al'soende pû dess uUvccklin;,', analysé dans Qucdu'-i Anatomy, p. CX, par Sliarpey, et dont un extrait a été publié en 1872 dans les Comptes rendun de la Société physicomédicale de Wurzbourg.

"^Stieda. Die Bildnng des Knoclieiigewp.))GS, Leipzifç, 1872.

humains de quatre mois cL demi à cinq mois. Les os d'un jeuno daupliin nous ont aussi fourni à cet égard des préparations trèsdémonstratives, parce que cliez cet animal Je travail d'ossification est relativement lent, et qu'au lieu de se produire suivant une ligne droite, ou à peu près droite, il est irrégulier.

Quant à la cause qui amène la résorption de la capsule cartilagineuse, si c'étaient, comme le pense Lovén, les cellules médullaires qui la rongent, on ne s'expliquerait pas pourquoi celte résorption ne se ferait que suivant l'axe de l'os, et pourquoi les espaces médullaires ne s'agrandissent qu'en longueur. Les travées cartilagineuses qui les séparent sont respectées, et cependant elles sont recouvertes de cellules médullaires dans toute leur "étendue.

Tous les observateurs qui étudieront la résorption du cartilage sur des pièces injectées seront certainement frappés de ce fait que cette résorption se fait suivant la direction des vaisseaux. Presque toujours ces vaisseaux sont parallèles à l'axe de l'os ; mais on peut quelquefois aussi voir des bourgeons vasculaires qui ont une direction transversale, et dans ce cas la résorption se fait à leur niveau et suivant le sens transversal. C'est ainsi que les premiers espaces médullaires présentent bientôt des communications latérales plus ou moins larges, et tel est le mécanisme de la formation du tissu spongieux.

Chez les très-jeunes embryons, où le développement est trèsactif, on observe quelquefois un lait qui vient à l'appui de notre opinion. Les premiers alvéoles du tissu osseux paraissent complètement remplis par des globules rouges du sang, de telle sorte que la limite du cartilage du côté de l'os semble formée par une hémorrhagie. Mais, en étudiant attentivement des préparations très-minces, faites d'après les méthodes déjà indiquées, on aperçoit, à la périphérie de chaque masse sanguine qui remplit les alvéoles, des noyaux colorés en rouge; il est probable que ces noyaux appartiennent à des cellules qui limitent des vaisseaux, et que l'on n'a pas affaire là à une hémorrhagie, mais à une dilatation tellement grande des anses capillaires terminales qu'elles remplissent exactement les premières cavités médullaires. Il n'y a pas de çcl Iules de la moelle dans ces cavités, et cependant la résorption du cartilage se produit.

Les coupes longitudinales des os en voie de développement, décalcifiés par l'une des méthodes précédemment indiquées, nous montrent, lorsqu'elles ont été colorées par le carmin, la substance

osseuse sous la forme d'un liséré rouge à la surface des travées earlilagineuses.

Dans les points où elle se montre d'abord, au voisinage du cartilage, cette substance parait bomogène et ne présente à considérer aucun corps cellulaire; c'est seulement plus loin dans l'intérieur de l'os que l'on y rencontre des corpuscules anguleux, qui tantôt y sont complètement enfouis, tantôt n'y sont englobés qu'en partie et font saillie par une de leurs portions dans la cavité médullaire.

Parmi les cellules contenues dans cette cavité, quelques-unes osu^ohiastes. sont appliquées sur saparoiet la tapissent dans toute son étendue. Elles sont rondes, ou polyédriques par pression réciproque; souvent elles sont allongées et contiennent alors, dans un protoplasma granuleux, un noyau qui n'occupe pas leur centre, mais le voisinage d'une de leurs extrémités. II. Mûller les a nommées cellules médullaires, parce qu'il les considérait comme une simple variété de celles qui remplissent la cavité. Gegenbaur^, qui les a le premier bien décrites, les a regardées comme des cellules spéciales qui serviraient à la formation de l'os. C'est en partant de cette idée qu'il les a appelées ostéoblastes. On les trouve en effet le long de toutes les travées osseuses en voie de formation, et leur rôle dans le développement du tissu osseux est de toute évidence.

Mais les ostéoblastes se rencontrent aussi- dans les lacunes plus on moins profondes qui se produisent dans les os sous l'influence de l'ostéite"-. Ils recouvrent donc aussi bien les travées osseuses destinées à disparaîti-e par la résorption inflammatoire que celles dont l'accroissement se poursuit^ La spécificité des ostéoblastes, au point de vue de la formation de l'os, n'est donc pas absolue. Du reste, les formes qu'ils affectent sont très-variables, et, si sou-

' Gegenbaur. Jenaische Zeitschrift fiir Medicin und Naturwissenschaft, 186^.

- Ostéite^ carie et tubercules des os. Archives de physiologie, t. I, 18C8, p. 72. Ces cellules peuvent môme contribuer à résorber des corps étrangers à l'os. Dans les expériences où lîillrotli, pour s'éclairer sur la résorption pathologique du lissu osseux, implanta dans les os des clievillcs d'ivoire, il vit qu'au bout d'un certain temps ces chevilles, devenues irrégulières à leur surface, étaient partiellement résorbées comme le tissu osseux vivant dans l'ostéite. En oulre, Koellikcr {Verbiei- Inng und Bedentung dcr vielkernigen Zdlen dev K?iochen und Ziihno, Wiirzhurg, 1872), ayant étudié au microscope la surface de ces chevilles devenue irréguliére, a reconnu qu'elle est couverte d'osléohlastes, qu'il a nommés pour celle raison

•H2 J'RAITK TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

vent ils sont disposés le long des travées osseuses en voie de formation à la manière d'un épitliélium cylindrique sur une muqueuse, cela tient principalement aux pressions qu'ils exercent les uns sur les autres.

Formation Ouelqucs-unes de ces cellules sont destinées à former des cor-

des

""osscH?'' P^^scules osseux. A mesure que le dépôt de substance osseuse augmente d'étendue, on voit certains ostéoblastes englobés par elle, contenus à' moitié dans la travée osseuse en voie de formation et à moitié dans l'espace médullaire, tandis que d'autres on sont complètement enveloppés.

Il reste à connaître le mécanisme intime de la formation de la substance fondamentale de l'os. Provient-elle de l'élaboration des cellules médullaires ou ostéoblastes qui tapissent les travées cartilagineuses, ou bien, comme l'a soutenu Waldeyer', les ostéoblastes se transformeiit-ils directement en substance osseuse? Aucune observation probants n'est encore venue confirmer cette dernière opinion. Personne n'a vu les ostéoblastes se transformer ainsi, et, d'autre part, on ne s'expliquerait pas pourquoi, si les ostéoblastes subissent cette transformation complète, il y en a quelques-uns qui font exception et qui, au milieu des autres, persistent pour constituer des corpuscules osseux. D'ailleurs, l'observation attentive de préparations faites dans de bonnes conditions n'est pas favorable à la manière de voir de Waldeyer. Pour le dire en passant, cette manière de voir est fondée sur la doctrine de Max. Schultze, à savoir que toute substance fondamentale ou intercellulaire provient d'une transformation in situ du protoplasma (voy. Développement du tissu conjonclif, page 408).

Les os qui conviennent pour l'étude de la formation de la substance osseuse sont ceux d'animaux déjà grands et en voie de croissance, par exemple ceux d'un lapin de deux à trois mois.

oslcophages ou ostoclastes. Nous n'insisterons pas sur ces divers noms. Ils prêtent d'autant plus à confusion que les corpuscules osseux ont reçu rhez nous le nom d'ost6oplastes.

Toutes ces cellules ne sont que des cellules médullaires transformées, et, à cette période du développement, cellules médullaires, ostéoblastes, ostoclastes, ostéophagos, sont autant de noms différents par lesquels on a désigné les mômes éléments, suivant la nature et le rôle qu'on leur a assignés.

' Waldeyer, Ueber den Ossificalionsprocess. Arc/i. fur mkrosc. Aiiai., t. I, 1865, p. 354.

DÉVELOPPEMENT l»U TISSU OSSEUX. -l'i:) Los phalang'os de ce dernier animal fournissent d'excellents objets d'éludé. Après que ces os ont été soumis à l'action successive du bichromate d'ammoniaque, de l'acide chromique, de la gomme et de l'alcool (page 430), on y fait des coupes longitudinales qui, colorées à la purpurine et examinées dans la glycérine ou préférablement dans l'eau pure, montrent des détails fort intéressants.

Comme chez ces animaux le développement du tissu osseux se fait avec lenteur, on peut suivre, le long des travées cartilagineuses directrices de l'ossification, le mode suivant lequel apparaît la substance osseuse (fig. i55).

Elle se montre sous la forme d'un liséré incolore, d'abord extrêmement mince , qui existe même sur le plafond des cavités médullaires , malgré qu'il soit destiné à disparaître plus tard. Dans cette mince couche de substance osseuse, il n'y a pas encore de corpuscules, et cependant on y observe des stries perpendiculaires à la surface, qui représentent des canalicules primitifs.

Avec un grossissement de 400 à 600 diamètres, sur des coupes d'une grande minceur, cette première couche osseuse ne se montre pas limitée du côté de la cavité médullaire par un bord rectiligne, mais par un bord festonné régulièrement. Les petits festons de ce bord lout saillie dans la cavité médullaire, et, au niveau de chacun des angles qu'ils laissent entre eux, se trouve un canalicule dont l'orifice présente la forme d'un entonnoir. A mesure qu'elle est plus éloignée du cartilage, la bordure de substance osseuse augmente d'épaisseur, et elle englobe des celhiles médtillaires qui deviennent ainsi des corpus-

FiG. 155. — Coupe longitudinale delà lêl'c d'un mélacarpien d'un lapin de Irois mois. Injection vasculaire. Bichromate d'ammoniaque. Acidechromique. Gomme.

Alcool. Purpurine. — G, cartilage; 0, os; a, cellule cartilagineuse; b, travée cartilagineuse; m, espace médullairo ; n, feston osseux ; 6', travée directrice ;

corpuscule osseux ; c, cellule médullaire; u, vaisseau. — 2iO diani.

Fprraalion

des canalicules osseux.

444 TRAITH TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

cules osseux. Ces corpuscules sont déjà éLoilés ou plutôt la substance qui les entoure est limitée par des festons semblables à ceux dont nous venons de parler, et entre ces festons se montrent les canalicules.

De ces observations il résulte que les canalicules primitifs des os se forment d'emblée et que la substance osseuse, en se déposant le long des travées de cartilage calcifié, réserve la place de ces canalicules. La nature, en bâtissant le tissu osseux, agit donc à la manière de l'architecte qui, en construisant une maison, en aménage la disposition intérieure et les ouvertures.

Nous venons de voir que c'est le long des travées de substance cartilagineuse calcifiée que se dépose la substance osseuse. Ces travées jouent donc un rôle important dans le travail de l'ossification. Leur direction générale est parallèle à l'axe de l'os, et elle est déterminée par les bourgeons vasculaires qui, partis de la moelle centrale, s'accroissent en marchant du côté du cartilage épi[)hysaii'o. Mais quand bien môme la direction des travées cartilagineuses est subordonnée à celle des vaisseaux, il n'en est pas nioins vrai que la texture de l'os cartilagineux dépendra de la forme- et de la direction de ces travées. C'est pour cela que nous les désignerons sous le nom de travées directrices de l'ossification.

Nous avons vu que ces travées présentent sur la coupe des festons en creux plus ou moins pi'ofonds et qui correspondent aux capsules de cartilage. Lorsque la substance osseuse s'y dépose, elle les remplit en englobant quelques cellules qui forment autant de corpuscules osseux. Si la section ne passe pas par l'axe d'une des cavités ou boyaux médullaires, il peut se faire qu'elle ait séparé complètement un ou plusieurs de ces festons qui apparaissent alors comme des cercles entourés par de la substance cartilagineuse et formés par de la substance osseuse et des corpuscules osseux en nombre variable. Ces figures, qui sont connues depuis longtemps des histologistes, ont été prises par quelques-uns pour des capsules de cartilage closes (2;, fig. 156), dans l'intérieur desquelles se serait formé d'emblée du tissu osseux.

Siir des coupes d'os décalcifiés par l'acide picrique ou chimique, les travées directrices de l'ossification se reconnaissent à leur réfringence, à l'absence d'éléments cellulaires dans leui' intérieur et à leur forme spéciale qui est celle d'un polygone à côtés concaves. Nous possédons une série de réactifs colorants qui ont une action dinërente sur ces travées et sur la substance

DÉVELOPPEMENT DU TISSU OSSEUX. 44o

osseuse qui les entoure. Dans les coupes d'os décalcifiés (niilées parle carmin, la substance osseuse est colorée en rouge, tandis que celle des travées cartilagineuses est incolore ou très-faiblement colorée. Le bleu de quinoléine en solution alcoolique colore les travées cartilagineuses en violet intense et Ja substance osseuse, en bleu clair. Le bleu d'aniline, insoluble dans l'eau et soluble dans l'alcool, colore les travées cartilagineuses en bleu et n'a pas d'action sur la substance osseuse. La purpurine, contrairement au carmin, ne colore pas la substance osseuse, tandis qu'elle pro-

FiG. 15G. — Coupe transversale du radius d'un embryon de chien, faite après décalcification par l'acide picrique ert solution concentrée et colorée par le picrocarminale. — m, faisceaux musculaires coupés en travers; p, périoste; a, moelle sous-périoslique ; t, travée osseuse en voie de formation; vaisseau sanguin; o, os périostique; c, vestige des travées cartilagineuses qui séparent l'os périostique de l'os cartilagineux; b, espace médullaire de l'os cartilagineux; c', coupe transversale des travées directrices; a', moelle cculralc. — 50 diam.

duil une coloration rose des travées directrices. Eniin l'hémaloxyline coloi'e en violet la substance osseuse et la substance cartilagineuse, mais celle-ci est plus fortement colorée.

Ces différents réactifs, le bleu de quinoléine et le bleu d'aniline, principalement, nous permettront de reconnaître au milieu d'un os les plus faibles vestiges des travées directrices et d'établir quelles sont celles de ses parties qui sont de formation cartilagineuse.

Os périostique. — Poui' Compléter l'histoire du développemeni

Eiicocliu (l'ossification.

des OS loniis, il nous reste à étudier la l'ormation des couches osseuses périphériques, que nous avons désignées sous le nom d'06' périostique.

A cet effet, nous aurons à examiner d'abord les phénomènes qui se produisent dans ce que nous avons nommé Y encoche d'ossification (fig. 152, e), c'est-àdire dans le sillon tracé sur le cartilage tout autour de la ligne d'ossification. La tête du fémur de la grenouille est l'objet qui nous servira de guide et que nous

examinerons tout d'abord, parce que l'encoche d'ossification y est extrêmement accusée; au lieu d'être un shnple sillon, elle est une rainure profonde.

Pour cette étude, les grenouilles présentent encore un autre avantage ; tandis que chez les mammifères l'accroissement des os s'arrête à une période donnée qu'on appelle l'âge adulte, chez les grenouilles, il se poursuit pendant toute leur vie. Aussi peut-on prendre une grenouille quelconque, grande ou petite, elle est toujours en ' voie de croissance, et il sera toujours possible d'y suivre les phénomènes du développement des os.

Nous avons vu plus haut (voy. p. 307) que le fémur de la grenouille est formé par un seul système de Havers, ce qui se reconnaît aussi bien sur la coupe transversale que sur la coupe longitudinale.

Sur une coupe longitudinale, faite après l'emploi d'une des méthodes de décalcification que nous avons indiquées, la tête cartilagineuse se montre comme une sphère dans laquelle la diaphyse osseuse pénètre comme un emporte-pièce (fig. 1 57). Le cartilage se montre avec des aspects diflerents suivant qu'il

FiG. 157. — Coupe loiigiLudiiiale de la têlc du féinur de la grenouille. — e, encoche d'ossification; o, lame osseuse contenue dans l'encoche; c, lamelle cartilagineuse; op, os périostique; om, os médullaire; m, canal médullaire; D, vaisseau sanguin. — • 10 diam.

DliVELOPFEMENT DU TISSU OSSEUX. 447

esl compris dans le cylindre osseux, qu'il se trouve en delioi's, ou ;i son extrémité.

En dedans de ce cylindre, il présente tous les phénomènes qui, dans les cartilages des mammifères, pi'écèdent l'ossification, c'està-dire la disposition des capsules en séries, leur infiltration calcaire et la disparition de la substance cartilagineuse qui est remplacée par de la moelle. La ligne qui lait la limite du cartilage et de la moelle est droite ou sinueuse; elle correspond à ce que nous avons appelé chez les mammifères la ligne d'ossification. Presque toujours le cartilage cesse brusquement à ce niveau et par conséquent ne donne naissance à aucune travée directrice, ni à aucune formation osseuse, sauf dans des cas tout à fait exceptionnels.

En dehors du tube de la diaphyse, se montrent des capsules de cartilage sphériques contenant des capsules secondaires. A son extrémité, les capsules de cartilage sont disposées suivant des rayons divergents.

Considérons maintenant, dans la tète cartilagineuse de l'os, cette portion qui correspond à la section longitudinale du cylindre osseux. Nous y trouvons trois couches : en dedans une lame hyaline très-mince ne contenant pas d'éléments cellulaires, une couche moyenne possédant la structure du tissu osseux et une couche externe formée de tissu conjonctif et d'un élégant réseau vasculaire.

En se rapprochant du corps de l'os, la couche osseuse aug- Ddveioppnmente peu à peu d'épaisseur, et, au point où cesse le cartilage, ITdc u on voit la lamelle amorphe qui la double en dedans se poursuivre et former la limite du canal médullaire. Un peu plus loin s'y ajoutent de nouvelles couches osseuses qui se développent aux dépens de la moelle. Lorsqu'elle est complètement constituée, la diaphyse possède trois couches, une externe représentant l'os périostique, une interne correspondant à l'os médullaire, et une intermédiaire, soùs la forme d'une lame cartilagineuse mince festonnée en creux, infiltrée de sels calcaires. Pour mettre cette disposition en évidence, on peut employer différentes méthodes. Des coupes obtenues sur l'os décalcifié sont colorées d'abord dans une solution alcoolique de bleu d'aniline insoluble dans l'eau et ensuite dans le picrocarminate. La |)réparation montée dans la glycéi'ine laisse voir la lamelle cartilagineuse colorée en bleu se continuant avec le cartilage épiphysaire, et les deux couches os-

Encoclic d'ossification

chez les mammifères.

Fie. 158. — Coupe Iran.svcrsale de la iliapliyse du fémur de la grenouille, vers sa partie inoyciine, — »i, moelle centrale; otn, os médullaire ; c, lamelle cartilagineuse; 0)1, os périoslique. — 10 diam.

448 TIUlTli TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

seuses colorées en rouge. Pour reconnaître la slructure diiï.-rente de ces deux couches osseuses, il laut pratiquer dans l'os décalcifié et vers sa partie moyenne des coupes transversales très-minces (fig. 158) qui, après coloration au picrocarminate, sont examinées dans l'eau. Elles montrent à la périphérie l'os périostique dans lequel la substance fondamentale est constituée, non par des lamelles concentriques, mais par des fibres entrecroisées dans diverses directions. Dans l'o.^ interne ou médullaire, la substance fondamentale est représentée par un sjstème de lamelles à couches concentriques, semblable à celui qui entoure les canaux de Havers dans les os des mammifères.

Entre les deux couches osseuses, se trouve la lamelle cartilagineuse festonnée et incolore c, qui indique d'une manière nette la limite entre les deux espèces d'os. Enfin le canal médullaire contient de la moelle osseuse qui, dans ses couches périphériques, c'est-à-dire au voisinage de l'os, possède de petites cellules médullaires sans graisse.

Nous avons décrit le fémur de la grenouille, parce qu'il présente le type simplifié de tous les os longs des mammifères et qu'il nous montre d'une manière élémentaire, pour ainsi dire, l'encoche d'ossification avec l'os périostique qui en dépend.

Nous y avons vu que l'os périostique et l'os médullaire, séparés l'un de l'autre par une lame intermédiaire, ont une structure différente. Chez les mammifères, il n'en est pas ainsi, parce que l'os médullaire aussi bien que l'os périostique possède des canaux de Havers, dont les systèmes de lamelles ont absolument les mômes dispositions dans les deux espèces d'os. Les systèmes intermédiaires seuls déterminent la structure spéciale de l'o^ périostique, comme nous allons le voir.

Chez les mammifères, l'encoche d'ossification peut être reconnue sur tous les os qui se développent aux dépens d!un cartilage primitif. C'est ainsi que, sur les coupes longitudinales d'os d'embryons, obtenues à l'aide d'une des méthodes que nousavons indiquées, par exemple, l'action successive de l'alcool, de l'acide l)icrique, de la gomme et de l'alcool poui' durcir et du picrociu -

iiiinalc pour colorer les coupes, on voit le périoste embryonnaire se conlondre par ses couches superlicielles avec le périchondre, tandis que, dans ses couches profondes qui correspondent à l'encoche, il se continue avec le cartilage (fig. i52). Avec un grossissement fort, de 300 à 500 diamètres, on reconnaît que la portion du périoste correspondant à l'encoche est formée par des libres qui prennent naissance dans le cartilage luimême.

Elles s'y développent, comme les fibres tendineuses, aux dépens de la substance du cartilage, et entre elles sont rangées à la file des cellules semblables à celles des tendons embryonnaires et qui, comme ces dernières, semblent provenir des cellules cartilagineuses.

Ces fibres, que j'ai désignées sous le nom de fibres arciformes^ se recourbent en dedans et gagnent la surface de l'os embryonnaire ; au point où elles l'atteignent, les cellules qui les accompagnent deviennent plus nombreuses et prennent les caractères des ostéoblastes. Elles en ont aussi les propriétés, en ce sens qu'elles produisent de la substance osseuse et des corpuscules osseux. Ainsi, les fibres arciformes sont le centre d'aiguilles osseuses, et à ce point de vue elles se comportent dans la formation de l'os périostique comme les travées directrices dans la formation de l'os cartilagineux.

Cependant il y a une différence. Le jeune tissu osseux qui se développe sous le périoste ne constitue pas toujours aux fibres arciformes une enveloppe complète. Souvent on voit ces fibres traverser les premiers espaces vasculaires ou médullaires souspériostiques pour aller s'enfoncer plus profondément dans la masse osseuse. Une fibre arciforme ayant pénétré dans l'os embryonnaire peut donc être, dans une partie de son trajet, englobée dans le tissu osseux et, dans une autre partie, simplement en rapport avec la moelle ou les vaisseaux. Les travées cartilagineuses directrices, au contraire, sont recouvertes sur toute leur surface par du jeune tissu osseux, et elles ne demeurent jamais libres dans les espaces médullaires de l'os cartilagineux.

Tous ces phénomènes de l'ossification périostique peuvent être observés, comme nous l'avons dit, sur des coupes longitudinales d'os d'embryons de mammifères, décalcifiés et durcis à l'aide d'une des méthodes que nous avons indiquées. Mais, pour bien suivre tous les détails du pi'ocessus, nous recommandons spécia-

IUnvier, llistol. 29

THAITh: TECHNIOUK D'IIISTOLOGIE.

Préparations colorées au l)lcu de qiiitioldine.

7;iàX

leiiionl des préparations du calcancum du cliicii jiuuveau-iié, faites comme nous allons le dire. Chez le chien nouveau-né, le

calcanéum présente un seul point d'ossification en / forjme de demi-sphère irré-

, gulière, noyé dans le carti-

lage })rimilif et ne tou- '■^'§ chant au périoste qu'au

niveau de sa face plantaire.

Cet os tout entier étant enlevé, il faut le soumettre à l'action successive du bichromate d'ammoniaque, de l'acide chromique, de la gomme et de l'alcool (p. 430), avant d'y pratiquer des coupes, qui doivent être faites suivant un plan vertical antéro-postérieur. Ces coupes, débarrassées de la gomme par macération dans l'eau, • sont colorées à la purpurine, puis elles sont lavées et plongées dans du bleu de quinoléine dissous dans l'alcool. Au bout de quelques minutes, lorsqu'elles ont pris dans ce dernier réactif une coloration violette, elles en sont retirées, lavées une dernière fois et montées en préparations persistantes dans la glycérine.

Sur ces préparations, le cartilage hyalin et les Ira-vées directrices sont colorées en violet foncé, le tissu osseux est incolore ou gris bleuâtre. Le périoste se présente sous la forme d'un ligament incrusté dans deux encoches d'ossification, l'une an-

fc -

r'iG. 159. — Kiicoclie d'ussilk-alioii du c;dc;inéuin du chien nouveau-né. Cichromale de potasse. Acide chromique. Gomme. Alcool.

Coloraiion à la purpurine et au bleu de quinoléine. — c, cartilage; t, travée directrice de l'ossification ; a, substance osseuse ; 0, os périostique; »ï, fibres de l'encoche, naissant du cartilage ; p, périoste ; n, terminaison des fibres de l'encoche sur l'os périostique. — 80 diam.

DEVELOPPEMENT DU TISSU OSSEUX. 4o I

lénciire, raulre postérieure, el, par ses libres superlieieiles, il se coiitiiiue iivec le périchondre. Examinées à un grossissement (le 150 à -400 diamètres, les fibres arciformes figurent des arcsboutants appuyés par une de leurs extrémités sur les coucbes superficielles de l'os et par l'autre sur le cartilage qui forme le fond de l'encoche. Elles sont incolores, sauf au voisinage du cartilage où elles présentent une teinte violacée d'autant plus Ibrte qu'elles en sont plus rapprochées. Or nous avons vu que cette coloration violette, produite par le bleu de quinoléine, appartient .spécialement à la substance cartilagineuse ; si donc les fibres arciformes, nées du cartilage, montrent encore dans une partie de leur longueur la même coloration, c'est qu'elles conservent pendant un certain temps la composition chimique de la substance cartilagineuse et ne prennent que peu à peu celle des fibres du tissu conjonctif.

Arrivées à l'os, les fibres arciformes s'y perdent en s'y enfonçant, et il se produit autour d'elles des aiguilles osseuses, qui forment autant de petites éminences coniques dont elles semblent la continuation.

La couche osseuse périosticfue est mince encore dans l'os que ' nous considérons en ce moment. Au-dessous d'elle se trouve l'os médullaire caractérisé par les figures à bords concaves, colorées en violet, qui représentent les travées directrices. Jamais on ne voit une fibre arciforme traverser ces travées, et cependant, si ce phénomène se produisait, on pourrait facilement le saisir à cause des différences de coloration.

Pour confirmer et compléter ces notions sur la structure d'un Coupes

• IrîiiisvGrsfllcs

os en voie de développement^ il fiuit y faire des coupes transver- dos os sales au-dessous de l'encoche, dans les points où il y a en même Jc'VcikociÎc. temps ossification sous-périostique et ossification aux dépens du cartilaue.

Sur ces coupes, on reconnaît exactement les deux portions de l'os. A la périphérie, le périoste forme une couche continue; audessous se montrent des cellules tassées les unes contre les autres, au milieu desquelles s'avancent des aiguilles osseuses droites ou recourbées. Ces aiguilles, qui en réalité représentent la coupe de tiabécules osseuses ayant une direction longitudinale, se fondent dans un système d'aréoles formées par l'os embryonnaire et sont recouvertes d'une couche d'ostéoblastes. Plus profondément, l os de formation cartilagineuse se décèle par la présence des travées

directrices du cartilage qui, coupées perpendiculairement à leur direction, forment des figures anguleuses, dont les bords concaves sont remplis par de la substance osseuse (fig. 1 56). Tout le centre de l'os est formé par. du tissu spongieux d'origine cartilagineuse, ou bien il y a déjà im canal médullaire contenant delà moelle fœtale. Sur les pièces injectées, la plupart des vaisseaux, excepté quelques branches anastomotiques et des rameaux periorants venus du périoste, sont coupés perpendiculairement à leur direction.

Fig. 160. — Uiulius et cubitus d'un embryon de chien. Section transversale. Alcool. Acide picriquc. Gomme. Coloration au picrocarminatc. — A, radius; B, cubitus; /, ligament interosseux; p, périoste; me, moelle centrale; msp, moelle souspériostique ; /o, travées osseuses ; «, point où le ligament entre dans l'os ; }i' , union du ligament avec le périoste. — 2/i diam.

Le périoste manque d'une manière complète au niveau des tendons et des ligaments. Ceux-ci, logés dans une dépression de l'os embryonnaire, s'y terminent par des faisceaux qui se continuent sous forme de fibres de Sharpey avec la substance môme de l'os. Entre les faisceaux tendineux, il existe des cellules, rondes ou polygonales à protoplasma granuleux, semblables (léveCmîni ^ ccUcs quc l'ou obscrve sous le périoste. Elles concourent àla formation de la substance osseuse qui, peu à peu, englobe chaque faisceau et qui, chez l'adulte, arrive nième à dépasser la surface de l'os, de telle sorte que les insertions tendineuses, au lieu d'être comme chez le fœtus des dépressions plus ou moins profondes, sont au contraire des crêtes saillantes. Des coupes transversales, comprenant en même temps le radius, le

des os avec les tondons et les lig^ainenls

cubitus el le ligament interosscux, constiluent des préparations très-démonstratives au point de y\xe de l'insertion des ligaments (fig. 160). Le fémur avec sa ligne Apre présente un sujet d'étude analogue et du même intérêt.

Pour comprendre comment les couches osseuses sous-périostiques de l'os embryonnaire se modifient de manière à former le tissu osseux de la diaphyse des os longs, rappelons en quelques mots les faits que nous avons observés sur une coupe transversale du fémur de l'homme adulte dont les corpuscules et les canalicules sont injectés avec du bleu d'aniline insoluble dans l'eau : Les corpuscules qui se trouvent à la périphérie des svstèmes de Havers ont des canalicules récurrents ; les fibres de Sharpey existent dans les systèmes intermédiaires, jamais elles ne pénètrent dans les systèmes de Havers.

Les fibres de Sharpey n'étant autre chose que des fibres arciformes ayant subi l'infiltration calcaire et plongées dans la substance osseuse, il en résulte que tous les systèmes intermédiaire's qui contiennent de ces fibres ont été nécessairement formés sous le périoste. Quant aux systèmes de Havers, qui n'en possèdent pas, ils proviennent d'une élaboration médullaire et sont analogues à la couche la plus interne du fémur de la grenouille que nous avons désignée sous le nom d'os médullaire (page -448). Le premier travail d'ossification sous-périostique construit les premières travées osseuses destinées à formel- les systèmes intenné-

l'ic. IGl. — Coupe transversale de la diaphyse du fémur de l'homme. Imbibilion des corpuscules et des canalicules primitifs par le bleu d'aniline. Préparation dans la glycérine salée. — H, canaux de Havers; c, corpuscules osseux; b, confluents lacunaires; a, corpuscules à canalicules récurrents; s, système intermédiaire avec des fibres de Sharpey coupées en travers; p, grosses fibres de Sharpev. — 300 diam.

diaires. Ces travées limitent des espaces médullaires assez vastes qui, comblés peu à peu par des couches osseuses concentriques, laisseront à leur centre un simple canal vasculaire, canal de Havers. On comprend dès lors pourquoi les systèmes de Havers ne contiennent jamais de fibres de Sharpey.

Accroisse- Après cette étude du développement des os longs, il î?ondas'^os vient d'en formuler la loi 'générale. Lorsqu'il est entièremeni cartilagmeux, un os possède deja sa lorme caractéristique, et, pendant tout son développement, quel que soit le rapport entre les masses cartilagineuses, osseuses et fibreuses qui le constituent, cette forme se maintient. L'accroissement en longueur et l'accroissement en épaisseur sont donc proportionnels. Nous avons vu que l'accroissement en longueur se fait entièrement aux dépens du cartilage. A mesure que celui-ci est usé par le travail (le l'ossification, il s'y fait une élaboration formative qui en augmente la masse, de telle sorte que, quand bien même il est en partie absorbé pour former de l'os, non-seulement il ne diminue pas, mais il augmente en longueur, au moins pendant la plus grande période du développement. 11 augmente aussi en largeur à mesure que s'agrandit le diamètre de l'os.

Aceroisso- L'accroisscment de l'os en épaisseur dépend de la formation <ics os de couches osseuses sous-périostiques dont la direction est donnée m .p,u»Mui. ^^^^ ^j^^ libres spéciales qui, parties des bords du cartilage épiphysaire, })énèlrent dans l'intérieur de l'os après un trajet plus ou moins long. Les cellules formatrices de l'os périostique ont très-probablement pour origine des cellules de cartilage qui se dégagent avec ces libres et les accompagnent. L'os s'accroît donc en épaisseur aux dépens d'un matériel fourni par le tissu cartilagineux. L'accroissement d'un os long en épaisseur et son accroissement en longueur se trouvent donc ramenés à un même type.

A leur origine, les os longs n'ont pas un canal médullaire unique, mais ils possèdent à leur centre une cavité anfractueuse limitée par des travées d'os cartilagineux. A mesure que l'os se développe, ces travées sont résorbées par la moelle et les vaisseaux, de la même façon que le cartilage d'ossification est résorbé pour former les premiers espaces médullaires. Celle l ésorption se poursuit, et bientôt elle atteint les couches formées sous le périoste, de telle sorte que, dans un os adulte, c'est seulement dans l'épiphyse que l'on Irouve encore des vestiges des travées directrices.

Toluloiis osseux l(>s oisoaux.

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