CHAPITRE XYll
IVERFS.
Parmi les nerfs que l'on peut reconnaître à l'œil nu, il en est qui sont blancs et ont un aspect moiré caractéristique : ce sont ceux dans lesquels il existe des fibres à myéline en foile pi oporlion. D'autres, qui sont entièrement constitués par des fibres nerveuses sans myéline ou dans lesquels les libres médullaires sont en petit nombre, sont grisâtres et légèrement translucides.
ilos nerfs.
718 TIUITÉ TECHNIQUE D'IilSTOLUGlE.
Les Liibes nerveux à myéline existent seulement chez les vei-tébi-és. Chez les invertébrés, les nerfs sont entièrement constitués par des libres nerveuses sans moelle. cSfonct'ifs l'^s libres nerveuses contenues dans les nerfs, qu'elles soient de l'une ou de l'autre espèce, ne sont pas formées' uniquement par des librilles nerveuses ; il entre dans leur composition des éléments du système conjonctif, et autour d'elles sont répandus des éléments du même système. De plus, les nerfs étant habituellement formés d'un certain nombre de faisceaux de différents dian^ètres, chacun de ces faisceaux est entouré d'une gaine connective spéciale, gaine lamelleuse. Il est des nerfs qui sont constitués par un seul faisceau nerveux et qui possèdent dès lors une seule gaine lamelleuse. Ils sont enveloppés d'une atmosphère connective. Lorsque plusieurs faisceaux concourent à la foi'mation d'un nerf, cette atmosphère connective disposée entre eux pour les séparer et les unir, se continue à la surface du nerf entier et établit ses relations avec les parties voisines.
Les vaisseaux sanguins parcourent l'atmosphèi-e connective des nerfs, s'y ramifient, pénètrent dans les faisceaux nerveuxd'un diamètre notable et se distribuent dans leur intérieur.
Nous aurons donc à étudier successivement dans ce chapitre les fibres à myéline, les fibres sans myéline ou de Remak, le tissu conjonctif des nerfs, les vaisseaux sanguins des troncs nerveux, et enfin les rapports du tissu connectif des nerfs avec les lymphatiques.
TUBES ÎNERVEUX A MYÉLINE.
Tous les nerfs qui présentent l'aspect moiré- caractéristique peuvent être utilisés pour l'étude des tubes nerveux à myéline; mais cependant il convient de commencer les recherches relatives à ces éléments sur des nerfs qui possèdent de gros faisceaux.
Le sciatiquede la grenouille, lesciatique du lapin et du chien, dans leur pai-tie supérieure, doivent être choisis de prélércncc à tous les autres, et même c'est par le sciatique de la grenouille qu'il faut commencer. Ce nerf est foi-mé d'un seul iliisceau nerveux à la partie supérieure de la cuisse, mais à sa partie inférieure il se divise de manière à donner deux faisceaux nerveux qui s'écartent l'un de l'autre.
Tubes iiorvoux à inyé- "iiic examiner-
iNERFS. — TUBES NERVEUX A MYELINE. 710
Chez une grenouille que l'on vient de saci'ilier, le sciatique esi dénudé, puis il est enlevé et placé sur une lame de verre 'X„ri"au avec quelques gouttes d'eau. Saiyfissant alors au moyen de deux pinces les deux branches nerveuses qui résultent de la division du tronc principal, on les écarte l'une de l'autre, et au moyen d'une traction modérée on fend le nerf dans toute sa longueur. Un certain nombre des tubes nerveux qu'il contient sont ainsi mis en liberté et flottent dans le liquide additionnel. Quelquesuns ont été déchirés et montrent une extrémité libre, ce que l'on reconnaît en examinant la préparation à un faible grossissement.
Si l'on recouvre d'une lamelle et si l'on fait immédiatement l'examen avec un grossissement suffisant, les tubes nerveux à myéline isolés apparaissent sous la forme de cj^lindres réguliers dans lesquels on distingue une partie centrale, qui devient légèrement obscure quand on éloigne robjectif,et de chaque côté nne bordure qui paraît brillante dans les mêmes conditions'.
Peu à peu, sous l'influence du liquide additionnel, on voit survenir une altération de la libre que l'on a sous les yeux. La bordure perd de sa netteté, la ligne qui la limite en dedans devient sinueuse, la substance qui la forme n'est plus homogène; il y apparaît des plis, des stries, des fdaments, des granulations, donlle nombre et l'étendue augmentent pi'ogressivement jusqu'à effacer le double contour et à donner à toute la fibre un aspect granuleux.
Les phénomènes qui se produisent sous l'influence de l'eau opinioiv dans les libres nerveuses dont nous nous occupons en ce moment «»'• 'c doubu ont été attribués par Henle à la coagulation de la myéline, coagu- des tubesncilation qui, se faisant d'abord à la périphérie, déterminerait l'apparition de la bordure réfringente ou du double contour et l'effacerait ensuite en se poursuivant successivement jusqu'au centre de la fibre.
Le double contour du tube nerveux avait été interprété d'une tout autre façon par Remak ^. Cet auteur considéra la partie cen-
' C'est sans doute une observation de ce genre qui avait conduit Lccuwcnlioecli à admettre (|uo les fibres dont nous nous occu))ons ont utic constilulioM liiliulaire, le(loui)b3 contour représentant la paroi du tuite, et la jjartie obscure du niilion de la fibre correspointant à une lumière cculrale.
Cetli' constitution tubulaire admise |)ar Lecuwcniioccii a fait donnera ces Cihvaa le nom de tubes nerveux, sous lei(uel ru)us les désignons encore aujourd'hui.
' Remak, Froriep's Neue notizen, 1837, n* 17.
Irai la moins réfringente de la libre comme un cylindre, bien nncouvcrto tlilîérent de la myéline, et il la désigna sous le nom de ruban du cyiijid.o- primitif. Le ruban primitif de Remak fut ensuite étudié et décrit parRcraak. parPurkinjc' sous le nom de ci/linder-aq^is, cylindre-axe, qui lui a été conservé.
On peut déjà constater l'existence réelle du cylindre-axe sans autre mode de préparation que celui qui a été indiqué. En effet,
Observation ^ n^ • . f i r , • , , ,
du cylindre- sur Ics librcs nervcuses qui ont ete déchirées, la rupture du cvdans l'eau, lindrc-axc et celle du reste de la fibre ne se produisent pas toujours au même niveau, et souvent de la surface de section on voit s'échapper un filament pâle, vitreux, dont on distingue le contour et la limite en ombrant le champ du microscope et ne disposant convenablement l'éclairage.
^'ions'^Heïr ^^'^^^ l'inlluencc de l'eau, le cylindre-axe mis à nu se gonfle, "îS'ienn""'^ taudls quc, à côté ou autour de lui, la myéline s'échappe sous la de l'eau, fomic dc bourgcous fllamenteux. On dirait des lils transparents enroulés sur eux-mêmes. Ces lils se gonflent peu à peu, leurs contours deviennent moins nets, ils semblent se fondre les uns dans les autres, et, au bout d'une demi-heure à une heure, les bourgeons filamenteux sont devenus des boules de dimensions variables avec un bord Irès-réfringent et des stries concentriques rappelant incomplètement les fils qui les composaient. Ces masses de myéline ont les formes les plus diverses, depuis la cylindrique jusqu'à la sphérique; les détails bizarres qu'elles présentent défient toute description. Finalement la myéline mise en liberté est transformée tout entière en sphères ou en boyaux plus ou moins allongés, limités par un double contour formant une bordure réfringente plus ou moins épaisse.
Dans cette transformation successive de la myéline, rien ne ressemble à unecoagulation. Au contraire, toutes ces fibres transparentes qui ont apparu au début du processus semblent se Qonfler en absorbant de l'eau et se fondre les unes avec les autres jusqu'à produire les boules à double contour caractéristique.
C'est seulement au'niveau des extrémités des fibres nerveuses divisées par section ou par déchirure que la myéline s'échappe dans le liquide additionnel, en prenant les iormes variées que nous venons de décrire. Tout le contour naturel de la fibre reste régulier, à moins que, sous l'influence des manœuvres de la pré-
' Voy. Ilenlc, Encyclopédie anatotniquc. Traduct. française,!, Vil, p. 348.
NEHKS. — TU13ES NERVKUX A MYÉLINE. 721
paralion, il se soit fait en un point une petite décliiriii'e ; il s'en écliappe alors des filaments de myéline semblables à ceux qui su dégagent de l'extrémité sectionnée.
Cette observation suffirait à faire admetire autour de la fibre nerveuse une gaine qui empêche la myéline de s'échapper au dehors. Cette gaîne existe ; elle a été découverte par Schwann et signalée dans ses mémorables recherches miscroscopiques (i 839); depuis cette époque elle est connue sous le nom de membrane de Schwann.
L'existence de cette membrane permet de considérer les fibres à myéline comme des tubes et de leur conserver le nom de tubes nerveux. Dans l'intérieur de ces tiibes se trouve compris, outi-e la couche de myéline, le cylindre-axe, qui à lui seul constitue la libre nerveuse proprement dite.
Dans les préparations de tubes nerveux obtenues par dissociation et examinées dans l'eau, on peut apercevoir encore des noyaux placés au-dessous de la membrane de Schwann ; ils sont situés dans une masse de matière granuleuse qui les fixe à cette ' membrane. On peut constater aussi que ces tubes ne sont pas des cylindres réguliers ; ils présentent en certains points des étranglements annulaires. De plus, tout à fait au début de l'action de l'eau, ôn observe sur le bord des tubes nerveux des incisures obliques sur lesquelles Schmidt' d'abord et ensuite Lanterman'^ ' ont attiré l'attention ^ Mais ce sont là des dispositions difficiles à apprécier au moyen de cette méthode, et il convient de les étudier
' Schmidt, On llic construction of tlie dark or doiiblc-bordered iicrvc-fibre (Montlilij microscopical Journal, p. 200, 1" mai 1874.)
' Lanlermun, Uobcr dcu feiiicrcn Bau dcr markballigoii Nervcnfascr [Arcli. /'. micr. Anat., 1876, t. XIII, j). 1).
' Récemment, F. Holl (Sludi sulle imarjini rnicroscopiche délia fibra neroosa midollare, in R. Acad. dei Lyncei, Roma, 1877) a fait sur les iiicisurcs de la gaîne médullaire un bon travail, le meilleur qui ait paru sur cette intéressante question. Il établit d'abord qu'avant Scbmidt, W. Zawertiial {Contribuzione alto studio anaiomico délia fibra nervosa in Rondiconli dclla R. Acadcmia dolle scicnzc fisiclie e matematiclie di Napoli, niarzo 187i) avait reconnu l'existence des incisures. 11 étudie les modifications de la gaine médullaire des tubas nerveux sous l'inilucncc d'une solution de sel marin à 0,75 pour 100, de l'eau distillée, du picrocarminatc, d'une solution de sel marin à 10 pour 100, et d'une solution de bichromate d'ammoniaqucàiJ pour 100. Ciîs différentes modifications sont reproduites dans une série de. dessins annexés à son mémoire. 11 démontre qu'entre deux étranglements annulaires les incisures divisent la gaîne médullaire en un nombre plus ou moins considérable de segments distincts, lien décrit bien les formes et les dispositions diverses que nous avons indiquées de notre côté (Ceçons sur l'histologie du sijst. nerveux, RANViEn, Histol. aq
à l'iiido d'iiutrcs procédés pour en reconnaître la constance et en déterminer la signification.
voiîVm'y'o- Loi'sque, en pratiquant la dissociation du nerf, au lieu d'em- ""XTsTj""' V^^W l'eau comme liquide additionnel, on l'ait usage du sérum sérum iodé, faiblement iodé, les tubes nerveux isolés se présentent d'abord avec des formes très-pures. Au bout d'un temps plus ou moins long, ils montrent des altérations semblables à celles que l'eau y détermine ; mais, comme ces altérations se -produisent beaucoup plus lentement, le sérum iodé convient pour en suivre les progrès.
L'alcool au tiers (voy. p .2-4'l) est également un bon liquide additionnel pour l'élude des tubes ïierveux isolés. Les détails de ces tubes et surtout leurs cylindres-axess'y voient nettement, et sous ce rapport l'alcool à ce degré de dilution est supérieur au chloroforme (VValdeyer) et au coUodion (Pfliiger). myéline''' Pamil Ics matières colorantes que l'on peut appliquer à l'étude 7c" pScTOcir '^'^s tubes nerveux à myéline dissociés à l'état frais, le picrocar- '"inouia'i'u"-'" i^iii^ate d'ammoniaque est celle que l'on doit préférer. Pour en obtenir de bons résultats, il importe qu'il soit de bonne qualité, c'est-à-dire qu'il soitenlièrementsoluble dans l'eau (voy. p. 100). On en fera une solution au centième.
Si l'on dissocie un segment du nerf sciatiquc du chien, du lapin ou de la grenouille, sur une lame de verre, dans une goutte de ce réactif, en suivant les indications qui ont été données pages 7^ et 73, on trouvera toujours dans la préparation des tubes qui auront été convenablement isolés. Les tubes divisés laissent échapper leur myéline, qui subit, mais beaucoup plus lentement, les transformations variées qu'elle présente dans l'eau.
Bientôt, les tubes nerveux, lorsqu'ils sont complètement dégagés, présentent des modilîcations qui s'étendent peu à peu et d'une manière semblable au-dessous et au-dessus de chacun de leurs étranglements annulaires. La myéline perd de sa réfringence et devient légèrement grenue, tandis que le cylindre-axe apparaît d'une manière nette. Il est limité par un double contour : le contour externe est rectiligne, tandis que le contour interne, moins accusé, est sinueux (iig. 236).
Lorsqu'une portion du cylindre-axe complètement dégagée fait
l. I, p. 71). Il signale mcmc un mode d'emboîtement que nous n'avions pas observé. Gel cniboîlcmcnt consiste en ce qu'un segment cylindroconique s'engage dans une rainure du segment voisin comme un verre de montre dans sa sertissure.
NLlIiFS. — TUBliS NERVEUX A iMVÉLIM:;. 723
saillie à l'extrémité triin tube nerveux divisé, elle se colore rapidement en ronge, tandis que la portion du môme cylindre-axe qui se continue dans le tube nerveux est encore incolore. Peu à peiLccpendanl, la coloration pénètre dans l'intérieur du tube, et au bout d'une demi-heure à une heure un segment phis ou moins long du cylindre-axe s'est coloré.
Lorsque la préparation est conservée vingt-quatre heures dans une chambre humide, afin d'éviter l'évaporation , les tubes nerveux présentent des cylindres-axes colorés en rouge dans une portion plus ou moins considérable de leur longueur à partir des extrémités sectionnées. La myéline qui s'est échappée des tubes a subi des transformations importantes. Souvent elle a donné naissance à de grands boyaux qui s'avancent en divers sens, s'incurvent, se rejoignent et môme se fusionnent pour former des réseaux.
Lorsque les tubes nerveux sont complètement isolés, le picrocarminate a pénétré dans leur intérieur au niveau de chacun de leurs étranglements annulaires et en a coloré les cylindres-axes. Si , sous l'influence de la dissociation , un tube nerveux a été replié en anse, le cylindre-axe qu'il contient, tendu sur la concavité de l'anse , touche directement en un point la gaine de Schwann, la myéline étant à ce niveau refoulée de l'autre côté. En ce point, le cylindre-axe s'est coloré aussi bien que vers les extrémités sectionnées et qu'au niveau des étranglements annulaires, tandis que, dans le reste de sa longueur, il est demeuré incolore.
De ce fait il résulte que la myéline ne se laisse pas traverser par le picrocarminate d'ammoniaque. Si donc il se produit dans les tubes nerveux qui sont plongés dans ce réactif une coloration du cylindre-axe au niveau des étranglements annulaires, c'est que la
l'ia. 2l)u. — Tube nerveux à myéline du nerf scialiquc du lapin adullc , dissocié dans une solution de picrocarminate à 1 pour 100. Le dessin a été fait une heure après le début de raction du réactif, A, à un grossissement de 300 diamètres ; B, à 600 diamètres. — a, étranglement annulaire ; m, gaine de myéline; cij, cylindre-axe.
myéline manque en ces poinls, ainsi qu'on peut du reste rétablir
de la manière la plus complète à l'aide d'autres mélhodcs qui
seront exposées plus loin.
'"IS^ L'emploi du nitrate d'argent dans l'étude des tubes nerveux à iSc'dï^^^^^^ myéline révèle plusieurs détails importants de leur structure.
Deux procédés peuvent être mis en usage : ou bien un nerf
grêle est plongé tout entier dans la solution de nitrate d'argent,
FiG. 237. — Tubes nerveux du nerf sciatiquc du lapin adulte, dissociés dans une solution de picrocarminatc d'ammoniaque à I pour 100. Les tubes larges présentent une extrémité décliirée par laquelle s"éclia]»pe le cylindre-axc c)/. La |)orlion libre des cylindres-axes est colorée en rouge, ce qui sur la gravure est représente par des hacbnrcs. m, gaine médullaire ; n et n', noyaux des segments interannulaires. — 300 diam.
OU bien on dissocie directement dans cette solution un nerf plus volumineux,
' Les nerfs thoraciques du lapin, du rat et de la souris conviennent spécialement pour appliquer le premier de ces procédés. Chez un de ces animaux que l'on vient de sacrifier et qui est attaché convenablement sur une planchette, on pratique sur le thorax et sur l'abdomen une incision médiane et longitudinale ; puis, saisissant avec les doigts ou avec une pince l'une des lèvres de l'incision, on écarte la peau et, se servant du manche du scal-
NERFS. — TUBES NÉRVEUX A MYÉLINE. 12b
pel, on la détache do manière à mellre à découvert les nerfs llioraciqiics. Ces nerfs, se dégageant des espaces intercostaux pour se rendre aux téguments, apparaissent comme autant de petits cordons blancs, très-fins et très-souples, que l'on maintient facilement en extension en tendant légèrement la peau.
Après s'être assuré qu'ils sont bien isolés en passant audessous d'eux un petit crochet mousse, on les arrose au moyen d'une pipette, d'abord avec de l'eau distillée et ensuite avec une solution de nitrate d'argent à 3 pour 1000. Soùs l'influence du nitrate d'argent, les filets nerveux deviennent bientôt rigides. Ils sont alors coupés à leurs deux extrémités et portés dans la solution de nitrate d'argent, où on les laissera exposés cà la lumière du jour 5, 10, 15 ou 20 minutes, suivant que l'on se proposera d'atteindre plus oumoins profondément les parties sur lesquelles le nitrate d'argent viendra se fixer et se réduire. Enfin, les nerfs seront lavés dans l'eau distillée, et, après y avoir séjourné • quelques minutes, ils seront disposés sur une lame de verre et recouverts d'une lamelle.
En les examinant à un grossissement de 150 à 300 diamètres, croix laiines
, ' observées ;i
on reconnaît d'abord à leur surface l'existence d'un revêtement l'aide du nitrate (I ar-
endothélial sur lequel nous reviendrons bientôt, puis une série de petites croix latines, dont les branches longitudinales sont parallèles à l'axe du nerf (voy. fig. 238). Au moment où la préparation vient d'être faite, ces petites croix ne sont pas fortement colorées en noir ; mais, si l'on expose les nerfs à 1& lumière solaire, elles deviennent parfaitement nettes.
On peut s'assurer par un examen attentif et avec un objectif suffisant que la barre transversale de la croix correspond à un étranglement annulaire, tandis que la barre longitudinale appartient au cylindre-axe.
La formation des petites croix sous l'influence du nitrate d'argent démontre que la solution de ce sel, qui, pendant la durée de ' l'immersion, a été en contact avec la surface des tubes nerveux, a pénétré dans leur intérieur au niveau des étranglements annulaires seulement; elle a atteint les cylindres-axes, qui en ces points ne sont pas protégés par la myéline, et de là elle a diffuse dans leur intérieur d'une manière symétrique au-dessus et audessous des étranglements. Aussi la longueur de la branche longitudinale de la croix dépend-elle, dans une certaine mesure, de la durée de l'immersion. Si elle a été courte, il peut même se faire
72G TRAITli TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
que la barre transversale do la croix, celle qui correspond à l'étranglement annulaire, soit seule dessinée.
Lorsque les cylindres-axes sont imprégnés, ce sont leurs parties qui avoisinent l'étranglement qui sont d'abord atteintes et qui naturellement ont fixé la plus grande quantité du sel métallique, ce que l'on reconnaît à la teinte foncée qu'elles présentent. Au delà et en deçà, cette teinte diminue d'une manière progressive
FiG. 238. — A. Nerf Uioracique de la souris, formé par un seul faisceau nerveux, imprégné par le nitrate d'argent. On y observe rendolhélium delà gaînc de Henle et au-dessous quelques étranglements annulaires dessinés par l'argent.— 200 diaiii.
B. Nerf préparé comme celui qui est figuré ou A. La gaîne a été crdevée et l'iniprégu.ation d'argent des étranglcmenls annulaires y est plus complète. — 200diam.
C. Un tube nerveux du nerf sciotitiue du lapin adulte, isolé après imprc'gnation d'argent : a, étranglement annulaire ; m, gaine médullaire ; cij, cylindre-axe. — 600 iliam.
^vSosT" dessine une série de bandes transversales (voy. fig. 239) . La stria- Fiommann. transvcrsalc des cylindres-axes sous l'influence du nitrate • d'argent a été signalée il y a déjà longtemps par Frommann'.
Les nerfs imprégnés parle nitrate d'argent donnent des images très-nettes, surtout quand on les examine dans l'eau. Pour les conserver, il faut remplacer ce liquide par la glycérine. Seulement, comme ce dernier réactif, lorsqu'il est ajouté brusquement, détermine un retrait des tubes nerveux, il convient de le faire arriver très-lentement, ce que l'on obtient, par exemple, en •
' Frommann, Zur Silberfœrbiing der Axencylinder (Virchow's Arch.) I8G4, • t. XXXI, p. i.'Sl).
iNERFS. — TUBES NERVEUX A MYÉLINE. 727
mettant une goutte de glycérine sur un des bords de la lamelle qui recouvre la préparation, et en maintenant ensuilc cette dernière pendant vingt-quatre heures dans une chambre humide.
Lorsque l'on conserve pendant longtemps des nerfs imprégnés au nitrate d'argent à l'abri de la lumière, les croix deviennent extrêmement pâles, et pour les retrouver un fort grossissement est nécessaire. Mais il suffit d'exposer la préparation- au soleil pour lui rendre sa netteté primitive.
Le second des procédés que l'on peut employer pour faire agir le nitrate d'argent sur les tubes nerveux à myéline, celui qui c.on- 'nup'aoï.',.!.^ sisie à dissocier les nerfs directement dans la solution du sel i^*^"'d'argent, fournit des préparations très-instructives, bien que, au moment où le réactif les pénètre, la plupart des tubes nerveux soient déjà plus ou moins modifiés dans leur forme, sous l'influence des aiguilles ou de la traction que l'on fait subir au tissu en le dissociant.
Les nerfs que l'on soumet à ce mode de préparation doivent contenir des faisceaux volumineux (nerf scia tique du chien, du lapin, du cochon d'Inde, du rat, etc.), de telle sorte qu'il soit possible d'en déchirer la gaine pour mettre les tubes en liberté. On les laissera séjourner quelques minutes dans la solution du sel d'argent ; ils seront ensuite lavés à plusieurs reprises dans l'eau distillée, et ils seront examinés dans ce dernier liquide ou dans la glycérine, qu'on lui aura substituée lentement.
Dans ces préparations, quelques-uns' des tubes nerveux qui ont échappé d'une manière complète au traumatisme donnent des figures de croix régulières ; mais, sur la plupart d'entre eux, il s'est produit des altérations de ces figures. Parmi ces altérations, il en est une qui doit être d'abord signalée, parce qu'elle donne des renseignements précieux sur les différentes parties qui entrent dans la composition des tubes nerveux au niveau des étranglements annulaires («, fig. 239 D.). Le cylindre-axe a été déplacé suivant la longueur du tube nerveux ; l'étranglement est encore marqué par une dépression delà membrane de Schwann, au fond de laquelle il existe un anneau coloré en noir, a. A une petite distance de celui-ci, le cylindre-axe présente en t' un renflement.
Ce renflement (renflement biconique), d'une fo rme presque ncnnomoni géométrique, paraît constitué par deux cônes réunis par leur base et dans l'axe desquels passerait le cylindre-axe. Leur sur-
Face de jonclion, au lieu de présenLei' à son pourtour un anglo dièdre aigu, correspond à un méplat an;dogue à la troncature d'un cristal. Sous rinduence du nitrate d'argent, le renflement biconique s'est coloré en noir; il est limité des deux côtés par une ligne plus claire, au dekà de laquelle se montrent les stries de Frommann.
Il y a donc à considérer, au niveau des étranglements annulaires, le cylindre-axe, le renflement biconique et l'anneau de l'étranglement qui appartient à la membrane de Schwann. Cet anneau, qui sur les vues de profil apparaît comme un simple trait, mais qui souvent sur les tubes nerveux dissociés se montre plus ou moins de trois quarts et affecte alors une forme annulaire, correspond à la soudure des segments qui
ne. B A
FiG. 239. — Tubes nerveux et cj'lindres-axcs clu nerf scialique fUi lapin adulte, dissociés dans une solution de nitrate d'argent à i pour 300.
A et B. Deux cylindres-axes isolés qui montrent les stries de Frommann.
G. Cylindre-axe qui montre en /• un renflement biconique.
D. Tube nerveux dont le cylindre-axe et l'anneau «, sont imprégnés d'argent: cij, cylindre-axe qui, au niveau de rétranglemcnt annulaire a, a subi une déviation sous l'influence de la dissociation ; renflement biconique. — 600 diam.
constituent la membrane de Schwann d'un tube nerveux. On sait en effet que le nitrate d'argent se fixe de préférence sur le ciment intercellulairc des endothéliums et des épithéliums (p. 248), et sur la substance cimentante particulièrement solide qui soude entre eux les difl'érents segments quicom|X)sent les fibres cardiaques (voy. p. 541). Il y a donc tout lieu de croire
iNERFS. — TUBES NERVEUX A MYÉLINE. 729
que l'anneau que l'on observe sur les fibres nerveuses à myéline correspond à un ciment, intercellulaire.
Les solutions d'acide osmique peuvent être employées de deux J;,'^""? fiiçons pour l'étude des tubes nerveux à myéline compris dans '•'lVidc'''b' les nerfs périphériques : on peut y faire macérer le nerf tout ''"^ entier et le dissocier ensuite, ou bien y dissocier immédiatement le nerf.
Le premier de ces procédés est aujourd'hui employé par tous les histologistes ; il donne des préparations belles et très-démonstratives,mais seulement à la condition d'en faire un usage bien réglé.
Il ne faut pas perdre de vue que les tubes nerveux à myéline Dissociation sont des éléments très-délicats, et qu'il est nécessaire de prendre ''''uon"!iîms" les plus grandes précautions pour ne pas les altérer dans le nerf '""qiic!"'"" que l'on se propose de soumettre à l'action de l'acide osmique; autrement, on s'expose à commettre des erreurs considérables, comme il est arrivé à plusieurs histologistes qui n'ont pas procédé avec assez de ménagements.
S'il s'agit du nerf sciatique de la grenouille, par exemple, après avoir découvert ce nerf délicatement en se servant du bistouri et de la pince, et en évitant de le toucher avec ces instruments, on le iîoupera à son extrémité supérieure, et on le saisira à cette extrémité seulement pour le détacher dans toute sa longueur, l'cidever et le porter immédiatement dans une solution d'acide osmique à i pour 100.
11 n'est pas indifférent que le nerf y séjourne à l'état d'extension ou de complet relâchement. Suivant qu'il sera dans l'un ou l'autre de ces états, il donnera des préparations notablement différentes. Ces préparations seront bien plus nettes si le nerf lc nerf doit est mamtenu a son degré d extension physiologique au moment à iMtat où il est atteint et fixé par le réactif. ' ' extension.
Pour cela on prend une petite tige de bois (une allumette par exemple) dans laquelle on pratique un évidement; au niveau de celui-ci on dispose le nerf enlevé avec les précautions qui ont été indiquées, et on le fixe au degré d'extension convenable au moyen de ligatures placées à ses deux extrémités.
Une méthode plus simple encore consiste à glisser sous le nerf découvert, mais laissé en place, la petite tige de bois évidée sur laquelle on le fixe au moyen de deux ligatures. Lorsqu'il est ensuite coupé au delà de ces ligatures, il est nécessairement maintenu par elles en extension physiologique.
Ainsi tendu sans être comprimé, grâce à l'évidcment de son support, le segment nerveux est placé avec ce dernier dans un flacon ou un tulie rempli de la solution d'acide osmique et convenablement bouthé ; il n'a de la sorte subi aucune altération mécanique, sinon au tiiveau des ligatures.
Ce procédé peut être appliqué à n'importe quel nerf facilement maniable; et, pourvu que celui-ci soit absolument frais, enlevé à l'animal vivant ou immédiatement après sa mort, on obtiendra de bons résultats, nurécdu Les nerfs doivent être maintenus dans la solution d'acide
scjoiir dans . , , , , , ., , , .
l'acide osmi- osmiquc d autant plus longtemps qu ils sont plus volummeux. 11 suffît que le nerf sciatique de la grenouille ait séjourné quelques heures dans cette solution pour qu'il soit imprégné et fixé dans toutes ses parties. Pour le sciatique du lapin, le môme résultat n'est atteint qu'au bout de quinze à vingt heures, et il faut plus longtemps encore pour le sciatique du chien. Il est également nécessaire que la quantité de la solution soit en rapport avec le volume et la longueur du nerf.
Lorsqu'il est atteint dans toutes ses parties, ce dont on juge en constatant que, sur une coupe transversale pratiquée avec le rasoir, il est noirci jusqu'à son centre, le nerf est mis dans une soucoupe de porcelaine remplie d'eau distillée, et l'on procède à la dissociation.
''i^romiT " I^^s aiguilles que l'on emploie pour la faire doivent être bien ''""uiatio'i'r"' polies, afin d'éviter qu'elles n'adhèrent aux filaments et aux tubes nerveux au fur et à mesure qu'ils sont dégagés.
Des pinces fines, telles qu'on les emploie d'habitude pour les préparations bistologiques, sont également utiles pour pratiquer cette dissociation.
Supposons d'abord que nous ayons affaire au sciatique de la Q-renouille enlevé avec ses deux branches de bifurcation inférieures. Au moyen de deux pinces, on saisit ces deux branches ; en les écartant dans l'eau, on déchire la gaîne du nerf et l'on met à nu un certain nombre des tubes nerveux qui sont compris dans la partie supérieure.
Dans cette opération, il arrive le plus souvent que quelques tubes nerveux se dégagent des autres sans avoir été touchés par les instruments. Ce sont les meilleurs pour l'observation. En continuant ensuite la dissociation au moyen des aiguilles, on obtient encore, en prenant les précautions indiquées page 572, quelques
Uibes isolés ou en petits groupes qui donneront également de bonnes préparations.
lis seront conduits au moyen des aiguilles sur une lame de verre plongée obliquement dans l'eau. Celle-ci est alors retirée du liquide avec les éléments nerveux que l'on maintient à sa surlace. Pour ajouter une lamelle et terminer la préparation, il faul avoir recours au tour de main de la demi-dessiccation (voy. p. 53).
La lamelle à recouvrir doit être soutenue au moyen de cales formées de papier mince, ou de lames de moelle de sureau.
La dissociation des nerls des mammifères, après que ces nerfs ont été soumis à l'action de l'acide osmique, s'effectue sans difficulté lorsque la gaine lamelleuse d'un de leurs gros faisceaux nerveux a été fendue dans toute sa longueur. Cette opération peut être faite avec des ciseaux fins, mais il vaut encore mieux l'exécuter avec un scalpel bien tranchant, manœuvré comme pour faire une incision superlîcielle.
Lorsque la gaîne est ouverte, on en dégage les tubes nerveux avec la plus grande facilité en les saisissant avec la pince à l'extrémité du faisceau nerveux, tandis qu'on retient le reste avec une aiguille. En poursuivant la dissociation, on devra avoir bien présent à l'esprit que toutes les parties des tubQS nerveux touchées par les instruments sont notablement altérées.
Les tubes nerveux isolés par dissociation après macération convenable dans une solution d'acide osmique àl pour 100 et examinés dans l'eau, sont parfaitement nets, et de toutes les méthodes que l'on peut employer pour la préparation de ces éléments, c'est celle qui montre le mieux certains détails de leur structure. Si l'on désire conserver les préparations, il faut remplacer l'eau par la glycérine en faisant pénétrer ce dernier réactif aussi lentement que possible, et pour cela on suivra les procédés qui ont été indiqués un peu plus haut (p. 72(3).
Lorsque, avant d'être immergé dans la solution d'acide osmique, un nerf n'a pas été tendu, et qu'on en pratique ensuite la dissociation en suivant exactement les procédés qui viennent
' Pour conserver les tissus qui ont (Hé soumis h r,ictioii de l'acide osmique, Max Scluilt/.c <i recommande commo liquide additionnel une solution d'acétate de potasse, qui partage avec la glycérine la propriété de ne pas se dcsséclicr. Mais ce réactif n'a pas les qualités que Schultzc lui a attribuées, et les préparations de tubes nerveux s'y conservent beaucoup moins bien ((ue dans la glycérine ; il doit donc être laissé de côté.
iiituraiimilîiires.
d'ctre indiqués, on consLalc que les Uibes nerveux, isolés ou en pelils groupes, sont repliés en zigzag Les étranglements annulaires s'y reconnaissent, mais ils paraissent serrés.
Pour bien voir ces étranglements et les étudier dans leurs différentes parties, il convient d'en faire l'examen sur des préparations obtenues de nerfs qui ont été maintenus en extension au moment où leurs éléments, ont été fixés par l'acide osmique. Dans ces préparations, les étranglements annulaires sont nettement marqués par des barres transversales claires qui divisent chaque tube nerveux en segments d'égale longueur;
Ces segments, segments in ter annulaires, sont d'autant plus courts, toutes choses égales d'ailleurs, que le diamètre des tubes .est plus petit. Il y a quelques exceptions à cette règle ; elles seront signalées à propos des nerfs où elles se présentent.
Les segments interannulaires ne sont pas colorés en noir uniforme par l'acide osmique; ils présentent, suivant leur axe, une portion ccntrale dont la teinte est toujours moins foncée que celle de leurs bords. Cela tient à la présence du cylindre-axe. La coloration noire des tubes nerveux est due, en effet, à ce que la myéline réduit l'acide osmique et en précipite l'osmium, tandis que, chez les mammifères et chez la plupart Vies vertébrés, les cylindres-axes ne sont pas colorés ou le sont à peine par l'acide osmique. C'est là une notion qu'il faut avoir pour comprendre pourquoi, sur les tubes nerveux traités par l'acide osmique, les étranglements sont indiqués par une barre transversale claire. A leur niveau, la gaine médullaire est interrompue, et il existe seulement le cylindre-axe, son renflement biconique et la membrane de Schwann.
monu muiu- ^^^^^ plupart dcs vcrtébrés, les tubes nerveux présentent de chaque côté de leurs étranglements annulaires une légère dilatation, ce qui leur donne en ces points une forme élégante. Ces dilatations, ces sorles d'ampoules, ne sont pas lisses à leur surface ; elles sont munies d'une série de côtes saillantes qui correspondent à autant de poches formées par la gaine de Schwann, et qui contiennent de la myéline.
' Celle disposition des tubes nerveux dans rintérieur de la gaîiie lamelleuse se produit à l'élat physiologique ; c'est à elle qu'il faut attribuer l'apparence moirée spéciale que présentent les nerfs revenus sur bux-mômes, cl qui disparaît quand ils sont en extension.
NERFS. — TUBES NEHVEUX A MYÉLINE. 733 Celle disposition, qui cxislc chez tous les mammilorcs, est
l'*iG. 2i0. — Nerf sciali(|uc du lupin, cil cxlciisloii physiologique, fixé iiu moyen tic l'acide osmique, puis dissocie dans l'cnn. — e, étranglements annulaires; n, noyaux des segments interannulaires. — 50 diam.
surtout nettement marquée chez ia grenouille (voy. fig, 244). Les deux ampoules qui se font face de chaque côtédc l'étranglement
Noyau du sc;,'iiioMt iiitci'iiiimiluii'c.
limilcnl un ménisque biconcave qui paraît liomogène au premier abord. Mais, en l'examinant attentivement et avec un objectif fort et à grand angle d'ouverture, on peut y reconnaître le cylindreaxe qui est traversé perpendiculairement, au milieu du ménisque, par une strie. Cette strie, qui paraît brillante quand on éloigne
l'objectif, obscure quand on le rapproche, correspond au renflement biconique, corps réfringent et convexe (voy. p. 727), dont l'existence a été démontrée sur des préparations faites à l'aidedu nitrate d'argent
Le renflement biconique et ses rapports avec le cylindre-axe peuvent être mieux observés sur certains tubes nerveux qui ont été soumis à l'action de l'acide osmique, lorsque, sous l'influence d'une difl'usion du réactif, lamyé- (>s iiei'vnux <iii sciiiiuiuc line a été refoulée de chaque côté
dissocies après un , ,, , , . , r.
de 1 étranglement (a, o,ug. 242).
Chaque segment interannulaire possède un noyau situé à peu près à égale distance des deux étranglements annulaires qui le limitent. Ce noyau peut toujours être reconnu sur les tubes nerveux d'un petit diamètre, mais, lorsque ces tubes sont larges, il faut qu'il se présente sur leur profil pour qu'on le voie nettement. Il est légèrement aplati, possède un nucléole et se trouve logé dans une échancrure de la gaine médullaire
FiG. "M l. -'h ilii cliieii adulte séjour do 121 heures dans une solu lion d'acide osmifine à i pour lOU.
H. fl, noyau du segincnlinterailiui- . laire; ?i, noyau d'une cellule connoctivc; c, tissu conjonclil inlrafasciculaire.
C. a, étranglement annulaire, h, h, rennements lerniinaux de deux segments voisins; c, tissu conjonctif int'rafasci cillai rc. — 400 diaili .
' Quelques auteurs (Axel Key et Reizius, Rouget, etc.) ont décrit et figuré des étranglements annulaires au niveau desquels la gaînc médullaire ne serait pas interrompue. Ces sortes d'étranglements n'existent pas à l'état physiologique ; il s'agit là simplement d'une altération qui résulte du mode de préparation, ainsi que je l'ai établi en déterminant les conditions dans lesquelles on peut la reproduire [Leçons sur rinstologie du système nerveux, t. I, p. 60).
Lorsque les nerfs soumis à Taction de l'acide osmique sont dissociés sans ménagement, on observe encore en des points plus ou moins nombreux des fractures de la myéline au niveau desquelles on aperçoit le cylindre-axe complètement dénudé ; il ne faut pas les confondre avec les étranglements annulaires.
itlM'JillIllI-
lairc.
cco.
Dissoci.'ilioli directe diiiis l'acide osmi- (luc.
NERFS. — TUBES NERVEUX A MYELINE. '^a
qu'il 110 remplit pas complètement. Entre lui et la myéline, il existe un amas de protoplasma qui s'étend au-dessous de la membrane de Schwann et le lixe à cette membrane, fait que l'on peut déjà constater par le simple examen du tube nerveux dans l'eau (voy. p. 721).
Chez les jeunes sujets, la masse de protoplasma qui entoure le 'J^i.J,'^!;',; noyau du segment interannulaire est plus considérable. On peut la suivre à une plus grande distance sous la membrane de Schwann en dehors des limites du noyau, 'elle semble même la doubler dans toute son étendue (voy. fig. '^/tS). Enfin, il se montre parfois dans cette masse protoplasmique des gouttelettes de myéline qui se colorent par l'osmium, ainsi que Axel Key et Retzius l'ont observé K
La dissociation directe des nerfs dans la solution d'acide osmique fournit des prépara- — Tube ncrtions fort instructives, mais elle a l'inconvé- veux riu scmUquc cUi
, lapin, traité par 1 a-
nient d exposer 1 operateur a 1 action irritante dcic osuiiquc à i pour
I 1 ' 1 • .• . 100. — Los deux ren-
des vapeurs de ce reactit sur la conjonctive et ncmcnis de myciinc
les muqueuses respiratoires. On peut se mettre à l'abri de ces accidents à l'aide de quelques précautions.
Le nerf enlevé avec tous les ménagements précédemment indiqués est placé sur le fond blanc d'une soucoupe contenant un centimètre cube environ d'une solution d'acide osmique à 1 pour 200; puis il est dissocié au moyen des pinces, des ciseaux et des aiguilles, en suivant les indications qui ont été données un peu plus haut.
Le nerf sciatique de la grenouille, à cause de la bifurcation de sa partie inférieure, présente un avantage spécial pour l'application de ce procédé. Il suffit en effet de saisir ses deux branches avec des pinces et de les écartei- pour, obtenir des tubes complètement isolés qui, au moment où ils se séparent, sont régulièrement imprégnés par le réaclif qui les enveloppe de toutes parts.
sont écartés, et les détails de l'étranj^lcment sont mis en évidence. — co, cylindre-axe; m]i, gaîne de myéline ; a, étranglement annulaire ; b, rcullemont biconique. — 350 diam.
' Axel Keij el Relzius, Studien in dcr Anatomic des Ncrvcnsyslems. {Ardi. /'. wicr. /1?î«/omiV, 187.'?, I. [X, p.c.^.W).
Incisiu'cs uljliquoS cl
SO^llKMltS
o.vliiuli'o-L'oni • qui' s.
TRAITK TliCIlNIQUE D'HISTOLOGIE.
Dès que la dissocialion des (iibes ikm-veux est suffisante, ce qui exige une minute à peine, ils sont portés dans l'eau distillée , disposés sur une lame de verre et recouverts d'une lamelle, l'eau ou une solution de picrocarminate servant de liquide additionnel. Si ce dernier réactif est employé, après un séjour de vingt- quatre heures dans une chambre humide, les éléments seront convenablement colorés et fourniront une préparation persistante lorsque l'on aura substitué lentement la glycérine au picrocarmi-
nate.
Les laires niers tcment
noyaux et les
des segments interannucylindres-axcs , ces dersurtout lorsqu'ils ont été compléisolés par la dissocialion , sont
Fig. 24.3. — Tube nerveux du sciatiquo du lapiu iiouvcau-nc, isolé après une maccraUon do 24 licurcs dans uuc solution d'acide osmiquc à 1 pour 100. — ae, éU'anglcmenls annulaires; ?i, noyau du segment inlcrannulairc; p, protoplasma qui l'entoure ;c a, portion eentralc claire du tube nerveux correspondant au cylindre-axe .--400 diam.
convenablement colorés. Ce résultat ne pourrait pas être obtenu si les tubes nerveux avaient séjourné longtemps dans l'acide osmique, et c'est la raison pour laquelle ce procédé de coloration n'a pas été indiqué un peu plus haut lorsqu'il a été question de la dissociation des nerfs après une macération prolongée dans ce réactit.
Cette méthode a encore pouivaYantage de l'aire- distinguer plus nettement que n'importe quelle autre les incisures obliques. Les segments qu'elles séparent, segments cylindromiiques , se recouvrent comme les tuiles d'un toit et se terminent par des angles très-aigus, soit sous la gaîne de Schwann, soit à la surface du cylindre-axe (i, fig. Wi) .
Si, immédiat ement après avoir isolé les tubes nerveux dans la solution d'acide osmique, on les examine dans l'eau, les incisures paraissent élargies, et entre les deux segments de myéline colorés en noir
qu'elles séparent, il s'est formé un espace parcouru par des filaments transparents et incolores qui passent de l'un des segments à l'autre. Ces filaments semblent sortir de la myéline, et sont assez comparables à ceux qui s'échappent de l'extrémité des tubes nerveux sectionnés, examinés frais et dans l'eau. Ils se modifient bientôt, se gonflent, se fondent les uns avec les autres, et deux segments voisins se trouvent alors séparés par un espace clair et incolore.
La longueur des segments cylindro-coniques est très-variable :
quelquefois on en compte, dans un même tube nerveux, quatre ou cinq à peu près d'égale dimension, disposés à la suite l'un de l'autre ; puis cette série est interrompue
par un segment très-long ou par ly rr ca: un segment très-court. Par leurs mi mP' extrémités, qui sont toujours en forme de cônes allongés, pleins ou creux, ils s'emboîtent les uns dans les autres. On rencontre de ces segments qui se terminent d'un côté par un cône plein, de l'autre par un cône creux, mais il en est d'autres qui possèdent des cônes creux ou des cônes pleins à leurs deux bouts.
Parfois, en pratiquant la dissociation des tubes nerveux au sein de l'acide osmique, il arrive que la membrane de Schwann est rompue et détachée de ces tubes dans une partie de leur longueur.
Les segments cylindro-coniques , qui ne sont plus maintenus à leur périphérie , éprouvent un léger gonflement se séparent un peu les uns des autres, et paraissent disposés le long du cylindre-axe comme les grains d'un chapelet (fig. 245).
Ranvier, llistol. 47
'cO-
Tubes nerveux du sciaclc la grenouille, dissociés direcleniant dans une solution d'acide osmi(jue à 1 pour 100. — e, étranglement annulaire ; r, r, renflements terminaux munis de côtes saillantes; i , incisurcs obliques.
Le cyliuilre-axc. en, a été mis en liberté; le segment cylindro-conique qui le recouvre à ce niveau s':miineit progressivement en p et s'appli'que exactement sur sa surface. — 1350 diam.
Dispositions des segments cjlindro-coniqucs.
Incisurcs incomplètes.
Aspect des cjlindrcsaxos dcSiiudcs après dissociation dans l'acid(j osiniquo.
73S TRAITE TECHiNIQUE U"H1ST0L0G1E.
Quelques-uns d'entre eux présentent une échrancrurc i', qui correspond à une incisure incomplète. De ce lait il semble résulter que les incisures qui commencent à la surface de la gaine médullaire ne s'étendent pas nécessairement jusqu'au cylindre-axe.
Entre les noyaux qui occupent le milieu des serments interannulaires et les seaments cylindro-coniques il n'y a pas de rapport constant; ces noyaux peuvent se trouver à la partie centrale d'un segment cylindro-conique ou à cheval sur deux de ces segments, c'est-à-dire au niveau d'une incisure '.
Certains cylindres-axes se présentent complètement dénudés dans les préparations obtenues par dissociation directe dans l'acide osmique. Après qu'ils ont été soumis à l'action du picrocarminate, on reconnaît qu'ils possèdent un bord mince incolore homogène, tandis que leur partie médiane est colorée en rouge et présente une striation vague longitudinale ou légèrement oblique. Quelquefois aussi il reste à leur surface de petites portions des segments cylindro-coniqucs qui y forment comme des écailles. Ces écailles constituent une sorte de gaine irrégulière qui a été décrite récemment par Kuhnt -, tandis que la bordure claire homogène semble correspondre à une autre gaine dont l'existence a été signalée il y a longtemps déjà par iMauthner^
' D'après Lanterman {loc. cit.), qui un des premiers s'est occupé des incisures de Schinidt, les étranglements annulaires ne seraient qu'un cas particulier de ces incisures, et devraient dès lors êlrc considérés simplement comme des incisures plus profondes que les autres. Il a même soutenu que chaque segment cylindro-conique possède nu noyau distinct. Mais la plus simple observation suffit à démontrer que c'est là une erreur; il est même difficile d'en apprécier l'origine.
' Kuhnl, Die peripherischo markhallige Ncrvcnfaser {Arch, fïir micr. Amil.,
187G, t. XHl, p. 427.)
=• Mautlmer, Beitraege zur Kenntniss der morphol, Elemente des Ncrvcnsystenis )Académie des sciences de Vienne, t. XXXIX).
FiG. "11^. — Tube ncrveu.\ du sciatique de la grenouille , isolé par dissociation dans une solution d'acide osmique à 1 pour 100. — La membrane de Schwann a été enlevée dans une certaine étendue du tube nerveu.v; les segments cylindro-coniques, se, sont gonllés et séparés les uns des autres ])ar les incisurcs agrandies i; i', échancruresdc la gaînc médullaire, ou incisures incomplètes — 350 diani.
NERFS
TUBES NEHVEUX A MYÉLINE.
Il est certains laits rclatiis au cvlindrc-axc et à ses rapports avec coupcs mmsla gaîiio médullaire qui ne peuvent être étudies que sur les coupes j^",^;^";,"^^ transversales et longitudinales des nerfs préalablement durcis. "oifs.
Les procédés que l'on emploie pour durcir les nerfs ne diffèrent pas jdans ce qu'ils ont d'essentiel, de ceux dont on fait usage pour les autres tissus (voy. p. 83 et suiv.); les réactifs qui conviennent spécialement sont : l'acide chromique, le bichromate de potasse, le bichromate d'ammoniaque, l'acide osmiquecet l^alcool.
Un nerf maintenu en extension par un des procéd'és indiqués coupes après plus haut (voy. p. 729) estplongé dans 150 à500 centimètres cubes dlms l'addc d'une solution d'acide chromique à 2 pour 1000. Au bout d'une semaine, il y a déjà acquis une consistance convenable. Deux, trois ou quatre semaines suffisent pour compléter le durcissement. Au sortir delà solution chromique, on le mettra pendant quelques heures dans l'eau pour enlever l'excès du réactif, puis on le portera dans l'alcool ordinaire. Des coupes transversales et longitudinales, pratiquées à l'aide d'un des procédés indiqués page 91 et suivantes, seront colorées par le carmin (p. 97) ou le picrocarminate (p. 100) ; puis elles seront montées dans le baume du Canada ou la résine dammar, après avoir été déshydratées par l'alcool et éclairçies par l'essence de térébenthine ou de girofle.
Si l'on examine d'abord les coupes transversales, on sera Forme frappé de voir que les cylindres-axes, qui à l'état normal sont cyiindiMcylindriques et qui par conséquent devraient être représentés par des cercles, ont une forme étoilée (fig. 246). Il s'agit là d'une modification produite par le réactif, comme on peut s'en assurer en observant des coupes longitudinales. Les cylindres-axes s'y présentent sous la forme de rubans déchiquetés, et paraissent limités par des surfaces concaves qui laissent entre elles des dents ou des crêtes saillantes. Sous l'infleunce de l'acide chromique faible, la myéline s'est altérée et a formé des boules analogues à celles que l'eau y détermine, et qui, remplissantle sac limité parla gaînede Schwann, ont compriméle cylindre axe, comme le feraient desbilles placées autour d'un bâton de cire à modeler. Grâce au durcissement consécutif, le cylindre-axe conserve la forme qu'il a reçue.
Revenons aux coupes transversales. On y remarque toujour?; quelques tubes nerveux qui se montrent avec un aspect bien différent de celui qui vient d'être décrit. Leurs cylindres-axes, au lieu d'être irréguliers et anguleux, apparaissent sous la forme de cercles réguliers. La substance qui les entoure et qui s'étend
axes.
jusqu'à leur membrane de Scliwann est claire, transparente, à peine teintée, tandis que, dans les autres tubes, ceux dont ila été question d'abord, il existe dans les mêmes points une matièi-e réfringente et colorée en brun plus ou moins foncé. Il ne faudrait
KiG.2i(). — Section transversale de l'un des faisceaux du sciatiquc du chien, faite après durcissement du nerf, obtenu par un séjour successif d'une semaine dans une solution d'acide cliromique à 2 pour 1000 et de vingt-quatre heures dans l'alcool. La coupe a été colorée par le picrocarminatc et montée dans la résine dammar après avoir été déshydratée par l'alcool et éclaircie par l'essence de girofle. — a, tubes nerveux sectionnés dans le voisinage immédiat des étranglements annulaires; b, tubes nerveux sectionnés dans différents points de la longueur des segments interannulaires; r, libres de Remak. — 4C0 diam.
pas conclure de la différence de ces images à l'existence dans les nerfs de deux espèces de tubes nerveux. Celles de ces images qui sont caractérisées par un cylindre-axe étoilé correspondent à des tubes nerveux sectionnés dans le corps même de leurs segments interannulaires, tandis que les autres sont fournies par des tubes coupés dans le voisinage immédiat de leurs étranglements. En ces points, la myéline a été refoulée par suite de la pénétration du réactif au niveau des étranglements annulaires, ainsi qu'on peut s'en assurer en examinant des tubes nerveux isolés par dissociation après que les nerfs ont été durcis par l'acide chromique.
La solution de bicbromate d'ammoniaque à 2 pour iOO, que
NERFS
— TUBES iNERVEUX A MYÉLINE.
Gci'lach a recommandée pour l'étude du système nerveux, peut ço»pus .-.près
(tiii'cîsscrticnt
être employée pour durcir les nerfs. Elle est bien préférable aux iiansic
. . 1 p bichromalo
solutions d acide chromique, parce qu'elle n'altère pas la iorme a'ammo-
1 !• 1 » 11 11 • • 1 Iliaque.
des cylindres-axes, et qu elle permet de colorer ensuite rapidement et régulièi'ement les coupes par le carmin ou le picrocarminate d'ammoniaque. La quantité de la solution de bichromate que l'on doit employer pour durcir un nerf doit être relativement considérable (100 à 200 centimètres cubes en moyenne); le durcissement s'y produit avec une très-grande lenteur. Plusieurs mois sont nécessaires pour que le nerf ait une consistance convenable, et, même après un an de macération dans ce liquide, les pièces sont encore excellentes pour l'étude.
Les coupes transversales doivent être faites à main levée après inclusion dans la moelle de sureau, ou mieux encore dans un mélange de cire et d'huile. Il convient même de combiner ces deux procédés d'inclusion. Pour cela, on creuse, sur une des „?'''','=«!é
^ ' , d inclusion
faces planes d'un morceau de moelle de sureau, une cavité
^ coupes trans-
profonde dans laquelle on place le segment de nerf. Celui- vorsaiesdos
^ ^ '■ " nerfs.
ci étant maintenu au moyen d'une épingle, on verse dans la cavité le mélange de cire et d'huile porté à une température qui ne doit pas excéder notablement son point de fusion. Lorsque ce mélange s'est solidilié par le refroidissement, l'épingle est enlevée, et le segment nerveux se trouve fixé. Ce procédé permet de faire des coupes extrêmement minces : Une première section ayant régularisé la. surface des trois corps qui se trouvent associés (moelle de sureau, mélange de cire et d'huile, nerf), pour pratiquer la seconde section qui doit dégager la coupe, on déprime avec le plat du rasoir la surface de la moelle de sureau de manière à faire saillir d'une quantité aussi petite que possible la cire et le nerl, et on les tranche d'un seul coup, avec une sûreté de main d'autant plus grande que le rasoir repose sur un plan qui le guide. La moelle de sureau ainsi employée tient lieu de microtome, et présente sur ce dernier instrument une série d'avantages : elle n'altère pas le tranchant du rasoir; elle permet de faire des coupes beaucoup plus minces et d'en changer à volonté l'orientation. C'est surtout en vue de ce dernier avantage que ce procédé, qui n'a pas été indiqué dans les méthodes générales, devait être donné ici, car on va voir qu'il est souvent nécessaire de faire des sections des nerfs légèrement obliques. En effet, lorsque des coupes transversales complètes, faites sur
un nerf durci parle bichromate d'ammoniaque, sont placées dans l'eau, on remarque que la surface de chaque faisceau nerveux d'un diamètre notable se déjette en devenant convexe ou concave. La coupe étant alorsplacéesurune lame de verre, si on la recouvre d'une lamelle, celle-ci efface bien les voussures qui se sont produites sur chaque faisceau nerveux, mais elle le fait ea déterminant des plis qui altèrent l'image et souvent même rendent impossible l'observation des éléments.
Pour obtenir des préparations dans lesquelles les tubes nerveux sont régulièrement étalés, même lorsque l'on opère sur un nerf qui a de gros faisceaux nerveux, comme le sciatique du lapin, du chien, etc., il faut diriger obliquement le rasoir, de manière à faire une coupe incomplète de plus en plus mince et qui se termine avant d'avoir atteint toute la circonférence de l'un des gros faisceaux. Les tubes nerveux de ce faisceau peuvent alors s'écarter les uns des autres et se disperser régulièrement en entr'ouvrant l'anneau incomplet de la gaine lamelleuse. Il suffit que ces coupes aient séjourné ensuite une demi-heure dans une solution de picrocarminatc à 1 pour 100 pour que leur colowation soit complète. Lorsqu'elles auront été débarrassées de < l'excès de la matière colorante par un lavage à l'eau ordinaire,
elles pourront être montées, soit dans la glycérine, soit dans la résine dammar.
Dans la glycérine, les tubes nerveux coupés en travers montrent nettement deux détails de leur structure sur la signification desquels on discute encore : l'un est relatif au cylindre-axe, l'autre à la gaine médullaire.
Gaine de cylindrc-axc s'y présente sous la forme d'un cercle rouge à
Mauiimei-. p^^^^^ p^.^g r^gniid^^ cutouré d'uu auncau mince, incolore, qui le sépare de la myéline ; ce qui conduit à penser qu'il est composé de deux substances : l'une centrale qui se colore par le carmin, l'autre périphérique dans laquelle ce réactif ne détermine pas de coloration. Cette dernière correspond à la gaine de Mauthner (voy. p. 738).
La gaine médullaire paraît formée de couches concentriques. Ces couches ne sont pas assez nettes pour qu'il soit possible de déterminer exactement leur nombre et leur épaisseur. Aussi, comme on les voit d'une manière beaucoup plus distincte après l'action de l'acide osraique c'est à l'aide de ce réactif qu'il convient de les étudier.
NERFS. — TUBES NERVEUX A MYÉLINE. 743 Lorscru'un nerf conLcnant beaucoup de tubes nerveux à myé- coupes irans-
1 l vorsalos apn;s
line a séiourné dans une solution d'acide osminue à 1 pour iOO, mnconuion assez longtemps pour que tousses tubes soient fixés, il n'y a ce- osmiquc. pendant pas pris une consistance suflisante pour qu'il soit possible d'y pratiquer des coupes transversales. On pourra lui faire acquérir cette consistance en l'immergeant pendant vingt-quatre heures dans l'alcool, puis vingt-quatre heures encore dans une sohilion légère de gomme arabique, et enfm un jour entier dans l'alcool fort.
Les coupes transversales doivent être extrêmement minces; pour les réussir, il faut suivre le procédé indique un peu plus haut (p. 741). On obtiendra ainsi des parties de la coupe d'une minceur extrême, sur lesquelles on pourra faire une bonne observation, A mesure qu'elles sont enlevées par le rasoir, les coupes sont placées dans l'alcool, mises sur la lame de verre dans quelques gouttes du même liquide, que l'on enlève ensuite avec du papier à filtrer; on laisse alors tomber sur la préparation une goutte d'eau et l'on place la lamelle ; puis, sur un des bords de cette dernière, on dépose une ou deux gouttes d'eau phéniquée et l'on place le tout dans une chambre humide. Yingt-quatre heures après, la petite quantité de gomme que renfermait la préparation étant dissoute, on remplace l'eau par de la glycérine.
Les préparations que l'on obtient ainsi présentent, dans leurs foiws
^ diverses que
parties les plus minces, des tubes nerveux dont les aspects diffé- présente la
' gaîno
rents permettent d'apprécier la disposition et la signification des métiuiiairc. couches concentriques de la gaine médullaire. Dans certains de ces tubes (fig. 247), la membrane de Schwann forme une circonférence régulière à l'intérieur de laquelle la gaine de myéline dessine un anneau fortement coloré en noir. Au centre de cet anneau se trouve le cylindre-axe, sous la forme d'un cercle granuleux dont le diamètre est beaucoup plus considérable que si la préparation avait été faite par d'autres procédés de durcissement (acide chromique , bichromate d'ammoniaque , etc.). Dans d'autres tubes, la gaine médullaire, au lieu d'être représentée par un seul anneau, parait formée de deux anneaux concentriques dont l'interne est le plus mince; ils sont séparés l'un de l'autre par une bande claire. Dans quelques tubes, il existe une disposition semblable à la précédente, mais avec cette différence que l'anneau externe de la gaîne médullaire est le plus miHce, tandis que l'anneau interne est le plus épais. Il arrive aussi que
les deux anneaux sont d'égale épaisseur. Enfin, il est un dernier aspect que présentent les tubes nerveux : la gaîne médullaire n'est pas décomposée en anneaux ; occupée à son centre par
FiG. 247. — Section transversale du scialique du chien, faite après durcissement du nerf par raction successive de Tacide osmique à i pour 100, de ralcool, de la gomme et de ralcool. Conservation dans la glycérine. — gZ, gaîne lamelleuse; <c, tissu conjonctif intrafasciculairc; ca, cylindre-axe; my, gaine de myéline; ef, tube nerveux coupé au voisinage d'un étranglement annulaire ; cap, capillaire sanguin. — 400 diam.
le cylindre-axe, dont le diamètre est singulièrement réduit (voy. également fig. 242) , elle est moins noire que dans les autres tubes; à la périphérie elle forme une série de festons convexes. Explication Lorsouc l'ou conuait les étranglements annulaires et les inci-
ilos aspects ■: . "
divers tpio surcs obliqiies, il est facile de donner l'explication de ces diffé-
!ui\i'-"° ^^^^^^ aspects que présentent les tubes nerveux. Si nous supposons
les coupes un de ces tubes sectionné à la partie médiane d'un sesment
Iransvcrsales, , . , . .
cylmdro-conique, la gaîne médullaire coupée à ce niveau formera un anneau simple ; si, au contraire, la section a atteint un tube nerveux au niveau d'une incisure, la gaine médullaire formera deux anneaux, l'interne correspondant au segment cyliudroconique emboîté, l'externe au segment emboîtant. L'épaisseur relative de ces anneaux devra varier suivant que la section aura atteint un point de l'incisure plus ou moins profond. Quant à la dernière des formes affectées par les tubes nerveux, elle dépend de ce que ces tubes ont été coupés un peu au-dessus ou un peu au-dessous d'un étranglement annulaire, au niveau de l'un des
renflemenls qui le limitent, les festons périphériques correspondant aux côtes que possèdent ces renflements.
En terminant, il convient d'insister sur ce fait, que les cylindresaxes, étudiés sur les coupes transversales des nerfs après l'action de l'acide osmique, ont un diamètre relativement considérable. Ce diamètre correspond à peu près exactement au ruban central clair que montrent les tubes nerveux dissociés après macération dans le même réactif.
On peut du reste s'assurer, en examinant des nerfs vivants, Examen des sans addition d'aucun liquide, que l'acide osmique, en fixant les v.vant. cylindres-axes, leur conserve à peu près leur diamètre normal. Cet examen peut être fait sur des parties vivantes, des muscles par exemple, enlevées à un animal à sang froid que l'on vient de sacrifier. Mais dans ces conditions il est toujours difficile et insuffisant, soit parce que les tubes nerveux sont mélangés à d'autres éléments qui les masquent, soit parce que ces éléments, surtout s'il s'agit de fibres musculaires, en revenant sur eux-mêmes, déterminent le retrait ou plutôt le tassement des nerfs qui les accompagnent. Aussi est-il bien préférable de faire l'étude des nerfs vivants sur le poumon de la grenouille, en utilisant l'appareil que Holmgren a imaginé pour observer la circulation dans cet organe (voy. p. 601). Il est nécessaire seulement que le poumon soit gonflé (ce qui se fait à la volonté de l'observateur) jusqu'à l'arrêt de la circulation capillaire. Dans ces conditions, les petits nerfs à myéline qui parcourent en tous sens le sac pulmonaire étant régulièrement tendus, la plupart des détails de leur structure peuvent être exactement appréciés. C'est ainsi que les étranglements annulaires, les noyaux des segments et le protoplasraaqui les entoure, lesincisures obliques sont bienvisibles, surtout si l'observation porte sur des nerfs qui ne contiennent que quelques tubes à myéline, et si elle est faite avec un bon objectif à immersion et à correction. Cette observation suffit à démontrer que toutes les dispositions qui ont été reconnues dans les tubes nerveux à myéline, à l'aide des réactifs variés dont il a été question jusqu'ici, ont une existence i"éelle, et ne doivent pas être considérées comme produites par ces réactifs.
Les tubes nerveux examinés ainsi à l'état vivant montrent sur douMo leurs bords un double contour bien marqué et un large ruban Tibosm-'!-' central. Le double contour correspond à la gaine médullaire, le ruban central au cylindre-axe. Il est facile d'établir que le double
contour limite en dedans et en dehors la gaine médullaire. En effet, les incisures obliques, qui appartiennent à cette gaine et qui dépendent absolument d'elle, s'étendent jusqu'au contour interne et ne le dépassent pas. Le point où elles s'arrêtent en dedans est nécessairement la limite du cylindre-axe et de la gaine médullaire. Le diamètre relativement considérable du cylindreaxe peut donc être reconnu sur les nerfs vivants comme sur les nerfs traités par l'acide osmique, et cette observation permet d'apprécier la haute valeur, bien connue du reste, de ce dernier réactif comme fixateur des éléments les plus délicats de l'organisme.