‹ Traité technique d'histologieChapitre 16 sur 106 · MASSES A INJECTION · texte numérisé non relu

MASSES A INJECTION

On ne se ser\'ail autrefois pour les injections que de masses colo- **«»*©« rées opaques, et c'est encore celles-ui dont les natuialistes font généralement usage aujourd'hui. Elles permettent de suivre le tnijct des vaisseaux à l'oeil nu ou à la loupe, de reconnaître leur distribution et de les disséquer. Elles donnent à Tœil une impression agi'éable et peuvent être aussi fines que les autres ; mais on ne peut pas les employer pour l'observation hislologique microscopique. Nous avons vu en effet que, pour étudier complètement un tissu, il est indispensable de l'examiner à la lumière transmise et de faire varier la distance de l'objectif, de manière à se procurer successivement l'image des différents plans de la préparation, et à .se rendre compte, par ce moyen, de la forme et de la position relative des éléments dans un tissu (voy. p. 28). Cet examen de la prépamtion dans son épaisseur n'est possible que gnlce à sa transparence, qui permet aux rayons lumineux parlant d'un point quelle anvier, Hi«toI. 8

JilSSCS

irantpareale*.

lii|UMlet »

frmd.

conque de traverser le reste du tissu pour donner à l'œil une image nette de ce point. Si le réseau vasoulaire est rempli d'une masse à injiM'tion opaque, il <Mnpèchera le passiige de la plus jj^rande partie lies rayons hnnineux : tous les points situés au-dessus du trajet <run vaisseau seront indistincts à cause de l'ombre j>rojetée par ce vaisseau; tous l(;s points situés au-dessous d'un vaisseau seront invisibles. Li préparation ne montrerait donc plus qu'un réseau de lignes noires plus ou moins fines et plus ou moins sinueuses eiilrc lesquelles il serait inqiossible de rien distinguer de net.

Les substances euiployées d'babitude pour ces injections sont celles (pie Tindustrie prépare pour les peintres, et surtout les suivantes : le blîuiccrarjrenl (carbonate de plomb), le jaune de chrome, li^ verjuillon, le bleu de IVusse. Dans les tubes ou on les vend, elles ne constituent pas une masse convenable, elles sont trop épaisses; il faut les délayer avec un excipient convenable, par (.'xempic le suif, Taxonge, le vernis copal, le mastic en larmes ou le siccatif de tlouitray. Lorsque Ton fait usage des vernis, il faut avoir soin de ne ])as en mettre une tro[) grande; quantité ; autrement, à mesure <prelle sèclM», la masse, revenant sur elle-même, ne remplit plus conq)lélem(»nt les vaisseaux et donne une idée inexacte de leur calibre. Nous ne nous arrêterons pas davantage sur <*es injections, dont on a cessé d(î l'aire usage.

Les bistologistes nV^nploient plus aujourd'hui que des masses transparentes. Ouand les inj(îctions sont bien réussies, il est possible de reconnaître de la façon la plus nette sur une pi'éparation les détails de distribution et d'anastomose des vaisseaux ou des canaux injectés. Connue ces canaux sont transparents, on distingue ce (jui est au-dessous (Ttuix, en faisuit varier la dislance de l'objectif. De celte façon un vaisseau peut être suivi dans toutes ses sinuosités, autant dans celles cpii se présentent suivsmt l'épaisseur (pie dans celles (pii se montrent .Miivanl la snifaee d(^ la coupe; on se r.'ud cunq>te ainsi des rappoiis et (Ut la situation des vaisseaux ou des conduits dans leurs moindres (b'^tails.

t](»s masses sont com[)()sées d'une matière colon'^e it d'un véhicule. Les véhicules enq)loyés sont l't'au, la glycvrine el la gélatine. Avec Teau (»t la glycérine, les injections restent liquides; l'inconviMiientipii (»n résull(», c'(ist cpii», lors(pi'après les avoir faites on divisi; les tissus, le li(piide colorant, au lieu de demeurer dîms les vaisseaux, s'écoule par les extrémifés que Poil vient de couper. En eilet, la paroi des vaisseaux, souple et élas-

Mf-THODES D'INJECTION. 113

m clle-inriiie naturellement et chasse le liquide; le, si, avant (ravoir fixe par certains réactifs la •l<'i.'i' (ju'on vient crinjecter, on divise la pièce pour • '• I i\ir (1rs portions, la niasse s'écoule et les pièces ne

• 'if jlii- iiijiMiécs ((u'iinparfaitement. On peut obvier à cet iit'"!iv<'iii.'iit ]Kir la congélation. Dès que l'injection est faite, la pirrr rst mise tlans un niélanf,^e réfrij^^érant ; Teau qui y est rniitmin' se solidifio, et Tou peut enlever dans un organe ainsi «M>n.i:elé après injection, le rein de riioninie par exemple, des poi'tions séparées dont les liquides ne s'écouleront pas, et que Ton soumeltra innnédialem(»nt à faction de l'alcool ou d'autres réactifs destinés à v fixer la matière colorée et à donner au tissu la dureté suffisant»' ])Our y faire des coupes.

Si l'organe injecté est assez peu volumineux pour que l'alcool ou tout autie réactif durcissant puisse y pénétrer jusqu'au ctmtre par dilfusion, la congélation de la pièce n'est pas nécessaire. Il suftit de la plonger tout entière dans le réactif, et d'attendre qu'elle soit durcie pour la diviser.

Les massrvs à la gélatijie sont bien pj'éféj'ables aux masses .Masses liquides à froid, parce qu'elles donnent de plus belles préparalions, et que, la pièce étant abandonnée à elle-même après l'injection, les vaisseaux sont remplis d'une substance qui ne peut s'écouler. Le seul inconvénient qu'elles présentent, c'est qu'on est obligé d'oi)éi'er avec des masses chaudes et sur des parties élevées nécessairement à la même température (W à 50'>),cequi amène «ertaines diflicultés dans la manœuvre toujours délicate des appareils dont on fait usage pour faire pénétrer la matière à injection.

I^our obvier à ces inconvénients, les histologistes ont songé à employer comme véhicules des substances qui, liquides à froid, deviendraient solides par l'influence d'une certaine tenq)éiature, ou par l'action de l'alcool et de quelques acides. Pour cela, on a lente de faire des injections avec de l'albumine, et de la coaguler une fois qu'elle serait dans hîs vaisseaux. Mais l'albumine coa- {^ulée forme dans les vaisseaux un précipité granuleux, et donne dès lors des images irrégulières. L'injection proposée par Legros, et composée d'un mélange de couleurs d'aniline et de collodion, est encore moins bonne; elle diffuse dans les tissus, et lorsqu'on emploie l'alcool pour faire durcir la pièce, la matière colorante est dissoute et la diffusion augmente encore. Cette injection doit donc être rejetée complètement.

ù la ;;<aatioe.

Prv|iaratioii «le la niasse

neutre

au carmin

et

k la (rélatinc.

Après CCS généralités sur les masses à injection, nous devons donner maintenant les procédés à suivre dans la préparation des différentes masses dont on pourra faire usage avec succès. Comme cN?st pour la très-grande part de la qualité de la masse que dépend la réussite d'une injection, il est indispensable d'apporter le plus grand soin dans sa préparation, en suivant exactement tous les détails qu(^. nous allons indiquer. Les procédés à employer varient suivant que les masses sont colorées avec du carmin, du bleu de Prusse ou du jaune de chrome. C'est pour cela que nous les diviserons, non pas suivant les véhicules, mais suivant les matières colorantes.

nasse an carmin. — Lc poiut important à obscrvcr dans la fabrication d'une masse au carmin, c'est qu'elle soit aussi complètement neutre que possible. En effet, pour peu qu'elle soit ammoniacale, elle diffuse dans les tissus; si, au contraire, il y a un excès d'acide, le carmin se précipite en granulations, et l'injection est opaque par places, ou même ne pénètre pas dans les petits vaisseaux.

Voici le procédé dont nous nous servons pour obtenir cette neutralisation complète, condition indispensable d'une belle injection. Nous supposerons, dans ce qui va suivre, des quantités déterminées de carmin et de gélatine pour la préparation d'une masse d'un volume également déterminé; mais il serait facile de prendre des quantités plus ou moins considérables de ces substimces dans les mêmes proportions pour obtenir une masse du volume que l'on désire.

On prend d'une part ï",50 de carmin que l'on broie avec un peu d'eau distillée de manière à en faire une boue que l'on met dans un flacon ; on ajoute goutte à goutte à celte boue de l'ammoniaque jusqu'à ce que le carmin soit dissous, ce qui se reconnaît à ce que la liqueur devient transparente. Le flacon est ensuite bouché et agité de manière à rendre le liquide homogène dans toutes ses parties. D'autre part, on pèse 5 grammes de gélatine sèche (gélatine fine, dite de Paris), que l'on plonge dans de l'eau distillée pendant une demi-heuic à une heure ; au bout de ce temps, elle est un peu gonflée et tout à fait molle ; on l'en relire avec une pince, on la lave soigneusement à l'eau distillée, on la laisse égoulter, puis on la met dans une petite éprouvette plongée dans un bain-marie.

Une fois la gélatine fondue au bain-marie dans l'eau qu'elle

avait absorbée, on y verse lentement et en remuant constamment la solution de carmin que l'on avait préparée. On obtient de cette faron une solution ammoniacale de carmin dans la gélatine ; lorsque l'opération est terminée, on doit en avoir environ 15 centimètres cubes.

Tandis que le mélange carminé est maintenu dans le bainmarie, on fait dans un flacon une solution de :

Eau distillée 2

Acide acétique cristallisable 1

Cette solution d'acide acétique est versée goutte à goutte dans la masse en remuant continuellement le mélange avec une baguette de verre. L'acide acétique est destiné à neutraliser l'excès de Tammoniaque. Cette partie de l'opération exige beaucoup d'attention et de soin pour permettre d'arriver à la nculi-alisation complète, qui est, comme nous l'avons dit, indispensable pour avoir une masse de bonne qualité.

C'est par l'odeur que l'on reconnaît le moment où il faut cesser d'ajouter de l'acide acétique. Le mélange carminé exhale, surtout àchaud,une forte odeur d'ammoniaque ; à mesure que l'on ajoute de l'acide acétique, cette odeur diminue, et il arrive un moment où elle est transformée en une odeur sure. C'est le moment où il faut s'arrêter. Pour y arriver plus facilement, il est bon d'étendre, à la lin de l'opération, la solution d'acide acétique avec de l'eau, afin de mieux mesurer et de verser de plus petites doses d'acide à la fois. En examinant la liqueur au microscope, on reconnaît qu'on a dépassé le point de saturation, à la présence de granulations de carmin. Dans ce cas, on peut considérer la masse comme perdue.

Un histologîste exercé à cette opération arrive presque à coup sûr à cette neutralisation parfaite. Du reste, il est impossible de Tobtenir autrement. Il ne faut pas avoir confiance dans certaines fonnules d'injections au carmin dans lesquelles quelques auteurs ont indiqué des proportions d'ammoniaque et d'acide acétique qui doivent se neutraliser. Les solutions d'ammoniaque que l'on a dans les laboratoires présentent en effet des richesses trèsdifférentes.

D'autres auteurs, Frey par exemple, ont proposé de déterminer d'abord la quantité d'un acide acétique connu nécessaire pour neutraliser une quantité donnée de l'ammoniaque dont on se sert. Connaissant la quantité d'ammoniaque employée pour dissoudre

le carmin, il suffirait (rajouter la (iuantili'd'arid(»nécossiiirc pour la ninitralisiT; mais, counuo ilamv(»souvent que la^élatinedu commrrce rst acide, ou arriverail, daus co cas, eu suivant exactement cette méthode, à dcpasser h' point de neutralisation.

Apivs celte digression nrcessaire, nous terminons C(^ qui est relatif à la préparation d(î noire mass(» carminée. Lorsqu'elle est

bien neutre, elle est lillré(^ sur de la llanelli». Celle llanelln doit être neuve, bien feuliée; la flanelle vieille «lurait trop de lacunes. H faut avoir soin de la conserv<»r dans une ainioire fermée, à Tahri de la poussière. Insistons encore sur un point essentiel :

les vases dans lescpiels on fait toutes (es opérations doivent èli'e extrêmement piopres; la meilleure forme à l(»ur donn(»r «*st celle d'un cylindre nmni en haut (fun petit bec : on a de c(*tte faijon ravanlajif» de pouvoir \ abriter le liquide (»t de le vers(»r facih»meul. Pour plon^n»r a\ verre dans mi hain-marie, on hî maintient dans un petit plateau de li('*^^e \\ Hv^.':\i) percé d'un trou, et on l'y cale au moven d'un morc(,'au de mo(»lle de sureau. Ih»cett(* façon, on est assuré (pu» le verre ne si» renversi» pas, connue il pourrait le faire s'il portait sur h^ fond du vase, l()rs(prune buHe de va|)eur viendrait U' soulever.

(îes précautions p(»uvent paraitn^ minutieuses, mais (»lles sont indispiMisables pour assiuer la réussite de l'injection ».

Fu;. 34. — Vase pour préparer Jcs masses d'injeclion

à la gclaline.

* Celle masse à injeclion carminée esl la seule que nous employions cl que oou» puissions recommamler ; nous ne cilerons ici que pour mémoire les deu\ suivantes ^ Maue carminée de Gerlach. — On prend d'une part :

Carmin 5

Eau distillée à

AnniïHHiBnno • 0,50

•■ Men de PrwMe «olnble. — LeS injCCtions «111 blcu

de Pnisse solublc sont les seules qui nous aient donné de très bons résultats.

Les histologistes se trouvent dans la nécessité de préparer euxmêmes ce bleu de Prusse soluble, parce qu'il ne se trouve pas dans le commerce. Voici comment il faut procéder pour cela :

On prend une solution concentrée de sulfate de peroxyde de fer dans Teau distillée, et on la verse lentement dans une solution concentrée de prussiate jaune de potasse; il se précipite du blcu de Prusse insoluble. A la fin de l'opération, il doit rester un excès de prussiate de potasse dans la liqueur, ce dont on s'assure en en prenant une petite portion et en constatant qu'une nouvelle goutte de sulfate de fer y donne encore un précipité. On filtre alors sur une chausse de feutre. Au-dessous de celle-ci est disi)osé un entonnoir de verre avec un filtre de papier. Le liquide coule d'abord clair et jaunâtre dans l'entonnoir inférieur. On ajoute par petites quantités de l'eau distillée dans la chaussri et l'on

et d'antre part :

Gélatine r»

Eau distillée 8

On mélan^ à chaud et ron ajoute quelques gouttes d'acide acétique.

Masse carminée de Benle à la glycérine, — On prend :

Carmin 0,25

Ammoniaque 5à6 gouttes.

Glycérine 15 gram.

Le carmin est dissous d*abord dans rammoniaque, ensuite on ajoute la glycérine ; puis on prépare un mélange de :

Glycérine 15 gram.

Acide acétique 8àl0 gouttes.

On mêle le tout, et ron ajoute le mélange suivant :

Glycérine 15 gram.

Alcool 3î'^5

Eau 10'%6

Sous avons essayé ce liquide, mais il nous a donné de mauvais résultats; les vaisseaux sont remplis de granulations^ et toute la masse du tissu est colorée par diffusion. •

PnfparatifHi du bleu

do PruAM solubli*.

continue à laisser filtrer; peu à peu le liquide sort de la chcausse létrerement teinté en bleu, mais au-dessous du second filtre il ne présente pas cette coloration. On continue ainsi pendant plusieurs jours à ajouter de Teau distillée dans la chausse, jusqu'c^ ce que le liquid'} bleuisse au-dessous du second entonnoir, dans le llacon disposé pour cela. A ce moment, le bleu de Prusse est devenu soluble. Pour le recueillir, il faut retourner la chausse el Tagitor dans Teau distiller». Le bleu s'y dissout, si la quantité (Feau est suflîsante. La solution, qui est fortement colorée, peut être conservée ainsi pour les injections, mais il est plus commode (l'avoir une provision de bleu de Prusse soluble à l'état solide. Pour l'obtenir, il suffit d'évaporer à l'étuve. On le conserve dans des llacons. Lorsqu'on veut s'en servir, on le dissout dans Peau distillée; il donne alors un Uquide fortement coloré en bleu, qui, abandonné à lui-môme après avoir été filtré, ne forme pas de dépôt.

Pour les injections, il est nécessaire que la solution de bleu soit saturée; pour atteindre ce but, on prend un flacon d'un litre de capacité, rempli d'eau distillée, et l'on y met du bleu en grand excès; il forme alors au fond du flacon une masse boueuse. A mesure que Ton en a besoin, on prend de la portion liquide et on la remplace par de l'tnm distillée, qui dissout de nouvelles quantités de bleu. De cette fticon, on a toujours sous la main une solution de bleu parfaitement saturée ^

Le bleu de Prusse ainsi préparé peut être injecté tel quel ; jamais il ne transsude à travers les parois des vaisseaux. On peut aussi le mélanger avec de la glycérine au quart.

* Dans un petit travail paru en 18CG (Erfnhrungen ùber das lôsliche Berlinerhlna a/s Injectiofvtfavbe^ Arcliiv fiirmicrosc. Analomic, 1866, p. 87), Briicke, après avoir dit que c'est Schrœder van dcr Kolk le premier, et Ludwifç ensuite, qui ont employé le bleu soluble dans les recherclios histologiqucs, donne deux formules pour le préparer. La première consiste à faire deux solutions, l'une faible, de perchlorure de f'îr, Tautrc concentrée, de prussiate jaune, et à verser la première dans la seconde, en remuant constamuient. L'opération doit cire faite de telle sorte que la quantité de perchlorure de fer ne soit que le dixième du prussiate jaune. Le tout est jeté dans mic chausse à filtrer; le liquide bleu qui s'écoule est rejeté sur la chausse jusqu'à ce que le liquide filtré ne soit plus bleu. Puis on mot de l'eau sur le filtre, et l'on en ajoute à mesure que la filtration se poursuit, jusqu'à ce que le liquide passe bleu. On laisse é^outlcr complètement; le contenu pâteux de la chausse, versé sur du papier à filtrer cl soumis à la j»res5C, donne un bleu de Prusse soluble. — Le second procédé, applicable pour de petites quantités, consiste à prendre une solution de ferrocyanure de ))otass[um, telle qu'un litre contienne 217 gammes de sel, et une solution de

MÉTHODES D'INJECTIOiN. i2i

Si l'on emploie la gélatine, il suffit d'en mettre une petite quan- gcu tité; voici par exemple de bonnes proportions : j^

Bleu soluble 25

Gélatine solfde 1

Pour que le mélange se fasse bien, il est nécessaire de suivre exactement la marche que nous allons indiquer. Après avoir pesé la gélatine, on la met dans un vase rempli d'eau pendant une demi-heure à une heure; quand elle est ramollie et gonflée, elle est lavée à l'eau distillée, puis plongée dans une éprouvette et chaufiee au bain-marie; elle fond dans l'eau qu'elle avait absorbée. I^ bleu de Prusse est mis dans une autre éprouvette plongée dans le même bain-marie, de manière que les deux liquides soient à la même température. La gélatine est alors versée peu à peu dans le bleu de Prusse, et le mélange, qui reste plongé dans le bain-marie, est remué continuellement avec un agitateur de verre. On continue à chaufl'er et à agiter jusqu'à ce que le précipité grumeleux qui se forme au premier moment ait disparu. On constate que le bleu est parfaitement dissous, lorsque la baguette de verre retirée du liquide ne présente pas de granulations bleues sur sa surface. Le mélange est alors filtré sur un morceau de flanelle neuve, et recueilli dans une éprouvette bien nettoyée. Puis il est remis au bain-marie à la température de MV environ, jusqu'à ce qu'on en remplisse la seringue ou l'apjxueil à injections.

Il y a des gélatines avec lesquelles il se produit un précipité persistant, il faut les rejeter absolument; mais il faut bien savoir que le précipité qui se forme toujours, même avec la meilleure gélatine, disparaît quand on continue de chauffer. C'est là un point qu'il est essentiel de connaître lorsqu'on fait des injections au bleu de Prusse et à la gélatine'.

chlorure de fer conlen<int une partie de chlorure de fer sec du commerce pour 10 parties d'eau. On prend des volumes é^aux de ces deux solutions, et l'on ajoute à rh.icune le double de son volume d'une solution saturée à froid de sulfate de soude. Ensuite la solution de chlorure de fer est versée dans le ferrocyanure, tandis que l'on remue constamment. Le précipité, recueilli sur un filtre et traité comme ci-dessus, donne un bleu parfaitement soluble.

* Voici quelques formules qui ont été conseillées dans les livres de technique ; mais les résultats qu'on obtient avec ces masses sont bien inférieurs à ceux que donne le bleu de Prusse soluble :

Masse jaune an chromate de plomb. — Cette ITiaSSe Se pi'é-

pare, (raprès Tliiersch \ de la façon suivante :

On prend une partie d'une solution à 1 pour 10 de chromate de potasse, et Ton y ajoute 4 parties d'une solution de gélatine concentrée; d'autre part, on prend 3 parties d'une solution d'azotate de plomb à 1 pour 10, et Ton y ajoute également ^parties de gélatine. On mélange à chaud ces deux solutions l'une ave(! l'autre en reumant constanunent, et Ton continue de chauffer pendant une demi-heure et plus; puis on liltre sur de la flanelle.

Masses au nitrate d^argent. — On fait dcS injCCtioUS aU uitratC Masse bleue de Thiersch(krc\\\\. fur mikrosk. Analomie, 1865, p. 148) :

On fait une solution ;

A. de sulfate de peroxyde de fer concentrée à froid.

B. de prussiale jaune de potasse également concentrée.

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