‹ Traité technique d'histologieChapitre 15 sur 106 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

■frraOBK.^ »E COLORATION ET »B TEIXTVBB. — IHPBËCSIV A- TIONS. — ÉCLAIRCISSEIIENT DES OBJETS OPAQUES

Pour la coloration des tissus, il est imporlaiil de bien connaître les méthodes et de tenir compte exact(»ment de tous les détails des procédés ; une même matici'e colorante agit en effet d'une façon tout autre ^ur le même tissu, suivant qu'il est vivant ou qu'il est mort, suivant qu'il a subi telle ou \elW, préparation, qu'il a été traité préalablement par un réactif ou par un autre.

Prenons par exemple les cellules a cils vibratiles de Tépithélium de rœsophîige de la grenouille. Examinés dans le sérum ou dans l'eau pure, ces cils vibratiles continuent à se mouvoir. Si on les met à ce moment en contact avec une solution de carmin ou de toute autre matière colorante qui ne les tue pas immédiate-

>. BelZj Archiv. fiir mikroskop. Anatomie, 1873, p. 108

ment, la cellule demeure incolore , les cils continuent leur mouvement. Dès qu'ils s'arrêtent, dos que la cellule est morte, la matière colorante y diffuse ; le noyau se colore en rouge et la cellule en rose, tandis que le plateau et les cils demeurent incolores.

Si au contraire on a placé ces cellules dans l'acide chromique avant de les mettre en contact avec la matière colorante, le plateau et les cils se colorent, la cellule prend une teinte rosée et le noyau reste complètement incolore.

On voit combien il est essentiel, quand il s'agit de matières colorantes, de savoir pai* quels réactifs le tissu a passé avant d'être soumis à leur action.

im''i!SioM irfaut distinguer, dans les colorations, les teintures^ qui colorent les objets ou les parties des objets de la couleur que possède la solution dans laquelle ils ont été plongés, et les imprégnations y dans lesquelles des sels métalliques produisent par le dépôt du métal des colorations tout autres que celles de la liqueur que Ton a employée.

Teintorcs. — Carmin, — C'est à Gerlacli * que revient l'honneur d'avoir introduit la méthode de coloration des tissus des «animaux à l'aide du carmin. Cette méthode a marqué le début d'un progrès considérable dans les recherches histologiques et a conduit à de nombreuses découvertes. Elle est devenue aujourd'hui d'un emploi si général, que plus des trois quarts des préparations conservées dans une collection sont teintes au carmin. Eicciiou 1^ propriété la plus remarquable et la plus utile du carmin,

de la matière 1 1 r i • i / • « i » • i o

colorante, c ost IVlcction dc la maticrc colorante qu il renferme pour certains éléments à l'exclusion des autres. Pour voir cette propriété se manifester, pour voir certains éléments dans une préparation se colorer, tandis que les autres restent incolores, il est indispensable de connaître les bons procédés et de s'y tenir rigoureusement.

L'élection dépend de deux circonstances : la concentration de la solution, et le temps pendant lequel elle agit. Les solutions fortes produisent des colorations brusques; les faibles, des colorations lentes. Il faut se senir des unes ou des autres suivant les cas.

<. Gerlach^ Nikroskopische Studien aus dem Gebiete der menschlichen Moq>hologie. Erlangen, 1858.

Quand les tissus sortent de l'alcool, on peut les colorer brusque- * Différences ment. On se sert pour cela de la solution suivante : la <JÎKrâtion

fuirant les réactif»

Eau distillée 100 aux<nicli«

le tissu a été Ammoniaque 1 soumi».

Carmin 1

Le carmin est broyé dans un mortier de porcelaine avec trèspeu d>au; on y verse l'ammoniaque, qui dissout le carmin, et ensuite on ajoute le reste de Teau.

Il faut qu'il y ait juste assez d'ammoniaque pour dissoudre le *armin; la coloration se fait d'autant mieux qu'il y en a un excès moindre. Si donc il y a un excès d'ammoniatfuc, il faut h) faire évaporer en chauffant la liqueur au bain-marie; li; moment où l'on doit cesser de chauffer est indiqué par le commencement de précipitation du carmin. Le carmin se trouve en effet dans un état de combinaison instable avec les tissus; ce qui le prouve, c'est que, si un fragment de tissu teint au carmin est plongé dans l'ammoniaque, il se décolore complètement.

Pour colorer une coupe d'un tissu qui a séjourné dans l'alcool, on commence par la mettre dans l'eau pour qu'(illc reprenne son volume primitif; puis on glisse au-dessous une lame de verre sur laquelle elle est amenée. Avec une pipette, quelques gouttes de la solution de carmin sont déposées à côté de la préparation; celle-ci pst conduite avec une aiguille au milieu du liquide coloré; elle y est laissée une demi-minute ou une minute, et ensuite elle est remise dans l'eau pour la faire dégorger. La matière colorante ne reste que sur les noyaux des cellules, les cylindraxes des nerfs, (»tc.

On peut aussi employer la coloration lente pour les pièces à falcool; mais elle sert surtout pour les tissus qui ont séjourné dans l'acide chromique ou le bichromate de potasse. Voici comment on procède. On prend environ 20 centimètres cubes d'eau distillée, et l'on y ajoute goutte à goutte avec une pipette la solution de carmin jusqu'à ce que l'eau ait pris une teinte ileur de pécher.

Cette solution, après avoir été filtrée, est mise dans un petit l>aquet au fond duquel a été placée une feuille de papier à filtrer. Sur ce papier sont déposées les coupes que l'on a faites ; le baquet est recouvert pour éviter la poussière. Au bout de vingtquatre à quarante-huit heures, la préparation est colorée.

Les coupes sont mises sur du papier à filtrer, parce que, si elles

Rakvier, Uislol. 7

î>S TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

reposaient directement sur le fond du vase, la face inférieure de la préparation aurait bientôt absorbé le carmin de la couche minciî (lu liciuide qui se trouverait au-dessous, et ne se colorerait pas suflisamment, tandis (pravec le papier à filtrer, il se diffuse continuellement, au-dessous de la pièce, de nouvelles quantités de carmin.

Lorsque la pièce a été durcie dans Tacide chromique avant d'être soumisiîà Faction du caimin, la coloration ne porte pas sur l(»s mêmes éléments qu(^. lorsqu'elle n'a subi aucune préparation ou (ju'elle a été durcie dans l'alcool ou l'acide picrique. Après l'acide chromique, ce sont les faisceaux de tissu conjonctif qui se colorimt, tandis que les noyaux des cellules ne se colorent pas. Les cylindraxes des nerfs seuls, qui ont une très-grande affinité pour le carmin, se colorent dans tous les cas. On peut cependant arriver à colorer les noyaux en enh^vant Texcès d'acide chromique par un séjour dans l'eau de vingt-quatre à quarante-huit heures, et en plongeant ensuite la pièce dans l'alcool ou dans un mélange d'alcool et d'acide acétique ; puis reprenant par l'eau et soumettant à la coloration au carmin.

Après avoii' séjourné dans l'acide picrique, les pièces se colorent facilement. La coloration brusque est préférable.

Au contraire, quand on a fait usage de l'acide osmique, la coloration par le carmin se produit difficilement et est extrêmement lente, mais l'élection se fait sur les mêmes éléments qu'après l'action de l'alcool, et à ce point de vue l'acide osmique diffère complètement de l'acide chromique.

Les imprégnations au nitrate d'argent en solutions fortes empêchent rélection du canuin; une pièce fortement imprégnée par l'argent se colore uniformément dans tous ses éléments. Les imprégnations faibles n'exercent aucune influence et laissent Télection se produire dans toute son intégrité.

Solutions de carmin permanentes et bien déterminées, — Car^ min de Fret/, — La solution ordinaire de carmin a deux inconvénients : l'ammoniaque en s'évaporant laisse précipiter le carmin, et d'autre part il peut s'y développer des infusoires. Frey, en suivant les principes de Gerlach, a réussi à éviter ces inconvénients en préparant la solution suivante :

Carmin O^^aO

Eau distillée 30 grain.

Ammoniaque, q.s. jusqu'à dissolution; on ajoute ensuite:

Glycérine 30 gram.

Alcool à

Celle liqueur n'a pas un grand avantage sur la solution carminée ordinaire au point de vue de la coloration, mais elle s«î coosene longtemps sans altération.

Carmin de Bcale. — En voici la formule :

Carmin 03r,64

Ammoniaque 33'",5

Eau distillée 60 gram.

Glycérine 60

Alcool 15

Celte solution n'offre aucun avantage réel ; elle a même Tinconvénient de rendre la coloration diffuse. Carmin oxalique de Thiersch, — En voici la formule :

Caimin 1 .

Ammoniaque 1

Eau 3 1

Acide oxalique • 1 ")

Eau 22 i

Alcool absolu 12

On fait un premier mélange de carmin, d'ammoniaque et d'eau, dans les proportions indiquées, et un second mélange d'acide^ oxalique et d'eau; on prend 8 parties de ce second mélange pour une du premier, et l'on ajoute au tout 12 parties d'alcool absolu. Quand il se fait un précipité, on ajoute quelques gouttes d'ammoniaque.

Carmin acétique de Schweiqger-SeideL — L'anmioniaque nécessaire pour dissoudre le carmin exerce sur les éléments délicats Faction fâcheuse des alcalis en général. Schweigger-Scidel a essayé de l'éviter en faisant un carmin acide.

Pour cela, il verse peu à peu dans la solution ammoniacale de carmin de l'acide acétique jusqu'à produire la neutralisation complète, et même à la dépasser un peu. Il se fait un précipité peu abondant, qui est séparé par filtration, et l'on obtient uncî

liqueur d'un rouge vineux. Les préparations y sont laissées pendant (juclques minutes, puis plon{j:ées dans un mélange de :

Eau 200 gram.

Acide chlorhydriqiie , 1

Ouelle que soit la liqueur carminée (jue Ton emploie, il est néressaire, [)our avoir une belle élection, de conserver les pièces (lan.> 1<' hamue ou dans un milieu acide; on se sert généralement à cet ellVl de Tacide acétique, mais Tacide formique vaut mieux. Le meilleur milieu est le mélange de :

(ilyccTJnc 100

Acide formique 1

que nous avons indiqué depuis plusieurs années.

On trouvera plus loin le détail de ces procédés dans le chapitre qui trail(^ de la conservation des préparations.

Ccirniin picriquc, — Picro-carminate cV ammoniaque, — Cette solution, que nous avons imaginée et dont nous nous servons, a Tavanlagi^ de n'agir ni connue acide ni comme alcali, ivcpaiaiion Pour Ui prépaicr, on vei'se dans une solution saturée d'acide lanninatc. picriquc du camun dissous dans l ammoniaque, jusqu a saturation, puis on évapore dans une étuve. Après réduction des quatre cincpiièmes, la liqueur refroidie abandonne un dépôt peu riche (^n carmin qui est séparé par filtration. Les eaux mères évaporées donnent le picro-carminate solide sous la forme d'une poudre cristalline de la couleur de l'ocre rouge. Celte poudre doit se dissoudre entièrement dans l'eau distillée; une solution au centième est la plus convenable.

11 y a deux manières de faire agir le picro-carminate d'ammoniaque (que nous appellerons dorénavant, pour abréger, picrocarminate). La jiremière consiste à en mettre quelques gouttes dans un verre de montre et à y placer la coupe pendant un temps variable suivant les préparations que la pièce a subies auparavant. Du rc^ste, l'avantage de cette solution, c'est que la coloration \v\ s\»xagère pas par un séjour prolongé, comme avec les autres préj)arations de carmin. L'autre méthode consiste à m(»ttr<' du picro-i'arminate sur la lame de verre avec Tobjet à colorer, à couvrir avec une lamelle et à fermer la préparation pour

éviter Tévaporation. On peut aussi, au lieu de la fermer, mettre la préparation dans une chambre humide. (Voy. phis loin.)

En faisant usage du picro-carminate, on peut avoir la coloration simple du carmin ou la double coloration du carmin et de Tacidiî picrique. La coloration au carmin seul s'obtient en plaçant ensuite la pièce dans Teau distillée, qui dissout Tacide picrique et laisse le carmin seul sur la préparation. Si , au contraire , on laisse le picro-carminate tel quel sur la préparation, on a la double coloration.

Avant nous, Schwarz * a proposé une méthode compliquée où le cai^min et Tacide picrique avaient déjà un rôle. La voici. On prend un mélange de :

Créosote 1

Vinaigre 10

Eau 20

• dans lequel on fait bouillir les tissus. On les abandonne ensuite à la dessiccation; on y pratique des coupes qu'on met dans Teau distillée, puis dans une solution d'acide acétique faible. Ensuite elles sont portées dans une solution faible de carmin, puis dans une solution de :

Acide picrique 0,066

Eau ÛOO

et enfin dans un mélange de :

Créosote à

Térébenthine vieillie 1

La préparation est montée dans la résine d'Ammar.

Sulfate et acétate de rosanilme. — Ces deux substances, auxquelles on donne indistinctement les noms de fuchsine y roiuje d'aniline^ etc., se distinguent l'une de l'autre en ce que l'acétate est plus soluble dans l'eau que le sulfote, mais ce dernier Test encore très-suffisamment pour les besoins de Thistologie. 11 se dissout plus facilement dans un mélange d'alcool et d'eau ; mais comme nous n'avons besoin que de solutions très-étendues, et que l'on ajoute généralement à la solution mère 1, ^ ou môme /q

« Voy. Frey, Das Mikroskop, etc., 1871, p. 91.

102 TRAITÉ TECHiNIQUE D'HISTOLOGIE.

(IVau distillée, il est inutile d'indiquer les formules des mélanges cralcool el d'eau dont on s'est seivi pour augmenter la solubilité de ces matières.

Le [)rincipal inconvénient de ces couleurs est de teindre tout unifonnénient, de n'avoir pas d'élection; s'il y a des différences de coloration, elles tiennent aux différences d'épaisseur et de densité des éléments. Ainsi, dans une cellule plate, le noyau, qui possède une quantité de matière plus considérable que le reste de la cellule, sera coloré d'une façon plus intense. Cependant les solutions de rouge d'aniline sont bonnes pour teindre les éléments api'ès qu'ils ont été dissociés par un mélange d'alcool et (Veau. N(iuniann ' les a conseillées pour colorer les tubes nerveux après Faction de l'acide osmique. Elles teignent des éléments ([ue le carmin n'atteint pas, coumie par exemple les globules rouges du sang, quand ils ont été une fois fixés par l'alcool et (pielques autres réactifs.

Bleu (rmiiline, — Les deux espèces de bleu d'aniline indi- (|uées à la page 58 sont employées dans les recherches histologiques. Le bleu insoluble dans l'eau, en solution alcoolique, sert à injecter le système canaliculé des os. 11 colore les restes de substance cîirtilagineuse sur les os décalcifiés. Précipité par l'eau, il fournit des granulations d'une extrême finesse reconnaissables au microscope.

Ce bleu ainsi précipité a été employé par Cohnheim dans ses recherches sur rinllammation.

Le bleu soluble en solution aqueuse ou dissous dans un mélange de : alcool, 1 ; eau distillée, % colore d'une façon parfois trèsavantageuse les cellules épithéliales dissociées après l'action d'un mélange d'alcool et d'eau.

Bleu (le quinoUine, — La meilleure manière d'employer cette substance est de la faire dissoudre dans l'alcool à 36 degrés ; on étend la solution d'une partie d'eau. 11 faut se garder d'ajouter l'eau tout de suite, car le bleu ne s'y dissoudrait pas. Ce bleu a une grande puissance colorante, et il faut rem[)loyer en solutions très-faibles. A cet état, on peut en faire usage soit sur des tissus frais, soit sur des coupes obtenues après durcissement dans Talcool ou l'acide picrique.Il diffère complètement dans ses effets des

* 'Seumnnn^ Degeneralion und Régénération nach Nen'endurcbschncidungen^ in Archiv der Heilkunde, 1868, p. 193

.substances que nous venons do passer en revue. Si, par exemple, on le fait agir sur un tissu qui contient un grand nombre d'éléinenls divers comme le mésentère, on verra lesnovaux se colorer •»n beau violet, les nerfs en bleu gris, les muscles lisses en bleu, le protoplasma des cellules en bleu là où il est jeune, la graisse en bleu fonc/î.

Une fois la coloration produite , la préparation est lavée et

montée dans de la glycérine. Vingt-quatre heures après, on

remarque que les noyaux sont décolorés; le jn^otoplasma reste

bleu, et dans son intérieur ajiparaissont des granulations d'un

bleu intense; les nerfs restent d'un bleu gris; dans les tubes

nen'eux se produisent aussi des granulations bleues. Ces trranu-

lations sont formées par l(»s matières grassj»s du protoplasina

*ellulaire ou de la myéline des tubes nerveux , décomposées par

faction lente de la glycérine; cette coloration intense par le bleu

(le quinoléine appartient, en eff^t, spéciab»ment à la graisst». Rlle

se montre non-seulement sur la graisse qui est contenue dans

les cellules adipeuses, les cellules du foi(s etc., mais encore sur

celle qui îipparaît au moment de la digestion dans les rellules

épiihéliales de l'intestin.

Les préparations colorées par le bleu de quinoléine pfMivent être soumises avec avantage, au moins dans quelques cas, à Faction de la potasse à 40 pour 100. L'élection df» la matière colorante est alors complète et immédiate. Les noyaux sont incolores, le protopla.sma cellulaire, les muscles et les nerfs sont colorés en bleu riair et la graisse en bleu fomé.

Hématoxylinp. — (iCtte substanci» colorante, aujourd'hui trèsusitée dans les recherches histologiques , a été introduite' j)ar Boehmer *, qui en a bien réglé le mode d'emploi. Il fait une première solution avec

llématoxylinc 0,35

Alcool absolu 10

ot une seconde solution avec

Alun 0,10

Eau distillée 30

On verse quelques goutt(»s de la première solution dans la secondtî, et il se produit un liquide d'un beau viohH.

• Boehmet, Acratliches IntelUgenzblalt (Baicrn), 1865, n© 38.

10 i TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

Mnlf/bdate (V ammoniaque, — Krause a recommandé ce réactif à la dose de 5 pour 100; (»n vingl-qualre heures, il colon; les lissus en bleu. On obtient une coloration plusfoiie en faisant macérer ensuite les tissus dans Tacide gallique ou pyrogallique. Nous n'avons pas essayé c(» réactif.

Cftnnin iVindif/o (Tbierscb). — On traite le carmin d'indigo (voy. j»lus haut, page 58) en pâte par un mélange de :

Acide oxalique 1

Eau disliUôc 22 à 30

et Ton tiltre le licpiide. Pour avoir une solution moins colorée, il faut étendre ce blru avec de Tacide oxalique dilué.

loflo, — L'iode constitue un réactif beaucoup plus important. La fonuulc dont je me S(4'S'jsl la suivante :

Eau dislilléc 100

lodurc de potasfinm 2

lodn q. s. pour saturer.

Il faut toujours laisser au fond du llacon quelques cristaux d'iode pour saturer la liqueur. Autrement Fiode de la ^solution s(* transforme peu à peu en acide iodhydrique, qui ne coloiv pas.

L'iode colore en brun à peu près tous les éléments; cependant dans 1(» cartilage il ne colore que faiblement la substance fondamentale hyaline et la capsule, mais il teint la masse cellulaire en brun foncé. La graisse est colorée plus follement que le protoplasma. La matière glycogène est colorées en un rouge acajou, qui tranche très-bien sur la couleur brime donnée» aux autres parties p^r Taetion de Tiode. Ce réactif constitue donc un très-bon moyen pour la découvrir.

11 sert aussi à déceler la matière amyloïde, qu'il colore en brunacajou; en ajoutant ensuite de l'acide sulfuiicpi*», cette coloration passe quehpKîfois, mais pas toujours, au bleu verdAtre.

Un peut aussi enqiloyer connue réactif coloiant le sérum trèsiodé dont il a été cpiestion plus haut (voy. p. 7(5). (^e réactif es! surtout précieux dans l'étude du tissu conjonctif embryonnaire et des éléments qui contiennent la matière glycogène.

impr^Knotionit. — Xitmtc iV argent. — Ce réactif, signalé d'abord i)ar Coccius, a été beaucoup mis en usage par llis, et

lOo

suitout par Recklinghauscn', qui a commencé à en regiilarisoirap])Iication et à en donner une technique à peu près (»xacle. Pour ce réactif plus que pour tout autre, il est indispensable de se servir d'unt* bonne méthode, autrement on peut obtenir les résultats les plus contradictoires, comme nous le verrons dans la suite. C'est parce que l'emploi n'en a pas toujours' été bien réglé que Ton a contesté et que certains observateurs contestent encore^ l'exactitude des images fournies par les imprégnations d'argent; c'est au contraire un procédé qui donne les meilleurs résultats quand il est bien appliqué.

Le nitrate d'argent peut être employé en solution ou à l'état solide. [*arlons d'abord de ce dernier procédé, qui est le moins usité.

Il est d'une application simple et fournit de bonnes préparalions. On s'en s(Tl avec avantage pour la cornée et le tissu fibreux; il ne convient pas pour les épithéliums. Pour la cornée, par exemple, voici comment il faut procéder : L'œil étant enlevé, un njorceau de nitrate d'argent est passé rapidement sur la surface antérieure de la membrane restée en place. La cornée est détachée et placée dans l'eau distillée; l'épilhélium est chassé avec le pinceau. Le nitrate d'argent, dissous j)ar le licpiide qui baigne la cornée, a liaversé la couche épilhéliale et est venu se réduire sur le tissu fibreux, qu'il colore après l'action de la lumière. Les cellules, au contraire, sont ménagées par l'argent et restent incolores.

Le nitrate d'argent est plus fréqu(»mment employé en solution. On fait généralement usage de la solution à 1 pour 1(X), à laquelle on ajoute :2, 3 ou 4 parties d'eau. A cet ell'el, on aspire avec une pipette non graduée une quantité donnée de la solution , par exemple jusqu'à un trait fait au diamant sur le verre; cetttî solution est déversée dans un baquet, puis on aspire deux fois avec la pipette une quantité égale d'eau distillée q\w l'on y ajoute, et l'on a une solution à i pour oOO.

On pourra se procurer instantanément d'une façon analogue des solutions à i pour 400, i pour 500, 1 pour iOOO, etc.

Pour sr? servir de ces solutions, il y a plusieurs méthodes; il faut les suivre exactement et employer toutes les précautions indiquées, si l'on veut éviter les erreurs.

Nilratu

d*aiyeot

solide.

Solutions de nitraU* d'arg**nl.

* Voyez pour riiistorique : Recklinghausen , Zur Gcschichte der Vcrsilberungsmcthode {Arch, de Yirchow, 18G3, vol. XXVU, p. 419).

IVécauliuiis h prendre

pour

i'iiiipréi^nn-

tion.

Impréguation sur pince.

Procédé piur le» glunnes.

106 TRAITE TECHNIQUE DHISTOLOGIE.^

Ainsi, pour une membrane comme Tépiploon, il faut la tendre sur un l)a(ju(U de porcelain(> connue la peau d'un tambour, l'arroser avec un(^ pii)elle remplie d'eau distillée pour la nettoyer des albuminates et des globules blancs qui peuvent être à sa surface, puis on Tarrose avec une solution de nitrate d'argent. Pour obtenir des imprégnations vives, il est nécessaire que cette opération se lasse au soleil ou du moins à une lumière éclatîinte. Des que le lissu blancliil et (pfil conmience à passer au gris noirâtre, la membrane est délacbée et portée dans IVau distillée; après avoir été lavée, elle est placée immédiatement sur la lame de verre, et l'on eu fait des préparations définitives d'après les mélliodes qui seront indi((uées plus loin.

Si on la laissait séjourner dans Teau distillée, les cellules se délacberaient et Ton ne les verrait plus.

Si la membrane n'était pas bien tendue, l'argent se déposerait non-seulement dans les espaces intercellulaires, mais partout où il y aurait le phis léger pli, et Ton ne pourrait plus se rendre compte de la forme des cellub^s.

Si la membrane n'était j)as airos(*e avec de l'eau distillée av[int de rim])régnej , partout où il y aurait eu un fragment d'albuminate, il se ferait un dépôt d'argent, et l'on croirait voir quelque disposition normale du tissu. C'est ainsi bien souvent que des stomates ont été décrits, tandis que ce n'étaient que des impuretés de la préparation.

La métliode de l'imprégnation sur place est encore préférable. Pour examiner, par exemple, le més<mtère d'une grenouille, le ventre étant ouvert, l'intestin est tendu avec la main, et après avoir arrosé le mésentère avec une pipette remplie d'eau distillée, on y laisse tomber goutte à goutte la solution de nitrate d'argent. Ce procédé a l'avantage de p(îrm(»ttre à l'albumine et au sang qui pourraient se trouver sur le mésentère d'être entraînés par le nitrate d'argent qui s'écoule, et de ne pas occasionner sur la préparation des images trompeuses.

S'il s'agit d'imprégner une glande, par exemple la glande sousmaxillaire du cbien, on y pratique, avec un rasoir tn^mpé dans Teau distillée, une incision francbe au milieu de la masse; il y aura là uni; surface où se trouveront les différents éléments histologiques qui constituent la glande. On fait passer sur cette surface un courant d'c^au distillée, auquel succède un courant de nitrate d'argent. I^ surface blancbit, puis brunit; on lave à l'eau

distillée. Les coupes se font parallèlement à la section , elles sont parfaitement imprégnées et rendues plus faciles à fiur<» parce que la surface durcie par Targenl guide le Imjet du rasoir. Si la solution est trop faible, par exemple à 1 pour 500 ou à Coionrtion

'^ . ' * * * avec Tniigen:.

i pour 1000, ou SI la lumière n'est pas vive, au lieu d'une imprégnation, il se produit une coloration plus ou moins forle de l'ensemble des tissus, et tout autrement répailie que l'imprégnation. Ce sont les noyaux des cellules qui sont le plus colorés, puis le proloplasma, tandis que la substance intercellulaire ne contient que très-p<îu d'argent.

En général, dans une bonne imprégnation, le contenu cellulaire et surtout les noyaux n'apparaissent pas.

C/i/orure (Vor. — Ce réactif, que Colmbeim* a introduit en histologie, a été employé par beaucoup d'observateurs, surtout pour la cornée.

On fait usage d'une solution à 1 pour 200; la cornée y est plongée jusqu'à ce qu'elle prenne une couleur jaune-paille; alors elle en est retirée, lavée à l'eau distillée, et mise dans 50 grammes d'eau distillée, à laquelle est ajoutée une goutte d'acide acétique, elle tout est exposé à la huiiière. Li masse devient violette ; il se produit de l'or métallique en poudre si lîno, qu'elle n'est pas visible au microscope. On traite de la même faron d'autres tissus, en faisant durer la macération d'autant plus longtemps que le morceau est plus gros. Il convient de prendre les fragments aussi petits que possible.

Ces préparations gagnent en netteté lorsqu'elles sont conser\ées dans la glycérine, mais seulement pendant un certiiin temps; ensuite elles se détériorent, et au bout de quelques mois elles n'ont phis aucune valeur. Du reste, cette métbode, qui donne parfois de très-beaux résultats, est très-incertaine; elle échoue souvent, sans que l'on puisse découvrir aucune raison de cet insuccès : ce qui prouve que toutes les conditions de son application ne sont pas encore bien déterminées.

Chlorure double d'or et de potassium. — Ce réactif, dont Gerlach- a tiré un très-bon parti dans un certain nombre de recherches histologiques, a une action semblable à celle du chlorure d'or, seulement elle est plus certaine. Il peut être appliqué

« Cohnheim, Virchow's Archiv, 1867, vol. XXXVUI, p. 343. * Gerlachy Stricker*8 Handbuch, p. 675.

«08 TRAITÉ TECILNIQUE D'HISTOLOGIE.

dans les mêmes conditions et à la même dose; cependant Gerlaeh Ta employé en doses extrêmement l'aibles, à 1 pour 10000, soit pour colorer de la moelle durcie dans le bichromate d'ammoniaque, soit dans le but de faire apparaître sur des muscles frais le réseau nerveux terminal. Le détail de ces méthodes sera donné plus loin, à propos de ces tissus.

Acide mnnqup, — L'acide osmique sert non-seulement à durcir les tissus, mais encore à en colorer certains éléments en noir plus ou moins intensî.^, nuancé de brun ou de bleu. C'est ainsi que la mvéline est colorée en noir bleuâtre et la graisse en noir brun. Le muscle est coloré en brun clair. Nous nous étendrons davantaj^^e sur l'emploi de ce précieux réactif colorant, lorsque nous parlerons du système nerveux.

Chlorure de paUadhmi. — F. H Schuize, qui a indiqué ce réactif, remploie à 1 pour 1000. Pour que la dissolution s'effectue, il faut ajouter quelques j^oultes d'ac idc chlorhydrique; au bout de trois ou quatre jours, les tissus sont assez durs, d'après cet auteur, pour que Ton puisse faire des coupes; les muscles sont colorés en brun, tandis que la graisse reste incolore.

btipréff nation par le bien de Prusse formé att sein des tissus. — Ce procédé (Leber*) consiste à plonger d'abord la cornée (car c'est surtout pour cet organe que cette méthode a été mise en usage) dans du sulfate de ])rotoxyde de fer à 1 pour 200 pendant quel(|ues minutes, puis dans du [)i'ussiate rouge (ferricyanure de • potassium) à 1 pour 100; après cela, on lave à l'eau distillée. Nous y reviendrons à propos de la cornée.

Éclat rciHflieineiit des objet» opaqnca. — Un poiut important

de la technique microscopique est de rendre les objets plus transparents. On peut y arriver de deux façons, soit en leur faisant subir des modifications chimiques, soit en les imprégnant d'une substance qui ait à peu près le même indice de réfi*action (pi'eux-mêmes. — On peut aussi combiner ces deux procédés.

Substances qui agissent sur les tissus par modifications chimiques, — Les liciuides qui rendent les tissus plus transparents en agissant de cette façon sont certains acides : l'acide formique, l'acide chlorhydrique, l'acide acétique. C'est l'acide clef ^jldd». acétique qui est le plus généralement employé. Ces acides agissent

• LehpVy Urber cinigc anderweilige Impiagnations mclhoden dcr llornhaiite /Arch. fiirOphtliolmol., vol. XIV, p. 300). •

en gonflant certains éléments, de manière à en former une masse à peu près homogène. Ainsi les faisceaux du tissu conjonctif, plus ou moins opaques à Tétat frais, sont transformés par l'action de Tacide «icétique en une masse transparente où l'on distinguo à peine encore des stries; le protoplasma granuleux des cellules devient aussi transparent, par suite du gonflement des grains albuminoïdes dont il est composé; de cette façon les éléments qui ne subissent pas ce gonflement, comme par excmj)le les noyaux, apparaissent beaucoup plus nettement. Ce qui prouve que c'est bien là le mode d'action de l'acide acétique, et qu'il ne iait que gonfler et non dissoudre les éléments, c'est que l'on peut ramener un tissu à sa forme primitive en enlevant Tacidc que l'on a fait agir sur lui, si toutefois il n'a pas été employé à dose trop concentrée. Il y a longtemps que l'on fait usage de ce mode d'éclaircissement ; on en a même beaucoup abusé : c'est un moyen dont il ne faut user qu'avec ménagenient et dans des cas spéciaux. Du l'esté, les acides doivent toujours être employés à des doses trésfaibles; autrement on voit disparaître tous les éléments du tissu, qui se confondent en une masse gélatineuse, au milieu de laquelle on ne reconnaît plus même la trace des éléments primitifs.

Substances qui éclaircment les objets en s' interposant entre leurs éléments, — Le mode d'action de ces substances est facile à comprendre au moyen d'un exemple très-simple. C'est une expérience que chacun peut répéter. Si l'on prend xmc lame de glace transparente et qu'on la pile de manière à la briseï* en une quantité de petits morceaux, ces morceaux forment une masse opaque à travers laquelle la lumière ne passe pas. Cela tient à ce que les rayons lumineux qui traversent cette masse, passant alternativement à travers un fragment de verre et un petit espace rempli d'air, y sont réfractés suivant les sens les plus diflcrenls correspondant a leurs angles variés d'incidence, et finissent par se perdre en grande partie dans ces réfractions successives. Que Ton verse au contraire sur ce verre pilé du baume du Canada, on verra instantanément la masse s'éclaircir et redevenir transparente, fin efl'el, l'indice de réfraction du baume du Canada est à peu près le même que celui du verre ; les rayons lumineux ne passeront donc, pour ainsi dire, que par une seule substance au point de vue optique; ils n'éprouveront que peu de déviation, et la plus grande quantité d'entre eux arrivera à l'œil de l'observateur. C'est un but analogue que l'on se propose lorscjue l'on

la glyccriiie.

ilO TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

«khiircit les prr[)arations par ce second i)rocédé. Les tissus à examiner sont en effet comj)osés d'éléments divers entre lesquels une jji:rande partie des rayons lumineux se trouve sullisamment déviéi» pour ne plus arriver à Tœil; en interposant entre ces éléments des liquides qui ont à peu prés la même réfringence, on arrive; à se ])rocurer des préparations beaucoup plus transparenles. (les liquides sont surtout la glycérine, l'essence de téréhentliine, l'essence de j^irolle, le baume du Canada et la résine d'Annnar.

(ih/rvrinc. — La ^dycîérine est la substance éclaircissante par excellence; non-seulement elle s'interpose entre les milieux liistoloji:i(pies de léfraction variée, mais elle infiltre ces milieux eux-mêmes, et en rapproclie ainsi Tindice de réfraction du sien pro])re.

Prtjcauuoi.^ H faut sc j^ardcr de faire ap^ir la iirlycérine brusquement sur des î*îffif:»*l tissus frais; autrement ces tissus se ratatinent et deviennent impropres à l'observation. En effet, la glycérine, qui est trèshvgrométrique, s'enq)aredereau des tissus, et ceux-ci, manquant du soutien que leur donnait ce licpiide interposé, reviennent sur eux-mêmes. On ne doit faire agir la glycérine pure que sur des objets qui sont déjà fixés dans leur forme, c'est-à-dire qui ont été soumis préalablement à l'action de l'un ou l'autre des réactifs durcissants ou modificateurs dont nous avons parlé plus haut. Dans les cas où les tissus ne sont [)as suffisamment fixés par le réactif durcissant, il faut avoir soin que l'action de la glycérine se pro(hiis(î lentement et peu à peu. Il y a deux moyens pour atteindre w. but. Le premier est d'opérer avec un mélange d'eau et de glycérine. On dépose à côté de la lamelle une goutte de glycériuiî, et on laisse tomber à côté d'elle une ou plusieurs gouttes d'eau; avec la pointe de l'aiguille, les deux gouttes de liquide sont mélangé(is, et animées au bord de la lamelle sous laquelle elles pénètrent par capillarité, surtout si l'on a soin de placer à l'autre bord de la lamelle un petit morceau de pa[)ier Joseph en com- Mumication avec le liquide qui imbibe la préparation. Le papier Joseph absorbe par capillarité le liquide qui se trouve sous la lamelle, et celui-ci est peu à peu remplacé par le mélange d'eau et lie glycérine ; une fois que ce premier mélange a pénétré le tissu, ou peut, si c'est nécessaire, déposer au bord de la lamelle une goutte de glycérine plus concentrée ou môme de glycérine pure (pie l'on y fait pénétrer de la môme façon.

L'autre moyen pour produire lentement Faction de la glycérine consiste à en placer une goutte au bord de la préparation et en contact avec le liquide qui Timbibe, après avoir fixé les quatre coins de la lamelle au moyen de la paraffine. De cette façon, la glycérine pénètre dans la préparation progressivement, au fur et à mesure que s'évapore le liquide qui l'imbibait.

En jrénéral, il ne faut pas faire agir la glycérine sur des tissus frais délicats ; ils y deviennent en effet si transparents au bout de quelques heures, qu'il n'est plus possible d'y distinguer aucun t'Iément.

Sur les pièces durcies par l'alcool, l'acide chromique et les autres réactifs qui obscurcissent les tissus (et ce sont ceux où elle agit avec le plus d'avantage), l'action de la glycéiine se produit lentement, mais elle se poursuit constamment, de telle sorte que des préparations opaques, qui paraissent au premier abord n'étn» pas modifiées du tout par la glycérine, deviennent au bout de quelque temps parfaitement transparentes.

Essence de térébenthine, — On ne peut mettre directement dans l'essence de térébenthine que des préparations sèches ; si l'on y mettait des préparations humides, on les remhait plus obscures au lieu de les éclaircir. En effet, conmie l'essence de térébenthine n'est pas miscible à l'eau, il y aurait des éléments où Teau séjournerait, et d'autres qui s'imbiberaient d'essence de térébenthine; les mvons lumineux se briseniient aux surfaces de séparation de ces milieux, et l'objet deviendrait o])aque.

Il ne faut donc pas employer l'essence de térébenthine directement pour les préparations à l'eau, mais substituer d'abord à l'eau un corps qui puisse se mélanger avec l'essence. A cet effet , on commence par tremper les préparations dans un mélange d'alcool et d'eau, puis dans l'alcool ordinaire, enfin dans l'alcool absolu, et quand toute l'eau a été ainsi chassée de la piéparalion, on la trempe dans l'essence, qui peut alors se mêler d'abord à Falcool et puis s'y substituer. Il est nécessaire de faire agir des mélanges d'alcool et d'eau de plus en plus forts avant d'arriver à l'alcool absolu, si l'on veut éviter le ralatinemenl qui se produit sur les parties délicates par l'action brusque de l'alcool. Les préparations traitées par l'essence de térébenthine deviennent si transparentes, que l'on peut à peine y n^c'onnaîlre le contour des éléments. Aussi cette méthode convient-elle pour les préparations où les vaisseaux ont été injectés. Elle fait disparaître tout, excepté

IIV THAITK TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

riiijiMlinii. Klliî est aussi d'un fort bon usage pour des tissus ditu : W ijiM'Is on a prf'alablement coloré certains éléments à l'aide «Ir réai li(^ divers : ainsi les noyaux et les cylindraxes colorés par Ir rannifi apparai.>sent trés-nottenient dans les préparations à la léf élicntliine,

l'!tsrnrr //e f//ro//e ou (F œil/et. — Cette essence a un indice de i/rriirlifin plus élfné ([ue la précédente et un pouvoir éclairrih'iinl plus ronsidéral)l(î. Il n'est pas nécessaire que la déshydr.ilatioîi d<*s pirces [kw Talcool soit aussi parfaite qu'avec \'i'>^rw(t ilt térélxMitliine. Elle est donc préférable, d'autant plus qu'i'lh' a mut a^réabln odcuj'.

Il ne serait pas coniniode de conserver les préparations dans j'unrou l'aulrr* d(î ces csscMices sans les fenuei'; mais en praliqu:uit l'inclusion dans 1(^ baume ou dans un vernis, comme nous allons le dire, on obtient des préparations qui se conservent fort bien.

liaiuno (lu Canada. — Pour em|)loyer cette substance, on la ilissout dans la térébentliine, ou mieux encore dans le chloroforme. Suivant la quantité de chloroforme que Ton y ajoute, on peut lui donner des de«;!:résdt^ consistance variés.

livshu* dWtnntar, — On emplt)i(» cette résine en solution dans la térébenthine ; elle a sur le baume du Canada l'avantage de ne pas présenter une teinte jaune.

CHAIMTRK I\

MÉTHODES POrB l\JKCTKR IJtH VAISSEAUX KT LES

CO\Di;iTS <»X.

I/»s injections sont employées en histologie dans plusieurs buts dilVérents : ,

I ' Pour sépan»r les éléments les uns des autres par Finterposilit>ntle subst:mces qui u'oni pas de fiu'uie. Nous (»n avons déjà p.uié plus haut à propos dt* la dissociation (voy. page 71 ), et nous \ reNit»udnms encon» à [u*i>pos do quelques tissus; nous n'en reparlenuis pas ici.

i' Pour consener ou durcir des organes avant d'en faire des préparations. Lorsque les organes que l'on se propose de faire dureii* par l'alcool et quelques-unes des solutions indiquées plus haut ont un volume tel que la diffusion de ces substances ne pouri-ail s'y produire assez rapidement, on les injecte dans les vaisseaux sanguins, et elles arrivent ainsi, après avoir traversé la paroi de ces vaisseaux, à tous les éléments de l'organe. A côté de Fa^'antage d'un effet plus complet, il en est un autre qui a une grande importance, au moins dans quelques cas : c'est de fixer instantanément, pour ainsi dire, les éléments dans leur forme et dans leurs rapports.

Les substances employées pour ces injections sont : Talcool à 36**, l'alcool absolu ; les solutions d'acide chromique de :2 à 5 pour 1000; les solutions de bichromate de potasse et d'ammoniaque de 2 à 5 pour 100; l'acide osmique à i pour 100 et a 1 pour 500, etc.

â* Pour étudier la configuration de canaux limités et les détails de leur structure. C'est de ces dernières injections seulement que nous nous occuperons ici. Nous aurons à étudier d'abord les matières que l'on injecte dans les tissus, et que Ton appelle massed, et les procédés employés pour les faire pénétrer.

Page 1