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DÉVELOPPEMENT DES OS LONGS

Le développement des os longs doit être étudié au moyen de coupes pratiquées sur des os d'embryons ou d'animaux en voie décroissance. Pour obtenir ces coupes, il est nécessaire de placer d'abord les os dans des réactifs divers qui tous doivent agir eq dissolvant les sels calcaires, tout en conservant la forme des parties molles aux dépens desquelles se forme le tissu osseux.

Le procédé de décalcification le plus usité consiste à plonjrer ProcAkJ de

. ^ * r D dëcalcificalion

Icsosdans une solution d'acide chromique, de 2 à 4 pour 1000. «ide In os long d'embryon très-jeune, placé dans 100 à 200ccntiraèlres cubes de ce réactif, y est complètement décalcifié au bout de quelques jours. Mais, si cet os est plus volumineux, comme le fémur, le tibia, l'humérus d'un enfant nouveau-né, la solution d'acide chromique devient insuffisante, et quand bien même on l'a renouvelée plusieurs fois, Tos n'est pas encore décalcifié dans toute sa masse. Du reste, pour étudier le développement du lissu osseux, un os entier n'est pas nécessaire ; il suffit d'avoir le cartilage d'ossification avec la petite portion du tissu osseux qui lui fait suite. On divisera donc, au "moyen de la scie, l'extrémité d'un os long, et celle-ci placée dans une solution chromique convenable sera décalcifiée au bout de peu de jours, surtout si l'on a soin de renouveler plusieurs fois la solution.

In os complètement décalcifié peut être coupé avec le rasoir, DKiis la différence de consistance des diverses parties rend trèsdifficile de faire des coupes minces et égales. Pour éviter cette difficulté, il faut, à sa sortie de la solution d'acide chromique, laisser la pièce vingt-quatre ou quarante-huit heures dans l'eau, puis la mettre dans l'alcool ; la différence de consistance entre fa divers tissus diminue, et les coupes sont plus faciles à faire. B est.essentiel de laisser dégorger la pièce dans l'eau avant de la Dïettre dans l'alcool, autrement il se produirait dans les tissus Wi précipité chromique granuleux.

Une autre méthode consiste à placer le fragment d'os d'abord ^ l'alcool absolu pour en fixer les éléments, puis dans une ^lution concentrée d'acide picrique qui le décalcifie et qui a sur lucide chromique l'avantage do ne pas donner de précipité avec '^cool. Ensuite la pièce est mise dans une solution sirupeuse

de gomme arabique pendant vingt-quatre heures et enfin dans l'alcool. Les coupes sont laissées vingt-quatre heures dans Teau pour les dégommer.

Lorsque les coupes ont été pratiquées après décalcification du tissu, soit par l'acide chromique, soit par l'acide picrique, on les soumet d'habitude à la coloration par le carmin ou par le picrocarminate, et c'est alors seulement qu'on voit que les préparalions faites au moyen de l'acide picrique sont supérieures, parce que les cellules et les noyaux, qu'il importe à un haut degré de suivre dans leurs diverses modifications, se colorent très-bien, tandis que, dans les préparations faites au moyen de l'acide chromique, ces cellules se colorent mal ou ne se colorent pas du tout. Cependant ces dernières préparations ont des qualités remarquables, en ce sens que la substance intercellulaire du cartilage d'ossification et les jeunes travées osseuses, tannées pour ainsi dire par le réactif, possèdent des formes plus accusées, ^coioraiion^ Dernièrement, j'ai trouvé un réactif, la purpurine, qui après l'action de l'acide chromique , colore admirablement les différentes cellules que l'on trouve soit dans le cartilage, soit dans l'os en voie de développement. L'emploi de cette matière colorante entre pour une part dans le mode de préparation qui m'a donné les résultats les plus nets.

Un os long d'un embryon humain de ') à 5 mois ou un os court d'un petit animal en voie de croissance, d'un jeune lapin ou d*un chien nouveau-né, est placé d'abord dans une solution de bi'-* chromate d'ammoniaque pendant une semaine, puis dans un^ solution abondante d'acide chromique à 4 pour 1000. Lorsqu'il est décalcifié complètement, il est laissé pendant vingt^quatreou quarante-huit heures dans de l'eau que l'on renouvelle plusieurs fois; puis, quand il a abandonné presque tout l'acide chromique qu'il contenait dans son tissu, on le met pendant trois ou quatre jours dans une solution de gomme ayant la consistance d'ua sirop peu 4pais. Finalement, il est porté dans l'alcool qui lui donne au bout de vingt-quatre ou trente-six heures une excellente consistance pour permettre des coupes fines que l'on Eût au rasoir à main libre ou au microtome. Ces coupes, laissées pendant vingt-quatre hcuies dans de l'eau distillée pour dissoudre la gojtmie, sont colorées ensuite par \m séjour de vingts quatre ou quarante-huit heures dans la solution de purpurioQ préparée comme il a été dit page '^80.

Toute cetle inaDipulation est un peu longue, encore avonsnous omis de dire que, pour obtenir des préparations vraiment

démonstratives, il est nécessaire d'y soumettre des pièces dont

les raisseaus ont été préalablement injectés avec du bleu de

Prusse soluble additionné de gélatine

{ivj.f. 121). Mais on sera bien récompensé de toutes ces peines par la bonne

qualité des préparations et la possibilité

d'y reconnaître ceitains détails de structure qui échappent complètement sur

les autres.

Pour avoir une idée générale du dé-

teh^ment d'un os long, examinons

une coupe longitudinale d'un de ces

of. pris chez un très-jeune embryon,

Ule à l'iûdc d'une des méthodes que

nous venons d'indiquer. Si celle coupe

pisse par l'axe de l'os et comprend le

cartilage épiphysaire, le périoste et l'os

proprement dit, on y dislingue, à l'ceil

ou ou avec un faible grossissement, deux

parties bien différentes l'une de l'autre.

La ()arlie centrale nt (fig. 15-i) a ta

forme do doux triangles opposé;; par le

wnunet cl dont les bases sont à chaîne des extrémités du cylindre os-

•cuï; b partie externe ni' s'étend de

là jusqu'au périoste. Ces deux couches

wnl bien distinctes l'une de l'autre

parleur origine et leur structure. L'une

Wrespond à l'os cartilagineux, l'autre,

i l'os {>ério.stique. A cetle période, l'os

tout entier pourrait être représenté pai'

l( schéma suivant : un sablier, ligurant

Tu cartilagineux , est placé deboul dans un vase cylindrique tfù représenterait le périoste , et l'espace compris entre les deux correspondrait à l'os périostique.

L'os cartilagineux se termine nettcmrnl. par une ligne droite culégèreaient sinueuse s, la ligne d'ossilication. Aux deux extrém'^i de cette ligne, l'os empiète sur le cai'tilage et y est compris

InnRiMSTiuk

Fie. 152. — Coupe longitu- [linale de l'humérus J'un embrpn île diien, faîlc apTÈi [lûcalciflcalion par l'aciile picrique el tlurcissenieiit par la gomme et l'alcool. ColDratioiiBvec le picrocarrainale. — a, itle cartila),'meuse ûc l'os ; m, os varlilaetneux; m', os pûrinstique ; c, «ncochci il'oisilIcaUon ; a, tirtil.igc si^rié; p, p6riosle.

de chaque côté dans une encoche. C'est ce que nous avons décril

sous le nom d'encorhe d'ossiiication'.

Elle correspond évidemment à un sillon circulaire toul autour du cartilage épipliysaire. Nous verrons bientôt qu'elle a \m grande importance dans l'explication des phénomènes de l'ossification.

Nous allons maintenant revenir a\ec plu« de détails sur chacune des parties que nous venon-- d'mdiquei , et nous étudierons

Fie. 153. — Métacarpien d'un «iiibrjuii <lc chien. Coupe longiludiualc puui l'axe de l'oi, faite après décale ïlicali on par l'acide cliromiquc. Colwalïoi ■■ carmin. — m, Ilot central calcifié; n, cartilage fcBlnl; r, croûte ounu pi<^ cliondrale i p, périoste et périchandre. — d3 dîam.

successivement la ligne d'ossiiication ei te processus de Ii tion de l'os cartilagineux, puis l'encoche d'ossification et li veloppement de l'os périostiquc.

o»e«rtiiasinetux. — L'os en voie de développement (fig. I5i que nous avons pris d'abord pour type ne représente pas le p mier sladc du développement du tissu osseux. Pour i l'apparition du premier point d'ossification, il faut prendre d un embryon un os dans lequel on dislingue, au milieu de ta rr

> Complet rendus de l'Acad. des se, lO novembre 1873.

DÉVELOPPEMENT T)U TrSSl' OSSEITX. A3:i

Jiitlajrineuse u-ansparente, une tache blanche opaque. Comme luus les os ne sont pas à la fois à la même période de leur déloloppement. on peut un trouver à ce premier stade sur un embnoQ dont les os longs sont assez développés pour fournir une frri'paration comme celle qui est représentée fig. lô-^. Une coupe lîiinrp, faite a\oc un scalpel ou un msoir à Iranchanl dur au nitcau d'un point d"ossirication tout à fait à son début, permet lifmastaler â l'oxaracn microscopique qu'il consiste en un dépôt olcairc qui se produit autour des capsules de cartilage. l,es sels ihireA des os étant attaqués rtilissous par l'aride chtorhj- Jriqiie, on pourrait se senir it«l aride pour ramollir le inint d'wsifitiation et y faire m>iiil(? des coupes à l'aide du ra»ir;mais les prépaiatious oNinues ainsi ne sont \\n> ncllfs, parce que l'acide rlilorhïJrique produit des rnodiliations trop considérables Jâii les éléments cellulaires lu'il importe de conservei'.

Ln procédé bien meilleur «iiMrti' à mettre Vos tout en- % itins ITtO à dOO cCTtiméiJ^oibe!) d'une solution d'atiJeclironiiqucàipour llXKI.

Aubuut de deux jours, la dénlciliration est complète, sans que la forme des éléments anatouiiques délicats soït sensiblement •lu-réi}, el il est Cicile alors de faire des coupes qui comprcnneni Ifiarlilageet le point d'ossitieation. Ces coupes présentent, dans bjortie qui était iuiiltrée de sels calcaires el qui maintenant est iléciilciJiée, des capsules plus grandes que dans le reste du carti- Içc, arrondies el caractérisées par un double contour. Sui' des ^forations conservées dans la glyc/'rine, on y reconnaît que le ^lopla^^ma de la cellule remplit toute ta cavité (uipsulaire et contient nn noyau vésiculcux (fig. 15i). Ces cellules ne reviennent >nc pas aussi facilement sur elles-mêmes que les autres cellules 4a cartil^^e, car dans ces dernières, étudiées dans les mêmes

Hami», RUdil. 'IS

a. Mi. — Corlion cenirale, ioflltric de teh c«lc»ire«, du inéUcirpien tcprâsfliilË dans U fleure 153. — o, lub- ■lance toHJametilala du cartiliEe; 6, capcuks; c, matie cellulaire; n, nojiu; g, lone gnaahase du pmtoplaiiM autour du noyau. — 330 diam.

434 THAITK TECHMQUK D'HISTOLOGIE.

('onditions, la glycérine détermino une rétraction considérable. Tout autour du point calcifié, les capsules caililagineuses forment des séries rayonnées et deviennent de plus en plus petites à mesure qu'elles s'en éloignent. (Fig. 153.) Croule Immédiatement au-dessous du périchondre et au niYcau de la

osseuse péri- i «r» » «i • . i » • i • i «

chondraie. zonc calciliec, il oxistc uuc couchc specuue qui enveloppe los cartilagineux comme d'un manchon. Cette couche (c fig. 153), que je désigne sous le nom de croûte osseuse périchondrak\ l'orme le premier rudiment de l'os vrai. Elle est composée de cellules incomplètement enfouies dans une substance solide qui, après déc^dcilication dans l'acide chromique, se colore fortemenl en rouge par le ciu'min, tandis que la zone calcifiée centrale, trai. tée de la même façon, demeure incolore. C'est là un caractère important, car, ainsi qu'on le verra dans la suite de ce chapitre, toute substance osseuse de nouvelle formation, après qu'ellea été décalcifiée, se colore en rouge par le carmin, tandis que les restes de la substance cartilagineuse demeurent incolores ou ne sont que faiblement colorés, après l'action même prolongée de ce réactif. Ace moment, le cartilage ne contient point encore de vaisseaux, pas plus dans sa partie hyaline que dans sa partie calcifiée. Par contre, le périchondre en possède, comme on peut le voir sur (les pièces dont hî système vâsculairc a été injecté, et c'est seulement dans leur voisinage qu'il se forme du tissu osseux vrai j)Our constituer la ci'oùte osseuse périchondrale. A cette époque, le point d'ossification est simplement ossiforme. Il ne s'y développe du véritable tissu osseux qu'après que les vaisseaux venus du périchondre y ont pénétré et y ont creusé des espaces médullaires. Elude Après avoir décrit ce premier stade de l'ossification du carti-

d^sûîciSin. 'î^r^ fl^' consislo dans une simple infiltration calcaire, reprenons maintenant l'étude de la ligne d'ossification. En l'examinant à l'œil nu ou à la loupe, sur un os frais de nouveau-né, divisé suivant sa longueur avec un scalpel, nous pourrons facilement, à son niveau, reconnaître plusieurs couches distinctes :

Au cartilage fœtal hyalin succède une zone également cartilagineuse, mais plus transparente et présentant un reflet bleuâtre bien net. Au-dessous de celle-ci conunence brusquement une couche opaque d'un gris jaunâtre à laquelle fait suite le tissu osseux embryonnaire, caractérisé par une apparence spongieuse

> Comptes rendus, 10 nov. 1873.

el par une coloration rouge due à la présence de vaisseaux remplis de sang.

Si nous examinons, avec un grossissement de 300 à 400 diamètres, ces différentes couches sur la coupe d'os d'embryon dont nous avons décrit plus haut la disposition générale (fig. 152), nous distinguerons dans le cartilage fœtal les capsules anguleuses qui le caraclérisenl. Dans la couche du cartilage qui a un reflet bleuâtre elqui touche à la ligne d'ossification, les cellules sont plus volumineuses que dans le cartilage fœtal. Leur forme, leurs dimensions el leur groupement varient dans les différents étages de cette candie. Ainsi, d'abord rondes et réunies en petits groupes, elles forment bientôt des séries longitudinales, d'autant plus longues qu'elles sont plus voisines de la couche osseuse. Les cellules qui composent ces séries sont aplaties les unes contre les autres et présentent un arrangement semblable à celui des piles de monnaie. Ces piles (a, fig. 155), qui sont toutes disposées suivant Taxe de l'os, sont à peu près parallèles, et enlre elles il reste des colonnes de substance cartilagineuse (6, fig. 155) transparentes et striées suivant leur longueur.

La couche calcifiée sous-jacente est formée des mêmes élé- Couche ments; seulement les cellules cartilagineuses y sont devenues arrondies, et les cavités qui les contiennent présentent des bords nets. Les colonnes de substance cartilagineuse situées entre les piles que forment ces cellules paraissent constituées par une subîtonce fortement réfringente et homogène, si la décalcificiition est complète, ou bien elles sont semées de granulations fines et cepen- <hnl distinctes, si les sels calcaires n'ont été dissous qu'en partie. A la limite de cette couche du coté de l'os, les cavités cartilagineuses s'ouvrent les unes dans les autres pour former des cavités plus grandes, anfractueuses, entre lesquelles subsistent les colonnes ou les travées longitudinales de substance fondamentale du cartilage. Ces travées sont limitées latéralement par une ligne 'eslonnée en creux; elles demeurent incolores sur les préparations Inûlées par le ciu'min.

Dans la couche osseuse proprement dite, elles sont boidées ^Tun liséré plus ou moins épais d'une substance colorée en rouge pw le carmin (w, fig. 155). Dans cette bordure rouge, on aperçoit, «ïonpasau point où elle commence à apparaître, mais un peu plus Wn,des corpuscules osseux (p, fig. 155), tandis qu'il n'y en a J^is dans les travées qui représentent des restes de la substance

cartilagineuse. Les premiers espaces médullaires limités par ces travées contiennent de petites cellules colorées en rouge parle carmin et des anses vasculaires que Ton ne distingue bien que dans les préparations laites sur des pièces injectées.

En résumé, la zone du cartilage qui, à Tœil nu, se montre transparente et à reflets bleuâtres correspond à celle où les cellules sont disposées en séries longitudinales. Nous désignerons le tissu qui la forme sous le nom de cartilage sérié. Dans la zone qui, à Tœil nu, est gris jaunâtre, on observe au microscope une infiltration calcaire simple du cartilage. Il n'y a pas encore là du véritable tissu osseux. Nous appellerons ostéoïde cette dernière couche, réservant le nom de couche osseuse seulement à cette portion où, le long des travées qui séparent les premiers espaces médullaires, s'est déposée de la substance osseuse et se sont produits des corpuscules osseux.

Tels sont les principaux laits relatifs au développement du tissu

osseux aux dépens du cartilage. Leur étude soulève une série de

problèmes pour la solution desquels il faut un examen plus attentif

ou le secours d'autres méthodes.

Proliféraiion Une première question est de savoir si, dans le processus

des cellules de *■ . . *

cartilage, d'ossificatiou, les cellules cartilagineuses prolifèrent.

La multiplication des éléments cellulaires se produit dans toute la portion du cartilage que nous avons appelée cartilage sérié. Pour le reconnaître, on peut suivre deux méthodes : La première consiste à pratiquer sur le cartilage frais des coupes minces qui sont placées immédiatement sur la lame de verre , soit dans une solution concentrée d'acide picrique, soit dans une solution d'alun à 1 pour 200. Dans ces conditions, les cellules n'étant pas ratatinées et leurs noyaux étant très-apparents, on yobsene, à l'aide d'un grossissement convenable (300 à 500 diamètres) toutes les phases du processus de multiplication cellulaire : deux novaux dans l'intérieur d'une même cellule, deux cellules dans une même capsule, en contact ou séparées par une lamelle de substance cartilagineuse excessivement mince (voy. fig. 92).

Le second procédé est celui que nous avons indiqué au début de ce chapitre (p. 4r30) et qui consiste à faire subir à l'os une série de préparations par le bichromate d'ammoniaque, l'acide chromique, etc., et la coloration j)ar la purpurine. Sur des coupes longitudinales des phalanges d'un embryon humain de quatre mois et demi à cinq mois, on peut observer ainsi dans le cartilage qui

liinile la ligne d'ossification tous les signes d'une multiplication cellulaire Irès-active; dans -'i ^wliz qui était infiltrée de sels calcaires, certaines capsules contiennent même trois, quatre ou un nombre plus considérable de cellules distinctes possédant chacune un noyau.

Ainsi se trouve confirmée cette donnée générale que j'ai signalée il y a longtemps déjà : Aussi bien à l'état physiologique qu'à l'état pathologique, toutes les fois qa^^ dans un cartilage ayant subi rinfiltration calcaire de sa subsUmce fondamentale, les cellules poursuivent leur mouvement demaîtipiication, elles redeviennent embryonnaires et perdent la propriété de former autour d'elles de la substance cartilagineuse*. C'est pour cela que, chez les embryons très-jeunes, dont par conséquent le mouvement formateur est très-actif, il existe dans la partie calcifiée du cartilage d'ossification 'des capsules qui, contenant un certain nombre de cellules libres, ont perdu la propriété de produire autour d'elles de la substance cartilagineuse sous forme de capsules secondaires.

Un second problème est le suivant : Lorsque l'infiltration cal- cause

. de l'ouTerlure

caire est produite, quelle est la cause de l'ouverture des capsules des capsules. les unes dans les autres? qu'est-ce qui détermine la résorption des parois et donne naissance à ces grandes cavités anfractueuses qui constituent les premiers espaces médullaires ? Quand on étudie attentivement cette destruction des parois, on remarque qu'elle ne se fait pas dans une direction quelconque, mais seulement dans le sens de la croissance des vaisseaux.

Pour s'assurer de ce fait, il faut l'étudier sur des pièces dont le système vasculaire a été injecté. Ces injections présentent ici quelques difficultés, parce qu'à cette période de leur développement les vaisseaux sont formés de cellules molles faiblement soudées entre elles et ont par conséquent peu de solidité. Aussi faut-il choisir non pas des embryons, mais des animaux en voie de croissimce (un lapin de deux ou trois mois par exemple), chez lesquels les vaisseaux ont des tuniques un peu plus solides, parce que le développement y est moins actif que chez l'embryon. Il faut employer une masse formée de bleu de Prusse en solution aqueuse ou additionné de gélatine (p. 121). L'injection

I De quelques ppiots relatifs à la préparation et aux propriétés des cellules de cartilaf^e. Journal de In physiologie, t. Vf, 1865, p. 577. , .....

doit être faite dans Tanimal entier el préférablemenl par le bout central d'une des carotides. Après pela, les os sont enlevés avec soin, y compris le périoste, et placés dans ralcool, pour être soumis ultérieurement à la décalcification par Tacide pîcriqoe. Les coupes sont colorées par lepicrocarminate. On obtient encore de meilleurs résultats en traitant les os injectés par le bichromate, l'acide chromiquc, etc., et en colorant les coupes par la purpurine (voy. page irW).

Sur les coupes longitudinales des grands ou des petits os longs, examinées dans la glycérine ou dans le baume du Canada, od voit les vaisseaux sanguins, remplis de la matière colorée, partir de la moelle centrale et envoyer du côté du cartilage des rameaux qui, on s'insinuant dans les premiers espaces médullaires, arrivent jusqu'à la ligne d'ossification. Situés entre les travées cartilagineuses, ils s'avancent jusqu'au plafond de ces espaces et s'y recourbent pour former des anses dont la convexité est en rapport direct avec une capsule de cartilage destinée à disparaître bientôt.

des ^II^Maux ^^^ de bonnes préparations, cette disposition est tellemeol j^J^tiôn nette, qu'il est impossible de ne pas reconnaître que les vais-

Ito wIÎué^! seaux jouent un très-grand rôle dans la résorption du cartilage d'ossification.

Du reste, des bourgeons vasculaires peuvent déterminer la résorption du cartilage non-seulement sur la limite de rossification, où il y a infiltration calcaire, mais on d'autres points. Ainsi, par exemple, dans latolc du fémur du lapin, du chien, etc., aumomeul de la naissance, un bourgeon venu de la moelle, composé d'une série d'anses vasculaires superposées, s'avance au delà de b limite de l'ossification, pénètre dans le cartilage et y creuse des canaux ramifiés.

Cependant les histologisles no s'entendent pas sur les causer qui déterminent la formation et l'agrandissement des espaces médullaires. Ils ne s'entendent pas non plus sur le rôle des ceUule> du cartilage dans le processus de l'ossification.

D'après H. Mûller*, au niveau delà couche ostéoïde, les capsules ouvertes laissent proliférer d'une façon active les cellules qu'elles contenaient. Ces cellules, libres dans les premiers espaces

1 H. MùUer. Ueber die Enlwickelung der Knochensubstanx, etc. Zciticknfi /vr wissensch. Zoologie, i, IX, 1858, p. 168.

médullaires, deviennent des cellules do la moelle, et, comnie les autres cellules médullaires, peuvent ensuite former des corpuscules osseux. Mùller reste dans le domaine des faits observables ; 0 n*émet pas d'hypothèses sur la cause qui amène la résorption delà paroi caililagineuse.

Lovén*, au contraire, dans un travail publié en 1868 en langue suédoise, soutient que les cellules embryonnaires de la moelle arrivent avec les vaisseaux dans les premiers espaces médullaires el y végètent avec eux ; ce sont ces cellules qui, d'après lui, aidassent sur la substance cartilagineuse calcifiée, la rongent pour ainsi dire et en absorbent les débris, de manière à agrandir peu àpeuces espaces médullaires et à leur donner la forme festonnée carteléristique. Cet auteur n'indique pas ce que deviennent les cellules de cartilage.

D'un autre côté, Stieda^ dans un mémoire publié à l'occasion duSO'anniversiure de la Société des médecins de Riga, partant de celle idée de Duhamel, de Flourens, d'OUier, etc., que le périoste est par excellence l'organe formateur des o«, admet que l»*s vaisseaux sanguins du périoste» convoient des prolonpcunents dans l'intérieur de Tos, s'v ramifient e( entraînent avec eux une partie des cellules qui doublent l<» périoste et dont il sera question plus loin. Ce .^ont ces cellules qui, en se multipliant, formeraient toute la masse cellulaire de la moelle; le cartilage n'y aurait aucune pail.

Pour ce qui est de l'origine des cellules médullaires, il nous ,io?c£os ^mble qu«» les assertions de Lovén et de Stieda sont trop absolues. Xos observations nous ont amené à d'autres conclusions. En choisissant bien les objf^s d'étude, ('(^st-à-dire en prenant desembnons très-jeunes où le processus du développement est 8rtif, pour qu'il soit aisé de le suivre, on peut voir, sur de bonnes préparations, les cellules de cartilage, devenues libres après l'ouverture de la cai)sule qui les conteuîiil, concourir à la formation des cellules qui remplissent l'espace méduUairr^ nouvellement formé. Nous avons nettement observé ce fait chez des embrvons

^iûvén, Studier och uiidersdkiiin^ar ùfvcr beiivàruadcii, furnâmligast med af- Meade pu dess ulwccklin^, aualysé dans Qunin'i Anatomy, p. CX, parSharpey, et dooi un extrait a él«*' publié en 1872 dans les Comptes rendux de In Société physkjmédtcale de Wurzbour(ç.

^Stiedn. Die Bildun{i; des Knuchc.'fçewfhns, L.eipzi(?, 1872.

mntuUaires.

440 TRAITK TKCHNIQUE D^HISTOLOOIE.

Iiumains de qualre mois et demi à cinq mois. Les os d'un jeunf dauphin nous ont aussi fourni à cet égard des préparations Irèsdémonstratives, j)arce que chez cet anirnal le travail d'ossiûcation est relativement lent, cl qu'au lieu de se produire suivant une ligne droite, ou à peu près droite, il est irrégulier.

Quant à la cause qui amène la résorption de la capsule cartilagineuse, si c'él^'iicnt, comme le pense Lovén, les cellules médullaires qui la rongent, on ne s'expliquerait pas pourquoi c€Ue résorption no se ferait que suivant Taxe de Tos, et pourquoi les espaces médullaires ne s'iigrandissent qu'en longueur. Les travées cartilagineuses qui les séparent sont respectées, et cependant elles sont recouvertes de cellules médullaires dans toute leur étendue.

Tous les observateurs qui étudieront la résorption du caililage sur des pièces injectées seront certainement frappés de ce fait que cette résorption se fait suivant la direction des vaisseaux. Presque toujours ces vaisseaux sont parallèles à l'axe de l'os; mais on peut quelquefois aussi voir des bourgeons vasculaires qui ont une^direction transversale, et dans ce cas la résorption se fait à leur niveau et suivant le sens transversal. C'est ainsi que les premiers espaces médullaires présentent bientôt des communications latérales plus ou moins larges, et tel est le mécanisme de la formation du tissu spongieux.

Chez les très-jeunes embryons, où le développement est trèsactif, on observe quelquefois un fait (|ui vient à l'appui de noire opinion. Les premiers alvéoles du tissu osseux paraissent complètement reriiplis par des globules rouges du sang, de telle sorle que la limite du cartilage du côté de l'os semble formée par une hémorrhagie. Mais, en étudiant attentivement des préparations très-minces, faites d'après les méthodes déjà indiquées, on aperçoit, à la périphérie de chaque masse sanguine qui remplit les alvéoles, des noyaux colorés en rouge; il est probable que ces noyaux appartiennent à des cellules qui limitent des vaisseaux, et que l'on n'a pas affaire là à une hémorrhagie, mais à une dilatation tellement grande des anses capillaires terminales qu'elles remplissent exactement les premières cavités médullaires. Il n'y a pas de cellules de la moelle dans ces cavités, et cependant la résorption du cartilage se produit.

dJi3stii?c.> ï^^^ coupes longitudinales des os en voie de développement, décalciliés par l'une des méthodes précédemment indi^iuées, nous montrent, lorscprellcs ont été colorées par le carmin, la substance

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