‹ Traité technique d'histologieChapitre 44 sur 106 · VM · texte numérisé non relu

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Sur la face extornc do l'os on voit le périoste, ronslilué par des faisceaux de tissu conjonctif, envoyer dans son intérieur des fibres qui s'y comportent comme les libres directrices de la membrane d'ossification. En certains points, là où la coupe présente une direction convenable, ces faisceaux, coupés en travers, pressés les uns contre les autres et pris à moitié dans le jeune tissu osseux, fournissent des lijîures semblables à celles que Ton observe dans lacoupe transversale d' un tendon ossilié des oiseaux.

Toutes ces libres sont destinées à devenir des fibres de Sliarpey, et c'est pour cela qu'il y a une si f»rande quantité d<»

ces dernières dans les os plats du crâne à Tétai adulte (tig. lb;l). Elles y foiTiient un svstéuK» réticulé complexe dans lequel elles se lapprocbent en certains points, s'écartent dans d'autres et linalement se terminent à la péripbérie des systèmes de lia vers.

HÉSUMIÎ Dt DÉVELOPPEMENT DU TIî?SU OSSEIX

Fir.. IG3. — Coupe tiansversalo «lu fronlal du cliieii atlulle, faite sur Cos sec, puis décalcifice par Caiide chloiliydiique. — S, fibres de bharpey ; — c, corpuscules osseux ; r, canal vasculaire eulouré d'un svslènu* de lamelles où les libres ne p»''nèlre ni pas. — ÛOO dlani.

Les OS appartiennent au vaste système qui constitue la cbarpente de Tor^fanisme, c'est-à-dire qu'ils concourent avec les cartilages et tout le tissu conjonctifà la l'ormation du squelette du corps et des organes. Il n'est dès lors pas surprenant (pi(» le cartilage et le tissu conjonctif puissent prendre part à leur développement.

Nous avons vu lesmass«'S cirtilai^iiieuses du corps être en continuité avec le tissu fibreux du j^ériiliondre, avec les lijraments et

ifiO TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

avec les tendons ; de même les os sont en continuit«'^ avec les cartilages, avec le tissu libreux du périoste, avec les ligaments et avec les tondons. Cette continuité est établie à Taidc des fibres arcifonnes, perforantes ou de Sharpey.

La substance fondamentale de certains os est même presque complètement formée jiar des (ibres de Sbarpey, ainsi qu^on l'observe dans les tendons ossifiés des oiseaux.

Dans les autres os, la quantité relative de ces fibres contenue dans la substanci» fondamentale est extrêmement variable. Elle varie suivant les os que Ton considère, elle varie aussi pour un même os suivan! les espèces animales. C'est ainsi que les os secondaires du cvàne et de la face contiennent dans leur intérieur ime ({uantité plus considérable de ces fibres que les os du Ironc et des membres ; c'est ainsi que les os longs du mouton renferment plus de libres de Sbarpey que les mêmes os de l'homme, du cbien, du lapin, etc.

11 est des os, ou du moins des portions d'os qui ne possèdent pas de libics de Sbarpey, les épipbyses des os longs par exemple. Kn revanche on y trouve des travées que leur forme et une série de caractères microchimiques font reconnaître pour des restes de la substance fondamentale du (Mi'tilage au sein duquel Tossilication sVst effectuée.

Sauf dans le cas où un os (»st constitué presque uniquement par des libres de Sharpey, la formation de la substance osseuse est sous la dépendance d'éléments cellulaires spéciaux dont l'origine est encore obscure, au moins pour quelques-uns d'entre eux. Ces éléments, cellules médullaires jeunes, ostéoblastes, se nionti'ent dansfencoche d'ossification, où ils paraissent provenir des cellules de cartilage ; ils se montrent aussi dans les premiers espaces médullaires. Ceux qui apparaissent en ces })oints proviennent-ils des cellules de cartilage mist»s en liberté par la dissolution des capsules secondaires, connue II. Mfiller l'a soutenu, ou sont-ils aniiMiés par la végétation vasculaire cpii les aurait pris sous le périoste pour les ciuiduire jusipie-là, comme le veulent Lovén et Stieda? C'est ce que les faits ne nous permettent pas encore de détiM'miner. Ces deux tlerniers observateurs ont certainement eu raison d'insister sur le bourgeonmMuent de la moelle dans les premitM's espaces médullaires, mais ils ont été trop absolus lorsqu'ils ont nié que les cellules du cartilage puissent proliférer et deviMiir ties ostéoblastes.

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Le rôle de ces derniers dans la résorption du ciirtilage pour produire les premières cavités médullaires n'est pas suffisamment établi. Cette résorption s'effectue du reste dans des directions qui sont déterminées par le bourgeonnement des vaisseaux sanguins et parait être^ sous sa dépendance immédiate.

La substance osseuse proprement dite, celle par exemple qui, sous forme de lamelles, entoure les canaux de Haveis, se produit sous riulluence des ostéoblastes.

Rappelons d'abord que les corpuscules osseux, qui sont de véritables éléments cellulaires, ne sont que des ostéoblastes englobés dans la substance de Tos ; mais le rôle intime des ostéoblastes dans la formation de la substance osseuse peut être discuté. Cette dernière résulte-t-elle tout entière de Taccumulation d'ostéoblastes momifiés et pétrifiés, comme Waldeyer Ta soutenu, ou est-elle un produit de formation péripbérique à ces ostéoblastes, et est-elle développée simplement sous leur inlluence? C'est là une question à laquelle répondront d'une manière différente ceux qui ont adopté la théorie du protoplasma formateur et ceux qui admettent la théorie de la substanee intercellulaire. Je dirai cependant que je n'ai jamais pu observer, avec les moyens délicats que j'ai employés dans celte étude, la transformation directe des ostéoblastes tout entiers en substance osseuse. Ils conservent toujours tous leurs caractères, en di'liors de la ligne qui limite les travées osseuses en voie de développement. Si donc leur protoplasma se transforme en substance osseuse dans la partie qui touche à l'os, il faut admettre qu'il s'en développe à mesure une nouvelle quantité à la périphérie pour conserver à chaque ostéoblaste sa dimension primitive.

Cependant, c'est bien sous l'influence des ostéoblastes que se développe la substance osseuse. On ne saurait attribuer son origine aux corpuscules osseux, car elle se montie le long des travées cartilagineuses sous forme de lisérés festonnés à un moment où elle ne contient encore aucun de ces corpuscules. D'autre part, cette substance ne saurait être considérée comme un simple dépôt, car dès son origine elle est munie de fins canaux perpendiculaires à la direction des travées et qui ne sont autie chose que les ciinalicules osseux primitifs; ceux-ci ne sont donc })as creusés après coup dans la substance fondamentale, comme les histologistes Tontcru pendant longtemps.

La substance osseuse élaborée par les ostéoblastes sous forme

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(le laiii(»llcs concentiiqucs no <'ompose pas l'os tout entier, mais elle en est la partie la plus importante et vraiment cai'actéristiqiie. En se plaçant au point de vue de Tanalomie générale, on pourrait considérer cette substance comme un parenchyme placé dans un réseau de fibres connectives représentées par les fibres de Sharpey. Ces fibres constituent donc dans l'os une trame plus ou moins étendue, qui n'est pas sans analogie avec la trame connective ou fibreuse des autres or^^ines.

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