CHAPITRE XIII
L'origine des vaisseaux sanguins chez rembi7on est encore dis- Historique. cutée. His ^ reprenant une opinion ancienne, soutient, contre les cmbryologistes contemporains, que les vaisseaux ne se développent pas d'une manière banale aux dépens du feuillet moyen, mais qu'ils procèdent d'un feuillet spécial, feuillet vasculaire, qui prend naissance chez le poulet à la limite de la zone embryonnaire, et qui de là s'étend cencentriquement vers l'embryon. Ce feuillet serait placé entre la lame intestinale (lame fibreuse intestinale) et le feuillet interne.
KôUiker^ s'est élevé récemment contre cette manière de voir et défend encore aujourd'hui l'opinion des cmbryologistes qui ont précédé immédiatement His dans ses recherches. C'est aux dépens du feuillet moyen et dans la portion de ce feuillet qui correspond à la lame fibreuse intestinale que, d'après lui, se formeraient les premiei's éléments vasculaires. Cependant il se range, en partie du moins, à l'opinion de His et pense, avec ce dernier auteur, que les vaisseaux sanguins se développent d'abord à la limite de la zone embryonnaire (Kelmwall) et dans la zone •
I De remploi de la purpurine en histologie. Arch, de physiologie^ 1874, p. 765.
' Hiij Untersuchungen ûber die erste Anlage des Wirbelthierleibes, Leipxig, f868, p. 43.
^ ALo//iA:er, Entwicklungsgeschichtc desMenschenuadâerhoherenThiere, 2'6dit.^ 1876, p. 161.
opaque, puis végètent du côté de l'embryon, ralteignent et le pénètrent de leurs bourgeons. Mais il est clair qu'aucun embryologiste n'a pu suivre ce développement continu par bourgeonnement dans le corps même de l'embryon ; c'est là une simpk hypothèse.
Quant à la formation des premiers éléments des vaisseaux et du sang, il règne à ce sujet la plus grande obscurité. Chez le poulet, cette étude est extrêmement difiicile, et il convient de l'aborder seulement après avoir fait une observation des vaisseaux en voie de développement chez des animaux et dans des organes où il est plus facile de les suivre.
^cn hi^Sj^ L^^ embryologistes ont l'habitude, au moins dans leurs desnèso. criptions, d'étudier le développement à partir de Tœuf, en examinant pas à pas les modifications qui s'y produisent lors de la formation des organes. Mais les hislologisles suivront quelquefois avec beaucoup d'avantage une marche en sens inverse. 11 convient qu'ils parlent d'abord d'une connaissance exacte du tissu complètement développé. Ce point de départ élanl établi, ils feront ensuite une élude du même tissu chez des animaux en voie de croissance et, en dernier lieu seulement, poursuiront leurs recherches chez des animaux embryonnaires.
Aussi, dans ce chapitre sur le développement des v^sseaux, nous n'exposerons la première formation du système vasculaire dans l'œuf de poule qu'après avoir fait une étude, aussi complète que possible, de quelques organes membraneux dans lesquels les vaisseaux prennent naissance et subissent une croissance continue pendant les premières périodes de la vie extérieure. Ddveioppo- Parmi ces membranes, il en est une qui depuis longtemps a al-
<ï««jjii»»caux tiré l'attention des observateurs; c'est l'expansion membraneuse
expansions do dc la qucuc dcs lêtards.
la qucuo , ,
dcstéurds. KôlHker ^ en 1846, crut remarquer que, dans la queue des têtards, les vaisseaux se développent et s'accroissent aux dépens de cellules étoilécs dont les ramifications viennent se mettre en rapport avec des prolongements en pointe de la paroi des capillaires. Les cellules éloilées qui prendraient ainsi part à la foimation du réseau vasculaire ne seraient autre chose que des cellules de tissu conjonctif. On croyait alors que ces cellules possèdenl
> KôUiker^ Annales des Sciences naturelles, T. VI, 3* série, 18iG, p. 9t.
DÉVELOPPEMENT DES VAISSEAUX SANGUINS. 6i7
une membrane et présentent une cavité centrale qui se continue dans leurs prolongements. C'est en parlant de cette conception que Kôlliker soutenait que, pour devenir une partie du réseau capillaire, la cellule connective subit un simple élargissement de ses branches et de sa cavité. Mais aujourd'hui que Ton sait, d'une part que les cellules du tissu conjonctif sont formées simplement par une lame de protoptasma, et d'autre part que les vaisseaux capillaires ne sont pas constitués, comme on le croyait jadis, par une membrane amorphe en forme de tube, Tancienne opinion de Kôlliker n'est plus soutenable. Du reste, ses observations étaient inexactes, en ce sens que jamais on ne voit un prolongement vasculaire se mettre en rapport avec une cellule de lissu conjonctif. C'est ce que Golubcw ' a établi récemment d'une façon complète.
Cet auteur a reconnu que, dans les expansions membraneuses de la queue des têtards, les vaisseaux en voie de croissance présentent, soit à leur extrémité, soit sur leurs bords, des prolongements proloplasmiques en forme de pointes, qui se mettent en rapport avec d'autres prolongements semblables venus de régions voisines et se soudent avec eux pour compléter le réseau primitif. Ces prolongements, pleins d'abord, se creuseraient peu à peu à leur centre à partir des vaisseaux capillaires perméables et se transformeraient ainsi en canaux vasculaires.
Dès lors, le développement des vaisseaux ne se ferait pas par Taddition de nouveaux éléments cellulaires, mais par la croissance de ceux qui existent déjà dans leur paroi.
Si nous laissons de côté les détails relatifs à la nature des élé- aHuŒ"*ur ments qui concourent à la formation du système vasculaire et aux ^'^ "^mcnT **" modifications intimes qu'ils subissent pour devenir des canaux sanguins, questions qui seront discutées bientôt, nous voyons qu'il y a aujourd'hui dans la science deux opinions : celle que soutenait autrefois Kôlliker et qu'il a abandonnée aujourd'hui, au moins pour la formation des premiers vaisseaux de l'embryon, d'après laquelle le développement du système vasculaire sérail discontinu, de nouveaux éléments formés en dehors de lui venant s'ajouter aux anciens, et celle de Golubew qui a été acceptée par J. Arnold et Rouget. D'après cette dernière opinion, le
' Goiubew, Beitrœge zur Kenntniss des Baues und der Entwicklungfgeschichte der Capillargcfœsse des Krosches. Aichiv. f. microsc. Anaiomie^ 1869, p. 49,
des vaisseaux.
développement des vaisseaux sanguins serait continu ; ils s'étendraient dans les organes par des bourgeons leur appailenant en propre et végéteraient au milieu de l'organisme à la manière d'un parasite.
Ce sont là du moins les idées générales qui ressortent des recherches de Golubew, si l'on en étend les résultats au développement du système vasculaire dans tous les of^anes et ch« tous les animaux. Mais on n'a pas le droit de le faire, car Fextension des vaisseaux dans la queue des têtards n'est qu'un cas particulier de l'accroissement du système vasculaire. 11 convient même, ainsi que nous l'avons exposé dans un autre travail ', de bien distinguer le véritable développement des vaisseaux sanguins de leur accroissement.
Nous arrivons maintenant aux méthodes de recherches qu'il faut employer dans l'étude de l'accroissement des vaisseaux des expansions membraneuses de la queue des embryons de batraciens.
\pparition Cc sout Ics têtards de la grenouille rousse (/îana temporariaon
BS vaisseaux -v.i, .i, zr» i \- ii
ans u queue fiisca) ct dc la grenouille verte {liana esculenta) qui ont le plus souvent servi aux recherches. La grenouille rousse pond au mois de mars, la grenouille verte en juin et juillet. Nous ne parlerons ici que des têtards de la grenouille rousse. Six à sept jours après la ponte, quelquefois un peu plus tard, cela dépend de la température extérieure, l'embryon s'agite et se dégage peu à peu de la couche gélatineuse qui l'enveloppe. A ce moment, les expansions membraneuses de la queue sont à peine formées, et Ton n'y distingue aucun rameau vasculaire. Les vaisseaux s'y montrent quelque temps après, vers le huitième ou le neuvième jour. Les premiers capillaires apparaissent dans l'expansion dorsale, au voisinage de sa base. Ils partent de l'artère et de la veine centrales de la queue. A cette époque du développement, il est quelquefois difficile de reconnaître les vaisseaux sanguins au railieu des diflérents éléments cellulaires qui sont infiltrés de granulations vitellines ; mais, dans les jours suivants, du douzième au quinzième, les expansions membraneuses s'étant accrues, et les granulations vitellines déjà en partie résorbées étant dispersées dans un plus grand espace, il est possible de voir d'une
1 Du développement et de raccrois^ement des vaisseaux sanguins. Arch, dePkfsioi., iS7à, p. 429.
manière assez nelle toutes les branches vasculaires dans lesquelles le sang circule.
Pour en faire Tobservation, le têtard doit être immobilisé par le obMi-vauom curare et maintenu sur la lame du porte-objet au moyen de papier '"'vîvant^ * à filtrer humecté (v. p. 600). Les capillaires complètement formés s'accusent, au milieu des divers éléments de la membrane, parle double contour de leurs parois et la circulation dans leur intérieur. Ils présentent en certains points des renflements qui font saillie en dedans et qui correspondent aux noyaux des cellules cndothéliales qui tapissent lour face interne.
FiG. !2l3. — Capillaires sanguins et lymphatiques de Texpansion membraneuse de la queue d*un têtartl vivant, la circulation continuant son cours. — Les globules du sang n'ont pas été dessinés. — cl, lymphatique; csy capillaire sanguin; n, noyaux des capillaires sanguins; n, noyaux des lymphatiques;/), pointe d'accroissement des capillaires. — 'i^O diam.
Ces capillaires constituent un réseau dont les mailles ont des formes et des dimensions variables, et dont les dernières branches, celles qui avoisinent le bord externe de l'expansion membraneuse, se terminent librement par des pointes droites ou plus ou moins incurvées. Des pointes semblables se rencontrent aussi
Pointe» en d'autres endroits des vaisseaux, là par exemple où ils cîrcons- *S!**^ crivent des mailles fermées (p. 619, fig. 213). Ces pointes se terminent par une, deux et rarement Irois extrémités efiiiées qui se * perdent au milieu des éléments voisins. Elles sont solides et constituées par une masse protoplasmique incolore, réfringenle, qui, surtout lorsqu'on éloigne un peu l'objectif, se fait remarquer par sa clarté au milieu des différents éléments de la membrane. En cela elles se rapprochent de la paroi des capillaires et semblent être une émanation de celle-ci. La base de ces pointes correspond à la cavité perméable du vaisseau; généralement elle présente une concavité dans laquelle viennent s'engager les globules sanguins.
En poursuivant pendant plusieurs heures l'obsenation d'une même région de la membrane où il existe de ces prolongement*? protoplasmiques en forme de pointes et en en faisant le dessin d'heure en heure, on peut s'assurer qu'ils s'étendent, en même temps que leur base se creuse peu à peu pour augmenter la longueur du vaisseau.
Lorsqu'une de ces pointes, en s'accroissant, rencontre une autre pointe, venue quelquefois de la même branche et plus souvent d'une branche capillaire voisine, elle se soude avec elle. D'après Golubew, cette soudure serait latérale, c'esl-àdire que les doux pointes qui viennent au devant l'une de l'autre ne se confondent pas par leur extrémité, mais se croisent et se soudent par leur bord. J. Arnold \ qui s'est placé dans d'autres conditions en étudiant les vaisseaux de nouvelle formation dans le bourgeon de régénération de la queue de têtard réséquée, pense que les points d'accroissement se soudent bouta bout par leur extrémité même. C'est là une question de détail sans importance.
Lorsque deux pointes d'accroissement se sont soudées, et que leurs basesse sont creuséespourformerle capillaire embryonnaire, il reste au milieu de la branche vasciilaire nouvellement constituée un bouchon protoplasmique, qui, attaqué des deux côtés par le choc des globules sanguins, s'amincit de plus en plus et finit par disparaître en laissant un léger épaississement sur la paroi du capillaire.
1 J, Arnokly Experimentellc Unlersuchungen liber die Entwicklung der Blutcapillaren. Anh» d, VirchoWy T. l\\\, 1871, p. 70.
Jusqu'au quinzième jour et même quelquefois au delà, les éléments cellulaires de la queue des têtards de grenouille rousse contiennent des granulations vitellines que Ton retrouve par conséquent dans les globules rouges du sang (v. p. 218), dans la parai des vaisseaux capillaires, surtout autour des noyaux, et dans les pointes d'accroissement. Ces granulations gênent un peu rélude des phénomènes dont nous venons de parler ; aussi vaut-il mieux les observer sur des têtards ayant une vingtaine de jours. Les modifications de la paroi des vaisseaux seront moins rapides, mais cependant il sera encore possible de les suivre. Notons que les granulations vitellines disparaissent plus rapidement de l'expansion dorsale où se développent les premiers vaisseaux que de l'expansion ventrale. Dès lors, l'observation devra porter de préférence sur la première, si elle est encore gênée par la présence de ces granulations.
Tous les principaux phénomènes de Taccroissement des vaisseaux se reconnaissent bien sur la queue des têtards vivants, la circulation continuant son cours. Il est cependant avantageux d'employer aussi d'autres méthodes : des colorations variées pour rendre les noyaux plus évidents, l'imprégnation d'argent pour accuser la limite des cellules endothéliales et enfin des injections.
Lorsque l'on colore les expansions membraneuses de la queue des têtards avec le carmin ou avec Thématoxyline, après en avoir fixé les éléments délicats au moyen de l'alcool ou des solutions chromiques, les cellules épithéliales qui recouvrent les deux faces de la raenibrane gênent beaucoup l'observation ; il est impossible de les chasser après l'action des réactifs fixateurs dont nous venons de parler. C'est pour cela qu'Kberlh ' avait proposé de plonger d'abord pendant quelques minutes le petit animal dans une solution de nitrate d'argent à 1 pour 1000 et de le porter ensuite dans l'eau distillée pour en détacher l'épilhélium avec le pinceau. Ce procédé est d'une application difficile, et il ne convient que lors- -qu'on se propose de poursuivre ensuite l'imprégnation d'argent.
11 est un procédé plus simple et qui fournit de bien meilleurs Prt«paration résultats. Il consiste à abandonner pendant quelques heures un de la IJJ^'' têtard dans deux à trois centimètres cubes d'alcool au tiers, pour par raicîloi au
tiers.
1 Eberth, zur Entwicklung; der Gewcbe im Schwanzc iler Froschlarvcn. At^h, de Schuitze, 1866, t. 2, p. /t90.
le porter ensuite dans Teau distiUée. Le mouvement de rotation qu'il éprouve par la diffusion de l'alcool dans l'eau suffit le plus souvent pour le débarrasser de son revêtement épithélîal; s'il en reste quelques parties, il sera facile de les enlever avec le pinceau. La queue, muniedeses deux expansions, est alors placée dans la solution colorante, picrocarminate, hématoxyline, couleurs d'aniline, etc.; après un séjour convenable dans ces réactifs, elle sera lavée de nouveau et pourra être conservée dans la ji^lycérine, ou, ce qui est préférable pour l'examen, dans Feau phéniquée à \ pour 100.
L'alcool au tiers dissout l'hémoglobine et fait même disparaître complètement le corps des globules rouges du sang en ne laissant que leurs noyaux. II est cependant avantageux d'observer ces globules in situ] il faut à cet effet employer au lieu de l'alcool au tiers un mélange d'une partie d'alcool à 36° avec deux parties d'une solution de chlorure de sodium à 1 pour 100.
Les noyaux de la paroi des capillaires, qui, sur la membrane vivante, se confondent avec leur plaque endothéliale et par conséquent avec la paroi du vaisseau, sont maintenant bien distincts, et à côté d'eux, dans le protoplasma qui les entoure, se montrent des granulations vitellines, si l'observation est faîte sur un têtard assez jeune. C'est aussi dans ces conditions qu'il sera facile de reconnaître la présence de ces granulations dans l'intérieur des
globules du sang.
Toutes les pointes d'accroissement et leurs rapports se voient bien sur ces préparations.
'T'îfSit^" Pour imprégner d'argent l'endothélium des capillaires, il con- % iVqî^o* vient de suivre la méthode qu'Eberth a indiquée pour chasser répithélium, puis de reporter la membrane dans la solution de nitrate d'argent et de l'y maintenir à l'obscurité pendant au moins une heure. Lavée avec de l'eau distillée, elle est montée en préparation dans de la glycénne et soumise à l'action des
rayons solaires.
Il arrive quelquefois que l'endothélium des capillaires complètement formés montre le réseau d'imprégnation caractéristique, mais nous ne l'avons jamais vu s'étendre sur les branches en voie de croissance, et en cela notre observation concorde avec celle d'Eberth^ Partant de là, cet auteur a été amené à sou-
» Sbertht Von den Bulgefœssen . Slricker's Handbu^h.p* 208.
des téUrdt.
lenir avecSlricker que les capillaires embryonnaires sont de simples tubes proloplasmiques, dans lesquels la structure endothéliale se développerait ultérieurement.
Les injections vasculaircs de la queue des têtards sont difficiles ^^"il^iJ^ux à réussir. On les obtient par piqûre au moyen d'une seringue J^^^^JJX. hypodermique à canule tranchante très-fine, remplie de bleu de Prusse liquide. La pointe de la canule, introduite dans le corps du têtard vivant, est conduite jusqu'à la naissance de la queue ; une légère pression exercée sur le piston de la seringue fait pénétrer le liquide, qui tantôt se répand simplement dans le tissu conjonclif, en formant une masse de diffusion, ou dans le système des vaisseaux lymphatiques, qu'il remplit plus ou moins complètement, tantôt, mais plus rarement, arrive dans le réseau sanguin. Pour cela, il faut que l'artère ou la veine centrale aient été ouvertes par la pointe de la canule. Comme on le voit, la réussite est incertaine, et il faut répéter l'expérience pour obtenir l'injection des vaisseaux sanguins. Nous conservons quelques-unes de ces préparations où tout le réseau capillaire est injecté; mais leur étude est loin d'être aussi instructive que celle de l'expansion membraneuse chez ranimai vivant. Elles peuvent seulement servir à établir que chez le têtard il n'y a pas de communication périphérique entre les vaisseaux sanguins et les lymphatiques. C'est un point sur lequel nous reviendrons à propos du système lymphatique.
Nous ne recommandons pas l'usage et l'étude de ces injections. Les recherches histologiques contiennent par elles-mêmes assez de difficultés pour ne pas les augmenter encore. — 11 est une membrane où l'observation de l'accroissement des vaisseaux est beaucoup plus commode à faire et dont il est possible d'obtenir de très-belles injections. C'est le grand épiploon du chat nouveau-né.
Les chats nouveau-nés, comme on le sait, sont trés-abon- ^^1**5S' dants, et il sera facile à chacun de s'en procurer. Voici main- danV'rjrand tenant les détails de l'expérience : dîSïïî"
Le chat vivant est étendu sur une planchette ; les quatre membres et la tête y sont solidement fixés. Une incision est pratiquée le long du bord interne du muscle sternomastoïdien ; la carotide est dégagée au moyen de la pince et d'un crochet mousse; après l'avoir liée à sa partie supérieure, on y fait avec des ciseaux au-dessous de la ligature une petite ouverture qui est
nouTeau-ne.
nouvcau-n($-
Injection ensuite agrandie par une incision longitudinale ; lorsque riiémo des vauisiaux ^^j^g^j^ ^ débarrassé l'animal de la plus grande partie de son san
^"^"duS^ on pousse dans le bout central du vaisseau, au moyen d'une
ringue munie d'une canule fine liée avec soin (v. p. 125), trente à quarante centimètres cubes d'une masse de bleu de Prusse à la gélatine (v. p. 121). Une dernière ligature étant placée au-dessous de la canule, la seringue est enlevée, et l'animal est abandonné au refroidissement ; il est placé dans de la glace, si on opère en été. La cavité abdominable est alors ouverte; le grand épi* ploon, saisi délicatement avec une pince et détaché avec des ci* seaux, est placé dans une solution saturée d'acide picrique. lien est sorti au bout d'uneheure, plongé dans l'eauet divisé en segments d'une dimension convenable. Ceux-ci, portés sur la lame de verre, sont régulièrement étendus. On laisse alors tomber sur leur surface deux gouttes d'une solution de picrocarminaleà 1 pour 100, on recouvre d'une lamelle, et une heure après on substitue la glycérine au picrocarminate en enlevant celui-ci au moyen d'une languette de papier à filtrer.
Nous ne connaissons pas de plus belles préparations pour étudier les vaisseaux sanguins en voie de croissance. Les principaux réseaux vasculaires de la membrane sont déjà formés; les rameaux qui en circonscrivent les mailles envoient dans l'intérieur de C3s dernières un nombre variable de bi-anches qui se terminent librement par des pointes d'accroissement. Ces branches, dont la forme et la longueur sont Irès-variables, marchent dans différentes directions. Tantôt leurs pointes se rencontrent les unes les autres, tantôt elles aboutissent à un capillaire déjà formé; il résulte de leur réunion les figures les plus variées et qui défient toute espèce de description.
La masse d'injection n'arrive pas toujours jusqu'à la dernière extrémité de l'espace perméable, maiselle l'atteint le plus souvent en dessinant une lumière étroite, sinueuse, qui contourne les noyaux du jeune capillaire.
Lorsque la matière colorée n'atteint pas jusqu'au cul-de-» terminal, celui-ci est occupé par des globules du sang qui n'ont pas pu être chassés par l'injection. Au delà de ce cul-de-sac, dont la forme est plus ou moins réguhère, s'étend la pointe d'accroissement proprement dite qui se termine par une exlrémilé effilée. Elle est constituée par une masse protoplasmique légèrement colorée en jaune par le picrocarminate, tandis que dans soB
ieur on aperçoit souvent un ou deux noyaux colorés en e.
coloration au picrocaiminate permet du reste de distinguer manière la plus nette les noyaux qui occupent la paroi des cavasculaires ainsi que la masse proloplasmiquequi les entoure. ns certaines mailles du réseau, on rencontrera quelquesdes éléments que nous allons bientôt décrire sous le nom iUules vasoformatives et oui existent si abondamment dans and épiploon du lapin.
ez le jeune lapin, en effet, l'extension du système vasculaire rand épiploon se fait en même temps par l'accroissement des lUx capillaires anciens et par le développement de réseaux laires nouveaux dont la formation parait se produire d'une i tout à fait indépendante.
ms avons vu (p. 376) que le grand épiploon du lapin adulte, DcveiowH^- L réticulation n'est jamais aussi accusée que chez d'autres vairs^îixdiiis taux, le chien, le chat, le cochon d'Inde, etc., i)résenle par cproS^ndu îsdes opacités sous forme de taches arrondies, taches lai- *^'"' 5. La plupart d'entre elles ne contiennent pas de vaisseaux uîns, d'autres au contraire en sont largement poui'vues. Ils ment un réseau capillaire auquel arrive d'habitude une arle et d'où part une branche veineuse. Au niveau des taches uses, la membrane possède encore une minceur et une >licité de structure qui favorisent d'une manière tout à fait ptionnelle l'observation des premiers vaisseaux, lez les lapins en voie de croissance, il y a, dans le voisinage cordons vasculaires, des taches laiteuses qui ne contiennent encore de vaisseaux, mais qui sont destinées à en posséder la suite. C'est sur ces dernières qu^ l'attention de l'observadevra surtout être dirigée, car il pourra y reconnaître toues phases de la formation d'un réseau capillaire. Cette obser- 3n doit se faire d'abord sur une membrane dont les vaisseaux été injectés ; on suivra, pour pratiquer l'injection, les indi- )ns qui ont été données à propos du chat nouveau-né. Touis, nous ferons remarquer (jue, chez les lapins très-jeunes, vaisseaux sanguins ont une résistance beaucoup moindre chez le chat et que, dès lors, il sera nécessaire d'employer plus grands ménagements et de faire pénétrer la masse plus de lenteur. Après le refroidissement, le grand épiploon cbé sera placé, soit dans le liquide de MûUer, soit dans une
Raxvieb, HittoJ. âO
(i2<i TUAlTli TiiCIlNlQLt: D'HISTOLOGIE.
solution saturée d'acide picrique, el lorsque, sous rinflueno^ de CCS réactifs, les éléments de la membrane auront été tixés, celle-ci sera colorée et montée en préparation, comme il a élé dit pour le grand épiploon du chat nouveau-né.
Sur les préparations du grand épiploon d'un lapin âgé d'un mois à six semaines, les taches vascularisées seront facilement reconnaissables. A côté d'elles s'en trouvent d'autres, aiTondies ou irrégulières, souvent allongées, qui ne contiennent pas de vaisseaux perméables à l'injection. Dans quelques-unes d'entre elles, on observe un réseau constitué par des bi*anches cylindriques pleines, finement granuleuses, munies de noyaux allongés en forme de bâtonnets, se colorant vivement en rouge par le picrocarminate, tandis que les i)etits cylindres protoplasmiques au milieu desquels ils sont plongés sont légèrement colorés en jaune. vaJSfo^ïif», Ces réseaux, que j'ai désignés sous le nom de réseauir vasoforwatifs, ne sont pas encore en continuité avec le système vasculaire général, mais ils sont destinés à se mettre en rapport avec les vaisseaux perméables au sang et à devenir de véritables réseaux capillaires.
On rencontre en effet, sur certaines préparations, des réseauï vasoformatifs qui ont été pénétrés par la masse à injection daDs une partie seulement et qui, dans le reste de leur étendue, présentent les caractèies que nous venons de décrire. Une poinle d'accroissement venue d'un vaisseau voisin, artériole ou capillaire, a atteint le réseau, s'est mise en rapjiort avec une de ses branches, s'est fondue avec elle, tandis que, se laissant envahir par le saD? au niveau de sa base, elle l'a conduit dans les portions les plus voisines du réseau vasoformatif, qui se sont creusées à mesure pour le recevoir.
L'obsei'vateur ne verra pas les i)hases du phénomène $e dérouler directement sous ses yeux, mais il pourra les reconnaître en différents points de la pré[>aration et rappi*ocher te unes des autres par la pensée les diverses observations ainsi faites. Sa conviction sera complète, surtout s'il a déjà suivi l'accroissement des vaisseaux sur la (jueue des têtards vivants, en l'examinant pendant plusieurs heures de suite, comme nou5 l'avons indiqué plus haut.
L'origine du réseau vasoformalif paraît être dans une cellui'' spéciale, la cellule vasofonnative. Cette cellule devra être étudié»' à l'aide de méthodes variées qui nous feront reconnaître sa forme,
saconslilutioD, ses rapports et les modifications qu'elle subit pour constituer le réseau vasculairc embryonnaire. Parmi ces méthodes, celle que l'on doit employer d'abord consiste à examiner la membrane qui les contient, vivante pour ainsi dire, dans la sérosité péritonéale. Cette opération est un peu délicate. La sérosité péritonéale doit être déposée d'abord sur la lame de verre; la membrane, réséquée avec des ciseaux, y sera ensuite placée et étendue convenablement avec des aiguilles, recouverte d'une laftielle et mise à l'abri de l'évaporation par une bordure de paraffine.
Chez les lapins Irès-jeunes, sept ou huit jours après la naissance, les cellules vasoformatives se montrent d'habitude dans cciiuje» les taches laiteuses non vasculaires les plus voisines de celles tive» ' qui contiennent des vaisseaux, comme des corps réfringents, cylindriques, rectilignes ou incurvés, munis de pointes protoplasmiques, dont la forme, l'étendue et la direction sont très-variables. Leur réfringence est considérable, et c'est elle surtout qui les fait reconnaître d'abord au milieu des éléments qui les entourent, notamment les cellules endolhéliales quirecouvrentles taches laiteuses comme le reste de la surface de la membrane, les faisceaux du tissu conjonctif et les cellules connectives qui en occupent Tépaisseur. Les seuls éléments qui possèdent une réfringence à peu près égale sont les cellules lymphatiques. Ces dernières sont disposées en petits groupes autour des cellules vasoformatives et s'en distinguent par leur petite dimension et par leur forme gêné ralement arrondie.
Les cellules vasoformatives sont constituées par une masse protoplasmique semblable à celle des cellules lymphatiques. Dans leur intérieur on remarque des globules rouges du sang * et des noyaux allongés dont le grand axe se confond avec celui de la cellule; ces noyaux sont difficiles à reconnaître et ne peuvent être bien distingués qu'avec de forts grossissements. De différents points de la cellule vasoformative, et particulièrement de ses extrémités, se dégagent des filaments protoplasmiques semblables aux pointes d'accroissement des vaisseaux, et qui se terminent
' Schaefer (Proceediugs of Ihc royal Society, 1874, n» 151), en étudiant le tissu eoojonctif sous-cutané de jeunes rats, a observé des cellules plus ou moins remplies de globules rouges du sang. Celte observation, qui est postérieure à celles que y mi faites sur les cellules vasoformatives du grand épiploon du lapin, a pour principal mérite d'avoir attiré l'attention sur la formation dos globules rouges dans l'iotérieur des cellules vasoformatives.
628 ÏHAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
d'une manière libre ou se réunissent pour constituer une ébauche du réseau (fig. 215).
Outre les noyaux qui occupent le centre de la masse proloplasmiquc et ceux qui ont été rejetés sur le bord par la canalisation partielle de l'élément liée à la production de globules sanguins dans son intérieur, on peut en reconnaître encore d'autres qui en occupent la surface et ne lui appartiennent pas. Ce sont les noyaux des cellules connectives qui enveloppent déjà la cellule vasoibrmativc et lui constituent une gaîne incomplète.
Tous ces détails seront également bien obsenés, si, au lieu de la sérosité périlonéale, on prend comme liquide additionnel du sérum faiblement iodé (v. p. 76).
FiG. âio. — Réseau vasoformatif simple du grand épiploon d'un lapin de septionn, examiné dans le sérum iodé faible. — n, noyaux ; gs^ globules sangnios ; f. pointes d'accroissement; r, réseau formé par les pointes d'accroissemeDt; — r, cellule connective. 400 diam.
^^^^dw'*"* Une autre méthode que Ton peut employer avantageusement "foTOÎtiVeT" ^^°^ l'élude des cellules vasoformatives est la suivante. Le grand chi^re^dor ^P^P'^^'^ ^^^^^ ^st placé pendant vingt à vingt-quatre heures dans l'alcool au tiers, puis il est lavé à l'eau distillée et étendu sur une lame de verre. On laisse alors tomber sur la membrane quelque? gouttes d'une solution de chlorure double d'or et de potassium à 1 pour 10,000, et on recouvre d'une cloche pour éviter Tévaporation et mettre à l'abri de la poussière. Une heure après, ceW' membrane, lavée de nouveau a l'oaii distillée , est montée en pivparation persistante dans la glycérine et exposée à la lumière. Au bout de quelques jours, ellet?e colore en rouge violacé ; la co-
loration ne porte pas seulement sur les nerfs, comme il arrive dans d'autres conditions où le sel d'or est employé, mais elle atteint les vaisseaux, les cellules lymphatique?, les cellules et les réseaux vasoformatifs.
Sur ces préparations, l'indépendance complète des réseaux vasoformatifs se reconnaît aussi nettement que sur les préparations faif es après injection et dont nous avons parlé tout d'abord, Cette méthode d'imprégnation à l'or est même supérieure, car, dans les préparations pai' injection, on pouvait objecter que, si le réseau vasofonnatif paraissait indépendant, cela tenait à ce que la masse à injection n'avait pas pénétré jusqu'au bout des voies perméables.
Les cellules vasoformalives colorées par l'or après l'action de l'alcool au tiers montrent leurs divers prolongements, mais les noyaux qu'elles contiennent sont peu distinctes, et les globules rouges ne peuvent être reconnus dans leur intérieur parce qu'ils ont été dissous par l'alcool dilué. Les cellules lymphatiques des Uiches laiteuses sont colorées par l'or comme les cellules vasoformatives, et de plus on remarque dans leur intérieur des granulations fortement colorées en violet. Ces granulations prennent une coloration rouge brun sous l'influence du picrocanninate ; leur constitution chimique nous est inconnue.
Nous arrivons à une troisième mélhode qui consiste à colorer coioraiion du le grand épiploon avec de rhématoxyline ouavec de l'hématoxyline cm^n du ol de l'éosine, après en avoir fixé les éléments par le liquide de i'iM^âtoÇuti« Mûller ou mieux encore par l'acide picrique. On procédera de la façon suivante : le grand épiploon, immédiatement après avoir été enlevé, sera plongé dans une solution saturée d'acide picrique où il séjournera pendant une heure à peu près. On le portera ensuite dans l'eau où il sera découpé en segments convenables. Ceux-ci seront placés sur une lame de verre et étendus à l'aide de la demi- dessiccation. Quelques gouttes d'une solution d'hématoxyline, riche en matière colorante et préparée depuis quelques jours, sont alors versées sur la membrane et en produisent la coloration au bout de quelques minutes. Lavée de nouveau, elle sera montée en préparation persistante dans la glycérine ou bien elle sera auparavant soumise à la coloration par l'éosine '.
I L'éosine a été recommandée d*abord pour les usages histologiques par Ernest Fischer (Eosin als Tinctionsmittel fiir microscopischc Pracparale. Arcli. f. mkr.
030 THAITK TECHNIQUE D^HISTOLOGIE.
Pour réussir cette dernière coloration, le segment du grand cpiploon, coloré en bleu violacé par l'hématoxyline, est placé, après avoir été lavé, dans quelques centimètres cubes d'une solution de la matière colorante de l'éosine dans l'alcool. Au bout de dix minutes, la double coloration est produite, et la préparation, lavée une dernière fois, est montée dans la glycérine.
Les noyaux des cellules endothéliales, des cellules coonectives, des cellules lymphatiques, des capillaires, des cellules et des réseaux vasoformatifs sont colorés en bleu intense. U corps des cellules lymphatiques, celui des cellules vasoformatives, et la paroi des vaisseaux capillaires ont une teinte violacée. Les globules rouges du sang et les plus petits fragments de ces derniers présentent une coloration rouge intense. Cette méthode, surtout lorsque Ton a employé d'abord la solution d'acide picrique pour fixer les éléments, donne des préparations d'une beauté remarquable et principalement avantageuses pourconstater la présence des globules rouges du sang dans quelquesunesde< cellules vasoformativcs. Cependant, ;i ce dernierpoint de vue, elle n'est pas supérieure à la première des méthodes que nous avons indiquées et qui consiste à observer ces différentes parties dans la sérosité péritonéalè ou dans le sérum faiblement iodé. Son utilité consiste en ce qu'elle permet de faire sur des animaux de diflféronls Ages une série de préparations persistantes, que
Anat., 4875, t. XII, p. 3A9) qui nous a donné des indicalions e^iactes sur soi mode d'emploi. Voici la manière dont il faut la préparer d'après lui : Dans l'éosinf du commerce, ia malièrc colorante est combinée à la potasse. Cette éosine étant dissoute dans l'alcool, on y ajoute de l'acide chlnrhydrique qui précipite U nutière colorante. La liqueur est filtrée, et le précipité resté sur le filtre est hfé â l'eau et repris par l'alcool. Cette solution alcoolique de la matière colorante est k réactif dont on doit faire usage. L'application de celte substance à l*histolopee>t de daté toute récente, et c'est pour cela que nous n'avons pas pu l'indiquer dans notre chapitre des méthodes générales.
C'est à M. Wissotsky de Kazanque nous devons la connaissance de la méthode (le coloration double par l'hématoxyline et Téosinc. Voici comment il la pratique: Apres avoir séjourné dans le liquide de Millier, la préparation est placée dans IVmatoxyline, lavée et plongée ensuite dans l'éosine. Les noyaux des différentes cellules sont colorés en bleu foncé, leur corps en bleu clair ; les globules du uaf ei rouge uniforme, s'ils ne contiennent pas de noyaux. Les noyaux, lorsqu'ils existeo! dans ces globules, comme par exemple chez les batraciens et les embryons àtmimniifères, sont colorés en bleu par l'hématoxyline, tandis que T hémoglobine xni^ présente la coloration rouge due à réosine.
l*on pourra ensuite comparer entre elles, ce qui est très-important pour Tétude d'une question aussi complexe et aussi difficile. Ce sont ces préparations dont nous allons maintenant parler.
Le système vasculaire pennéahle peut y être suivi exactement, aussi bien dans ses branches principales que dans son réseau caxpillaire; d'une pari, parce que les parois des vaisseaux, colorées en bleu violacé, sont bien visibles; d'autre part, parce que les globules du sang colorés en rouge y forment une injection naturelle ; cette injection sera complète si la membrane était congestionnée au moment où elle a élo plongée dans la solution d'acide picrique. Les cellules et les réseaux vasoformatifs sont nettement accusés lorsqu'ils contiennent des globules sanguins ; mais s'ils n'en possèdent pas, ils sont difficiles à reconnaître au milieu des nombreux éléments cellulaires fortement colorés en bleu par l'hématoxyline. Ils seront beaucoup plus apparents dans le cas où la membrane, après l'action de Tacide picrique et avant d*être soumise à la coloration double, aura été plongée dans l'eau et dégagée de ses deux couches endothéliales au moyen du pinceau.
Au moment de la naissance et pendant les deux jours qui la suivent, le grand épiploon n'a pris encore qu'un faible développement. 11 recouvre simplement lo bord convexe de l'estomac. Il s*accrolt ensuite rapidement, et, vers la fin de la première semaine, il descend déjà au devant du paquet intestinal.
Chez un lapin nouveau-né, le grand épiploon ne possède pas Grandcpipioon encore de taches laiteuses; son réseau vasculaire est peu développé, et je n'y ai pas rencontré de cellules vasoformatives. Le quatrième jour après la naissance et surtout le cinquième, des taches laiteuses assez nombreuses, bien que peu étendues, se sont formées dans la membrane. La plupart d'entre elles ne contiennent pas encore de réseaux capillaires perméables, mais presque toutes possèdent des cellules ou des réseaux vasoformatifs peu développés. Ces taches laiteuses, recouvertes d'endothélium, sillonnées par de petits faisceaux de tissu connectif, munies de cellules connectives à deux, trois ou un plus grand nombre de prolongements, sont caractérisées surtout par la présence d'un nombre variable de cellules lymphatiques dont les noyaux épais, irrégulièrement arrondis, en bissac ou sinueux, quelquefois doubles, sont colorés en violet intense comme ceux des autres cellules. Elles ont un corps arrondi ou irrégulier,
du uipin nouvpau-iu".
quelquefois muni de prolongements radiés. Elles sont colorées en violet, tandis que les cellules connectives présentent une colo ration simplement bleuâtre ou mieux gris de lin. Les cellules vasoformatives, qui sont placées au milieu ou à côté de ces dernières cellules, se présentent sous deux formes : celle de boyaux allongés contenant des globules rouges et terminés par des pointes, comme nous les avons décrites plus haut, et celle de niasses proloplasmiques arrondies ou ovalaires, dans chacune desquelles il y a un, quelquefois deux noyaux semblables à ceux des cellule> lymphatiques et un nombre variable de globules du sang coloivs on rouge par Téosine. Dans Tintérieur de ces dernières oelliilos, outre les noyaux colorés en violet par Thématoxyline et l(^ globules du sang colorés en rouge par Téosine, il existe des granulations dont la couleur, généralement d'un violet clair, tire souvent vers le rouge. Ce sont des cellules semblables que Schaefer a observées dans le tissu conjonctif sous-cutané des jeunes rats et qu'il considère, à tort, croyons-nous, comme de> cellules du tissu conneclif. La description que nous en avons donnée les rapproche au contraire des cellules lymphatiques, malgré leur dimension plus considérable qui parait résulter d'une nutrition plus active et qui est en rapport avec leurs nouvellt^ fonctions.
?ornMei«iéfr*^ Le grand épiploon d'un lapin d'une semaine possède des rel- •piiuien vaiw- lulcs vasoformativcs de forme et d'étendue très-variables, cont^
formaliv«>«c. i i i i • ^ ni
nant toutes ou presque toutes des globules sangums. Ces cellule<, qui sont tantôt des masses globuleuses, timtôt des cylindres courl> à extrémités mousses ou efTilées, tantôt des corps irréguliers munis de nombreux prolongements, comme par exemple celle qui a été représentée figure 215, se montrent dans des taches laiteuses bien limitées, ou dans différents points de la mombi'ane. Dans ce dernier cas, elles sont le plus souvent dans la direction prolongt*e d'une branche vasculairo perméable terminée par une pointe d accroissement. Chez des animaux de cet âge, les Uiches laiteuses possédant des réseaux vasoformalifs très-compliqués, comme nous les rencontrerons chez des animaux plus âgés, sont fort rares.
Les globules du sang sont situés isolément dans la masse protoplasmique de la cellule vasoformative, ou bien, ce qui est plus fréquent, ils y forment des groupes. Souvent, placés les uns à cèle des «lutres dans une cavité cylindrique, ils aflectent des rapports semblables à ceux qu'ils ont dans les branches vasculaires ouver-
tes. Ces globules ne contiennent pas de noyaux; ils sont discoïdes et ont les dimensions des globules ordinaires; quelquefois à côté d'eux il s'en trouve de beaucoup plus petits, semblables à ces débris en boule qui se forment dans le sang sous Tinfluence de la chaleur (v. p. 189). Nous n'avons jamais rencontré dans rintérieur d'une cellule ou d'un réseau vasoformatif un globule blanc à côté des globules rouges.
Chez des animaux plus âgés, quinze jours après la naissance, ceiiuie» toutes choses égales d'ailleurs, lesréseaux vasoformatifs sontgéné- va^rormaUN l'alement beaucoup plus étendus, et chez des animaux de vingt- ^qJ^nzcjours" cinq à trente jours, où le système vasculaire a pris une ïa nmMnco, extension considérable, la membrane ayant atteint un notable développement, on observeia des réseaux vasoformatifs étendus, compliqués, à branches très-nombreuses, dans lesquels il n'y a pas un seul globule du sang; dans d'autres, on en découvrira quelques-uns en certains points du réseau. Enfin, de petites taches laiteuses contiendront parfois des col- Iules vasoformatives simples ot sans globules rouges.
Chez les lapins d'un mois à six semaines, les globules sanguins deviennent de plus en plus rares dans les réseaux vasoformatifs, et finalement on n'en trouve plus un seul.
H est inutile de pousser plus loin l'étude de ces différents faits ; nous les avons indiqués simplement dans le but de guider les histologistes qui voudront faire des recherches sur cet objet. Nous devons maintenant les discuter et en tirer les données les plus importantes relativement à la formation des vaisseaux et du sang.
Comme on le sait, le système vasculaire considéré dans son ensemble éprouve chez l'embryon, au fur et à mesure qu'il se développe, des modifications notables, consistant non-soulemont dans la formation de nouveaux vaisseaux, mais encore dans Tatrophie et la disparition complète d'un certain nombre de ceux qui avaient été formés d'aborJ. C'est ainsi que les nombreux arcs aortiques qui existent au début de la vie embryonnaire disparaissent en grande partie dans la suite; il n'en reste que les portions nécessaires pour constituer les gros troncs artériels de la partie supérieure du corps. Dès lors, il y a lieu de se demander si, le même processus se poursuivant après la naissance, les cellules et les réseaux vasoformatifs du grand épiploon du lapin ne seraient pas d<^s portions du réseau vasculaire sépa-
(Î3V THAITK TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
rées du système général par l'atrophie des branches intermédiaires.
Cette hypothèse doit être écartée au moins pour la plupart des réseaux vasoformatifs, ceux des taches laiteuses par exemple, parce que, au lieu de s'atrophier, ils prennent un accroissement considérable à mesure que la membrane, qui au moment de la naissance était très-limitée, acquiert une étendue de plus en plus grande pour atteindre aux proportions que nous lui connaissons chez l'adulte. D'autre part, on ne trouve pas, entre ces l'éseaux vasoformatifs et les vaisseaux perméables, de cordons solides, avec des éléments cellulaires atrophiés, qui seraient le dernier vestige de vaisseaux atrésiés. Tout au c^ntraiiT, et surtout sur les préparations avec injection du système sanguin, il est facile de suivre rex})ansion active des vaisseaux perméables jusque dans les réseaux vasoformatifs.
Il est cependant un fait difficile à expliquer dans l'étal actuel : c'est l'existence de globules roupes sans noyaux dans les cellules vasoformalives. En effet, chez les très-jeunes embiTons de mammifères, les globules colorés du sang possèdent des noyaux '. Comment se fait-il alors que les globules rouges en voie de formation dans les cellules vasoformatives n'en renferment pas? Il faudrait dès lors admettre qu'il y a pour les globules du sang deux modes de formation : le premier, accepté depuis longtemps par les histologistes, consisterait dans la transformation d'une cellule nuch'ée en globule rouge ; l'autre, que Ton peut suivre sur les cellules vasoformatives, serait une production iniraprotoplasmique. Il serait comparable à la genèse des giains d'amidon dans les cellules végétales.
Bien que de nouvelles recherches soient encore nécessaires pour élucider tous les points relatifs au développement des vaisseaux dans le grand épiploon du lapin, il n'en reste pas moins acquis que des réseaux capillaires complets se forment et se développent après la naissance aux dépens de cellules spéciales,
1 M. Wissotsky, en étudiant le développement des vaisseaux gandins dans ramnios du lapin, y a reconnu l'existence de cellules vasoformatives, dans rintérieiir desquelles il y a des globules rouges munis de noyaux. 11 nous a montré les pn^rations qu'il avait faites de cet objet. Mais ù Tépoquc du développement des crobryoos sur lesquels il a fuit ses recherches, les globules du sang contenus dans les troncs vasculaires ont également des noyaux. Ce fait ne peut donc servir a résoudre la difficulté qui nous occupe.
sans avoir d'abord aucune communication avec les vaisseaux anciens.
Revenons maintenant à la formation des vaisseaux dans ih-vcioppol'erabryon de poule. Ils apparaissent à la lin du premier jour a.» Soaux d'incubation; mais le développement complet du réseau de '^'^bryon"'" l'aire vasculaire se montre seulement à la fin du second jour. A "" ^*"*'* ce moment, si l'on ouvre l'œuf avec les précautions qui ont été indiquées (p. :221), on reconnaît que l'embryon est déjà formé. Autour de lui il existe une zone claire, aire pellucidCy complètement entourée d'une zone opaque, aire opaque, dont la limite externe est marquée par un vaisseau bordant ou circulaire, désigné sous le nom de sitms veineux ou sinus terminal. Au niveau de la tête, ce sinus s'inflécbit pour donner naissance à une ou deux veines qui pénèti^ent dans le corps de l'embryon et vont concourir à la formation des veines omphalo-mésentériques. Quantauxartèresomphalo-mésentériques, elles se dégagent latéralement de l'embryon au niveau des dernières vertèbres primitives et se résolvent en un réseau qui occupe la région postérieure de l'aire pellucide et toute Taire opaque, qui a reçu pour ce motif le nom d'aire vasculaire. Les raniificalions périphériques de ce réseau viennent se jeter dans le sinus terminal.
Le cœur, punctum saliens des anciens, bat déjà et projette première le sang dans tout le système vasculaire que nous venons de dé- '^' ira'Siicr'
o*« Ail 1 •'.ii'j'i* du cœur «lu
crire. Si a ce moment, la plaque cmbryonnane étant enlevée deli- ,.«uioi. ratcment avec des ciseaux et placée sur une lame de verre, on isole le cœur et on le dissocie dans du sérum iodé, il se décompose en celhdes fusiformes ou irrégulières, granuleuses, dans lesquelles on ne trouve aucun des caractères dos éléments musculaires adultes. C'^st là une observation très-facile et fort intéressante, parce qu'elle établit que des cellules, qui paraissent simplement constituées par une masse protoplasmique, jouissent de toutes les propriétés fondamentales de la fibre cardiaque.
L'observation microscopique du réseau vasculaire de Fembryon de poule à la fin du second jour peut être faite facilement dans les portions postérieures et latérales de l'aire pellucide en employant, pour fixer les éléments, le sérum iodé, suivant le procédé que nous indiquerons un peu plus loin. On y reconnaît le réseau capillaire dont les brancbes sont larges, contiennent des globules rouges du sang groupés d'une manière variable dans
sanguins.
(i30 TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
leur calibre, et dont la paroi est constituée par des cellules granuleuses aplaties dans lesquelles il y a des noyaux fort distincts. Certaines des branches du réseau se terminent en cul-de-sac el paraissent destinées à s'allonger et à s'ouvrir dans une branche voisine. C'est là un mode d'accroissement dont nous n'avons pas encore parlé, et qui paraît être commun dans le réseau de l'aire vasculaire, landis que l'extension du réseau par des pointes protoplasmiques, pointes d'accroissement, y est au contraire plus rare.
Les différents phénomènes dont nous venons de parler ne sonl pas relatifs à la première formation ou au développement propice ment dit des vaisseaux sanguins. Celte première formation peul être observée de la 22' à la 24'* heure de l'incubation. Elle a éu» signalée pour la première fois, il y a longtemps déjà, pai' AVolff; elle se fait d'une manière très-singulière qui a sollicité l'attention de tous les embryologistes et a exercé leur sagacité, sans que cependant ce point de la science soit établi d'une laron définitive, iiou Dans la zone opaque d'abord, puis bientôt dans la zone pel-
lucide, on distingue à l'œil nu de petits îlots ai rondis, anguleux ou fusiformes, légèrement jaunâtres et dont la couleur s'accuse peu à peu pour prendre celle du sang. C'est là ce que l'on a d»'signé sous le nom d'îlots sanguins.
D'après Wolff, les vaisseaux se développent dans les espaces clairs situés entre ces îlots, et ces derniers constituent les mailles ou espaces intervasculaires du réseau. Pander * a démontré plus tard que ce sont au contraire les îlots opaques qui en s'agrandissant s'unissent les uns aux autres pour constituer le réseau capillaire.
Remak pensait que les îlols sanguins, formés en réalité par un amas de globules du sang embryonnaires, sont contenus dans des vaisseaux déjà formés et dont la circulation a été interrompue. Mais Ilis - a démonlré que les îlots sanguins existent à une époque antérieure à celle où la circulation s'établit etqu^ les éléments cellulaires qui les constituent sont formés sur place dans l'épaisseur de cordons cellulaires pleins, déjà disposés en
' L'indication des travaux de Wolff et de Pander se trouve dans KôUiker, Eolwicklungsgeschichte, 2* édition, 1876^ p. 12» 13 et suivantes.
'^ HfSj Untersuchungen iiber die erste Anla$;e der Wirbelthierleibes, Leiptig, i^^ p. 96.
DÉVELOPI'KMKNT DKS VAISSKAIX SANGUINS. (537
réseau. Ces cordons se creusemient à leur centre de façon û constituer des canaux dans lesquels les éléments des îlots san- $^uins dissociés seraient engagés peu à peu au moment où le sang commence à circuler. Les cellules des cordons cellulaires refoulées à la périphérie formeraient la paroi des vaisseaux.
Kôlliker * a décrit et figuré aussi ces cordons cellulaires et les îlots sanguins qu'ils contiennent; sa description ne diffère pas notablement de celle de His.
Klein ^, au contraire, a émis sur ce sujet une opinion qui se rattache jusqu'à un certain point à la théorie ancienne de Schwenn sur la formation des vaisseaux. Les îlols sanguins correspondraient à une cellule devenue vésiculeuse et sur la paroi interne de laquelle se formeraient les globules du sang qui, d'abord adhérents, deviendraient libres dans l'intérieur de la cavité et linalement la rempliraient. Les cellules des îlots sanguins s'ouvriraient ensuite les unes dans les autres pour former le réseau capillaire perméable.
DernièremenI , Leboucq ^ a formulé une opinion qui rattache les ilôts sanguins et la formation d('s premiers vaisseaux dans Taire vasculaire du poulet aux cellules et aux réseaux vasoformatifs, en ce sens que d'après lui les cordons cellulaires qui précèdent l'apparition des vaisseaux sanguins sont constitués par une masse de protoplasma parsemée de noyaux, dans l'intérieur de laquelle se formeraient des globules rouges du sang.
Nous allons indiquer maintenant le mode de préparation que nous avons suivi et les résultats qu'il nous a donnés.
Un œuf de poule, après ^2 à :25 heures d'incubation, étant mcUicmIo convenablement calé, on pratique dans sa coquille, au niveau de '"*" vaiL** '^" son équateur, une ouverture de deux centimètres de diamètre a '] dicr"" peu près. L'embryon avec la zone pellucide et la zone opaque est ainsi mis à découvert. On l'arrose avec du sérum fortement iodé; mais comme ce liquide s'écoule et ne reste qu'un instant en rapport avec la partie sur laquelle on veut le faire agir, il importe de l'y retenir au moyen du procédé suivant : un tub(* de verre, ouvert a\ix deux bouts, plongé jiar une de ses extrémi-
> KoUikcr, Eiitwicklungsgcscliichlu^ etc., 2*^ édit., 1876, p. 158 et suivantes.
- A7et/i, Das mittlere Ketmblatt in seinen Reziehungen mit den ersten Rlulgefassen uod Blntkôrporchcn ini Hiihnerembryo. Cnnlralblalty 1872. p. MO.
3 fjeboucq. Recherches sur le développement des vaisseaux et des globules sanguins, 1876, p. 10, pl.l, iig. 4.
le iHNiIel
038 TKAlïli: TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
lés dans le sérum, en retiendra une portion si l'on applique It* doigt à son autre extrémité, comme on le fait avec une pipette. Le tube ainsi rempli est porté au-dessus de Tœuf, de manière que son extrémité libre recouvre à peu près exactement TembiTon, et on le maintient dans cette situation. Au bout d'une à deux minutes, l'iode a fixé les éléments délicats de Tembryon et de si membrane et leur a donné une coloration qui en rend toutes les parties bien distinctes.
Tandis que la zone pellucide est faiblement teintée, le corps de Tembryon et la zone opaque sont fortement colorés en brun. Dans la zone opaque, la coloration brune n'est pas uniforme ; elle ménage des bandes ou des îlots, sans régularité bien marquée à la vingtième beure d'incubation, mais qui, dans les heures suivantes, reproduisent la disposition des vaisseaux dans cette r^on. Sinus terminal, réseau qui y aboutit, rien n'y manque, et cependant, au moment où l'on venait d'ouvrir l'œuf, c'est à peine si l'on voyait quelque trace de cette disposition.
Cette méthode est reconunandable encore à d'autres titres ; elle nous fournit pour l'examen microscopique des préparations d'étude très-démonstratives. A cet effet une incision circulaire faite avec des ciseaux tout autour et en dehors de la zone opaque permet de saisir avec une pince le bord du segment de la membrane du jaune ainsi détachée, et d'entraîner avec elle l'embryon sousjacent. Pour l'en détacher, il suffit, sans déplîicer la pince, de porter le tout dans du sérum iodé faible et de l'y agiter. L'embryon et les feuillets qui s'en dégagent sont alors étendus surune lame de verre, la face inférieure regardant en haut. Une ou deux gouttes de picrocarminate au centième sont ajoutées; on recouvre d'une lamelle en soutenant celle-ci par des cales pour éviter la compression, et, lorsque la coloration est produite, on substitue la glycérine au picrocarminate.
On obtient aussi de bons résultats en faisant agir une solution d'acide picriquc concentré avant de soumettre l'embryon à la coloration. Enfin, une solution d'.icide osmique à l pour cent peut être également employée pour fixei* les éléments de Tembryon, mais les piéparalions fuites par ce dernier procédé n».* valent pas les premières.
A l'époque où les îlots sanguins ne sont pas encore neliemenl visibles à l'œil nu, vers la vingtième heure d'incubation, les pri'* parations obtenues par l'action successive» du sérum iodé et du
UÉVELOPPEMEiNT hHS VAISSEAUX SANGUINS. (iVJ
picrocarminalc montrent, à un faible grossissement, dans la zone opaque, les îlots sanguins de Wolff et de Pander formés par des amas de noyaux colorés en roug(Mntense.
Sur les parties latérales de la zone pellucide, on aperçoit également quelques îlots rouges généralement arrondis et beaucoup moins étendus. L'observation devra porter sur cette région prinripalement, parce qu'elle n'est pas emcombrée par les granulations vitellincs. On pourra même l'étudier îîvcc les plus forts objectifs.
On y reconnaîtra d'abord que les masses colorées en rouge par le carmin sont formées de noyaux reliés les uns aux autres par une petite quantité de protoplasma, que ce sont en un mot des cellules à noyaux multiples. Ces masses ou ces cellules sont déjà contenues dans des C4inaux vasculaires dont le calibre est relativement considérable. Leurs parois sont constituées par des cellules plates, indiquées surtout par leurs noyaux, car il est impossible d'établir nettement leurs limites. Ces capillaires embryonnaires, anastomosés les uns avec les autres, font un réseau complet; cependant, en arrière des plis latéiaux que forme le capuchon céphalique, on observe constamment des vésicules spliériques ou légèrement allongées dont les parois présentent la même structure que celle des capillaires et dans l'intérieur desquelles il existe quelquefois des îlots sanguins.
L'observation (lue nous venons de donner ne se rapporte Première for-
, , . ination
pas à la première formation des vaisseaux et du sang ; pour «i« »* vaissiaiix rétudier, il faut remonter plus haut et rechercher particuliè- ^>'« ««"j?renient les embryons chez lesquels la zone opaque, traités par le sérum iodé, ne montre pas encore le dessin caractéristique du réseau vasculaire *. On y reconnaîtia, toujours en examinant la zone pellucide, que le réseau capillaire est d'abord constitué simplement par des cellules ; que ces cellules s'unissent c^nion:* les unes avec les autres pour former des cordons pleins, anastomosés entre eux. Aux points d'anastomose, points nodaux, le
' Le développement «le l'embryon de poulr, comme His l'a dit avec juste raison, n*e$t pas exactement en rapport, tu moins pendant les premières heures, avec la durée de rincubation. Aussi, pour observer tous les détails du premier développement des vaisseaux, convient-il de faire un très-grand nombre de préparations, en recueillant les œufs de la vingtième à la quarantième heure, cl il ne faudra pas toujours considérer comme les plus avances dans leur dèvelop{»enicnt ceui qui au* ronl séjourné le plus longtemps dans l'étuve d'incubation.
I*n'niii'rrs
cavitûti vascnlninr».
Foniialioii iiub sanguine
Vû»itii1«*?« \UM'ulair(.>^.
iiU) TliAlTK TECHMQIL: D'HISTOLOGIE.
nombre des noyaux est eonsidéi able, tandis qu'il est faible dans l(îs autres parties; il y a même des branches anastomotiques qui paraissent constituées par des bras protoplasmiques sans no\'aui.
C'est généralement dans les points? nodaux que se produisent les premières cavités vasculaires et les îlots sanguins. Li»s premières cavités vasculaires sont d'abord des creux remplis d' liquide qui s'agrandissent et s'allongent pour cunaliser lesbçanclies du réseau. Les noyaux et le protoplasma refoulés à la périphérie constituent les premiers éléments de la paroi du vaisseau, (les éléments, îigissant à la manière des cellules glandulaires, sécrètent un liquide, premier plasma du sang, qui distend peu à peu les branches du réseau pour leur donner le dianiètn' considérable dont nous avons déjà parlé.
l^es îlots sanguins s(î forment aux dépens de cerlaim»s celhib des cordons vasculaires primitils ((ui sont mises en liberté daii> leur intérieur au moment de leur canalisation. Os cellules, relativement peu nombreuses, sont sphériques et contiennent d'abiM'd un seul novau.
Bientôt ce noyau se multiplie et il prolifère avec une activil»' tell(? que la c(îllule formative du sang, singulièrement agrandie, est transformée en une» boule dans laquelli? tous les noyaux .«'HIblent se toucher. Plus tard, ces boules se désagrégi'nt pour mettre en liberté leurs noyaux avec la faible quantité de protoplasma qui revient à chacun d'eux. Ce sont Iî\ les premi«'i> globules rouges du sang. Leur constitution est presque entièrement nucléaire, et c'est la raison pour lacpielle ils se colorent M vivement par le carmin.
Nous devons ajouter ([Ui' hîs vésicuh'S situées dans la zon«' pellucide en arrière des freins du capuchon céplialique sont composées de cellules formatives des vaisseaux (|ui ne se sont |w> encore fondues avec le réseau général, mais q\ii sont deslinêe^à en faire partie plus tard. C(» fait ne mancpn» pas d'intérêt, car il montre que chez l'embryon de poule, comme chez le lapin noiiveau-né, le dévelo|»pement du syslèiue vasculaire est discontinu.
Kaisons remarcpier encon* i[{w chez rend)ry(Ui de ponli- !•* C(;lhiles formatricesdu sang se ditférencient des cellules va-^oft"' matives, tandis que chez le lapin nouveau-né la môme cell"''' concourt au développement du vaisseau et du sîing. Voici toinmcnt nous nous rendons compte de celte dilfén^nce imjKnlante : tandis que chez le poulet les globules routes du ^ang >oni df>
VAISSEAUX LYMPHATIQUES. 64i
cellules nucléées, chez le jeune lapin ce sont de simples productions înlra-cellulaires qui n'absorbent pas le matériel essentie de la cellule. Celui-ci, noyau et protoplasma, peut dès lors servir à la formalion du vaisseau.