COEURS LYMPHATIQUES
noyaux, comme dans les muscles volontaires. Mais il existe aussi à leur surface des amas protoplasmiques nettement des- «inéSy bien qu'ils ne soient pas aussi prononcés que chez la
Fie. 231. — A cl B, deux tronçons de fibres musculaires du cœur lymphatique postérieur de la grenouillr verte, isoles après injection d'un mélange à parties égales d'une solution d'acide osmii|ue à I pour tOOet «ralcool à ÎJO".— >i, noyaux;;?, proluplasma; m, substance musculaire. — TiOO diam.
grenouille. On y observe également des divisions et des anastomoses. Li strialiondesfoisceaux y est bien marquée ; elle y affecte sa disposition habituelle.
Chez les reptiles comme chez les batraciens, les fibres musculaires sont toujours accompagnées d'une quantité notable de faisceaux connectifs résistants qui, se dégageant des cœurs lymphaliques, vont s'attacher aux parties voisines ou les pénètrent. Ares foisceaux sont associées des cellules pigmentaires qui concourent adonner aux organes dont nous nous occupons une teinte grisâtre, bien marquée surtout rhez les reptiles.
On vient de voir que les faisceaux de tissu conjonctif rendent difficile la dissociation des fibres musculaires. Aussi celte dissociation est-elle facilitée par certaines réactions qui, tout en ramollissant le tissu connectif, conservent aux fibres musculaires leur consistance ou même la rendent un peu plus grande.
A propos du système musculaire, nous avons fait connaître une méthode à l'aide de laquelle chez la grenouille on atteint fiicilenient ce résultat. Elle consiste à plonger un de ces animaux dans un bain d'eau élevé à la température de 55" et à Ty main-
RARVifJi^ Histol. io
Fajtceaujc connectifs et
cellules pigmenlaires
Dissociation des cœurs lymphatiqucH après Tacion de l'eau à55«.
Iléliculuui
musculaire
dos cœurs
lymphatiques.
tenir pendant 15 à !âO minutes. Après ce traitement, la séparation des muscles se fait avec la plus grande facilité, et, si Ton connaît bien d'avance la situation et les rapports des cœurs lymphatiques, on peut, en se servant de la pince et des aiguilles mousses, isoler complètement ces organes, les enlever et les dissocier sur une lame de verre dans une goutte d'eau. En colorant ensuite au moyen du picrocarminate d'ammoniaque, auquel on substitue ultérieurement la glycérine, on obtient des prépai*ations où les divisions et les anastomoses des fibres musculaires des cœurs lymphatiques se présentent avec la plus grande netteté. On y reconnaît les monticules protoplasmiques et les noyaux marginaux des petits faisceaux musculaires, mis à nu parce que le sarcolenunc a été dissous.
Ces fibres convergent, se soudent les unes aux autres de manière à constituer en certains points les nœuds complexes d'un
Fie;. 'i'M. — l'iic poilioii du réseau musculaire du cœur lynipliuUqufî poslcrienr éi la î^rciiouille verte, isolée après que ranimai a séjourné 15 minutes dans Tca à .V)". Coloration avec le picrocarminate d*ammoniaquc. Conscnation dans U pl^ ccrinc. — p, monticules protoplasmiques; n, noyaux. — lUU diam.
réliculum musculaire (fig. :23i). Les libres constitutives de ces nœuds y entrent avec leurs noyaux et leur protoplasma marginal, et celui-ci concourt à les unir.
Los anastomoses des fibres musculaires striées des coeurs lymphatiques pourraient suggérer rhypothcse que ces fibres, comme celles du cœur sanguin, sont (ronslituées par des cellules soudées bout à bout. 11 n'en est pas ainsi, et pour s'en convaincre, il faut employer la méthode qui a conduit àladé<'ouverledela?érilable constitution du muscle cardiaque : la macération de petit? fragments du tissu dans une solution de potasse caustique à
CœURS LYMPHATIQUES. 707
40 pour 100. L'action de ce réactif, poursuivie pendant un quart d^heure ou vingt minutes, permet de séparer des cœurs lymphatiques qu'on y a plongés des faisceaux musculaires ramifiés et anastomosés, mais elle ne les divise nullement en une série de segments cellulaires analogues à ceux que rapplicalion de la même méthode fournit pour le muscle cardiaque.
Tandis que, chez la grenouille, le cœur sanguin est dépourvu ^^^ de vaisseaux nourriciers, les cœurs lymphatiques du même ani- ««««»»
, . . des cœurs
mal possèdent un réseau complet de capillaires sanguins. Pour lymi^^quc* observer ce réseau dans tous ses détails, il faut le remplir d'une grcnottOie masse au bleu de Prusse additionné de gélatine; ce que l'on obtient au moyen d'une injection générale du système vasculaire sanguin.
Lorsque la gélatine est prise par le refroidissement, la cavité viscérale de la grenouille est ouverte, la peau qui recouvre le dos est en partie réséquée, et l'animal est plongé pendant vingt-quatre heures dans le liquide de Mûller. On procède ensuite à la dissection et à l'exlii-palion des cœurs lymphatiques, qui sont mis dans Teau, divisés, convenablement étalés et montés en préparation dans la glycérine ou dans le baume du Canada, tels (\i\d\s ou après coloration au moyen du carmin ou du picrocarminate.
Le réseau capillaire d'un cœur lymphatique, étanV donnée seulement la forme qu'il affecte, ne saurait être reconnu comme un réseau musculaire. En effet on a vu, à propos des muscles (voy. p. 510), que leurs vaisseaux nourriciers forment d'habitude des mailles quadrilatères allongées dans le sens des faisceaux primitifs du tissu et dont le petit diamètre correspond à peu près à répaisseur de ces faisceaux. Dans les cœurs lymphati(iues, les mailles vasculaires ont des formes arrondies, sont de dimensions variables et n'affectent aucune disposition régulière. Les vaisseaux qui constituent le réseau sont situés souvent dans des plans différents et passent de l'un à l'autre en contournant des gioupes plus ou moins grands de faisceaux musculaires.
Dans le chapitre de cet ouvrage qui sera consacré à l'étude de la terminaison des nerfs dans les muscles, on trouvera tous les détails relatifs aux modes de préparation des terminaisons nerveuses dans les muscles striés volontiiires, dans le muscle cardiaque et dans les muscl(»s striés involontaires, dont la nuisculature des cœurs lymphatiques fait partie. Mais par avance nous devons dire que chez les re[)tiles la terminaison des nerfs dans lescœurs lyni-
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phaliquGS se Tail par des éminenccs et des arborisatioos lernunales, comme dans les muscles volontaires, tandis que ces appareils terminaux n'exislenl pas dans le cœur sanguin '.
» A ces notions histolojiiijucs sur les civurs lympliatiques, il ■ convient d'ajonlei- qiielc|ncs données relatives aux Ibnclionsdet.'es orjtanes.
Si l'on coiiipan; le svslcmc lymphatique chez les mammifère cl cliez les batracii-ns, on est frappé des différences qu'il présente dans les deux classes d'animaux. On a vu que, chez les manunifnres, le système lymphaliqnc prend son origine dans les cavité? séreuses ou dans les mitlllcs du tissu ronjonctif, desquelles se ftéjïay^ent des ranaiix riiractérisés par la minceur de leui-s parois, leurs valvnles et leur cndotliéliiim spérial.
Les renflements supravalvuiaires (voy. fiff. :2I(Î, p, lii^t qu'ils préscnteni, aver leins eelltiles musculaires abondantes et enlrecioisées à la manière du réliniUim du myocarde, sont desaïulogues des cœurs lymphatiques des l>;<(raciens. Ces i-enllemenlï
\\j Vuj, LrioHii nur ihiKlolagie tlu if/nteme nerrcHX, t. 11, \y. JtlOvt siiiiMl».