SYSTÈME NERVEUX
ressanLs sur la structure (Je la cellule nerveuse des plagiostomes peut être également employée avec avantage pour l'étude des cellules nerveuses des cornes anlérieures de la moelle épinière de l'homme, du bœuf, du cliien et des autres mammifères. Ces
Fie. 235. — Uiu' cellule des rornes antérieures de la luooll»? du veau. — w, noyau ; n' nucléole ; n" nurli''olule ; ;», prolon^'enienls |)nilO|dasmi(|ucs ; //, prolongement do •
Deîters. — 170 diani.
cellules sont munies de nombreux prolongements; tous sont i-amifiés, à l'exception d'un seul, qui a été découvert par Deiters.
Les prolongements ramifiés sont nettement iibrillaires comme coMUmuon les libres nerveuses qui traversent les jiranghons spmanx de la ««Mproionjp-
o o I uiPiiU des
raie. Le prolongement de Deilers paraît homogène; on doit sup- ••«•"••im nerposer cependant qu'il est également formé par des (ibrilles. En eflet, le prolongement de Deilers des cellules antérieures de la moelleétant une fibre motrice, cl les libres de cette espèce élant destinées, comme nous findiquerons plus fard, à se diviser et à se subdiviser quand ellesaurontpénélré danslesmusclesauxquels elles se dislribuenl, ce prolongement correspond évidemment à plusieurs (ibrilles terminales. On est conduit dés lors à lui supposer une constitution fibrillaire. Si jusqu'à présent on n'a pu lui reconnaîlre directement ceUe constitution, c'est que trèsprobablenoent les fibrilles y sont exacleinenl appliquées les unes sur les autres, ou bien qu'il existe entre elles une substance unissante dont la réfringence est égale à la leur.
Le cylindre-axe d'une fibre nerveuse élantforméparunfaisceau de fibrilles, il ne doit pas être envisagé comme une individualité
:ii TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
élémentaire. D'autres faits histologiques, relatils aux plexus nerveux, viennent encore confirmer celte manière de voir. C'est dans la cornée (|u'il est le plus facile d'observer ces plexus d d'en suivre la merveilleuse intrication.
Plexus La cornée du lapin convient spécialement pour ces recherches;
dria cornée cUo doil elrc traitcc parle chlorure d or, qui, dans certames conditions, jouit de la remarquable propriété de se réduire dans les fibrilles nerveuses et de les dessiner nettement. Les préparations seront faites à l'aide d'un procédé sur lequel nous aurons souvent à revenir dans l'étude pratique du système nerveux. La cornée enlevée à un animal que Ton vient d<* sacrifier, est plongée pendant cinq minutes dans du jus de citron fraîchement exprimé et filtré ; puis elle est portée dans quelques centimètres cubes d'une solufion de chlorure d'or à 1 pouriW), ou elle reste quinze minutes environ ; enfin elle est lavée <i.in> l'eau distillée et mise dans un flacon contenant 25 à ;:iO centimètres cubes d'eau distilléeà laquelle ou ajoute uneà deux gouttes d'acide acétique. Vingt-quatre ou quarante-huit heures après, la réduction de Tor étant opérée sous l'influence de la lumièi'e du jour, la cornée est devenue violette. On y feit des coupes parallèles à sa surface externe. Dans celles de ces coupes qui contieuDeot des portions de la membrane placées immédiatement audessous de l'épithélium antérieur, on reconnaît, avec un grossissement de 15(1 à 400 diamètres, que les fibres neiTeu>e> qui s'y distribuent s'anastomosent les unes avec les autres, en formant un plexus dont les mailles ont des dimensions variables et dont les points nodaux élargis laissent voir des fibrilles nerveuses entrecroisées dans toutes les directions. L'intricalion d<' ces fibrilles est tellement complexe et tellement variée, qu'élu défie toute description.
Cependant, si nous suivons une fibrille nerveuse à partir du point où, se dégageant d'un petit tronc nerveux, elle entre dans le plexus de la cornée, nous la voyons s'engager successivement dans plusieurs des branches de ce plexus en s'associani à (les (ibrilles qui proviennent d'un autre nerf. Or, chaque branch»' du plexus nerveux de la cornée pouvant être regardée comme une fibre nerveuse distincte, et les fibrilles qui «mtrent dans >a constitution ayant des origines bien dilVérentes, il en résull»* nécessairement que celte fibre ne doit pas être considérée comm»' une individualité histologique.
SYSTKME NERVEUX. 715
La libre nerveuse ne ronstitue pas non plus une indiviihialilé '^"*>^** "«^ii-
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physiologique. C'est un organe complexe, dont l'origine peut **" 'jlJJÎJf'""* bien être dans une seule cellule nerveuse, ainsi que cela existe certainement dans l'appareil électrique des poissons, mais qui peut aussi dépendre de plusieurs cellules nerveuses, ainsi que cela ressort d'une manière tout à fait évidente de Tobserva- Uon des tubes nerveux en T des ganglions spinaux cliez les mammifères et chez les batraciens *.
La signification de ces tubes en T est la suivante : deux fibres nerveuses, nées chacune d'une cellule distincte, marchent l'une voi's l'autre ; elles se rencontrent et marient leurs fibrilles, de telle. sorte que la fibre nerveuse unique qui résulte de leur fusion possède des fibrilles provenant en proportion variée des deux cellules d'origine.
Nous sommes amenés maintenant à envisa<>:cr les librilles ner- TinninaisoM
. . ^ dfi fibrilles
vftuses dans leurs terminaisons. ncrv^tos.
I^a physiologie conduit à penser qu'une fibrille nerveuse est un fil conducteur destiné à transmettre à un centre des impres- Aions sensitives ou à transporter à la périphérie une incilîition motrice. (Jue Ton considère la fibrille sensitivc» ou la fibrilhi motrice, on a dès lors une tendanct» à lui reconnaître deux temiinaîsons, l'une dans les centres d'incitation ou de perception, l'autre à la périphérie.
Ce que nous avons dit des cellules nerveuses, de leur constitu- Tr-rminaisKin*
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lion fibrillaire, de la façon dont les fibrilles qui entrent dans •'••"•« '••'« cmleur composition s'engagent dans les libres n(Tveuses, conduirait à penser que ces fibrilles n'ont pas de terminaison centrale. Cependant les librilles que Ton observe dans la couche superficielle des rellules nerveuses sont si peu nettes, elles sont follement intriquées les unes avec les autres, et leur rapport avec le (çlobe ganglionnaire est si peu déterminé enconî aujourd'hui, que Ton peut supposer, et cette hypothèse est loin d'être invraisemblable, qu'un certain nombre de ces fibrilles prennent réellement naissance dans le globe ganglionnaire et s'inlléchissent à sa surface pour venir se eonfondre aveclt» lacis fibrillain» superfieiel de la cellule ^
' Xiv% tubes norvf'iix en T ot do h-urs rclaiions av«»c los ('rlliiro<( gnn(;lionnniros {Camplex rendus^ IKT.'»).
• torsiiuc tirtus lions orciiprrons <|i<'i'ialiMnr'iil do^ r«»||iiloA iiorvPils<>s. iioii!» inWi-
erminaitons lus fibrilles nonroiwes la pf^riplx'»rie.
Tliéorii»
tU> llrnscD ir lt'8 terminaisons l'îrvoiises.
7ifî TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
Los terminaisons périphériques (les fibrilles nerveuses senshives ou motrices sont connues seulementdans quelques organes,- et encore les notions que nous avons à leur sujet ne sont*eUes pas complètement établies. En effet, si, dans les muscles striés et dans les lames électriques de la torpille, on a pu observer des terminaisons nerveuses libres, il ne suit pas de là que les bourgeons terminaux qui caractérisent ces terminaisons soient formés par une simple fibrille élémentaire. Il se pourrait, ee effet, qu'ils fussent constitués par une ou plusieurs fibrilles repliées à leur niveau de manière à figurer une anse. Il s'agit d'objets si délicats, les moyens que nous avons pour les étudier sont si insuffisaots, qu'il me parait complètement impossible de trancher la question, et Ton peut discuter aujourd'hui encore pour savoir si les fibrilles nerveuses se terminent par des extrémités libres ou par des anses terminales.
A ces deux théories, qui depuis bien des années partagent les histologistes, il convient d'en ajouter une troisième qui a été récemment formulée dans sa généralité parllensen*. Voici en quoi elle consiste : On savait que la terminaison des nerfs se fait dans quelques appareils sensoriaux par des cellules spéciale*. D'autre part, on savait que, dans un processus de division cellulaire assez fréquent, une cellule dans laquelle se sont formés deux noyaux s'étrangle et prend la forme dite en bissae. On conçoit que la division commencée puisse s'arrêter à cetle phase et que le pont qui réunit les deux portions de la cellule en voie de division puisse atteindre sans se rompre une longueur notable.
Si donc, pendant le développement embryonnaire du système nerveux, une cellule appartenant à ce système subit une division incomplète, une des portions pourra demeurer dans les centres tandis que l'autre restera liée à la périphérie. Entre ces deux portions munies chacune d'un noyau, il subsistera un filament de substance cellulaire pour former la fibre nerveuse.
L'auteur de cette théorie s'appuie encore pour Tédifiersur
qurroiis oiicorr c<M'laincs hypothèses qui ont cours dans la science. Mais comiw ces hypothèses, hicn qu'elles soient exposées dans |»resquc tous l«»s traités classiques, ne sont pas en rapport avec les faits positifs que nous avons signal», nous les passons sous silence.
' Ilensen, Beobachtungen iiher die Befruchtun^ und Kntwieklun^, de, in /«'schrift fïir Anal, und Entwick.f 1876, p. 372.
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une observation négative, à savoir qu'aucun histologiste n'a jamaispu observer que iesnorfscroissentducentreà la périphérie.
Nous ne discuterons pas maintenant la conception de Hensen ; nous l'avons donnée simplement pour compléter rénumération des théories que Ton a formulées et que Ton peut encore formuler aujourd'hui relativement à la terminaison des nerfs.
Pourachever celte esquisse de la structure du système neigeux ,^,^„t!:Ufi*,.i considéré dans ce qu'il a d'essentiel, nous devons ajouter que ^^'^îj^J.gij*"^ des éléments empruntés au sysU''me conjonctif ouau système épi- *'^''*-"g^ "^''- Ihélial viennent se mélanger aux éléments nerveux proprement dits pour constituer des organes distincts. Dans les nerfs et dans les masses ganglionnaires de la périphérie, ces éléments ont des caractères parfaitement tranchés, et leur étude, comme on en jugera par la suite, peut être faite d'une manière complète. Il n'en est pas ainsi pour rencéphale, la moelle épinière, la rétine, etc., car, parmi les cellules que contiennent ces organes, il en est dont la signification histologique et physiologique est encore obscure et dont on ne peut pas dire si elles sont de nature nerveuse ou de nature connective. C'est là un(î discussion dont la place est naturellement indi({uée daus le chapitre qui sera consacré aux centres nerveux.
Pans rétude ({lie nous allons faire maintenant des dillérenls organes qui composent le système nerveux, nous nous occuperons successivement des nerfs, des terminaisons nerveuses et des organes nerveux centraux.