‹ Traité technique d'histologieChapitre 78 sur 106 · VAISSEAUX SANGUINS DES NEKFS · texte numérisé non relu

VAISSEAUX SANGUINS DES NEKFS

Les nerfs les plus lins ne possèdent pas de vaisseaux propre; ils empruntent les matériaux de leur nutrition au plasma qui les baigne et qui leur est fourni par les capillaires situés dans leur voisinage. Mais, dès qu'ils ont un Ciilibre notable, les faisceaux nerveux, isolés ou groupés pour constituer des nerfs, possèdent des vaisseaux sanguins qui, après s'être engagés dans leurs gaines lamelleuses, les pénètrent et se distribuent dans leur intérieur.

L'existence de vaisseaux sanguins (artères, veines et capillaires) entre les tubes nerveux qui composent les gros faisceaux des nerfs peut déjà être reconnue sur les coupes Iransvei'salesdeJ nerfs faites après n'importe laquelle des méthodes indiquées pa«j[e 7:V.). Les artérioles et les veinules sont comprises dans de< lames intrafasciculaires, tandis que les vaisseaux capillaires sofll

Vaisseaux Mnffuins du

scutique de la grenouille.

Vaisseaux >aiiffiiin8 étudies 5ur de!< coupe» de nerfs injccU's.

70« TIUITÉ TECHM(jLE D'HiSTOLOiilE. ^

Lcsiiatique de la grenouille, la plupart des nerfs durable supliènc péronierdu cochon d'Inde ou du lapin conviennent loul spécialement pour ces préparations.

Le sciatique de la grenouille est constitué, comme on le sait, par un seul faisceau nerveux ; le tissu conjonctif périfasciculaire y fait à peu près complètement défaut et les vaisseaux sanguins

que l'on y observe sont presque tous intiifasciculaires. Le réseau intrarasciculaîre do sciatique de la grenouille possède des maille: très-allongées suivant l'axe du faisceau nerveux. 11 y a lieu de considérer à ce réseiu des branches longitudinales qui sont à pea près parallèles entre elles, et des braocbes transversales qui leur sont perpendiculaires ou plus ou moins obliques. Souvent un des vaisseaux capillaires du réseau, s'engageant entre les différents tubes nerveux, parcourt au milieu d'eux un certiiin trajet, et forme une anse pour rejoindre le réseau commun dans un point plus ou moins éloigné de son lieu d'origine (voy. lig. 258).

Dans les nerfs des mammifères, obsenê?

en entier et suivant leur longueur, après que

S..'*Uh

Fio. tt}'k — Vaisseau 1^"*'^ vaisscaux Ont été injectés et qu'on les a capillaire intrafasci- reudus transparents par l'cssence de lérébeo-

culaire du nerf scia- . . i • n » n* j »

tique du (îhien adulte, tlimc OU do gu-oflc, a 1 uiiagc du rcscau intraisoié après durcisse- fasciculaire proprement dit vient s'ajouter

ment du nerf dans n j» » »» • i «n • a •

l'acide ciiromique à Celle d un rcscau artériel, capillau'e et vei-

2 pour 1000. — «, neux situé dans le tissu conjonctif périfascicu-

S^^co^te'îiTVan^^ '«'l'e. Pour distinguer ces deux réseaux Fun

rintéricur du capii- Je l'autre il fîiut uuc très-graudc attention, ti

la'^paroi du ^rapii- Gucore pcut-ou rcstcr daus le doute sur la

iaire;c, cellule con- situation dc tel OU tel rameau vasculaire.

neclive appliquc^e sur . . ' •» * . p • » • .

la îiurface externe du AUSSI, pOUr CVltcr tOUtC COnfuSlOn a CC SUJCt,

capillaire. -600 diani. convient-il d'avoir recours à Texamen de coupes longitudinales et transversales.

Le nerf sera durci dans Talcool si Tinjection a été faite avec une masse colorée au carmin, dans Talcool, Tacide chromiqii^ ou les bicliiomates si Ton a employé une masse au bleu de Pru^st^

Sur le.^ coupeslungiludinalesdi'sgros faisceaux neneux (scia-

liqucdu chien, du lapin, du cochon d'Inde, etc.), on peut reconnaître alors l'existence d'un réseau capillaire analogue à celui du sciatique de la grenouille. Sur les coupes transversales des mêmes faisceaux, la plupart des capillaires sont coupés en Iravei"s; si la coupe est épaisse et bien éclaircie, on peut les suivre dans sa profondeur (voy. fig. 2(10) et voir en certains poirits des divisions de vaisseaux en forme de fourches.

La structure des artérioles, des veinules et des capillaires qui cheminent dans l'épaisseur des faisceaux nerveux, ne présente rien de spér^ial. A leur sujet, il convient de faire remarquer que, les branches longitudinales du réseau que forment les capillaires ayant une Irès-j^rande longueur, leur isolation complète peut être obtenue facilement en dissociant un tronçon d'un nerf dont les élémenls ont été fixés par Tacide osniique, racide chromique ouïes bichromates.

Si la dissociation n'a pas été poussée trop loin, on obsei*ve à la surface des capillaires des cellules connectives aplaties qui leur forment un levètement externe incomplet (voy. fig. 259 et p. 58» et 590).

Pour étudier les vaisseaux lymphatiques des nerfs, il faut les injecter avec une masse de bleu de Prusse dissoute dans l'eau distillée, ou avec une masse de bleu à la gélatine chauffée à 35 degrés, au moyen d'une seringue hypodermique munie d'une canule fine à extrémité tranchante.

Après avoir découvert le nerf sciatique d'un chien que l'on vient de sacrifier, en ménageant le tissu conjonctif qui l'entoure, on réussit parfois d'emblée à injecter quelques-uns des vaisseaux lymphatiques de ce nerf, en faisant pénétrer la pointe de la canule entre les faisceaux qui le composent; mais le plus souvent il se produit d'abord une diffusion de la masse colorée qui, en se répandant dans le tissu conjonctif, s'étend progressivement sur une certaine longueur du nerf, et c'est plus lard seulement que l'on voit des vaisseaux lymphatiques se remplir du liquide coloré. De ces vaisseaux, dont la forme est caractéristique, les yns remontent le long du nerf, pénètrent avec lui dans la cavité pelvienne, et vont se rendre au ganglion lombaire ; les autres s'engagent dans les interstices musculaires voisins.

Ranvier, fU^toI. 49

T,IS TKAITÉ TECliMQUE D'HISTOLOGIE.

Si, au lieu do faire pcnétrci' la canule de lii seringue ikiisli; ' tissu conjonclifpérifascicutairc, on l'introduit obliquemeot dam rinléricur d'un gros faisceau nerveux, on voit, sous l'influcDi'e de la pression, la masse colorée se répandre dans le faisceau el en suivre le trajet sur une longueur plus ou moins considérablt L'injeclion se fait dans ce faisceau comme s'il était creusé à'uae cavité analogue à celle d'une branche vasculaire ou d'un cooduil giandiilaii'e ', mais en réalité la masse injectée s'est simplemeitt logée dans le tissu conjonctif intrafasciculaire. entre les * ments ncivcux. Pour s'en assuier, il suffit de faire des coupes transversales du nerf après qu'il a macéré dans un liquide qui

1i( '(K) —(I s fai'-Liiii 11 nciix ilu ^(itliqui (lu rat Los laiïïCanx »«fiii* ni ili iiijcfl suc lin m is^l ju Ljriiiin iildilKiiim ilr eihliiic Iik i■r^ tioii iiiUriiiticllo (Il 1)I<>a du l'ni'isi -utililioniii do gilatior a lUi- biU du» b li^iu cijnjuiicliriiitrarascieiihiri. U nerf nmintcnu «n cxlcatioii pht^mlociff < I lu pliingit dans I alruol almulu Coupe tran»irsali apr^t durciwnniivt. — fL I^Inc I -implicite c, ripiUam languin, (ii lubi n(.rtrux, ca cvltndrr-a%r: <> mt•^^tIc 9 rLiiiplK di< l> nii>-.c lu bliu de l>ni9<-i — KO diim

.lugmentc sa consistain,u etqui fi\i It, bleu de Prusse de manirri' à permettre de déterminer exactement les pointsoù l'injectionl'» fait pénétrer.

Pour atteindre ce but, le nerf injecté, maintenu en exteadon,

' En \itii, ltiit;rua (Mùmuiic sur la sli-uclnrc <lcs nerfs, in ftéperloirr iTaHalomit it Je phijuUitogie, t. IV, IHâV, p. 63) ràiissil ù irijralcr les nerfs niec du nicrvun, (umnii; on le faisait alora pour les vaisseaux lymplialiquc»'. U vn conclut tfot <lv» l'inlvrieur do chui[uc faiscvau nerveux il existe un canal préfonnr in^of' ' un canal vasculaire. Plug lard, Cruveilhier, aj-aul vainement cherché ce «mlpoiiiu quc^dans l'injcctiuD centi'ate d'un nerf, on n'iiijcclc ni le néirileouiK, âb

NEHKS. — ClIiCLLAÏlO.N LV.MIMIATIOI'K. 771

esl placé daus de Talcool forl. Vingt-qualrc heures après, il a pris une consistanre suflisanlc pour que Ton puisse y pratiquer des coupes transveisales. Ces coupes seront montées dans le baume du Canada, en suivant le procédé classique. l*our obtenir de ces préj)arationsdes renseignements complets, il est bon (juc les vaisseaux sanjj^uins du nerf aient été préalablement injectés an moyen d'une masse colorée par le carmin.

On constate alors que la masse bleue s'est répandue dans une certaine zone tout autour des tubes nerviîux et des capillaires sanguins qui leur sont associés (voy. lig. :200), remplissant ainsi Fespacc plasmatique ou lymphatique qui est compris entre ces diflërenls éléments ; (juelquiîlbis elle s'est en^^^^a'e le long des lames intrafasciculaires et les a suivies pour atteindie la gaine lanielleuse ; mais le plus souVenl elle est restée limitée à la partie centrale du faisceau nerveux.

Il y a lieu de se demander comment il se fait qu'une masse colorée puisse liler dans l'intérieur d'un faisceau nerveux et y chcininer dans une grande longueur, sans être retenue latéralement par une meuibrane; mais, si Ton considéie cpie, à miisurc que la masse pénètre au milieu des tubes neiveux, elle les écarte, on comprendra aisément que ces tubi's, pressés les uns sur les autres et maintenus à la périphérie par la gaine lamelleuse, forment audessous d'elle une barrière plus ou moins impénétrable, tandis qu'en avant le liquide trouve une issue facile.

(Juand bien même la gaine lamelleuse serait constituée par un lacis perméable, la masse injectée n'en suivrait pas moins la direction du faisceau nerveux, si toutefois la résistance de cette gaine était suflisante pour empêcher un écartement notable des tubes nerveux qu'elle renferme.

Si le nerf sciatique d'un chien est dénudé, comme il a été dit d'abord, et que l'on pratique dans le gros faisceau de ce neif une injection interstitielle de bleu de Prusse, lorsque la masse s'est

substance iicrvciisc, ni les vaisseaux, mais une gaine propre à cliacpic lilet nerveux (Anntnmie descriptive, 3" édil., t. IV, p. i(il). J'ai «lénionlré depuis (Rechenhes sur Vanatomic et la phijsiolofjie des nerfs, m Arrhires de pUysinlogie, 187:2, p. l.'UM que la masse d'injection qui pénètre dans ;.n faisceau nerveux se répand entre les diflTércnU tubes qui le composent cl peut liler entre eux dans une très-grande longueur san* atteindre la gaine huncllcusc qui les culoure, et que par <()n>é<iuenl l'injection lies filaments nerveux n'inipliciue pas l'existence d'un canal liuiilé dans leur intérieur. — Voyez pour les autres détails historiques, Leçons sur l'histologie du système nerveux, t. I, p. 181 et su iv

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répandue dans une longueur de 8, 10, li, ou 15 centîmèlres, elle ne s'étend plus au delà, quand bien même on aujrmente graduellement la pression ; mais on la voit bientôt, en un ou plusieurs points, gagner la surface du faisceau nerveux, traverser sa gaîne lamelleuse, et diffuser dans le tissu conjonclif périfasciculairc. Quelquefois un ou plusieurs des lymphatiques qui prennent naissance dans ce tissu s'injectent comme si Ton y avait fait pénétrer directement la pointe de la canule.

11 suit de laque l'espace connectif intrafasciculaire, limité par la gaîne lamelleuse, les tubes nerveux et les vaisseaux qu'elle renferme, se poursuit entre les lames de cette gaîne pour comrauiûquer avec les intersiices ou les mailles du tissu connectif péri- [asciculaire, et que c'est dans ces mailles que les lymphatiques du nerf prennent naissance.

Kn résumé, il n'y a pas de vaisseaux lymphatiques distincts dans répaisseur des faisceaux nerveux ni dans la gaine qui les entoure. C'est seulement dans le tissu conjonctif périfasciculaire que Ton parvient à en injecter en procédant par piqûre.

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