‹ Traité technique d'histologieChapitre 82 sur 106 · DE LA TORPILLE · texte numérisé non relu

DE LA TORPILLE

(Ihez les torpilles*, Torgane électrique, double et symétrique, a une forme semi-lunaire (corj)s falciforme de Redi). Il occupe tout l'espace compris r^ntie la cage des branchies et la nageoire latérale. Sa face supérieure et sa face inférieure sont en raj)port avec la peau ou plutôt avec le tissu conjonclif qui la double.

l Deux ospècos principales de torpillas liabitonl les inors qui bordent Li France : la torpille marbrr»* iT. yalrani* et la torpille ocellée iT. mirhe ou ocellata.) Toutes «icux sont abondantes dans la M/Mlilerram'' *, et Ton peut en obtenir facilement sur dilTérents points de la cole, notamment à Palavas, près de Montpellier. La torpille marbrce vit également dans l'Ocran; on peut ?e la procurer à Concarneau l't à Arca''h4»n.

Pour découvrir l'ot^nc éleelriquc, on fail à la peau deli région doî-sale un pli dont on incise la base avec un scalpel w un rasoir, el l'on continue ensuite la dissection de la peau m« beaucoup de soin, parce que le tissu conjonclif qui la relie i l'organe et se continue dans rintèrieur de celuj-ci présente du grande résislance.

L^s nerfs qui se distribuent aux organes électriques naisseal de deux lobes céiébraus volumineux (lobes éleclriquest qui n'esistenl p;is cliez les autres poissons. De chacun de ces lobes parlent cinq nerfs qui se rendent à l'oigano électrique «Hre-

■ricane tijprtriqiir; a.

ponilanl. Ces nerfs, dont les quatre antérieurs ont un diamèln' considérable, traversent les cloi-^ons des brancliies et arriventà l'oi^iane élccliique au niveau de son bord interne, à peu prèsan milieu de son épaisseur.

Lorsqu'un oigane électrique est mis à nu par la dissection df ' la jieau qui le recouvre, on y aperçoit une série de figin-es polygoRales à cinq ou six côlés. Si Ion pratique une incision peq>fiidiculaire à la surface de l'organe, on reconnaît qu'en réalité il c>l constitué par une série de prismes s'étendant de la face dorsale à la face ventrale de Taninial el occupant ainsi loutesoa épaisseur. Ces prismes sont limités par des cloisons connecliw résistantes; ils sont formés d'une subslance translucide d'oo gris rosé et d'une consistance gélatineuse.

Sur une section parallèle à la surface de l'organe électrique, le contenu de chacun des prismes fait une saillie, de sorte que toute la surface de cet oi^ano paraît formée par une série di' petits nionlicules en calottes de sphères.

Si, comme la fait Savi *, on retranche, à l'aide de ciseaux fins cl bien tranchants, le sommet de Tun de ces monticules et qu'on l'agite dans Teau (ou mieux encore dans le sérum faiblement iodé), on le voit se décomposer en un nombre considérable de lames extrêmement minces. Ces lames, auxquelles on donne le nom de lames éleclriques, sont disposées les unes au-dessus des autres dans l'intérieur des prismes ; elles adhèrent solidement à leurs pai'ois et sont à peu près libres dans le reste de leur étendue; c'est pour cela que le procédé de Savi est le seul au moyen duquel on puisse facilement les isoler.

Le premier réactif qu'il convient d'em[)loyer pour étudier les ume. lames électriques est Tacide osmique. On l'applique de plusieurs <iciaiorpiiie façons. Premièrement, sur une coupe fiaîche de l'organe, parai- âi'jiùiedcralèle à sa surface, on enlève, à l'aide des ciseaux, le monticulcqui termine un prisme et on le plonjje dans quelques centimètres cubes d'une solution d'acide osmique à 1 ou 2 pour 100. Deuxièmement, on retranche avec un scalpel un petit fragment cubique de rorjjane eton le place dansrj à i centimètres cubes d'une solution d'acide osmique au même de^-ré de dilution. Vingt-quatre ou quarante-huit heures après, les lames éleclriques seront fixées et noircies ; mais il faut remarquer qu'elles seront lixées dans la forme qu elles avaient au moment où elles ont été mises dans le réactif. Déjetées, plissées ou revenues sur elles-mêmes, elles garderont ces formes anormales dans les préparations: .

Pour éviter ces inconvénients, il faut avoir recours à une autre méthode. Prenant une seringue hypodermi(jue chargée d'une solution d'acide osmique à 2 pour 100 et munie d'une canule en or, on enfonce cette dernière à peu près horizonlalement à travers un premier prisme, et assez profondément j)Our que sa pointe arrive dans un second ou un Iroisième prisme, à peu de distance de la surface. On pousse alors le piston de la seringue, et l'acide osniique pénètre el diffuse. 11 résulte de cette façon de procéder que les lames électriques sont tendues au moment où l'acide osmique les atteint et les fixe dans leur forme. Après avoir attendu une minute ou deux (|ue le réactif aitconqdété son action, on retranche avec le scalpel un fragment de l'organe comprenant les prismes injectés^ ou bien l'on enlève avec les ( iseaux le sommet

1 p. Savi, Étiulrs aiinl»»mi(|ii»'s sur le syslômo nerveux et sur Torganc électrique de la torpille, publiées a la smle du Traité des phénomènes électro-physiologiques des animaux, par Mattcucc>. Paris, 18ii.

782 TKAITK TECHMQLK D'HISTOLOGIE.

Ulucs des calollcs hémisphériques qui les (entiincnt. Les poi lions aiibi ^juid'£'' recueillies sont phicées dans un petit llacon rempli de la solulioo îidcosmiquc. d'acide osinique ; on les y laisse j)endant vingt-quatre heures, alin de eolorer jusque dans leurs dernières terminaisons les fibre> nerveuses qu'elles contiennent. Puis on les met dans reaudislillé* pour enlever Texcès du réactif. Cela fait, on prend une de re^ calottes hémisphériques, ou, si Ton opère sur un fragment cubique de l'organe, on (•onj)e avec des ciseaux le sommet d'un des monticules cpril renferme. Le frajrment ainsi obtenu est mis dans no vase à fond blanc et Ton agit avec les aiguilles pour séparer le? lames une à une.

Par suite de la manière dont la section a été pratiquée sur le prisme, ces lames ont des diamètres inégaux, et, si Ton a opéré sur la face dorsale de l'organe électrique, elles sont d*aulaotplib petites qu'elle sont plus inféricMires. Elles sont toutes convexe>concaves, à la manière de la cornée.

On peut utiliser celte disposition pour reconnaître quelle e>t la face dorsale et quelle est la face ventrale d'une lame en particulier, il (^st clair, en effet, que, dans les conditions qui vieun».'nt d'clre indiquées, la face convexe est la dorsale et la concave la v(întrale. Mais, j)our avoir cette certitude, il est nécessaire que l'on ait procédé avec ména<»ement dans la (hssociation, alin de ne i»as retourner les lames électriques comme on poun^ait le faire de toute cidottc; suflisamment souj)le.

Si maintenant on prend une lame électrique et qu'on la dispose sur la lame de verre porte-objet, sa face veotnle étant dirigée en haut , on obtiendra une préparation d»in> laqu(Mb' il seni i)()ssible de s'oiienter. Pour rendre celle préparation j)ersist;mte, on peut, après avoir ajouté une lamelle couvre objet, reiniïlacer lentement Teau pîir la glycérine. Mais il est bien préférable de conserver les lames électricpies ((uiont été S4>iiïnise> à l'action de Tacide osmique dans des cellules (voy. p. 1 W), avec de l'eau ))héni(juée comme liquide additionnel.

Une préparation faite d'après ce procédé, étudiée à un gi"Ossi>sèment de I .""){) à :Î00 diamètres, montre, sur un premier plan, de> vaisseaux capillaires et des libres nerveuses, entre lesquels se (lislinîj:uent des cellules connectives ramifiées et étoilées; sur un second phui, une lame jiranulée qui correspond aux ramilication> terminales des libres nerveuses, et un peu plus profondémeot, des novaux arrondis.

TEliMINAISONS NKH\ KLSES. — OROANE ÉLIXTKIQLE. 783

Les libres nerveuses cheminent isolément à la l'ace ventrale de la lame électrique; chacune d'elles se divise et se subdivise de manière à fonner une arborisation dont les derniers rameaux sont en Ires-grand nombre ; un seul tube nerveux peut donc, .en

"Tf,'.-/.*

yr n

Fit;. -r»:2. — Lame «le rorgaïuî élrclricjue «le la l(»rj»illr inarbréi*, s»» |»nrsontant par sa facf v(MilraIi'. Préparation obtcmif par dissociation après injection interstitielle iTunn solution (racidc osniiqnc à :2 pour 100 et niacçration dans la nièmr solution pondant "tK Inuin'S. — », tube nrTveux; {/<», gaine secondaire; e.r, rainiticalions en bois de cerf de Wagner; c, cellules connectives du tissu conjonctif niui(ueux; /» granulé correspondant à l'arborisation terminale ; ïk», noyaux de la coucbc intermédiaire. — 300diam.

arrivant à sa terminaison périphérique, couvrir de ses ramifications une surface d'une notable étendue.

Il y a lieu de distinji^uer, avec U. Wagner *, deux ordres de

' /?. \\'fi///ipc, Ceber dm l'eineren Bau des eb'ctrisclien Organs ini Zitlcrroclien Goettingue, 18i7.

fibres nerveuses dans les lames électriques de la torpille: des

fibres de premier ordre, celles qui sont encore enveloppées de

myéline ; et des libres de second ordre, celles qui en sont

dépourvues.

Fibrct nir- Lcs fibrcs dc premier ordre donnent naissance à des ramifi-

''Samcr cations successives, latérales et terminales. Les i^mifications

ectnqiios. jjjj^^,j^jçg ^g dégagent perpendiculairement ou plus ou moins

obliquement à la branche âont elles émanent. Souvent une branche latérale, après avoir parcouru une certaine longueur dans une direction donnée, revient sur elle-même et décrit un trajet récurrent.

RamiAcations Lesfibresdc secondordre, ou fibres sans mvéline, fontsuiteaux

en , . "

bois de cerf, premières; elles continuent de se ramifier et se teiTninent en se recourbant et en présentant une forme spéciale que R. Wagner a comparée à celle des bois de cerf et qu'il a décrite sous ce nom ^

Après cette description sommaire des deux oi'drcs de fibre> que Ton trouve dans les lames électriques, il convient d'en étudier la structure.

Les fibres à myéline, fixées par Tacide osmique et consenées

Fil»rcs J 7 r i

de dans Teau pliéniquée, se présentent avec une admirable netteté.

premier ordre ■* * * , .

ou libres Elles posscdciit uuc enveloppe extérieure cvlindrique merabraneuse (gaine secondaire) qui est munie, comme la gaîne de llenle (voy. p. 75.']), de noyaux appliqués sursii face profonde. Les tubes nerveux proprement dits contenus dans ces graines diffèrent par quelques caractères de ceux qui ont été étudiés dans le chapitre précédent chez les mammifères et chez les batraciens. Au niveau des étranglements.annulaires, les segments, au lieu de se terminer

' H. Waiçner {loc. citX qui avait examiné les lames élcclriqucs des torpilles i l'état frais sans addition d'aucun réactif, a pensé que les ramifîcations en bois de cerf correspondent à la terminaison des nerfs électriques, qui dès lors posséderaffQt des extrémités libres. Antérieurement, Savi (loc. cit.), qui avait également étudié les lames électriques à l'état frais, mais probablement avec des objectifs de qtialite inférieure, avait cru reconnaître (]ue les ramifications nerveuses terminales ronoeot dans ces lames un réseau à larges mailles. Savi a publié un dessin de la prépantioo qu'il avait sous les yeux. En l'examinant, on se convainct raeilemcnl que l'aot-îw n'est pas arrivé à isoler conq)létement une lame électrique, et que son obsorvatwo a porté sur plusieurs lames superposées. Ses objectifs étant insuflisants, il n*a pu distinguer les uns des autres les objets placés ù des plans différents, et il a cru qttf des fibres nerveuses qui étaient simplement superposées étaient anastomosées les unes avec les autres.

Cepeiitlant, Savi a fait dans son étude des lames électriques une découverte d'une grande importance, en reconnaissant pour la première fuis dans ces lames b division successive d'une fibre nerveuse.

à myéline.

par une extrémité reofléc, s'effilent en forme de cône ; dans le fond deTélranglement, il existe une légère saillie qui correspond au renflement biconique. La barre transversale claire, qui chez les mammifères accuse si nettement les étranglements, manque chez les torpilles, et dès lors on pourrait croire que la gaine médullaire n'est pas interrompue en ces points. Il n'en est rien. Chez ces animaux, ainsi que chez tous les plugiostomes; les cylindresaxes se colorent on noir sous Tinfluencc de l'acide osmique * ; et comme la pénétration du réactif se fait très-facilement au niveau des étranglements annulaires, il s'ensuit qu'ils y sont colorés en noir encore plus fortement que dans les autres points de leur trajet. II n'y a qu'un seul noyau dans chacun des segments interannulaires des tubes nerveux compris dans les lames électriques ; en généi^al, ce noyau n'occupe pas le centre du segment, mais il est notablement plus rapproché de l'une de ses extrémités que de l'autre.

La division des fibres nerveuses de premier ordre se fait ton- ^^''^l^, ^" jours au niveau d'un étranglement annulaire. Ce fait rentre dans '"''''JJIÎÎîJr*** une loi générale qui n'offre pas d'exceptions ni pour les nerfs de **"''*'• la torpille, ni pour les nerfs de n'importe quel organe chez n'importe quel animal : La bifurcation ou Vémission d'une branche nerveuse se fait toujours dans les tubes nerveux à myéline au niveau d'un étranglement annulaire,

La gaîne de Schwann se moule exactement sur les trois segments interannulaires, au point où ils s'unissent. Il n'en est pas de môme de la gaîne secondaire, qui est loin de les envelopper aussi étroitement; ainsi, lorsqu'un tube se bifurque, sa gaîne secondaire continue so;ivent à embrasser dans une enveloppe unique les deux nouveaux tubes, et c'est un peu plus loin seulement qu'elle se divise pour donner à chacun d'eux sa gaîne spéciale.

En se divisant et en se subdivisant, les tubes nerveux à myéline deviennent de plus en plus grêles et leurs segments de plus en plus courts, ce qui est en rapport avec une loi qui a déjà été formulée, à savoir que les segments interannulaires sont d'autant moins longs que le tube auquel ils appartiennent est d'un diamètre moindre.

* Des étranglements annulaires et des segments interannulaires chei les rates et les torpilles (Comptes rendus de l'Académie des sciencesy i novembre I87i). Ranvier, llistul. 50

Fibres Lorsqu'une fibre sans myéline ou de second ordre naitd'ime

nenreiues de * •*

second ordre fibre dc premier ordre, le dernier segment inlerannulaire de myéline, celle-ci s'cffilc, SE gaîue médullaire diminue d'épaisseur comme au niveau d'un étranglement et disparaît, laissant la gaine dc Schwann enserrer élroitement le cylindre-axe, tandis que la gaine secondaire lui forme une seconde enveloppe plus lâche. La gaînc de Schwann se poursuit sur les dernières ramifications nerveuses, sans qu'il soit possible d'y reconnaître un point où elle disparai-

KiG. -03. — Terminaison delà gaînc secondaire sur les libres nerveuses sans mj»^ Une des laines électriques dc la torpille. Préparation faite par dissociation aprrt injection interstitielle d'une solution d'acide osmique à 1 pour 100, et macéntioa pendant vingt-quatres heures dans le même réactif; examen dans reau phéniqué^. — a y branche nerveuse d'origine ; ft, //, branches secondaires ; c, cellule connedi^e; /;, gaine secondaire '^rjry anneaux terminaux de la gaine secondaire ; A, noyauide la couche intermédiaire; t, ramifications en bois de cerf. — 5U0diam

trait. Il n'en est pas de même de la gaine secondaire. Quelquefois sur la première, d'autres fois sur la seconde ou sur la troisième ramification de la fibre nerveuse à partir de la fin de la gaîne de myéline, la gaîne secondaire s'arrête en embrassant celte fibre comme d'un anneau. Le contour de cette gaînc, qui se dessinail nettement à une certaine distance de la fibre, se recourbe brusquement vers elle et s'y termine (r, fig. 263). Dans certains cas, cette courbure est même si accentuée, qu'il semblerait que la membrane se replie sur la fibre et qu'elle se comporte à son égard comme une séreuse.

TERMINAISONS iNKKVElSES. — OKGANE ELECTHiyiE. 787

Celte disposition ne peut être observée que sur des lames éleo Irîques conservées dans l'eau phéniquée. Lorsqu'elles sont montées dans la glycérine ou dans le baume du Canada, il est impossible d'en rien reconnaître, parce qu'alors la gaine secondaire vient s'appliquer exactement sur le tube nerveux qu'elle entoure.

Dans la partie de leur trajet où elles sont encore enveloppées Noywx de u

ai * l'i^'i 1 11 f gaine •econ-

de la game secondan-e, les libres de second ordre présentent au diiredes niveau de leurs bifuications un ou plusieurs noyaux. Ces noyaux touK».

FIG '♦«Vi - Tube niTveiix raininé d'une lainti élcclriquc de la torpilh-, traitée ëucccMivemcnt par le bichromate daininoniaque et le chlorure double d'or et de potassium. - N, cylindre-axr; r,, gaîne secondaire; p, groupe de noyaux de la gaine secondaire dans le voisinage de sa terminaison ; co, bifurcation du cylindreaxe en forme de chiasma. — 500 diam.

appartiennent à la gaîne secondaire ; il ne s'en trouve jamais à la surface des fibres au delà de la terminaison de celte gaîne.

Sur des lames électriques isolées après injection interstitielle d'une solution d'acide osmique à l pour 100, sans macération

Constitution

tibrillaire

des cylindres-

oxcs.

Cellules

conneclivcs

des lames

élccli'Kiucs.

ultérieure dans le même réactif, on peut constater que les cylindres-axes possèdent une striation longitudinale manifeste qui correspond à leur constitulion fibrillaîre. Il est intéressant de déterminer comment se comportent leurs fibrilles au niveau deleui-s bifurcations. Pour le faire, il faut employer la méthode suivante : Un fragment de Torgane électrique, enlevé à une torpille vivante, est mis à macérer dans le bichromate d'ammoniaque à â pour 100; puis il est dissocié dans Teau en suivant le procédé de Savi, et les lames isolées sont placées pendant vingt-quatre heures dans le chlorure double d'or et de potassium à l pour 10000; c'est là un procédé que Gerlach a recommandé pour l'étude du système nerveux central. Ces lames sont ensuite lavées, montées dans la glycérine et exposées à la lumière du jour. Lorsque h réduction.de l'or s'y est faite complètement, les cylindres-axes y apparaissent amincis et colorés en violet. Au niveau des bifurcations (cay fig. ^C4)ils présentent des figures triangulaires qui semblent correspondre à de véritables chiasmas, c'est-à-dire que, outre les fibrilles qui vont du cylindre-axe principal dans les deux i-amificalions, on en voit qui passent de l'une de ces ramilications dans l'autre.

Quelques mots maintenant au sujet des cellules conneclives que l'on peut facilement étudier sur les préparations faites avec l'acide osmique suivant la méthode qui a été indiquée tout d'aboi'd. Placées entre les diiïérentes fibres nerveuses et les vaisseaux capillaires, elles appartiennent à un tissu rauqueuxqui en remplit les intervalles et sur lequel repose la lame électrique proprement dite. La forme de ces cellules se rapproche tantôt de la pyramide, tantôt du prisme. Leurs angles sont éraoussés; elles contiennent un noyau volumineux, de sorte que leur protoplasma se trouve réduit à une couche mince. Des angles de ces cellules, et quelquefois de différents points de leur surface, partent des prolongements protoplasmiques qui se dirigent dans différents plans et dont les ramifications extrêmement grêles s'anastomosent avec les prolongements des cellules voisines. Ces cellules, analogues à celles qui existent dans le tissu muqueux si largement distribué dans l'organisme des plagiostomes, ne diffèrent des cellules du tissu conjonctif fascicule que par leur forme polyédrique, et cette différence est duc au milieu où elles se trouvent. Les cellules du tissu conjonctif ne possèdent en effet la forme aplatie que parce qu'elles ont été comprimét^'

entre des surfaces opposées. Les cellules du tissu muqueux, au contraire, situées au milieu d'une masse molle, n'éprouvent aucune compression spéciale dans un sens donné, Rcmak {loc. cit.) a fait remarquer, à propos de ces cellules, que leurs prolongements ne s'anastomosent pas avec les nerfs. Il se proposait démettre ainsi à Tabri d'une erreur presque inévitable des observateurs inexpérimentés ou enthousiastes.

- En étudiant les mêmes préparations à des grossissements de 500 à iOOO diamètres, on peut s'assurer que les ramifications en bois de cerf ne constituent pas, comme l'avait cru Wagner, la terminaison des nerfs électriques. Cette terminaison se fail au delà, dans le granulé fin qui occupe la surface ventrale de la lame électrique proprement dite, et dans lequel, à un grossissement de 300 à 400 diamètres, on peut déjà reconnaître l'existence d'un réseau * ou plutôt d'une sorte d'arborisation fine et délicate.

• Avec un objectif à immersion puissant, tel que le numéro 12 de ^Î^J"lo"" Hartnack et Prazmowski, l'observation de l'arborisation termi- »^"n'»"'*'nale est plus certaine, et l'on peut dc\jà distinguer la véritable forme de cette arborisation, surtout si Ton a appris à la connaître sur des préparations faites avec le nitrate d'argent ou le chlorure d*or, préparations dont il sera question un peu plus loin.

Au-dessous de l'arborisation terminale, il existe des noyaux ^^JJ*"*

dan«

Urne*

-volumineux, sphériques, limités par un double contour. Leur <*e«'"q"« groupement irrégulier ne rappelle en rien celui des noyaux d'un pavé épithélial. Ils sont parfois entourés d'une zone claire, circulaire ou elliptique, qui ne correspond pas à un corps cellulaire, et qui provient du retrait ou quelquefois d'un plissement de la substance dans laquelle ils sont contenus. Cette substance est semée de granulations inégales, colorées en brun par l'acide osmique.

Dans les préparations faites à l'aide de l'acide osmique et

* KôUiker d'abord (Ueberdie Endigungen derNerven in dem eIcctrisohenOrgan der Zitterrochen.VVr/ianr//. derphysico-med. Gesellschaftin Wànburg^i. VUl,18r>8,p. 2), enstiilQ Max Schullie {'lur Kcnntniss dcrelcclrischcn Organe derFischc. 2*" Abtheilung: Torpcd». llaHe, ISoO), et F. /?o/ / (Die Structur der eleclrisehen Platten von Torpédo, Arch. f. micr. Anat.^ X., 1873, p. 101), en étudiant les lames électriques, les deux premiers sans addition d'aucun réactif, le troisième après les avoir traitées par l'aride osmique, ont décrit ce réseau comme formé par des branches anastomosées les unes avec les autres de manière à limiter des mailles polygonales. Mais cVst là une erreur, ainsi qu'on en jugera plus loin.

étudiées simplement h plat, il est déjà possible de reconnaître que les lames électriques proprement dites sont au moins formées de deux couches, l'arborisation terminale et la membrane granuleuse sous-jacente dans laquelle sont logés les noyaux. Hais c'est surtout sur les coupes transversales de ces lames que Ton appréciera facilement le nombre des couches qui entrent dans leur constitution. Ces coupes doivent être faites par le procédé suicoupe des ^^^ • Un fragment de l'organe électrique, dans lequel on a praliifquM ^per- ^^^ ^^"^ injcclion interstitielle d'acide osmique, est placé dans une «ndicuiaire golution dc bicliromate d'ammoniaque à 2 pour 100; il peut y ciirsurfaco. g^^g couscrvé plusicursmois et même plusieurs années ; mais il n'y acquiert jamais une consistance suffisante, et dès lors il est nécessaire de le traiter encore par la gomme et l'alcool. Les coupes seront pratiquées parallèlement à l'axe des prismes; toutes les

lames ne seront cependant pas tranchées d'une façon exactement perpendiculaire à leur surface ; cela tient à cp qu'elles possèdent une étendue plus grande que la section transversale des prismes, et que, pour y être contenues, elles sont forcément plissées ou repliées sur ellej^mèmes. Néanmoins, il y en aura toujours quelques-unes qui, au moins dans certaines portions de leur étendue, seront sectionnées suivant un plan bien perpendiculaire i leur surface. Elles seront placées dans l'eau pour dissoudre la gomme, puis colorées par riiématoxyline, et enfin montées dans la glycérine. Ces préparations ne sont pas absolument persistantes ; au bout de quelques mois, elles sont complètement décolorées.

Lorsque leur coloration est encore bien nette, on y distingue cinq couches qui, de la partie dorsale à la partie ventrale, sont: !•* des fibres connectives fines entrecroisées, qui n^appartiennent pas à proprement parler à la lame électrique et qui lui constituent une membrane de soutien et de protection ; 2** au-dessous d'elles

FiG. :265. — Coupo transversale dos lames (le l'organe électrique de la torpille, faite après injection interstitielle d*une solution d'acide osmique à 1 pour 100, macération des fragments de l'organe injecté dans une solution de bichroiùatc d'ammoniaque à 2 pour 100,et action subséquente de la gomme et de l'alcool pour compléter le durcissement. Coloration par Thématoxyline. — c,tissu conjonctif qui double la face dorsale de la lame électrique ;/, lamelle dorsale ; t, couche intermédiaire; r, lamelle ventrale. — Il20() diam.

une lame mince, fortement colorée en bleu, vitrée, sans structure : lamelle dorsale] S"" une couche, coxiche intermédiaire y qui occupe la plus grande épaisseur de la membrane ; elle est incolore, granuleuse, et dans son intérieur sont contenus les noyaux ronds que nous connaissons déjà et qui sont colorés en bleu foncé ; 4* une quatrième couche, striée perpendiculairement à la surlace de la membrane ; la striation est produite par une série de bâtonnets ou de cils courts, cils électriques^ colorés en bleu et placés à peu près à égale distance les uns des autres ; 5** la dernière couche du côté ventral de la lame électrique, colorée en bleu, est extrêmement mince ; elle correspond à V arborisation terminale.

De ces cinq couches, quatre seulement appartiennent à la lame électrique proprement dite : la lamelle dorsale, la couche intermédiaire, les cils électriques et l'arborisation terminale.

Sur les coupes transversales colorées par l'hématoxyline, les cils électriques paraissent implantés sur l'arborisation terminale. Mais, pour compléter l'étude de ces rapports et surtout pour déterminer la forme exacte de l'arborisation terminale, il faut avoir recours à d'autres méthodes dont il va maintenant être question. Ces méthodes sont l'imprégnation d'argent, le traitement par l'or et la coloration par l'hématoxyline.

Pour bien réussir l'imprégnation d'argent des lames de l'organe unie, de électrique, il faut d'abord enlever avec le plus grand soin la peau ^tp^tf^S qui recouvre cet organe, en évitant d'entamer les prismes ; puis, ^^t^im^^ passant la main au-dessous de l'animal, on fait bomber la surface d'ïïïS*. dorsale dénudée de l'organe, et, prenant avec une pince un cristal de nitrate d'argent un peu gros, on le passe à plusieurs reprises sur la surface saillante et tendue des prismes jusqu'à ce qu'elle devienne opaque et blanchâtre. Ensuite, d'un trait de rasoir on

' Remak (Ueber die Endcn der Nervcn im eleclrischcn Organ der Zitterrochen, MuUer's Archiv, 1856, p. 467) a fait la première observation relative aux cils électriques Sur des lames électriques fraîches, repliées sur elles-mômes de manière à montrer leur coupe optique sur le bord du pli, il a reconnu que les branches ner- Ternes qui constituent Tarborisation terminale se recourbent et donnent des fllaments qui pénètrent dans l'épaisseur do la membrane et y forment une palissade régulière. Depuis lors, F. Boll (die Stmctur der clectrischen Plattcn von Torpédo, Arch. f. micr.Anat., X, 1873, p. 101) a décrit plus exactement la même disposition. n a beaucoup insisté sur la ponctuation fine que Ton reconnaît sur les lames examinées à plat, ponctuation qui correspond évidemment aux palissades de Remak. (Voy. pour.plus amples renseignements et pour les détails de T historique, Leçon» xur Vhutologie du système nerveux , t. Il, p. 93 et su iv.)

enlève les parlies'qui ont été atteintes par le oiti'ate d'argent, et on les plonge dans l'eau distillée. Puis, avec des ciseaux oi retranche ta calotte de l'un des prismes et l'on dissocie les Urnes qu'elle contient, en suivant le procédé qui a été indiqué plus hud à propos des préparalions faites au moyen de l'acide osmique. U dissociation csl difficile, cl il est nécessaire d'y mellre beaucoup de soin. Le résultat n'est pas constant, c'est à dire que l'effet ds nitrate d'ai^cnt n'est pas le même sur les différentes lames qu'il a atteintes. Bien plus, il y a des lames qui présentent, dans certaines parties seulement de leur étendue, rimprégnatim r^iilière de l'arborisation terminale. Dans ces. parties, les branches nerveuses terminales qui font suite aux ramifications en bois de cerf, ménagées par l'aident, se détachent en blanc sar un fond brun plus ou moins foncé. Légèrement rétrédes par places, élargies dans d'autres, elles se divisent, sesnbdivîsenlet, après avoirfonnii une arborisation coraplèl?, elles se terminent par ds bourgeons ou des boutons '.

Quelques branches de l'arhorisalion sont aiiastomowes les unes avec les «ulres. Mai* il serait possible que le nilral* d'argent eût épar^rné nw portion (lu fond sïluée entre deux bourgeons libres; il ne serait pas impossible non plus que ce réactif eùtcoloré quelques portions des ramifications nerveuses et interrompu par conséquent des mai!l« fnrmées. Il reste donc sur l'cxiictitudc absolue de Li

Fie. 26C. —Lame rloclnqiic de b torpille, imprégnùe d'urgent et examinée p.ir sa r;iee ïeiilrale.S.filire rierteiueile aee ooil ■irilre; aa, aimeniix lennin.iiix iIr l.i yaino secontl.iire; ^, cleniiére brntiche iieneuse enrresponil.int nax rnniillrations en bnis de cerf ; /, arborisation tprniinale ; t, mailles rurnprises entre les lirniiehes lic riirbori:><ilion lerminale. l'ifiu diani.

' Les boutons ou les bourgeons île rnrborisnlioii terminale ont él« itetiti fi: I première fois par Iteniak ttoc. cil i. Depuis, Kiilliki-r, Max Sehullze el Boll. «bn M travaux donl l'indication h éU ilminéi- plus hanl, nièrenl eipre«s^men( te atir rcnt que la terminaison des nerfs dans l'iu^riM èirta dont les mailles poIvRiinales ::nnl Terméet. LarialWiW

Irique se Tait pa i

dispôsitioD observée cerlains doiilcs, malgré que les préparations soient parfaitement nettes et claires. Ces doutes seront bientôt levés par l'emploi des méthodes de coloration à Tor et à Thématoxyline; mais avant dépassera ces méthodes, il convient d'indiquer encore quelques détails intéressants que Ton peut obsener sur les lames électriques qui ont été soumises à l'action du nilmte d'argent.

Souvent sur ces lames on dislingue des images réservées en clair à contours vagues, qui, d'après leur proportion et leur forme, semblent correspondre aux vaisseaux capillaires cl aux fibres nerveuses de premier ordre. Voici comment elles se produisent. C*est par leur face dorsale que les lames électriques ont été attaquées avec le nitrate d'argent. Si donc un objVt quelconque s'est trouvé en contact avec celle face dorsale, il a dû la garantir plus ou moins de l'action du réactif sur toute l'élendue qu'il occupait, et la portion restée incolore donnera précisément l'image de cet objet. C'est ainsi que les ramifications vasculaires et nerveuses qui se trouvent dans le tissu muqueux interposé aux différentes lames dessinent leur silhouette sur la face dorsale de la lame inférieure, bien qu'elles ne lui appartiennent pî\s.

Les vaisseaux capillaires qui se trouvent entre les lames électriques montrent parfois, comme on l'a vu page 584., leur endothélium admirablement imprégné.

Un autre détail intéressant est relatif à la terminaison de la gaine secondaire sur les fib^-es nerveuses de second ordre. Là où l'acide osmique nous a montré la gaine secondaire se terminant par une sorte de bourrelet, se dessine un anneau noir trèsnet analogue à celui que présentent les fibres à myéline au niveau des étranglements annulaires. J'ai donné à ces anneaux le nom d^anneaux ierminanx de la gaîne secondaire '.

Silhouoitc des ramifications va&culaires cl

nerveuses

n^scrvde s en

clair sur les

lames ëleclriqucs.

Anneaux

Icruiinaux do

\a gaine

spcondairo.

terminaisons en boutons ou en bourgeons a été démonlréc récemment par Ciaccio (SuoveoMervaiioni intonwaW intima tessiture delV organo elettricodetla torpedine, Lo Spallanzani, 1875, n» 10), par inoi-inômc (Sur les terminaisom nerveuse^ dans les lames électriques de la torpille, in Comptes rendus, 20 décenibrn 1875), et par Boll Nuove ricerche sulla strutture del piastrina elettricha délia tori*edine. Rpme, 1876). Ciaccio a cependant :idopté une opinion mixte, à savoir que, s'il y a des terminaisons en bourgeons, il se présente également des anastomoses; dps lors l'arborisation terminale posséderait ipielques mailles fermées et conf^titucrait un réseau incomplet. Comme on le verra par la suite, la manière de voir de. Ciaccio e^t en rapport avec les fails. (Voy. pour plus amples renseignements, Le{^ns sur Chisto^ logie du système nerveux, t. Il, p. lOi.)

* Voy. Leçons sur V histologie du système nerveux j t. 11. p. liO.

umcii ëiec- Le chlorure double d'or et de potassium peut être employé uli-

triques , '^ * * ^

traiiëes par lemciit à l'éludc de l'arborisation terminale des lames électriques.

lo chlorure »

<iw"do ^^ ^^^^ ^^^^ ^^ réactif après que ces lames auront déjà été trai-

a'rèâ'ï'Tc ^é^s P^'^ Tacide osmique. L'acide osmique, en eflfet, bien qu'il

iion de l'acide colorc cu uoir Ics cvUndres-axes des nerfs des torpilles, ne demie

osmique. •• * '

pas à leurs dernières terminaisons dans l'organe électrique une coloration suffisante pour permettre de bien juger de leur forme; mais, lorsque des lames électriques fortement imprégnées d'osmium sont soumises à l'action du chlorure double d'or et de potassium, les différentes branches de l'arborisation terminale prennent une coloration violette assez intense pour qu'il soit possible d'en apprécier exactement la disposition.

Les préparations fournissent alors une image positive de l'arborisation terminale \ tandis que le nitrate d'argent en donne une image négative. Ces images sont analogues. Dans les unes comme dans les autres, on distingue des bourgeons terminaux et quelques anastomoses des branches de l'arborisation terminale; en outre, dans les préparations à l'or, au-dessous de rarborisalion terminale, il existe des points violets régulièrement disséminés qui correspondent aux palissades de Remak, à la ponctuation de Uoll, et par conséquent aux cils électriques.

Pour bien réussir ces préparations, il faut employer le procède suivant : Des lames électriques, isolées après injection interstitielle d'une solution d'acide osmique à 2 pour 100 suivie d'une macération de vingt-qualres heures dans le même réactif, sont conservées pendant quelques joursdansl'alcoolau tiers. Lavées à l'eau dislillée, elles sont placées sur une lame de verre porte-objet, leur face ventrale étant dirigée en haut. On verse à leur surlace quelques gouttes d'une solution de chlorure d'or et de potassium à 1 pour 200, et presque immédiatement il s'y produit des changements de coloration. La lame électrique, qui était noirâtre, devient verdâtre, bleu sale ou violette. Les lames violettes sont les seules convenables pour l'étude. Elles seront consenées dans la glycérine après avoir été lavées dans l'eau distillée.

Au moyen de Thématoxyline, on arrive également à colorer l'arborisation terminale de manière à en rendre bien nets toa> les détails. A ce propos, il convient de faire remarquer que les branches de celte arborisation sont tellement délicates que, de

' Sur les terminaisons nerveuses dans les lames électrique* de la torpille {Compta ren s, 50 décembro 1875;.

tous les réactifs fixateurs employés en histologie, Tacide osmique parait être le seul qui n'en altère pas la forme. D'un autre côté, lorsque son action sur les tissus a été prolongée, il entrave la coloration de ces tissus par le carmin et même par l'hématoxyline. Aussi, pour réussir la coloration de l'arborisation terminale par ce dernier réactif, est-il nécessaire que l'acide osmique l'ait simplement fixée sans l'avoir trop profondément atteinte. Pour cela, il faut d'abord pratiquer dans l'organe électrique tout à fait frais une injection interstitielle d'acide osmique à i pour 100. Les parties de l'organe qu'il aura pénétrées seront placées dans une solution de bichromate d'ammoniaque à 2 pour iOO, dans laquelle on pourra les conserver plusieurs semaines et même plusieurs mois. Les lames électriques ont été attaquées à des degrés divers par l'acide osmique, qui a fixé et noirci le plus fortement celles qui se trouvaient au voisinage de la pointe de la canule, tandis que plus loin son action a été aiïaiblie progressivement.

L'isolation de ces lames doit être pratiquée dans l'eau ; on umes .«iccsépare quelques-unes de celles qui se trouvent à la limite de la tnSSir^r portion de l'organe atteinte par l'osmium ; parmi elles, il faut xyn^T choisir, et c'est là le point important, celles qui sont dans de "^de racWe" bonnes conditions pour la coloration. A un grossissement de ***""ï*^* 450 diamètres et sans les recouvrir d'une lamelle de verre, on les reconnaît à la présence du granulé très-régulier, caractéristique de l'arborisation terminale; on verse sur elles quelques gouttes de la solution d'hématoxylinc (voy. p. 481, note 2). Au bout de quelques minutes, la coloration est généralement produite; la lame électrique est alors lavée, deshydratée au moyen de Talcool, éclaircie par l'essence de térébenthine et montée dans la résine dammar. A un grossissement de 500 à 600 diamètres, l'arborisation terminale, colorée en violet foncé, paraît très-nettement dessinée; elle se détache sur les parties intermédiaires qui sont à peine teintées. En suivant les ramifications nerveuses, on reconnaît que presque toutes se terminent par des boutons, mais on observe aussi des anastomoses. Au-dessous et à côté des branches de l'arborisation, les cils électriques se traduisent par autant de points bleus.

Lorsque, à l'aide de toutes les méthodes qui viennent d'être indiquées, on a acquis des notions précises sur l'arborisation terminale des nerfs électriques, on peut, en examinant à l'état

79fi TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE,

frais et sans addition d'aucun rractif les tamed qui la contieDDent. contrôler CCS notions d'une manière très-fnictueusc. Les préparations que l'on doit faire pour cela' ne sont pas diflicilcs à cié- CHlcr : sur une torpille encore vivante cl dont l'or^ne électriqw vient d'être dénudé, on enlève avec des ciseaux Je sommet d'ia prisme, on le place sur une lame de verre porle-objet, on le dissocie rapidement avec deux aiguilles et on le recou^Te d'oH lamelle de Ycne. Il y a presque toujours dans la préparation quelques lamesélcclnqucs suffisamment isolées et qui se présentent par leur face ventrale.

Après avoir constaté, À l'aide d'un grossissement mOTeii, qu'elles sont bien disposées, on applique à leur étude un objectif à immersion d'un pouvoir amplifiant considérable. Dans ces conditions, l'obserTalion estlrèsdélicate; elle exige une mise an point très-exacte, car la moindre action sur la vis micrométriqne change complétemenl l'aspect de la préparation. Lorsque l'objectif est exactement au point sur les bi-anches de l'arborisalioa terminale, on reconnaît sans dilficullé qu'elles affectent une disiition semblable à celle qui st montre dans les préparalioos faites au moyen de l'acide osmique.

lorsqu'elles ont été virées parl'or ou colorées par l'hématoxylin? .

^** ''"""■ c'est-à-dire qu'elles se tei-minrnl

par des boutons et présentent entre elles ({uelques anastomoses. Lorsque l'on abaisse légèrement l'objectif, la ponctuation qui coirespond aux cils électriques apparaît avec une admirable netteté. Dans un plan un peu inférieure la ponctualion. les granulations de la couche inlermédiairc peuvent èlre aperrues; elles sont animées de mouvements browniens (vov, p. IT-i). ^ Celte dernière observation établit, ce qu'il était impossible de reconnaître à l'aide des méthodes précédemment indiquées, que ta couche intermédiaire est liquide ou semi-liquide. Il n'a été question jusqu'ici que de la stmclure des lames élec-

Fie. ai7. — Laine do

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liilinn ili- bichroninte d'ii qiin à i pour 100. A|irL's colarnlion par rhr''iiialoxjlinc,lii prcparalioii .i été m'inlée Anas le biiiiine du Canada. — 6,r3ni<>au terminal; l.arborisalinii trrminii]i: ; n, noyau de la couche inrprmMiairn riirlrmciil coloré. —

triques et de la terminaison des nerfs dans leur intérieur. 11 importe maintenant d'indiquer quels sont les rapports des lames électriques entre elles et avec les cloisons des prismes. Si, après avoir durci un organe électrique par l'action successive du bichromate, d'ammoniaque, de la gomme et de Talcool, on y fait des coupes minces parallèles à Taxe des prismes, on peul, après avoir enlevé la gomme de ces coupes par un séjour conveiiable dans l'eau, constater, en les étalant sur une lame de verre avec des aiguilles, qu'il existe entre les prismes un espace cloisonné très-complexe. Si alors, ai)rès avoir coloré la préparation avec le picrocarniinate, l'hématoxyline ou encore mieux avec l'hématoxylineet l'éosine (voy. p. 029, note I), on la monte dans la glycérine pour l'examiner au microscope, on reconnaît, a l'aide d'un faible grossissement, que les prismes sont séparés les uns des , autres par un système de cloisons membraneuses qui présente avec lagaîne lamelleuse des nerfs la plus grande analogie. Ces cloisons sont formées par des faisceaux de tissu conjonctif, des fibres élastiques, une substance unissante et un revêtement endotliélial quîen recouvre les deux faces. Ellesprésententdes fenêtres simples ou réticulées, analogues à celles que l'on observe dans un giand nombre de membranes connectives, notamment dans les lames de la gaine des nerfs (voy. p. 758), et elles s'anastomosent les unes avec les autres en formant un système de tentes (voy. p. 701).

Les faisceaux conneclifs qui entrent dans la constitution de ces diverses cloisons deviennent de plus en plus grêles a mesure (|ue l'on se rapproche des prismes, qui sont eux-mêmes revêtus d'une mnnbiane mince constituée par des libres connectives Unes et entrelacées. C'est sur cette dernière membrane, gaine intime rfcspnVmes, que viennent s'attacher les laines électriques.

Pour comprendre le mode suivant lequel se fait l'insertion des lames électriques sur la gaine intime, il faut avoir présent à l'esprit que ces lames sont formées de trois parties essentielles: la lamelle dorsale, la couche intiMinédiaire et la lamelle nerveuse, qui correspond à l'arborisation terminale et aux cils électriques qui la doublent.

La lamelle dorsale, arrivée au niveau de la gaine intime, se replie et se prolonge sur cette dernière pour se terminer brusquement au voisinage immédiat de la lame sous-jacente. La lamelle nerveuse l'accompagne et se replie avec elle. Les cils qui en garnissent la face profonde se montrent encore au niveau du

Rapports des lames électriques entre elles et »\pc les

cloisons des prismes.

Structure

des cloison»

des

prismes.

Gaine intime

des

prismes.

coude qu'elle forme et au commencement de sa portion réfléchie, mais ils diminuent progressivement de hauteur et finissent par dispai*aître. La couche intermédiaire s'amincit graducllemesl dans la portion réfléchie de la lame ; on y distingue encore le> noyaux et les granulations caractéristiques (voy. fig. î268).

Cette dis})osition coudée que présentent sur une coupe te lames électriques au point ou elles s'attachent à la gaine intime.

correspond en réalité à une bordure circulaire , de telle sorte que la foimc de ces lames est comparable à celle d'uo cristallisoir renversé. Entre lef diflerentes lames, la gaine in- (ime envoie de petits faisceaux conjonctifs qui se dispersent pour tiipisser la face dorsale de chacune d'elles, et qui constituent une membrane de soutien (e, fig. :268) dont il a déjà été question page 790.

C'est dans la cloison lamelleuse des prismes et dans leur gaine intime que cheminent te nerfs desquels partent les lube.< nerveux qui pénètrent entre te difl'érentes lames pour se distribuer sur leur face ventrale.

Ces nerfs, dont la structun» ne difl'ère pas essentiellement de celle des nerfs à nivéline eo général, piésentenl cependant cert^aines dispositions dont Tétriqiic. — 400 diani. tudc u'csl poiutsans inléf^.

Nous avons déjà fait remarquer (p. 773) que les tubes ner\em (|ui entrent dans la constitution de ces nerfs ont des segment interannulaires relativement très-courts. En outre, comme dans les tubes nerveux des différents nerfs à myéline chez tous te plagiostomes, les étranglements annulaires présentent la forme que nous avons décrite à propos des tubes nerveux compris entre les lames électriques (voy. p. 785^.

Kir.. !ir»8. — AUaclic (h\s lames clectrifliirs (le la torpille à la gatnc intime des prismes. — c/, gaine intime des prismes électriques ; v , lameUe nerveuse ou ventrale ;p, lamelle dorsale ; e, couche mince de tissu conjonctif qui double In lame électrique sur sa face dorsale ; />, couche intermédiaire ;n, noyaux de celte couche; a, portion réfléchie de la lame élcc-

Ces deux faits peuvent être reconnus sur les tubes nerveux dissociés, après que les nerfs ont séjounié vingt-quatre heures dans une solution d'acide osmique à i pour 100.

Dans les mêmes préparations, on constate encore qu'autour ^"^nSîre*^ de chacun de ces tubes, outre la membrane de Schwann qui se ^'^^J^"*'" moule exactement sur la gaîne de myéline et sur les étranglements «^'«^'^'i"*^» annulaires, il y a une seconde gaîne. formée d'une membrane mince, anhisle, possédant des noyaux à sa face profonde. Cette membrane, à laquelle j'ai donné le nom de membrane secondaire^ ne correspond ni à la gaîne de Henle ni au périnèvi-e de certains auteurs, puisque l'on ne peut donner ce dernier nom qu'à l'enveloppe des faisceaux nerveux ou des petits nerfs qui cheminent isolément au milieu des tissus. Elle se poursuit sur les tubes nerveux compris dans les lames électriques, et c'est pour cela qu'en ces points, au lieu de la désigner sous le nom de gaîne de Henle, je lui ai réservé le nom de gaîne secondaire.

La gaîne secondaii'e des tubes nerveux compris dans les fais- umXîiM^du ceaux des nerfs est une disposition commune à tous les plagio- conjinaîfdt» stomes ; elle est en rapport avec la structure du tissu conjonctif vSî?di«'iê« des troncs nerveux chez ces animaux. Le tissu conjonctif péri- pï^»<»i<«><» • fasciculaire, au lieu d'y être formé par des faisceaux distincts comme chez les mammifères, y est constitué par une série de lames anastomosées les unes avec les autres (système de tentes) ; une gaine lamelleuse distincte enveloppe cependant chaque faisceau neiTeux. On conçoit dès lors que, la disposition lamelleuse s'étendant également au tissu conjonctif intrafasciculaire, celui-ci n<» soit plus représenté, chez les poissons dont nous nous occupons, que par la gaîne secondaii'e dont s'enveloppe chaque tube nerveux .

Tous ces faits peuvent être reconnus avec la plus grande facilité sur des coupes transversales des nerfs électriques des torpilles, colorées parlepicrocarminateou par l'hématoxyline, alors qu'elles auront été faites sur un de ces nerfs, durci à l'état d'extension physiologique par un séjour d'une semaine dans une solution diacide chromique à i pour 1000 et de vingl-quatre heures dans Talcool ordinaire.

Dans ces préparations, on remarquera également que tous les tomeex'de tubes nerveux qui entrent dans la composition d'un nerf électrique •*•">«"»'*>" ont le même diamètre et qu'entre eux il n'existe pas de fibres de '"*î^eu"*^ Remak. Dans les nerfs mixtes, au contraire, il y a des fibres ^'«*^"'ï""-

de Reniak en proportion variable, et les tubes neneui présentent de très-grandes différences dans leur diamèli'e. Celle observation, contrôlée par Texamen des tubes nerveux isolés obtenus par dissociation après macération dans Tacide osinique, conduit à Tidée que Tunité de forme et de dimension de tous les tubes nerveux des nerfs électriques correspond à leur unité fonctionnelle.

Des coupes transversales des nerfs électriques, pratiquées i différents points de leur trajet, depuis leur sortie du crâne jusque dans les cloisons de Torgane électrique, montrent que, si les faisceaux qui enirent dans la composition de ces nerfs deviennent de plus en plus petits en se divisant et en se subdivisant, il n'en est pas de même des tubes qui les composent. Ceux-ci consenenl le môme diamètre dans toute leur longueur.

Mais, lors(iu'ils arrivent sur la gaine intime des prismes et qu'ils se disposent à la traverser, ils se divisent brusquement en un seul point, en donnant naissance à H à 20 tobes nerveux. Cette disposition a été observée pour la première fois par xiTgxîer. ° R. Wagner (loc, cit.) sur des lambeaux de l'organe électrique frais, comprimés sur la lame de verre; c'est pour cela que je lui ai donné le nom de bouquels de Wagner '.

Pour faire des préparations persistantes des bouquets de Wiigner, il faut encore avoir recours aux injections intei'stilielles d'acide osmique. Quelques minutes après avoir pmtiqué dans un organe électrique frais une de ces injections, on enlève, à laide de quelques coups de ciseaux, la cloison de séparation de deux prismes voisins et on la place dans Teau distillée; pour ne pas être gêné plus tard dans l'observation par les lames électriques restées adliérenles à celte cloison, on en arrache le plus grand nombre en se servant de la pince et des aiguilles. La cloison ainsi préparée est placée sur la lame de verre, et l'on en fait un premier examen pour juger si la disposition des nerfs dans son intérieur est favorable; dans ce cas, on la recouvre d'une lamelle et l'on ajoute la glycérine, qui doit pénétrer avec une extrême lenteur pour ne pas déterminer le ratatinement des tubes nerveux.

Il y a lieu de distinguer aux bouquels de Wagner une branche mère qui correspond au tube nerveux afférent et des branches

• Vuy. Le{'om sur Vlmlologie du sijMéme nerveux, l. Il, p. 181

lilles qui en naissent. La branche merc est formée d'un tube neneux dont le diamètre est relativement considérable tiindis que ses segments interannulaires sont très courts, et d'une gaine qui est constituée par un très grand nombre de lamelles superposées. Elle se termine par un renilement volumineux qui correspond à un étranglement annulaire et sur lequel les branches filles prennent naissance. Dès leur origine, ces branches ont une structure semblable à celle des fibres nerveuses de premier

Fi^. 1Î69. — Bouquet de W;ijçncr. A, braiiclic uutc ; f//, g;inieiauu'Ii('US(.'OuslratiUéc de cette dernier»^; r, renflemcnl torminaldela l>raiirln» mère; UB, branches filio»; e, étranglements annulaires d<; la t)ran('lio nirrc ; e', étranglements annulaires des branches filles; gsr, membrane secondaire «les branches filles. — lOOdiam.

ordre qui cheminent entre les lames électriques et qui ont été décrites précédemment; une gaîne secondaire simple les enveloppe.

Les vaisseaux sanguins de Torgane électiique sont peu nombreux, comme on peut déjà en juger par la couleur grise àpeine rosée de l'organe. On en api)récic la disposition générale el même la structure dans des préparations laites àl'aide de plusieurs des méthodes qui ont été déjà indiquées. C'est ainsi que, sur des lames électriques isolées après l'aclion de l'acide osmique, on voit les vaisseaux ramper dans le lissu muqucux entre les fibres nerveuses de premier ordre, tantôt au-dessous, tantôt au-dessus de ces fibres. Us présentent lastructure élémentaire descapillaires,

Ra.\vi£R. Histol. . 51

Vai^^C;lllX

dr l'or^ruiiu oloclrii|iic.

bien que leur calibre soit relativement considérable. C'est seulement dans la cloison des prismes qu'il existe des vaisseaux san-

jjuins artériels et veineux.

Les lames électriques traitées par le nitrate d'ai'jrenl montrent également bien les vaisseaux capillaires; leur endothélium est souvent alors nettement dessiné par l'argent (v. p. 58-4).

Pour acquérir des notions plus complètes sur la richesse vasculaire de l'oigane électrique et siu* la disposition des vaisseaui dans son intérieur, il convient (Wm fair-î des coupes après avoir injecté le système vasculaire d(» l'animal. Ces injections sei^ont pratiquées par l'artère caudale avec du carmin ou du bleu de Prusse soluble additionné de gélatine. Loi*sque la gélatine sera prise par le refroidissement, des fragments de l'oi'gane SiM'ont détachés et durcis au moven de l'alcool, ou mieux encore au moyen de la gomme et de l'alcool. Les coupes, exécutées perpendiculairement ou parallèlement à Taxe des prismes, placéi> d'abord dans Peau poui dissoudre la gomme, seront ensuile déshydratées par l'alcool, éclaircies par l'essence de térébenthine (,'t montées dans la résine dammar.

Les arlèies et les veines, accompagnant les nerls, parcourent en se ramiliant 1rs cloisons des prisnu^s ; il s'en dégage des apillaircï: qui s'insinuent entre les lames, et qui, cheminant dan< le tissu muqueux, continuent qur'lquefois leur trajet sans donmi aucune ramili<alion. Le plus souvent, au contraire, ils se diïisenl ou s'anastomosent, mais ils ne foraient jamais un réseau qui soit comparable à celui des autres organ«\^ vasculaires.

RéMumé de» notion» acNiuIscM nur la tcrioinalMon de» arrh

êie«*triqaeM. — Laissant de coté ce qui est relatif au tissu cunjonctif et à la gaine des nerfs, envisageons un tube nerveux éicctricpie depuis son origine dans les centres jusqu'à s;i tenninaison dans une lame éleclri(|ue. Ce tube, dont hi partie essentielle, le cylindre-axe, correspond au prolongement de I>eitei*s de l'une des nombreuses cellules cpii composent le lobe électricpie, se poursuit sans se diviser jusqu'à la gaine intime de l'un (les prismes électriques; en ce point, tout d'un coup, au niveau d'un (ler;iier étranglement annulaire, il donne naissance à la foi? à 1:2 ou "10 tubes nerveux. Chacun de ces nouveaux tubes posHrdt* un cylin(lr(î-axe qui résulte de la division du cylindre-axe dn luU* nerveux primitif, ce qui démontre que le prolongement île

TERMINAISON DES iNERFS DANS LES MUSCLES 80:)

Deitei-s, indivis d'abord, peut cependant se diviser à la périphérie comme se divisent les prolongements protoplasmiques dans les centres.

Suivons maintenant un seul des tubes nerveux secondaires, car les autres ont un trajet et une terminaison absolument semblables. A une faible distance de son lieu d'origine, il s'insinue entre deux lames électriques, chemine dans le tissu muqueux qui les sépare, se divise et se subdivise; puis ses ramifications, perdant leur myéline, se divisent encore, abandonnent leur gaine secondaire en un point nettement déterminé (anneau terminai de la gaine secondaire), et, toujours accompagnées de leur gaine de Schwann, viennent se fixer à la face ventrale de la lame électrique supérieure. Dans leur trajet ultérieur, les ramifications nerveuses ne sont plus accompagnées par la gaine de Schwann; celle-ci, très probablement, les quitte au moment où elles entrent dans la lame électrique et s'épanouit sur la face inférieure de cette dernière en se confondant avec une membrane limitante qui la recouvre. Au delà, les fibres nerveuses, constituées par des cylindres-axes nus, se divisant et se subdivisant encore, forment une élégante arborisation dont les dernières branches s'anastomosent entre elles et se terminent par des boutons. De la face supérieure de ces branches se dégagent des filaments ncneux extrêmement grêles, légèremenl renflés à leurs extrémités. Ces filaments, cils électriques, paraissent être les véritables terminaisons des nerfs électriques; ils flottent dans une substance liquide ou semi-liquide qui constitue là couche intermédiaire de la lame électrique, tandis que, supérieurement, celte lame est limitée par une lamelle anhisle extrêmement mince, lamelle dorsale.

La terminaison des nerfs dans l'organe électriquiî se fait donc par des extrémités libres ; c'est là un fait qui semble définitivement acquis à la science, et dont la connaissance doit guider l'histologie dans l'étude des terminaisons motrices en général.

Les terminaisons nerveuses motrices ne sont pas les mômes dans les muscles striés ordinaires, dans le muscle cardiaque et dans les muscles Hsses. Dès lors il y a lieu de les étudier dans trois paragraphes distincts.

8Ui TUAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE

Termlotilsoo des oerfs daos les muaeles striés ordlsAlccs. —

Chez un même vertébré, les nerfs paraissent se terminer dans tous les muscles volonlaires d'une manière analogue. Mais, si Ton envisage l'ensemble des vertébrés, on voit que le mode de terminaison des nerfs dans ces muscles n'est pas le même chez tous. Il diffère encore chez les arthropodes, de telle sorte qu'il y a lieu de considérer, dans les muscles striés volontaires, au moins trois formes principales de terminaisons nerveuses : les éminences ou collines de Doyère qui se montrent chez les articulés, les buissons terminaux ou buissons de Kûhne qui paraissent spéciaux aux batraciens anoures et les éminences nerveuses terminales ou plaques motrices que l'on obsene chez les mammifères, les oiseaux, les poissons et les reptiles.

Cette classification est celle que Ton peut faire dans Fétat actuel de la science; mais la terminaison des nerfs dans les umscles n'a pas encore été étudiée chez un assez gi*and nombre d'animaux pour que Ton puisse aftîrmer qu'il n'en existe pas d'autres formes, tout à fait différentes de celles cjui sont cx)aDues aujourd'hui ou bien au contraire leur étant intermédiaires et diminuant par conséquent la distance qui les sépare. En outre, l'organe nerveux terminal que l'on observe dans les faisceaux des muscles striés volontaires existe aussi dans certains muscles qui, bien que striés, ne sont pas soumis à rinfluence de la volonté, par exemple la tunique contractile de l'œsophage des mammifères et les cœurs lymphatiques des reptiles et des batraciens. Il convient donc de réunir dans une même étude les terminaisons motrices de ces organes et celles des muscles volontaires.

Eminences de Doyère. — Doyère, dans un travail important sur les Tardigrades, décrivit, pour la première fois, les rapports dt'^ nerfs avec les faisceaux musculaires. Il put déterminer que le> libres nerveuses se terminent sur ces faisceaux par des sortes d'éminences ou de collines qui portent aujourd'hui le nom d'éiiiinences de Doyère*.

On peut observer les laits découverts par Doyère ou des faib

' M Au moinent d'arriver sur le muscle, le nerf s'épanouit et prend l'aspect duuc substance gluante ou visqueuse qui serait coulée sur le muscle, rcnvelopperait dans certains cas, le plus souvent s'étendrait sur une de ses faces en couche de plus en |)lus mince, et dans une proportion considérable de sa longueur et peut* être même dans sa longueur toute entière » . Doyère. Mémoire sur les Tardigraiies Annales des Sciences naturelleSf 18i0, t. XIV, p. 340.

analogues chez la plupart des articulés, mais pour les étudier, il convient de choisir Thjdrophilc, parce qu'on Se procure ces insectes en toute saison et que Ton en conserve habituellement quelques uns dans les laboratoires.

Leurs nerfs sont constitués par une ou plusieurs fibres nerveuses sans myéline, qui sont elles-mêmes composées d'un certain nombre de fibrilles groupées en faisceau et enveloppées d'une gaîne commune. Pour apprécier la manière dont ils se terminent dans les muscles, il convient de faire une première expérience. L'animal élant complètement essuyé, on lui arrache une des pattes postérieures. Il s'écoule de la plaie que Ton a produite ainsi une ou deux gouttes de lymphe que l'on recueille sur une lame de verre. On ouvre alors à l'aide des ciseaux la carapace du premier article de la patte arrachée, et les fibres musculaires qu'elle contient, détachées avec soin, sont portées dans le liquide qui a été recueilli. On les y dissocie avec les aiguilles, on les recouvre d'une lamelle, et la préparation est prête pour l'examen. Elle contient un grand nombre de faisceaux primitifs vivants qui montrent d'abord des ondes de contraction plus ou moins marquées ; mais au bout de peu de temps, les mouvements ondulatoires s'arrêtent dans la plupart d'entre eux. On y voit arriver des trachées et des nerfs. On reconnaît sans peine les premières à leurs fibres spirales et à l'air qu'elles contiennent et qui les fait paraître noires. Quant aux nerfs, ils sont caractérisés à un fort grossissement par leur striation longitudinale et leur gaîne enveloppante. Ils viennent aboutir sur les faisceaux musculaires à des éminences formées d'une substance granuleuse dans laquelle ils semblent se perdre. Chaque faisceau reçoit plusieurs libres nerveuses qui viennent s'unir à lui sur différents points de sa surface.

Si l'on examine une éminence terminale se présentani lie profil sur le bord d'un faisceau musculaire, on voit la fibre nerveuse qui s'y termine s'élargir et sa gaîne se confondre avec le sarcolemme, tandis que sa partie cylindraxile se décompose en ses fibrilles constitutives. Celles-ci s'écartent les unes des autres et se répandent dans un cône de matière granuleuse. On peut les suivre jusqu'à la base de ce cône, mais il n'est pas possible de les distinguer au delà *.

'. Ce sont là les conclusions auxquelles j*élais arrivé (Leçons sur Vhistolagie du xtjstème nervfwcy t. Il, p. 277) en examinant les terminaisons nerveuses «les

Noyaux (^mincnccft } rtoyèrc.

mie peniicier linrarii|iio.

A la base do réminence, il existe assez souvent, comme KûhDe' ot Margo' Tonf indiqué, des noyaux en assez grande abondance. Leur nombre n'est pas constant, et il y a même des terminaisons nerveuses motrices au niveau desquelles on n'en observe aucun. Comme les noyaux des éminences de Doyère ne se voient d'ordinaire que d'une manière indistincte dans les fibres musculaires examinées à l'état vivant ou même après leur mort quand on ne les a soumises à l'action d'aucun réactif, il convient, pour s'assurer de leur nombre et de leur siège, d'avoir recour? îi la méthode suivante : le premier article de Tune des pattes de l'insecte étant complètement séparé, on le plonge dabs ralcocl ou bien on y pratique une injection interstitielle du même réactif; lorsque les faisceaux musculaires ont été fixés, on les dégage dans l'eau au moyen des ciseaux, des pinces et des aiguilles, on les colore par le picrocarminate et après les avoir lavés de nouveau on les monte en préparation dans la glycérine additionnée d'acide formique.

Bnissonsde Kuhne. — Parmi les muscles de la grenouille, ceux dans lesquels les histologistes ont surtout recherché la terminaison des nerfs sont le peaucier thoracique, les hyoïdiens et le ga5trocnémien.

Le peaucier thoracique, qui a été choisi par Reîcherl, est un excellent objet pour étudier la ramification des nerfs moteurs et la division des tubes nerveux qui les composent. Ce muscle s'insère sur le sternum et se dirige obliquement d'arrière en avant et de bas en haut pour aller se fixer à la peau. Le peaucier gauche est réuni à celui du côté droit par une membrane aponévrotique extrêmement mince, et leur ensemble forme une cloison qui sépare la cavité connective sous-hyoïdienne du sac lymphatique abdominal antérieur.

Pour préparer le muscle peaucier thoracique, voici comment il faut procéder : La grenouille, immobilisée au moyen du cumre

muscles des pattes de l'hydrophile. Plus récemment, FoeUinger {Sur les termnnisoiis des nerfs dam les muscles des insectes. Archives de Biologie, t. l, 18*», p. 279) a soutenu que, chez cet insecte et chez d*autres, les fibres nerveuses que Ton voit dans Téminence de Doyère atteignent toutes les disques minces, et s^" çonlinuent avec eux. Je n'ai pas pu constater ce fait, bien que je me sois placé dus los meilleures conditions pour l'observer.

-'. Kiihne, Ueber die peripherischen Endorgane der motorischen Xervtn, Leipiifr, 18C2.

*. Marge, fJeber die Kndigunq der Nerren m der quergtiireiflen MuHelntbHtm

OU du chloroforme, est étonduc sur une lame de liège où elle est fixée, la face ventrale en haut, par des épingles implantées dan*^ ses quatre membres et dans son museau. On pratique alors à la peau une incision médiane et longitudinale depuis la symphyse delà mâchoire inférieure jusqu'à la partie moyenne de Tabdonnen. A ce niveau, on fait une seconde incision transversale altei- {rnanl la ligne latérale, puis une troisième remontant vers le creux de Taisselle, de manière à limiter un lambeau en forme de volet. Si l'on saisit avec une pince l'extrémité de ce lambeau et qu'on le relève, on est arrêté par Tinserlion supérieure ou cutanée du muscle peaucier thoracique. En tirant sur la peau en même temps qu'on la soulève, on tend le muscle et on le fait apparaître dans son entier. Il est dès lors facile de le dégager de ses insertions et de risoler complètement, ce qu'il faut faire avec soin surtout lorsque l'on arrive à son bord externe, parce que c'est à ce niveau que pénètre le rameau nerveux qui s'y distribue. Le muscle est ensuite étalé sur une lame de verre sur laquelle on doit l'appliquer par sa face antérieure, car c'est à sa face postérieure que le nerf arrive, et c'est sur elle qu'il se ramifie.

On peut examiner ce muscle à l'état vivant et sans addition d'aucun réactif. Pour cela, il suflit de le recouvrir d'une lamelle que l'on borde à la paralline. On peut aussi le traiter par l'acide acétique dilué (1 pour 100, par exemple) ou par une solution de potasse à 10 pour 100. Sur ces préparations, on reconnaît exactement le nerf, ses ramifications, les tubes nerveux qui le constituent et les divisions et subdivisions qu'il montre en se distribuant dans l'intérieur du muscle.

Mais, de toutes les méthodes, celle qui convient le mieux pour injonion .ivi.i.suivre les libres nerveuses à myéline dans leur trajet consiste à faire "•'•••"i»"arriver de l'acide osmique sur la face postérieure du muscle en place et convenablement tendu. Pour cela, la grenouille étant fixée comme il a été dit plus haut et le muscle peaucier thoracique ayant «Hé rais à découvert, on introduit au-dessous de lui l'extrémité d'une canule en or fixée à une seringue hypodermique contenant une solution d'acide osmique à 1 pour 100. Lorsque l'on a injecté quelques gouttes de cette solution et que l'on a attendu une ou deux minutes, le muscle est généralement fixé. On l'enlève alors sans difficulté aucune, puis on le place sur une lame de verre la face postérieure en haut, on le recouvre d'une lamelle et on l'examine à un grossissement de 150 à 20i) diamètres.

808 TKAITÉ TECHNIQUE D'HISTOIX)GiE

Les Taisceaux musculaires sont parfaitement nets et montrenl leur double striation très régulière. Ils sont légèrement jaunâtres, tandis que les tubes nerveux, colorés en gris bleuâtre plus ou moins foncé, sont bien distincts et peuvent être suivis dans tout leur trajet.

Ramification Lg musclc pcaucicr ne possède qu'un seul nerf, composé d'une dÏJ^nerfs douzaine environ de tubes nerveux. Ces tubes, dont quelques uns se divisent déjà dans le tronc nerveux lui-même, présentent ensuite dans ses diverses ramifications des divisions fréquentes. Ces divisions se font toujours au niveau d'un étranglement annulaire. Tantôt un tube nerveux se divise pour former deux tubes à peu près égaux, tantôt il donne naissance à un tube beaucoup plus grêle qui s'en dégage perpendiculairement ou plus au moins obliquement; tantôt enfm il émet à la fois, toujours au niveau d'un étranglement, trois ou même quatre nouveaux tubes.

A son entrée dans le muscle peaucier Ihoracique, le nerf est enveloppé d'une gaîne lamelleuse qui se divise et se subdivise pour fournir des gaines spéciales à toutes ses ramifications et finalement se poursuivre, sur les tubes neigeux qui cheminent isolément, sous la forme d'une simple membrane lubulaire, gaîne de Henle (v. p. 752 et suivantes). Chacun de ces tubes, enveloppé ainsi d'une Rouble gaîne membraneuse, la gaine de Henle et la gaîne de Schwann, se rend à un faisceau musculaire sur lequel il paraît se terminer brusquement. Au delà on ne distingue rien.

Pour aller plus loindansl'étude des terminaisons nerveuses, il faut avoir recours à d'autres modes de préparation. En effet, si l'acide osmique estun réactif excellent pour dessiner les tubes nerveux à myéline, il ne convient pas toujours pour reconnaître les fibres nerveuses qui ne sont pas entourées d'une gaine médullaire. En outre, si le muscle peaucier thoracique est le muscle strié le plus mince que l'on ])uisse rencontrer chei h grenouille, il est encore composé de plusieurs couches A' faisceaux musculaires dont l'image pleine de détails complique celle des lerminai.sons nerveuses et empêche de la bien distinîTuer. Il convient donc, comme l'a fait Kùhne il y a déjà longtemps, d'étudier ces terminaisons sur des faisceaux musculaires complètement isoles*, et pour cela de choisir, comme il l'a

- Kiihne, Ueber die peripherischen Endorgane tler motorischen \fn*fH. L^ip/»?*

conseillé, le gastrocnémien de la grenouille. Ses fibres, qui viennent s'attacher à une cloison tendineuse médiane, peuvent Aire facilement extraites dans toute leur longueur; elles sont assez courtes pour qu'il soit aisé de les examiner dans leur étendue tout entière et de constater ainsi que chacune possède une terminaison nerveuse.

Pour les détacher du muscle et pour les isoler complètement, il faut, après avoir sacrilié la grenouille, en lui détruisant la moelle épinière par exemple, Técorclier, couper un des tendons d^Achille que Ton saisit entre le pouce et l'index et séparer par une légère traction le muscle gastrocnémien en le laissant encore en rapport avec l'animal par ses insertions supérieures. Le corps du. muscle reposant sur l'index par sa face postérieure, le poids de l'animal le (end d'une façon suffisante pour qu'il montre sa face profonde avec tous ses détails. On y reconnaît très bien lacloison médiane et les libres musculaires qui sontdisposées des deux côtés comme les barbes d'une plume. Au moyen de ciseaux fins et bien tranchants, on enlève d'abord d'un côté le.N faisceaux les plus superficiels et l'aponévrose qui les recouvre, puis d'un second coup on détache franchement quelques faisceaux musculaires en nombre aussi restreint que possible et on les porte sur une lame de verre disposée d'avance à cet effet; on les dissocie délicatement avec des aiguilles sans addition d'aucun liquide ou bien dans une goutte de sérum du sang ou d'humeur aqueuse, puis on les recouvre d'une lamelle que l'on borde à la parafline.

Dans cette opération, la manière dont on détache les faisceaux musculaires a une certaine importance, car il faut non seulement les isoler, mais encore enlever avec eux sans trop les déplacer et sans les altérer les fibres nerveuses qui s'y rendent. Or, en agissant avec les ciseaux de manière à ne séparer qu'un très petit nombre de faisceaux musculaires, on coupe à une petite distance de leur terminaison les libres nerveuses qui leur sont destinées, de telle sorte que, lorsqu'on vient ensuite à les dissocier au moyen des aiguilles, chacun de ces faisceaux s'isole avec son nerf sans que celui-ci ait été tiraillé, ce qui n'arrivei'ait pas si, comme on fa conseillé, on les arrachait un à un ou par petits groupes au moyen d'une pince.

Sur les préparations obtenues par cette méthode, on peut déjà reconnaître que chaque tube nerveux à myéline arrivé sur

Musclo

gaslrocnëmien

do la

grenouille.

810 TRAITÉ TKCIl.MOI K n*HISTOIi)GIK

un faisceau musculaire se divise et se subdivise, rampe à sa surface et y forme un buisson qui semble se terminer pard<*s fibres pâles plus ou moins longues, parallèles à Taxe du faisceau et sur lesquelles sont disposés des corpuscules semblables à des noyaux. C'est là le buisson de Kûhne.

Le tube nerveux afférent et les premières branches du buisson qui sont pourvues d'une gaîne médullaire sont parfaiteineot nets, mais il n'en est pas de même des rameaux ultimes qui sont dépourvus de myéline. Ils ne se montrent que d'une manière extrêmement vague, et ils échapperaient sans doute aux observateurs qui n'auraient pas encore acquis à leur sujet des renseignements fournis par d'autres méthodes. inipr.îjrnaiion Parmi CCS méthodcs, il faut choisir d'abord l'imprégnation d'argent, qui a été appliquée pour la première fois par Cohnheim à l'étude des terminaisons motrices*. Voici comment où doil procéder : après avoir placé dans des verres de montre distinris une solution de nitrate d'argent à 2 ou 3 pour 1000, une solution d'acide acétique à \ pour 100 et de Tcau distillée, on recueille dans un quatrième verre de montre le sang d'une jrrenouille s'écoulant du cœur mis à nu et dont on a réséqué b pointe. Lorsque le coagulum sanguin en revenant surlui-mémca abandonné une quantité suffisante de sérum, on achève la j^renonille en lui détruisant la moelle épinière, et on délachod^ fun de ses gasirocnémiens quelques faisceaux musculaires ea suivant exactement les indications qui ont été données un peu plus haut. Ces faisceaux, placés sur une laïuo de verre dans une goutte de sérum du sang, doivent être dissociés avec beaucoup de soin, de manière à les isoler complètement les uns des autres. On les examine alors à un faible grossissemenl pour reconnaître ceux qui possèdent des terminaisons neneusos et les porter dans le verre de montre qui contient la solulion de nitrate d'argent. Au bout de dix à vingt secondes, on 1^ en sort et, les ayant placés dans l'eau distillée, on les expose à I» lumière du jour et si c'est possible directement au soleil. Lorsqu'ils sont devenus bruns ou noirs, on les porte dans l'aride acétique. Ratatinés d'abord sous rintluence du nitrate d'ai^rtt» ils se gonflent peu à peu dans la solution acide. Dès qu'ils onlrfpn> leur dimension première, on les en retire et on les met sur une

*. Conhcim, Centralblatt, 1803, ii" r>ri, ot Ueber die Endigung der }tu»kelafrff^ Archiiwxde Virchùii*, 1865, t. XXXIV, p. 194.

'eau et de glycérine.

Les faisceaux musculaires colorés en brun inonlrent uno slrîatîoD transversale simple et serrée comme ils la présen- ICDt en général quand ils sonl revenus sur eux-mf^mes. Tout le buisson terminal est ménagé en blanc; le dessin en est Ir^s pur lorsque le nerf afférent esl resté Hottant sur le cùté du faisceau musculaire pendant le Irailement à l'argent, Kn revanche, si, comme il arrive le plus soiivenl, il s'est trouvé appliqué sur le sarrolemme , l'endroit qu'il ocrupait est marqué par une bnnde ou un Ilot blanc qui complique ou déforme l'image (voy.

lig. 370). Les rameaux terminaux apparaissent sous la forme de prolongements plus ou moins lonps, rectiiignes ou légèrement sinueux, arrondis ou effilés li leurs extrémités, et sur lesquels se voit le plus souvçnt un renQement ovalaire également ménapé par l'argent et qui correspom un noyau.

!l convient d'ajouter qu'en defeibors de l'image réservée en blanc appartenant au buisson deKfihne,

y a, en différents points de la urface des faisceaux, des taches lanches, allongèfs, le plus sourcnl ftisiformes, qui correspondent A dos noyaux musculaires riliiés superlicipUement.

Les images du buisson de KûhDe obtenues au moyen de cette méthode sont des images négatives. Sous l'influence de ta hiinière, le nitrate d'argent s'est réduit sur toule la surface île la substance striée, excepté dans les points où cette su))stance est recouverte par les diverses parties du buisson terminal. Ces parlies, tout en protégeant la substance musculaire, ne se colorent

g.istrDcnéniieri de In grenouille verlc, Inlilé pur le nilnte d'ar- ((enl, eiiivant lefirocédé de ColinhHm. ~ a. ttesiîn de In brnnchf mJ're, flatUtit t li «urTace exUrni^ du airralenime ; h, nnjiiux EÎluéi inr irs minales, I.

[ëlliodc de l'or.

Procëd(?

de Lowit.

8i2 TIIAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE

pas elles-mêmes; elles se trouvent ainsi réservées en blanc sur fond coloré.

Tandis que l'argent fournit des images négatives, l'or donne des images positives, c'est-à-dire qu'au lieu de ménager les branches du buisson, il les colore en violet plus ou moins foncé.

Le procédé qui réussit le mieux parmi ceux qui ont été recommandés jusqu'à présent est celui de Lôvvit*, que Fischer* a employé le premier pour la recherche des terminaisons nerveuses dans les muscles volontaires. Pour l'appliquer, il faut se pourvoir d'acide formiquc et d'une solution de chlorure d'or à 1 pour 100. On commence par préparer une solution diacide formiquc au tiers (acide formique 1, eau distillée 2). On en met quelques centimètres cubes dans un verre de montre, puis, enlevant des fragments du muscle gastrocnémien ayant 1 ou 2 millimétrés d'épaisseur en suivant les indications qui ont été données plus haut (voy. p. 809), on les place dans ce mélantte. Lorsqu'ils sont devenus transparents, ce qui se produit au bout d'une demi-minute à une minute, on les porte dans un seoood verre de montre contenant 1 ou 2 centimètres cubes de la solution de chlorure d'or. On les y laisse dix à quinze minâtes jusqu'à ce qu'ils soient devenus jaunes dans toute leur masse. Ils en sont alors retirés et placés dans une petite quantité d'acide formique au tiers, où ils sont conservés dans un endroit complètement obscur pendant vingt-quatre heures; puis on les mei pendant vingt-quatre heures encore dans de l'acide formiqiw pur, en les maintenant également à l'obscurité.

Lorsqu'ils ont subi l'action de ces différents réactifs, les frajh ments de muscle sont portés dans l'eau distillée. Le plus souvent ils ont été diversement modifiés dans leurs différente^ couches : leur surface a pris une teinte gris jaunâtre sale, tandis que leur centre présente une coloration violette. Cette coloralior». (le la partie centrale fait présager un résultat heureux, car c'es^ l)récisément à sa limite que se trouvent les libres musculain?"==' les plus convenables pour l'étude. Après avoir enlevé au moye** de ciseaux lins la couche superficielle, on détache, sous feaii

'. Lùwit, Die Nerven der glatten Mtnkulalur. Acad. des Sciences de Vff^t. LXXI, 22 avril 1870.

'■. Fischer, l'eber die Eniliguug der Serven im quergestreiflen .ViiiiW ir H'rhellhiere. Arch. f. micr. Anat, 1870, l. XIIF, p. .%:».

TERMINAlSOiN DES NERFS DANS LES MUSCLES STRIÉS 813

distillée el en s'aidant surtout de la pince et des ciseaux, les faisceaux musculaires qui se trouvent à la limite des deux couches ou qui sont compris à la fois dans la portion grise et dans la portion violette. On reconnaît que Ton a" réussi lorsque, à un faible grossissement, on distingue des buissons de Kûhne dont les différentes branches, d'un violet plus ou moins foncé, se détachent sur la substance musculaire incolore ou colorée en lilas. Si Ton n'en rencontre pas, il faut abandonner la préparalion et en faire une nouvelle.

Il est deux autres procédés qui donnent encore de meilleurs ^J^^ê résultats.. Le premier consiste à placer les fragments de muscle "^^ ^**'^"pendant cinq à dix minutes dans du jus de citron fraîchement exprimé et filtré sur de la llanelle. Ils y deviennent transparents. On les lave rapidement dans Feau distillée, puis on les porte dans une solution de chlorure d'or à 1 pour 100, où on les laisse séjourner vingt minutes en moyenne, après quoi on les lave de nouveau dans l'eau distillée, et on les place dans un flacon contenant 50 grammes d'eau distillée et deux gouttes d'acide acétique. Au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures et sous l'influence delà lumière, la réduction de l'or est produite, et pour achever la préparation, on opère comme il a été dit déjà. L'inconvénient de ce procédé consiste surtout en ce que, la réduction de l'or n'étant pas complète au moment où on exécute la préparation, celle-ci se colore de plus en plus par la suite et peut devenir tellement foncée que l'on ne distingue plus nettement les buissons terminaux. Aussi pour rendre les préparations permanentes, convient-il de combiner ce procédé avec celui de Lôwit. Pour cela, après le traitement successif des fragments de muscle par le jus de citron et le chlorure d'or, on les place dans quelques centimètres cubes d'une solution d'acide formique au quart, à l'abri de la lumière. Le lendemain, la réduction est complète, et les faisceaux musculaires convenablement dissociés et conservés dans de la glycérine pure ou mieux encore dans la glycérine additionnée d'acide Ibrmique, fournissent des préparations persistantes, dans lesquelles les éléments délicats du buisson de Kûhne sont beaucoup mieux ménagés que si l'on a employé simplement le procédé de Lôwit.

Dans les préparations obtenues au moyen de l'un ou de l'autre de ces procédés, on constatera qu'il existe à la surface deâ faisceaux musculaires des buissons semblables a ceux que

Sli ThAITE TECHNIQUE D'HISTOLOGIE

iiiauirei>le le niliate d^argent, avec celte ditrércnce qu au lieu d'être ménagées en blanc, leurs branches sont colorées en violel Ibncé. La fibre nerveuse afférente, ses i*amitications et ses branches terminales se poursuivent sans qu il y ait entre elles h moindre discontinuité. Les branches terminales finissent par une extrémité arrondie ou légèrement eflilée parfaitement nette, et il ne s'en dégage pas de libres qui, se continuant dans Tépaisscur du faisceau musculaire, y formeraient un réseau*.

* GiM-lucli, dans deux mémoires successifs (Dos VerhaeUniu der yerven m rfn willkùrlicken Muskeln der Wirbelthiere. Sitzungs-berichtc der pliys. mcd. ScKkiât zu Erlangen, 1873, p. U7, et Ueber das Verhaeltniss der nervoesen und amtndtla Sultslam des quergestreiflen Muskels, Arch, f. micr. Anat., 1876, l. XIII, p. )W', a soutenu que le buisson de Kiihne ne constitue pas un appareil nerveux termioil. Des derniers rameaux de ce buisson partiraient des fibres qui se répandraient djiu lu substance musculain^ et y formeraient un réseau ou un plexus à mailles wrrret dans lesquelles seraient compris les derniers éléments contractiles. La métkodfà l'aide de laquelle il dit avoir obtenu ce résultat diflêre de celles que je viens d'îadiqucr. Elle consiste à recueillir de petits fragments de muscle un peu iTHt h rigidité cadavérique cbcz une grenouille que ron a tuée en lui frappant liuliiniif^ la tète, et à les plonger pendant douze heures dans un liquide contenant ane partie de chlorure double d*or et de potassium et une partie d*acide chlorbjdri^ pour 10000 parties d'eau. Les muscles sont dissociés dans l'eau additionnée é'mt faible quantité d'acide chlorhydrique et montés en préparation dans un mébage^c glycérine et de gomme arabique, dans lequel s'achève la réduction de Tor.

D'après Gerlach lui-même, ce procédé réussit très rarement, mais lorsqu'O a Hc suivi de succès, le réseau nerveux nettement dessiné qu'il désigne sous le ntmée réseau ou de plexus intravaginal apparaîtrait tellement riche, qu'il occuperait Unir» les parties du faisceau musculaire quit à la lumière polarisée, se montrent iiouff fringentes (v. p. 185).

D'après cela, la substance nerveuse et la substance musculaire seraient inii»'^ ment mélangées, et l'on pourrait considérer le faisceau strié comme un proloQ(mtti contractile de la cellule nerveuse. Celte conception parait avoir été inspirée par b connaisbunce de la cellule ncuro-musculairc de Thydrc d'eau douce dérouverte (ur kleincnberg, cellule qui, par son corps muni d'un noyau, remplit les fouctions iTm cellule épidermiqui; et nerveuse, tandis que par ses prolongements Hk* ce»t«rt à la formation de la couche contractile du mésoderme (voir Leçons smrVfh$toUff du système nerveud', t. I, p. 11).

La théorie de Gcrinch est certainement séduisante, et si aujourd'hui la piopirt des histologistes ont été conduits à la laisser de ciUé, c'est que d*autr^< utotièn leur ont permis d'obsorver d'une manière absolument nette la tcrmioaiiM àe* branches du buisson de Kilhnc.

Cependant, on peut avoir facilement des images semblables à celles pf fierlach a obtenues. Avec n'importe lequel des procédés de la méthode de Varq»c j*ai indiqués, on les observera dans un certain nombre de faisceaux nra^roltfr». soit qu'ils se présentent couchés dans le champ du microscope, soit que, avant rtr fragmentés, ils se montrent comme dans une coupe transversale. Sur le^t ^nnie^ on distingue des séries de granulations violettes, plus ou moins foncées qnl'* partagent en bandes parallèles; entre ces traînées princi|»ales se remarquent^ lignes plus fines également colonies en violet. Sur les seconds, on obitene Vimçr dite des champs de Cohnlicim (v. p. flMl) : la tranche du faisreau mmnà»rr

Dans les préparations faites par la méthode de Lôwit, les diT^Soii noyaux du buisson de Kûhne ne sont pas distincts, mais on peut ^jj^^^ tes rendre apparents en traitant les faisceaux musculaires convenablement dorés et débarrassés de tout acide au moyen d'un laYage prolongé, par le picrocarminate d'abord et ensuite par Tacide formique. Ils sont alors colorés en rouge, tandis que les branches du buisson sont restées violettes.

Lorsque, avant de soumettre les fragments musculaires à Taclion du chlorure d'or, on les a traités par le jus de citron et que la réduction a été obtenue dans l'eau légèrement acétifiée el sous l'influence de la lumière, il arrive parfois, comme Ta indiqué Tschiriew*, que les noyaux ont une teinte violette, mais pius claire que celle des branches du buisson. On distingue alors ceux qui appartiennent au tube nerveux afférent el à ses premières ramilications munies encore d'une gaine médullaire, de ceux des branches du buisson qui sont dépourvues de myéline. Celles-ci se nionlrent, comme il a déjà été dit, sous la forme de tiges rechlignes ou légèrement sinueuses, parallèles à Taxe du faisceau, et que j'ai désignées sous le nom de tiges terminales. En général, chacune des tiges Icrminales possède un noyau. Ce noyau, qui est silué toujours à une certaine distance de son extrémité, est appliqué à sa surface et la recouvre complètement. Il faut noter cependant que, dans les préparations obtenues au moyen du procédé de Lowit, les tiges terminales sont amincies, revenues sur elles-mêmes, el que leurs noyaux, lorsqu'on les a colorés par le carmin, se montrent, non à leur surface, mais sur leurs cùirs.

Lorsqu'un buisson de Kûhne se présente de prolil et que son nerf afférent flotte librement dans le liquide additionnel de la

|iaratt divisée en une série de champs incolores par une substance intermédiaire colorée en violet plus ou moins foncé. En certains points, ceux où trois champs au iBoins se rencontrent, se voit une tache plus foncée. C'est exactement ce que Gerlach a figuré dans son second mémoire et qu'il a considéré comme le réseau ou le plexus nerveux intra-vaginal. En réalité, les traînées longitudinales correspondent à. des lames protoplasmiques et à des séries linéaires de granulations graisseuses, disposées régulièrement entre les cylindres primitifs de Leydig. Les lignes violettes plus fines qui leur sont parallèles représentent des cloisons protoplasmiques plu» mioccs. Le plexus intra-vaginal de Gcrlach parait donc être tout simplement le réseau protoplasmique du faisceau primitif plus ou moins chargé de granulations graisseuses.

*. Tschiricw, Sur Ips tevminaisnns uerveuses iffins les muxcled xlriéx, Archires île pk^Mlogift t. V, pi. I, fijî. ±

816 TUAITÉ TËCH»IUUE D'HISTOLOGIIî

.{irépamlion {a lig. !27i), on |>uut apercevoir la ^uiiie de Heale qui l'entoure et la voir se diviser pour se poursuivre sur les premières branches du buisson, lesquelles sont bien inanifesleinent silnées uu-dcssus du s;<rco]einine. Maiâ rexanieo le pliu attenliroe permet pas de distinguer quels sont les poinU au ni-

Fig. 3T1. — Ituisson Icnninal il'iin fniscuuu iiiusculuire du tsuslrocnémicD île ii grenouille vcrlc, IrailiS jiar le procédé de Lùwil. — a, branche mère du bauMi; s, sa gaine de Henle ; I, li^es terminâtes.

veau desquels les libres nerveuses traversent i'cnvelappc du laieeau musculaire pour se mettre en rapport plus intime avec b substance striée.

Pour arriver à la soUilioQ de ce problème, il faut eiamiucr des faisceaux du gastrocnémien de la grenouille-, isolépar an-achement après injection dans le muscle, d'une s<rfutioii d'acide osmique à 1 pour 100. Certains de ces faisceaia mollirent de la iiiaiiière la plus nette la fibre alTèi-ente et toateles branches du buisson de Kiihne ; d'autres ne porlenl appeminî que des fragments de fibrçs à myùline, enfin un ^-and oombiv un sont totalement dépourvus. Cette observalionsutlilânioiilivr

que toutes les fibres à myéline sont en dehors du sarcolemme, puisqu'elles peuvent être détachées des faisceaux musculaires par arrachement. Les autres sont bien certainement situées au-dessous de cette membrane, car on ne les distingue jamais en dehors de la limite du faisceau musculaire, même lorsque le buisson terminal se présente de profil.

L'acide osmique ne manifeste ni les liges terminales du buis- Noyaux son de Kiihne, ni les noyaux de ces liges. Après l'action de ce terminale». réactif, il faut, pour voir les noyaux et apercevoir quelque chose des tiges terminales, employer la méthode suivante: On mélange dans une seringue hypodermique, après les y avoir aspirées successivement, 1 partie d'une solution d'acide osmique à 1 pour 100 et 4 parties d'alcool ordinaire, et on les fait pénétrer dans le gastrocnémicn par injection interstitielle. Les faisceaux musculaires sont ensuite dissociés dans l'eau distillée, colorés au moyen du picrocarminate d'ammoniaque à 1 pour 100, lavés et traités par un mélange à parties égales d'eau et d'acide acétique cristallisable. Sous l'influence de cet acide, les faisceaux musculaires se gonflent, les noyaux prennent une coloration plus franche et les liges terminales qui ont été fixées par l'acide osmique se montrent parfois avec une teinte gris rosé. Dans tous les cas, les tubes nerveux et les premières branches du buisson de Kûhne sont nettement dessinés, et Ton voit toujours dans la direction des liges terminales leurs noyaux bien marqués caractérisés par leur (orme ovalaire.

Si, après avoir étudié le buisson terminal à l'aide de ces Bu»M«n imiiinai diverses méthodes, on revient à Texamen des terminaisons motrices de la grenouille à Tétat vivant pour ainsi dire, et sans aucun réactif, on apercevra, mais sans les distinguer d'une manière bien netle, les difi'érenles parties qui composent ce buisson, au moins dans les faisceaux les plus superficiels et surtout lorsqu'il en occupe la face supérieure. Les tiges terminales qui donnent une image assez vague, sW montrent tout à fait droites. Quand après avoir bien mis au point, on éloigne légèrement l'objectif, elles deviennent obscures; quand on le rapproche de manière à dépasser de très peu le point de la vision distincte, elles sont à peine brillantes et se confondent même avec la masse qui les entoure, d'où l'on doit conclure que leur indice de réfraction est un peu inférieur à celui de la substance dans laquelle elles sont plongées. Leurs noyaux devien*

Ra!<vier. Hislol. 52

uissoii terminal après racliuri

de 'alcool au tiers.

nent au contraire brillants lorsque Ton éloigne robjectif. Ils masquent les iv^es terminales quand elles sont situées à la face supérieure du faisceau que Ton examine.

Lorsque, après «ivoir disposé convenablement des faisceaux musculaires vivants sur une lame de verre, on les recouvre d'une lamelle en les comprimant légèrement, et qu'on y ajoute une goutte d'alcool au tiers ou d'acide acétique faible, au fur ol à mesure que le liquide pénètre, les tiges terminales deviennent plus distinctes, leur contour apparaît nettement, et, lorsque Ton éloigne un peu l'objeclif après l'avoir mis exactement au poini, elles paraissent limitées par une bordure claire. Les noyaux de ces liges prennent un contour plus accusé et leur contenu est granuleux.

Plaques motrices. — La terminaison des nerfs dans les muscles striés ordinaires des reptiles, des poissons, des oiseaux et des mammifères diffère à plusieurs égards de celle que Ton observe chez les batraciens.

11 convient de Tétudier d'abord chez les lézards {Lacerta muralis, L, viridis, L. stirpium)^ parce que la préparation en est plus facile et qu elle se montre avec une bien plus grande évidence que chez les autres animaux*.

'. Iloug«ît {Note sur la terminaison des nerfs moteurs dans les muscles^ chei l« reptileSf les oiseaux et le^ mammifères, Comptes rendus de rAcadéinie des srîence, !28 septembre 180i2j fut le premier qui, en examinant la terminaison des nerfs daa5 les muscles volontaires du lézard, remarqua que les fibres nerveuses se leniiiiicni sur les faisceaux nmsculaircs en formant à leur surface une petite éniinence gninleuse. Rouj^et considéra celte masse granuleuse, qu'il vit située au-dessous du sait»lemme, comme constituée essentiellement parle cylindre axe renflé à son extréniié, et il la désigna sous le nom de plaque motrice. Dans cette plaque^ il y aunit en outre des noyaux qui seraient les analogues de ceux de la gaine du nerf. Rou^nH retrouva la mémo disposition chez les oiseaux et chez les mammifères, et il tt conclut que, chez les vertébrés en général, la fibre nerveuse se termine sur le faisceu musculaire par nne plaque qui doit être considérée comme répanouissement ultiin^ du cylindre axe.

Un an plus lard, Krixusc {Ueber die Endigung der Muskelnerven. Arch. f. nt, JHeé, 180!], t. XVllI, p. \lHJ)t en étudiant la terminaison des nerfs dans le muscle rétrKleur du globe oculaire du chat, reconnut l'existence des plaques motrices sipaléet par Rouget. Sa description diflere cependant en plusieurs points de celle de ceî auteur. La plaque motrice ne serait pas située sous le sarcolemme; elle eo occnperait la surface extérieure. Sa constitution serait assez complexe: Au poiot qui correspond à Tanivée du tube nerveux sur le faisceau primitif, se trouverait unewrif de capsule fibreuse munie de noyaux et qui devrait cire regardée comme une expansii» de la gaine du nerf. Â Tintérieur de cette capsule, le cylindre axe se divisenit en donnant naissance à deux ou trois libres pâles qui se tcrmi aéraient par des boirtpof-

On choisira de préférence les muscles de la cuisse. Les tubes nerveux y parcourent souvent un assez long trajet depuis le nerf dont ils proviennent jusqu'au faisceau primitif auquel ils sont destinés. Il suit de là que, dans un petit fragment de ces muscles

Ces fibres paies se trouveraient logées dans une substance granuleuse qui remplirait Tcspacc compris entre le farcolcmme et la capsule de la plaque.

De celte observation de Krausc, il résultait que la masse granuleuse ne devait pas éire considérée comme produite par un rendement ultime du cylindre axe, ainsi que Rouget Pavait soutenu. C'était là certainement un premier progrès réalisé dans la connaissance de la structure de la plaque terminale. Cependant, les faits observés par krausc ne furent pas admis par les autres histologistes, car la môme année, Kiihne {Ueber die Endigung der Xerven in den Muskeln, Arch. de VirchoWy 1863, t. XXVII, p. 508), intervint pour défendre Topinion de Rouget contre celle de Krause, et Rouget (Mémoire sur la terminaison des nerfs moteurs. Journal de la pkynologie, 186i, t. V, p. 57^), consenant sur la plaque motrice son ancienne manière de voir, soutint que les fibres pùles décrites par Krause n'existaient pas. C'est seulement en 1H6i que Kiihne, ayant entrepris de nouvelles recherches qu'il publia dans deux mémoires successifs (Ueber die feinere Structur der Endorgane der motorischen Nerven. Arch. de VirchoWy l. XXIX, p. 433, et Ueber die Endigung der Nerven in den Nervenhùgeln der Muskel. Ihid, t. XXX, p. 187), reconnut que la plaque motrice n'est pas constituée par un simple épanouissement du cylindre axe, mais que ce dernier, en pénétrant dans la masse granuleuse, s*y divise en plusieurs branches qui s*anastomoscnt et se terminent par des extrémités libres. Il fit cette observation sur le lézard vert dont il examina les muscles à l'état vivant, ou après les avoir traités par le sérum du sang légèrement acétiflé. A coup sûr, son observation difl^re notablement de celle de Krause, mais cependant il a vu, comme lui et après lui, la fibre nerveuse donner naissance en se divisant à des fibres pâles, qui après un certain trajet dans la plaque s'y terminaient librement. Il diffère encore de Krause en ce qu'il admet que la matière granuleuse et les fibres qui composent réminence terminale sont situées au-dessous du sarcolemme, comme il l'avait admis pour le buisson terminal de la grenouille, et comme Rouget l'avait reconnu depuis pour les plaques mol ri ces.

Dans le second des mémoires que je viens de rappeler, Kiihne, après un historique très détaillé de la question, donne la première description un peu complète de la plaque terminale. Cette description le conduit au schéma suivant : L'éminence nerveuse est logée dans une haie du sarcolemme; la fibre nerveuse, en y arrivant, abandonne sa gaine, qui se confond avec celle du faisceau musculaire. La myéline cesse brusquement, tandis que le cylindre axe forme une série de prolongements irrcguliers, arborisés et anastomosés, qui occupent la portion superficielle de l'émincnce. C'est à cette arborisation terminale que Kiihne réserve le nom de plaquo motrice, au lieu de l'appliquer ù Téminence nerveuse tout entière, conimo l'avaient fait Rouget et Krause. Cette éminencc contient encore des noyaux qui appartiennent à la gaine nerveuse, et plus profondément d'autres noyaux clairs, arrondis ou ovalaires, munis de gros nucléoles et compris dans une substance granuleuse. Cette substance, qui serait située au-dessous de l'arborisation terminale, constituerait, d*aprè9 Kiihne, la semelle de la plaque. L'éminence nerveuse présenterait donc à considérer en premier lieu la plaque et en second lieu lu semelle de la plaque qui, comprise entre la substance nerveuse et la substance musculaire, les unirait entre elles. Le tout serait enveloppé du névrilemme, qui ae continuerait avec le sarcolemme.

enlevé avec des ciseaux, il se trouvera fréquemment des faisceaux primitifs qui pourront être isolés de toutes leurs connexions, sans que leurs fibres nerveuses afférentes soient rompues ou tiraillées par la dissociation. Mais il n'est pas nécessaire que les faisceaux musculaires soient absolument séparés les uns des autres pour observer leurs terminaisons nerveuses; il est même bon de ne pas les isoler complètement lorsque Ton se propose de les examiner frais, à Télat vivant pour ainsi dire, et sans addition d'aucun réactif.

Mucj» moiriccs Pour abordor cet examen, il faut avoir disposé d'avance, à

du luzaru ' * '

iciai vivani. portée dc la main, des ciseaux fins, des pinces, des aiguilles, des lames et des lamelles de verre bien nettoyées. Au moyen des ciseaux, on enlève de petites portions du muscle en pratiquant les sections dans le sens des faisceaux. Ou les dispose sur la lame de verre et on les étale au moyen des aiguilles en les étendant modérément.

Pendant cette opération, on Ininiecle le tissu au moyen de riialeincî pour éviter la dessiccation, puis on place la lamelle en la pressant légèrement, et on borde à la paraffine. Cela fait, on recherche, au moyen d'un faible grossissement, s'il se trouve des nerfs dans la préparation, et on les suit du côté de leurs terminaisons pour voir comment elles se présentent. Pour que l'on puisse en faire un examen convenable, il faut qu'elles soient situées sur un plan superficiel et (pf elles se montrent de face«î la partie supérieure du faisceau. Lors(jue Ton a trouvé des points où ces conditions sont réalisées, on les examine à un fori grossissement (iUO à 1000 diamèlies) en ayant soin de bien disposer Téciairage et en le faisant varier au besoin.

La libre nerveuse à myéline se termine par une extrémité unique ou bien se divise en deux fibres formées chacune d'un segment interannulaire, ou enfin Tune de ces libres ou toutes les deux se divisent encore une fois de manière à donnera la surface du faisceau trois ou quatre fibres à myéline. Ces libres sont toutes nettement visibles grâce au double contour de leiu* gaine médullaire. Lorsque la préparation est réussie et que les fai>ceaux musculaires sont bien tendus, on voit partir de l'extrémité des tubes nerveux à myéline une arborisation dont le< branches, ai)errues comme dans un brouillard, possèdent le caractère de devenir obscures quand on éloigne l'objectif a|»rè> l'avoir mis exactement au point. En outre, on distingue de?

TKnMIN.VISON [lES \EHVA UANS LES MUSCLES STRIES Ht] noyaux, donl quelques-uns sont situ*;s au voisinage des branelies de l'aihonsalion, soit sur leurs côtés, soit sur leur surfâceellc-méine, tandis que les autres, qui n'aftcrtent pas une disposition régulièio par rapport n ces blanches, doublent In membrane qui revôt l'émiBence. Les uns et les autres deviennent brillants quand on éloli-ne l'objectir.

Si l'on poursuit l'observation, onconslalc souvent qu'au boul de quelques heures, il se forme, au niveau de rexirémité des branches de l'arborisation, des boules qui ont éti; signalées par Kûhne et qui semblent provenir d'une déeomposition de la substance qui constitue les fibres nerveuses elles-mêmes. Celte altération n'est pas constante, et jamais elle ne s'étend à l'arborisation tout entière.

Lorsque, on examinant avec uin bon objeclil donnant 500 à 800 diamèlres des faisceaux musculaires enlevés à l'animal vivant, OD a distingué l'arborisation terminale va<ïUG, obscure quand on éloigne l'objectif, ot qu'on ajoute alors sur le bord de la lamelle une ou deux gouttes d'alcool au tiers, on voit les faisceaux musculaires prendre une certaine opacité au moment où le réactif les atteint. L'arborisation devient plus distincte ses branches semblent acquérir un diamètre plus considérable et leurs contours prennent de la fermeté.

Au bould'une demi-heurcàune heure, elles sont toutes dessinéesavec la plus grande netteté, tandis que les noyaux qu'on observait avant l'addition du réactif deviennent granuleux. En m^-me temps, il apparaît entre les hrannlios de l'arborisation ou un peu au delà de sa limite une troisième espèce de noyaux que l'on n'apercevait nullement au début. Ces noyaux sont

Fig. i'i. — Plaque motrice el nrborif^ation terminnic An miisclM spinaux du ]i>zari] vert, observées aprèt l'action i1r> l'alcool an lirrs. — n, naine de Henlo du (ube nerveux; b, birurealion lie ce tube; «, rlranglemrnt annulaire:

m, iJc>rnier serment interennullîn- 1res eoiirl, possédant de la myéline; r, ramineattons terminales de i'arltorisalion; n. nojraux de l'arborisalinn ; n', noyaux ronilamcntaux.

82i TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE

renflées et des parties rétrécies. Les premières sont colorées en violet très foncé, tandis que les secondes, qui correspondent aoi étranglements annulaires, sont le plus souvent incolores ou 4 peine teintées, ce qui démontre que, dans ce mode de préparation , la myéline est colorée beaucoup plus fortement que le cylindre axe. A son arrivée sur le faisceau primitif, le tube nerveux à myéline se termine par un étranglement annulaire ou bien il se divise en deux, trois ou quatre branches colorées comme lui en violet foncé ou en noir. Au delà de ces branches commence l'arborisation proprement dite ; les rameaux qui la forment, situés dans Témincnce terminale au-dessous du sarcolcmme, présentent des parties renflées alternant avec des parties rétrécies (voy. %. 273). Souvent, le plus souvent même, celle

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Fi)?. â7.1. — Arborisations terminales des muscles de la cuisse du LacerU «fdii

préparées suivant le procédé de Liiwil.

disposition moniliforme s'cxagérant an moins en quelques points, les parties rétrécies deviennent extrêmement grêles, ou même elles disparaissent complètement. 11 se produit alors des îloU arrondis ou irréguliers, colorés en violet, qui bien que disposés avec un certain ordre, sont absolument isolés les uns des aulros et semblent ne pas être en rapport avec le reste de Tarborisalion terminale.

Quelquefois cette arborisation se détache sur une surface granuleuse colorée en violet plus ou moins foncé et qui correspond par sa forme et ses dimensions à Téminence terminale. D'aulres fois, surtout quand l'arborisation est un peu étendue, chez le lézard vert par exemple, la zone granuleuse est limitée au voisinage de ses principales branches et entoure chacune d'elles comme d'une atmosphère nuageuse (voy. fig. 274). Ces variations

TERMINAISO.N DES jNEHFS I>A>S LES Nlj'SaES STftIÉS «i5 ne lienaeat [tas à des (Jiiïérences nnalomiques, mais à l'irréicu* larilé à laquelle sont sujets les résultats de la méthode de l'or. Il

Fiff. STJ. — Arboriiation terminale dn muscles de 1» cuisse du [ètnrà vert, prâpiré« suivant le procéilé de Luwil.

convient d'ajouter que, en géuéral, dans les préparations obtenues à l'aide du procédé de Luwil, les dilTércnts noyaux do l'éminence terminale ne sont pas visibles.

Ce procédé, qui permet de reconnaître si facilement dans les muscles l'arborisation terminale, altère cependant les rameaux de cetle arborisation à un degré considérable, ce qui lient à ce que, avant de soumettre le tissu à l'action du chlorure d'or, on l'a traité par l'acide Tonniquc.

Cependant, pour obtenir une bonne action élective de l'or ■''"J"',,^ sur les terminaisons nerveuses des muscles, il est nécessaire J"J' »lc les avoir d'abord traitées par un acide favorisant la réduc- 'l'iunip

Fïg. 275. — Arlwriralion terminale du \(z!tr<t vert, lraiti;e par le jus tie citron, lo chlorure il'or et l'ncLdc Tormique.

tion de ce métal, ou de faire apir le sel d'or en présence de cei acide. De tous les liquides acides, le jus de citron est celui qui parait altérer le moins les fdu'cs nerveuses terminales. Aussi

826 TUAITÉ TECHNIQUE li'HISTOLOGIE

convient-il tout spécialement dans la préparation des plaques motrices du lézard et des mammifères.

Manifestées par ce procédé de la méthode de l'or, les branches de l'arborisation terminale sont beaucoup plus régulières el ne présentent pas d'interruptions ni d'îlots séparés. Leurs différents boutons ou bourgeons terminaux, au lieu de se limiter par des surfaces régulièrement arrondies, sont munis de petites saillies en forme de pointes plus ou moins aiguës. Souvent aussi la substance granuleuse de l'éminence, substance fondamentale, s'accuse par une coloration violetle, tandis que les noyaux fondamentaux qui y sont contenus apparaissent comme autant de taches incolores, ce qui permet d'apprécier leur nombre et leurs rapports avec les branches de l'arborisation. iiHé^^"*^* On peut encore obtenir de bonnes préparations en traitant AltomSTd'o directement les muscles par un mélange de chlorure d'or et . ? . d'acide formique (chlorure d'or à 1 pour 100 A parties, acide

de formique. ^ \ r r »

formique, i partie), porté d'abord à l'ébullitionel qu'ensuite on a laissé refroidir. On les y maintient pendant environ vinptminutes. Dans ces conditions, l'acide formique n'altère plus autant l'arborisation terminale, parce que son influence est mitigée par celle du chlorure d'or qui agit comme un réactif fixateur. En outre, le sel d'or, ayant été soumisàl'ébullitionen présence de l'acide, a acquis une grande tendance à se réduire, et son action élective sur les parties nerveuses est par le lait beaucoup plus assurée. Au sortir de la solution d'or, les tissus sont lavés et portés dans de l'acide formique additionné de quatre parties d'eau, où la réduction se produit.

Les préparations faites au moyen de ce dernier procédé sont infmiment supérieures à celles que donne celui de IJJw'xi. Le> branches de l'arborisation terminale n'y sont presque jamais interrompues, mais elles sont plus irrégulières qu'à la suite du traitement par le jus de citron, ucf iiioiiice» Pour apjiliquer le nitrate d'argent à la préparation des êmiaîo d^cni. nences terminales des lézards, on devra suivre exactement le procédé de Cohnheim qui a été indiqué p. 810 à propos du buisson terminal des batraciens. La dissociation des faisceaux musculaires se fera dans du sérum, de l'animal. Il importe qu'ils soient complètement isolés avec leurs tubes nerveux afférents lorsqu'on les plongera dans la solution de nitrate d'argent, afin qu'elle puisse baigner régulièrement toute leur surface. Il est

nécessaire ensuite de les traiter par l'acide acétique afin de les ramener à leur dimension première. En les examinant dans un mélange à parties égales d'eau et de glycérine, on constatera que les différentes branches de l'arborisation terminale sont ménagées en clair sur un fond plus ou moins coloré. Cette méthode donne de bons renseignements sur la forme générale de Tarborisalion, mais elle n'apprend rien sur le rapport de ses branches avec les noyaux de Téminence terminale et ne saurait démontrer que celte éminencc est recouverte par le sarcolemme ^

Les préparations que Ton obtient au moyen de l'acide piaques motrices osmique permettent de répondre à ces questions. Le meilleur Acide osmique. procédé pour faire agir l'acide osmique sur un muscle et sur les éléments nerveux qu'il contient consiste à y pratiquer une injection interstitielle, au moyen d'une seringue hypodermique contenant une solution de ce réactif à 1 ou 2 pour 100. Immédiatement après que l'on a fait l'injection, on enlève le muscle et on le plonge dans l'eau distillée. Il y est dissocié en suivant les indications qui ont été données page 82â, et les faisceaux primitifs, isolés ou en petits groupes avec leur fibres nerveuses afférentes, sont colorés au moyen du picrocarminate d'ammoniaque, lavés, traités par l'acide formique et conservés dans un mélange de glycérine et de ce dernier acide.

Les tubes nerveux s'v voient très nettement entourés de leur plaine de Henlc. Lorsque les éminences auxquelles ils se terminent se présentent de profil, on reconnaît sans jïcine que celte

'. Cohniieim a publié une note (Veher die Endigung der Muskelnerven. Centralblattt 1863, n* 55), et un mémoire d'eber die Endigung der Muskelnerven, Archivet de Virchow, 1H(k>, t. XXXIV, p. 194) sur Tapplication du nitrate d'argent à Tétude des terminaisons motrices. Dans mes leçons sur rtiislologic du système nerveux, j'ai confondu le contenu du mémoire avec celui de la note, et j'ai attribué à la note une étendue et une portée beaucoup plus considérables qu'elle n'en a en réalité. Cette confusion m'a conduit à accorder un trop grand mérite à Cohnheim et à diminuer celui de Kiihne. Il est positif, ainsi que Cohnheim l'a fait ressortir dans une lettre adressée à Virchow, en 1878(.4/r/i. de Virchow, t. LXXIV, p. Ul), qu'entre l'époque où il publia sa première note, qui s'occupe seulement des terminaisons motrices de la grenouille, et celle où il fil paraître son mémoire dans lequel il s'est occupé des terminaisons motrices en général, Kùhnc, dans deux travaux importants parus en iSùi {i'eber die feinere Structur der Endorganen der motorischen yerven. Arch. de Virchow, t. XXIX, |). ^J3el Veher die Endigung der Nerven in der Nervenhugeln der àiutkel. Ibid., t. XXX, p. 187), avait fait connaître les formes variées qu'affecte la ramification des nerfs dans les éminences terminales. Je regrette d'avoir commis cette injustice involontaire, et je n'en veux point du tout à Cohnheim du ton qu'il a pris pour la relever, parce que je sais que ce sont là ses habitudes.

TKAITÈ T&;HSIQUE O'H

gaine s'élar^il, recouvre IVminence et vieifl le sarcolcmme, lamlis que la gaine de Sd ilernier éLranglemcnl annulaire, paraît se llhres paies qui lonl suite ik la fibre nerv< moins il est impossible de distint^uer un pi clic se lerminemit.

Les arborisations terminales se Toieat vague, et leurs brandies apparaissent sous ramifiés clairs se délnclianl sur un fon^ contre, les dilTérenls noyaux de l'ismii ncllemonl; ceux de l'arborisalion et ceux è vaginaux) sont petits, irrégulicrs, granuleu! en rouge, tandis que les noyaux iondamcnt teintés sont grands, clairs, possèdonl un à manifeste et contiennent un gros nucléoli rouge plus intense.

1 Si l'on a conservé des doutes sur les rap| nerveuse avec le sarcoleraine, on feni bien i coupes transversales des faisceaux inusculaî faire durcir le muscle tout en assurant lace nences terminales, On obtient ce résultat a tions interstitielles d'acide osmique et de l'< l'alcool, de la gomme et de l'alcool. Ces cou très (incs, seront d'abord examinées à un I pour reconnaître celles dans lesquelles un ou musculaires ont été atteints au nivpaude leu On les soumettra ensuite à l'action de l'i lamelle de verre afin d'enlever Ui gomme qu on fera a^xi' successivement, également t picrocarminate et la glycérine additionnée) Sur les faisceaux qui sont sectionnés aa nence terminale, celle-ci s'accuse par sa fi coloration et les nombreux noyaux qu'elle Icnime la recouvre, et ou le voit se continu* dellenledulube nerveux altèrent, lorsque C clans la coupe. Entre la masse granuleuse substance musculaire, on ne reconnaît au< qui correspondrait A une membrane. Dai même, on remarque les diverses espèces de a qui son! colorés en rouge et des corps grisA

TEKMlNAiSO» DKS NËlll-'S DANS LES MUSCLES STKIÉS Xâ» ne sont nuire chose que des brandies de l'arborisation seclîonnées plus ou moins obliquement. Au voisinage immédiat de cea branches siègent les noyaux de l'arborisation ; généralement lv9 noyaux fonda mentaux sont un peu plus profonds; quant aux noyaux vaginaux, ils sont situés immédiatement au dessous de la membrane qui l'cvèt l'émiacnce.

Pour la recherche et l'étude des plaques motrices chez rinqu» les mammifères, le lapin en iiarticulicr, on pourra suivre les

ï'ig. TiG. — Dcii\ riiisce»ii!( ilcs inuscK's iiil«rcoat.iu\ du bpiii, ilissociÉs .<pri:s injeclion inlcrililirlle d'^iriilc osmi(|u>^. et colorés au moyen du picrocirmiiialc, ll« montrenl deux Ëininencci terminale» vuea, l'uncdefaee.l'.iulrcdeprolil.— lY, nerf; Jf, faifceaij inuseulaire ; p, pbque motrice vue de prolll ; p' rilargue motrice (UC

différentes méthodes indiquons précédemment. On prendra des Tragments de n'importe quel muscle dans la n'-j^ion où l'on verra h l'reil nu des (ilets nerveux se ramifier dans la masse ninsculaire, cl généralement on y trouvera des faisceaux primitifs munis d'éminences terminales. Mais, pour arriver plus facilement à ce résultat, il est avantageux de choisir des muscles dont les fibres sont tiès courtes, entre autres les muscles de l'ceil el les inteicostaux. En efl'el, comirie les faisceaux primitifs reçoivent chacun un tube nerveux et qu'ils n'en reçoivent généralement qu'un seul, plus ils sont courts, plus o'n a de chance d'y rencontrer des terminaisons nerveuses.

Si l'on se propose de faire une étude comparative des arborisations Icrminales des muscles rouges el des muscles blancs du lapin, on fera bien de prendre le triceps crural, les jumeaux étant

8i« THAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE

gaine s'élargit, recouvre rémincnce et vîeni se confondre aver le sarcolemme, tandis que la gaine de Schwann, au delà dn dernier étranglement annulaire, paraît se poursuivre sur les fibres pâles qui font suite à la fibre nerveuse à myéline; du moins il est impossible de distinguer un point quelconque où elle se terminerait.

Les arborisations terminales se voient d'une façon assez vague, et leurs branches apparaissent sous la forme de cordons ramifiés clairs se détachant sur un fond plus sombre. Par contre, les différents noyaux do Téminence apparaissant nettement; ceux de Tarborisation et ceux de la gaine (nopm vaginaux) sont petits, irréguliers, granuleux, fortement colorés en rouge, tandis que les noyaux fondamentaux souvent à peiV teintés sont grands, clairs, possèdent un double contour bien manifeste et contiennent un gros nucléole qui est coloré en rouge plus intense, les moiriccs Si Tou a couservé dcs doutes sur les rapports de l'éminenee Coupes * nerveuse avec le sarcolemme, on fera bien de les étudiersurdes nsverwios. eoupcs transvcPsalcs dcs faisccaux musculaircs. Il faut d'abord faire durcir le muscle tout en assurant la conservation deséroinences terminales. On obtient ce résultat au moyen des injections interstitielles d'acide osmique et de faction successive de l'alcool, de la gomme et de l'alcool. Ces coupes, qui doiveni être très fines, seront d'abord examinées à un faible grossissement pour reconnaître celles dans lesquelles un ou plusieurs faisceaux musculaires ont été atteints au niveau de leurs plaques motrice?. On les soumettra ensuite à l'action de l'eau distillée sous la lamelle de verre a(in d'enlever la gomme qui les imprègne, puis on fera agir successivement, également sous la lamelle, le picrocarminate et la glycérine additionnée d'acide formique.

Sur les faisceaux qui sont sectionnés au niveau d'une érainence terminale, celle-ci s'accuse par sa forme, son aspect, sa coloration et les nombreux noyaux qu'elle contient. Le sarcolemme la recouvre, et on le voit se continuer avec la membrane deHenledutube nerveux afférent, lorsque celui-ci a été ménagé dans la coupe. Entre la masse granuleuse de réminenceella substance musculaire, on ne reconnaît aucune bordure claire qui correspondrait à une membrane. Dans féminence ellemême, on remarque les diverses espèces de noyaux déjà indiqués qui sont colorés en rouge et des corps grisAtres non colorés (jui

saillies en forme de pointes loi*sque Ton a employé le procédé du jus de citron. Si Ton a fait usage du chlorure d'or bouilli avec l'acide formique, elles sont souvent moins régulières; enfin, elles sont plus irrégulières encore et souvent même interrompues lorsque Ton a suivi le procédé de Lôwit.

Bien qu'elle soit toujours comprise dans le cercle à peu près dc^™rtJÎMu'oii régulier de Téminence nerveuse, l'arborisation terminale n'a pas ^ânn» mMcic» une forme absolument constante (v. fig. 277). Parfois le tube «ini»iH". nerveux à myéline, au moment ^

où il atteint l'éminence, se divise ♦"

en deux branches qui la conlournentensens inverse etluiformen.

comme une sorte de couronne.

Ces premières branches donnent alors des rameaux secondaires plus ou moins nombreux, plus ou moins longs, plus ou moins

contournés, qui se terminent ^''g- 277. — Trois arborisations ter-

, , . , ininales des inusclos jumeaux du lapin,

par une seule extrémité ou se imprégnés par ror. ramifient à leur tour. Tous ces

rameaux ou du moins la plupart d'entre eux se dirigent vers le centre de l'éminence et se trouvent entourés par la couronne que forment les branches principales. Ils s'entrecroisent ou s'anastomosent de la manière la plus variée.

Il arrive aussi que le tube nerveux afférent, après avoir atteint l'éminence, se divise et se subdivise et donne des rameaux qui s'anastomosent les uns avec les autres pour former un plexus dont les mailles sont plus ou moins larges, plus ou moins régulières, et dont les travées se terminent finalement à la périphérie de l'éminence par des anses ou par des extrémités libres.

D'autres fois, une seule branche principale traverse l'éminence suivant un de ses diamètres en donnant à gauche et à droite des branches secondaires qui se divisent à leur tour.

D'autres fois encore, le tube nerveux afférent se divise de manière à donner deux branches qui se comportent de la même 1 aron .

Des anastomoses peuvent se faire entre ces différents rameaux; mais il arrive souvent qu'on n'en observe aucune. L'arborisation affecte alors une forme dendritique assez régulière.

830 TRAITÉ TECHMQUE D'HISTOLOGIE

(les muscles blancs, tandis que le soléaire est un muscle rouge. Lorsqu'après avoir coupé le tendon d'Achille on relève Tenscmble des muscles qui lui appartiennent, et qu'ensuite on détache le soléaire au niveau de son insertion supérieure, on met ù nu la face antérieure des jumeaux. Immédiatement au-dessous du soléaire, sur la face antérieure du jumeau interne, se trouve une masse musculaire dont les faisceaux dirigés de haut en bas et de dehors en dedans viennent s'insérer obliquement à une aponévrose intramusculaire qui apparaît à la face antérieure du jumeau comme une lijçne verticale blanchâtre cl nacrée. Ces faisceaux, qui sont assez courts, conviennent d'une manière toute spéciale pour l'étude des terminaisons nerveuses. Il est presque aussi aisé de les dissocier et de les étaler que ceux da gastrocnémien de la grenouille et des muscles de la cuisse des lézards. Comme ils sont groupés en faisceaux secondaires facilement isolables, qui reçoivent chacun un petit tronc nencux distinct, on arrive sans difficulté à séparer complèteineot un de ces derniers faisceaux et à le placer de telle sorte qu'ooy voie un grand nombre de terminaisons nerveuses bien disposées pour l'observation.

On peut examiner ainsi le muscle vivant sans addition d'aucun réactif ou bien en le soumettant à l'intlucncc de Talcool au tiers. Mais les branches de l'arborisation sont rarement assez nettes pour qu'on puisse les suivre dans tout leur trajet, qui parait fort compliqué. Aussi est-il nécessaire pour les bien obserrer d'avoir recours à la méthode de l'or, en employant Tun des deux procédés qui ont été indiquésà propos des éminences terminales des muscles des lézards (v. p. 826). Il est rare que l'on ne réussisse pas, lorsque l'on suit exactement les indications qui ont été données (voy. p. 82;J).

'^du'inTf"'''* Dans les muscles du lapin, l'éminence terminale forme uo^ iiiodc de lor. saillie beaucoup plus marquée que chez le lézard ; elle est moia* étendue, les branches de l'arborisation y sont beaucoup moinétalées et les noyaux des différentes espèces sont beaucoup pliB^ rapprochés les uns des autres. Ces noyaux se détachent en clai'^ sur un fond coloré en violet et formé par la substance fx^nt^" leusede l'éminence. Lorsque la préparation est bien réussie les branches de l'arborisation sont d'un violet presque noir c^ très nettement dessinées. Elles se montrent comme des rubao^ plus ou moins sinueux, dont les bords sont munis de légère^

meilleurs résultais, surloul si Ton emploie le procédé du jus de citron. Après que des fragments d'œsophag^e ont été traités successivement par ce liquide, par le chlorure d'or et par l'acide formique, il suffit d'en détacher la tunique musculaire et de l'examiner à plat pour y observer un nombre considérable de terminaisons nerveuses. Il n'est aucun muscle, du moins chez les mammifères, où les éminences terminales se montrent aussi nombreuses que dans le muscle œsophagien. C'est là un fait à noter, car il est en rapport avec le rôle important et compliqué que joue le système nerveux dans les contractions péristaltiques de l'œsophage. L'étendue de ces éminences est à remarquer aussi; elles sont comparables sous ce rapport à celles des muscles du lézard.

Les fibres nerveuses qui s'y rendent et qui proviennent du pneumogastrique sont revêtues de myéline jusqu'au point ou elles atteignent les faisceaux primitifs. Avant de s'y terminer, elles rencontrent, dans l'épaisseur même de la couche musculaire, un plexus élégant formé de ganglions stellaires largement anastomosés les uns avec les autres, cl dont l'or a bien dessiné la plupart des détails. Ce plexus, qui appartient au vaste appareil nerveux plexiforme myentéri(iue découvert par Auerbach, diffère cependant notablement de celui de l'intestin grêle. Ses mailles sont plus grandes, ses ganglions sont plus volumineux el ses travées contiennent des libres à mvéline.

Les fibres nerveuses pourvues d'une gaine médullaire qui Nerf* cheminent dans les travées du plexus œsophagien et traversent Acidri»£Îi!5c. les ganglions de ce plexus sont des libres du i)neumogastrique qui se rendent à leurs terminaisons. Pour les suivre dans une grande étendue el bien apprécie!* leurs divers rapports, il est bon de les traiter par l'acide osmique en employant la méthode suivante : Après avoir placé une ligature sur l'œsophage à sa partie inlërieure, on y injecte avec une seringue ou une pipette fixée à sou extrémité supérieure une quantité d*eau salée à la dose physiologique (6 pour 1000) suffisante pour le gonfler modérément. Une seconde ligature y maintient le liquide injecté. On le plonge alors dans une solution d'acide osmique à 1 pour 500 contenue dans un tube bouché dont le diamètre est à peine supérieur au sien, ce qui permet d'employer une quantité moins considérable du réactif. Un bain de trois à quatre minutes suffit pour que l'acide osmique diffuse à

flA^viER. Histol. 53

Terminaison

des nerfs tans les cœurs ymphatiques.

travers toute l'épaisseur de la membrane. On enlève alors Tcksophage, on l'incise longitudinalement et on le laisse dégorger quelques heures dans l'eau salée, puis au moyen des pinces on sépare la muqueuse delà musculeuse. Celle-ci fournit une préparation dans laquelle il est facile de suivre les fibres à myéline dans tout leur trajet et de reconnaître que chacune d'elles, avant d'atteindre une éminence terminale, est en rapport an moins avec un des ganglions du plexus œsophagien *.

A l'inverse de l'œsophage, les cœurs lymphatiques ne contiennent pas dans leur intérieur de cellules ganglionnaires. Pour faire l'étude des terminaisons motrices dans ces orgaoes, on doit choisir la couleuvre à collier, parce que chez cet animal, que l'on peut du reste se procurer facilement, leur tunique musculaire a une épaisseur sufiisanle pour qu'on puisse la traiter avantageusement par la méthode de Tor, el aussi parce que les arborisations terminales y sont parfaitement nettes.

Si Ton veut observer d'abord la distribution des nerfsdansle cœur lymphatique, on fera bien d'avoir recours à l'acide osmique. , En employant ce réactif comme il a été dit déjà à la page7W, on obtient des préparations dans lesquelles on reconnaît que les nerfs à myéline sont en très grand nombre dans cet organe. On y voit de petits rameaux nerveux, munis de leur gaîne de Henlc, se diviser, se subdiviser et s'anastomoser entre eux. La plupart des tubes nerveux qui s'en dégagent conservent leur gaine roé- i dullaire jusqu'à leur terminaison; quelques-uns cependanl ' perdent leur myéline avant d'arriver sur le faisceau musculaire auquel ils se rendent. Us se terminent dans des éminencesgrtnuleuses munies de novaux.

Pour reconnaître qu'ils forment des arborisations terminales analogues à celles des muscles volontaires, il faut avoir recours * la méthode de Tor. Les préparations obtenues à l'aide de celt* méthode permettent de constater que, dans la musculature d«^ cœurs lymphatiques, le nombre de ces arborisations est trèsarf*" sidérable (souvent on en remarque deux dans le voisinage l'ui de l'autre sur un même faisceau primitif), qu'elles ont étendue assez petite, en rapport du reste avec le diamètre fibres musculaires auxquelles elles appartiennent.

1. Pour plus amples détaUs, voy. Uçmu itanûtomkgéftéraU 4877-1871 nerveux termkum» dmwmêtiméêlBmêmpmi^i^ p. 871 tlnhraalai^

Les faisceaux niusculaircs des cœurs lymphatiques ne sont j)as les seuls dont les fibres nerveuses afférentes se dépouillent de leur «raine médullaire avant de se terminer. Chez les reptiles, les chéloniens et les urodèles, ainsi que Tschiriew Ta indiqué *, on observe dans les muscles striés volontaires tniités par For, à côté des terminaisons nervcusesordinaires (buissons terminaux ou plaques motrices), de petites arborisations terminales auxquelles il a donné le nom de grappes. Les fibres nerveuses qui s'y rendent, munies d'abord d'une gaîne médullaire, la perdent avant de les atteindre.

Si l'on traite par la méthode de l'or, suivant les procédés in- Twramaiwn diqués précédemment (voy. p. 813), lesmusclcsde la langue de *««ntietmtt«ciet

tic

la grenouille, on peut y observer un très grand nombre de >• >«»«««• terminaisons motrices, qui par leur forme se rapprochent des grappes terminales décrites par Tschiriew. Comme ces dernières, elles proviennent de fibres nerveuses qui se sont dépouillées de leur myéline. Une seule de ces fibres, en se divisant et se subdivisant, innerve parfois un grand nombre de faisceaux musculaires. Il arrive souvent que d'une des ramifications qui composent une grappe terminale se dégage une fibre nerveuse qui va se rendre à la grappe terminale d'un faisceau musculaire voisin. Parfois les choses se compliquent, et l'on voit une série de terminaisons motrices qui, reliées les unes aux «lutres par des fibres nerveuses, constituent avec elles un véritable plexus.

Chez les mammifères, le lapin en particulier, les nerfs moteurs de la langue se rendent à des plaques motrices ordinaires, mais avant de s'v terminer, leurs fibres s'entrecroisent et affectent dans leur ensemble une disposition plexiforme *.

1. Tschiriew, Sur les terminaisons nerveuses dans les muscles striés {Archives de physiologie f 1879, p. 89.)

2. Le curare ugit sur les extrémités périphériques des nerfs moteurs, ainsi qu*il résulte d'une des plus ingénieuses expériences de Claude Bernard : Après que ron a, chez une grenouille, dégagé un des nerfs sciatiques et établi une ligature étreignant fortement la cuisse en laissant le nerf au dehors, on empoisonne ranimai en introduisant du curare dans le sac dorsal. Tous lesmuscles volontaires se paralysent, à rcxccption de roux qui sont au delà de la ligature. On a supposé, dès lors, que le curare porte son action sur les plaques motrices.

Ce qui se passe du côté des cœurs lymphatiques chez les batraciens ou les reptiles < untrisés semble venir à Kappui de cette manière d«» voir, puisque ces organes, où les nerfs se terminent par des plaques motrices ou des buissons terminaux, sont paralysés en même temps que les muscles volontaires, tandis que le cœur sanguin, où les nerfs se terminent d'une tout autre façon, continue à battre. Mais le problème n'est pas austi simple. En effet, aussi bien chn les mammifères que ches les

Métbodc tour prdparcr

la cloUon Ici oreilloltcs s la grenouille.

. Les nerfs qui se rendent au muscle cardiaque conlienoenl des fibres nerveuses à myéline, mais elles perdent toutes leur gaîne médullaire bien avant d'atteindre leur terminaison. Eo outre, il leur est annexé des cellules nerveuses disséminées sur leur trajet ou réunies en petits groupes sous forme de ganglions distincts.

Remak * a constaté le premier Texislence de ganglions nerveux sur les nerfs cardiaques en suivant ces nerfs au raojreo du scalpel dans l'épaisseur même du cœur chez le veau. Ludwig'^, en examinant au microscope la cloison interauriculaire de la grenouille, découvrit les nombreuses cellules ganglionnaires qui au niveau de cette cloison sont appendues aux nerfs cardiaques. Plus tard, Bidder ^ reprenant cette obsei-valion vit les nerfs cardiaques formel' au niveau du sillon auriculoventriculaire deux masses ganglionnaires distinctes (ganglions auriculo-ventriculaires ou ganglions de Bidder).

Pour bien apprécier chez la grenouille la disposition d« nerfs cardiaques et des cellules ganglionnaires qui leur sont annexées, il convient de. dilater les cavités du cœur et d'en fixer les parois alin de pouvoir ensuite isoler la cloison et Texiuniner au microscope à Tétai d'extension. Dans ce but, Ludwig insufflait le cœur et le laissait sécher. 11 v^ut mieux employer le procédé suivant : Après avoir immobilisé une grenouille verte {Rana escxilenla) au moyen du curare ou par la destruction de la moelle épinière, on pratique au devant du sternum une incision longitudinale et Ton met ainsi à découvert cet os dans toute sa longueur. On le sott^ lèveau moyen d'une pince au niveau de son extrémité inft^ Heure, et d'un coup de ciseaux on le dégage de ses inse«"* lions abdominales; continuant alors de se servir des ciseai^'^ et de la pince, on Tenlève complètement en respecîani lepén»

batraciens, alors que tous les nerfs volontaires sont paralysés sous rinlueoce curare, riiypoglosse conserve encore son action sur les muscles Je la langue, H pendant il se termine par des plaques motrices ou leurs é(|uiYalcnls.

1. RemalL Neurologische Erlaûlerungen {Archires de SlnUer, 181 i, p. 4dS,i.

2. Ludwig. Ueber die llenuerven der Frosches {MAtlrr's Archir^ 18M, p. I

3. Bidder. Ueber functionnell verschiedone uni raumlich getrennle Nt wtFrmhhêrwn (MmUf'ê Àrchip, 1853, p. 163).

TERMINAISON DES NERFS DANS LE MUSCLE CARDIAQl-E 837

rardc pariélaL Puis on saisit le péricarde à sa partie inférieure, on rincise et, introduisant dans sa cavité la branche mousse des ciseaux, on ajirandit Tincision de manière à meltre complètement à nu le cœur, le bulbe aortique et les deux aortes qui en partent. Chez la grenouille verte, le péricarde se réfléchit sur ces artères et leur forme une gaine complète, de telle sorte quesans aucune dissection on peut passer au dessous d'elles un fil au moyen duquel on soulève le cœur. Après avoir coupé une bride filamenteuse qui relie sa pointe au péricarde pariétal, on met â découvert sans difficulté le sinus veineux, sorte d'infundibulum de Toreillette droite dans lequel viennent déboucher la veine cave inférieure et les deux veines caves supérieures. Chacune de ces veines est successivement liée au niveau du point où elle s'ouvre dans le sinus. Le cœur continue à battre et se vide de la plus jurande partie du sang qu'il contenait. On fait alors à Tune des aortes avec des ciseaux une petUe ouverture que Ton agrandit par une incision longitudinale, et l'on y introduit une canule mousse que l'on fixe par une ligature. A celte canule on adapte une petite seringue en verre remplie d'eau salée à la dose physiologique (0 pour 1000), que Ton injecte dans les cavités du cœur de manière à les distendre et à les laver. Le liquide s'écoule par la seconde aorte, laissée libre jusque-là.

Après avoir injecté ainsi 5 centimètres cubes environ de liquide, on relire la seringue on laissant la canule, et lorsque le cœur, dont les battements continuent, s'est vidé à peu près complètement, on ferme au moyen d'une dernière ligature la seconde aorte.

On aspire alors successivement dans la seringue une partie, d'une solution d'acide osmiquc à i pour 100 et une partie d'alcool ordinaire. Comme l'alcool réduit l'acide osmique au bout d'un instant, il est nécessaire de faire le mélange des deux réactifs dans la seringue et même de ne pas attendre trop longtemps pour le pousser dans le cœur.

A mesure qu'on l'y fait pénétrer, le ventricule d'abord, puis les deux oreillettes et le sinus veineux se distendent, et les tissus qui composent leurs parois sont fixés au bout de quelques minutes. On détache alors le cœur pour le porter dans un petit baquet rempli d'eau salée à G pour 1000, au fond duquel on a préalablement coulé de la cire vierge. On l'y fixe avec .des ,

''6-218. — Cloison de» oreillellcs cli cceurdela grenouille vcrie. vue ili eité ^.luclic. Le cœiir a lilé flii par injection d'un mélange d'alcooi cl d'aride osmique, Ja paroi de l'oreilleUc gauche a élé enlcïéi'.

— n, nerf postérieur; rf, nerf anlcrieur; 1. portion horizontale de ce nerf; 6, ganglion auriculoventriculaire pottéheur;

glion auriculo-ïpnlricuiai

rieur; tn, repli musculaire faiaant saillie dans l'oreiUctli! droite cl ïu par transparence. (Destin fait à la loupe.)

838 THA1TÉ TErjIMQl'E D'HISTOLOGIE

épinfrles et, loul en l'observant à la loupe, on pi-aliquc à la paroi ^ de l'oreillelte gauche une ou-

verluie que l'on at;i"an<]il |ioiir découvrir couiplèternent la doison interauriculaire. On y distingue les deux nerfs cardiaques connue deux filaments noirs compris dans son épaisseur. Le nert cardiaque postérieur se rend ii peu près directement du sinus veineux à la lèvre postérieure de l'orifice auriculo-ventrirulairi' ; l'antériour. un peu plus prèlf, se dirige d'abord enavanteomm' pour gagner le bord antérieur df la cloison, puis se recourbe â angle droit cl chemine parallèlement â ce bord pour, se rendre à la lèvre antérieure;;de i'oiifif aurtculo-ventriculaire. Ces deux nerfs semblent se] tenninrr brusquement par deux inlumescenws ganglirormes.

On enlève alors la paroi eileme de l'oreillette droite et l'on incise le sinus veineux de manière à découvrir les neit< dans la partie supérieure de leur irajrt. Sur le sinus lui-même, ils sont unis |ar une branche anastomotique, dont li disposition et l'importance paraissent fort variables. Ils s'anastomosent également au niveau de l'orilice auriculovcntriculaire, ainsi qu'on peu) facile ment le reconnaître lorsque, après avoir dégagé la cloison comme il a été dit, on ilivîse complètement le venlricule en deux parties, l'une antérieure, l'autre pusiérieure, par une incision lalérale qui doit ménager la cloison interauriculaire et la pointe qu'elle envoie dass l'intériçur même du ventricule Le filet nerveux anastomolique

Portion du s:

et de la cloiion interauriculaire du C' de la grenouille verte, aver les deux nerf* cardiaques. — n, nerf poilé-

Fig.iT9.

■ des deux nerfs cardiaqups au ni-

dfl la cloiaon faisant laii- Uedans roreilletle droite

veineux ; n'ï.portion dont onverrtttedJUil Og.38l.

TERMINAISON HES \ERFS IMNS LE MISCXF. CARDIAQrE 8:»l se dégafre des nerfs cnnliaques an niveau ou un peu nu-<lossus des gîiQglioDS de Bidder et décril un demi-cciclo qui correspond à k partiiMli'oite de l'orifice auriculo-ventriculaire.

Fig. USD. — Cicur de la grcnouiJIe v<-rli- fliii par rinjnclion d'un mélange d'alcool et il'iiciili' nsmiigue. Vcntriculp renilu l.ilùrali'ineni H doÎBcn des oreitletles préaenWt par *a Tace lutvrale ilrultp. Lr- haut Je U doisan et le* parois de» nreillelle» ont i^t^ réséqués. — H, parlio inrérieurc di' la cloison des oreilleltes; H, nerf canlinque postérieur: n', nerf cardiaque antérieur; i, i', branche anastoinolique des nerfs cardiaquPS, au niveau do la hase du ventricule; r. ventricule; e. callerclte de la valvule aunrulo-VL'ntrirulalrc : p, plateau qui lui Tait suite; rf. pointe de la cloison.

Après avoir fait ces preinicn^s observaiions, on détache complètement la cloison en enlevant avec elle les deux ganglions qui terminent les nerfs cardiaques, on la dispose à plat sut' une lame de verre dans une goiiite d'eau salée et on l'examine nii microscope. Il est facile, même à un faible grossissement, de reconnaître les nombreuses cellules ganglionnaires annexées aux troncs nerveux et à leurs brandies principales. Ces cellules se montrent déjà sur les nerfs cardiaques à la surface du sinus, avant leur entrée dans le cœur. Elles y forment un amas ganglionnaire spécial.

Dans la cloison inlerauriculaiie, elles ont une distribution très irréguliêre et ne forment pas de ganglions proprement dils. Enfin au niveau du sillon auriculo-ventriculaire elles sont groupées en plus grand nombre, soit à la surface, soit dans l'épaisseur même des cordons nerveux pour constituer les ganglions de Bidder.

Au delà de ces ganglions, il n'y a plus une seule cellule nerveuse sur le trajel des nerfs, et les fibres qui les composent perdent bientôt leur my>'^line pour pénétrer dans l'épaisseur du ventricule.

CdhlH

TRAITÉ TECIINIOIE D'HISTOI-OniE

sern;s que, même en ayant recours aux meilleui-s réactifs dissocialeurs, on n'nnive qu'avec une très grande diflîculiê àea isoler des cellules nei-veuses avec leurs prolongements.

II est au contraire facile de le faire en dissociant le pneuniogastrique de la grenouille qui, au milieu de nombreuses libres à myéline, contient des fibres de Remak et des cellules à fibres spirales en nombre relativement restreint, La dissot^ialion doil être piatiquée avec les aiguilles en suivant les indicaliouf données page 730, après que le nerf pneumogastrique aun SL^ourné pendant une demi-heure environ dans une solulira d'acide osmiqnc à i pour 1l>0.

Ces cellules, examinées à un grossissement de 400 à 500 di*- , ' nièlres dans l'eau ou dans une so-

f ^ ■ , lutionfaibledepicrocarniinate,mofl< treni une disposition fort complexe. Entourées d'une capsule munie à sa face interne de noyiui aplatis, elles sont formées d'uir masse granuleuse contenant ui noyau spliêrique et volumineux De leur corps se dégage un prolonge ment principal recliligne surleqnH la capsule se prolonge en fonnrdt gaine. En un point plus ou moins distant du corps cellulaire, frtu gaine livre passage à une fibre qsi pénètre dans son inlérieur et qui.

s'enroulant autour du prolon|;enieii principal, monte en dé<.'rivanl A^ tours de spire de plus en plus s^tm jusqu'an globe ganglionnaire, n quel elle forme ainsi une sorte J' calice (voy. fig. 283). On ne voii rien des dispositions compliquées quioB été décrites par J. Arnold '.

De celte observation il résilk que les cellules sympalhiquff J' la grenouille, aussi bien celles qui sont comprises disi /■■

[attrique d~ , .. e otmiqut pirrocarminatc, jjlïcérine).d, gtobc gangliunnaire ; noyau : r, nucléole : <l, noyau tic la capaule; /, flbre drnilc; g, sa gutne de {leiile;n', novau de cette gaine; ip, libre spirale; g', M galue ; I. noyau de

I . J. Arnold, Veber die feinenn hûtologiichat Vrrhaeltnim Jtr Gm^ÊHuB» »dem Sympathwu irr Froiditi {Artkivu Ae Virrhon; l. XXXK, fH^f/>^

TERHIVAISON DES NEUFS DANS LE Hl.'SCr.E CARhlAni'E 841 prises dans iitn; même rapsiilo, somblont ne posséder qu'une seule fibie afTérenle. Elles conlicnnent un noyau volumineux muni (l'un ^^ros oncir-ole. Après l'action du mélange d'alcool el d'acide osmitjue, ieiii' masse se rétracte au sein de la capsule qui les rnveioppe, de manière à fiffurer sur la coupe optique une séiie de pioloniretiicnis laissant entre eux des lésions concaves. Ce ne sont pas là des prolon}>cinenls analoprues à ceux qui, daris les cellules niullipolaires, donnent naissance à lies libres nerveuses; ils soni simplement la conséquence du retrail provoqué parle réaclif.

Ces cellules ne soni pas unipolaires; oulre leur prolon^ieinent principal, qui esl icctiligne, elles émellent encore une libre beaucoup [dus ■j'rcle dont le trajet esl spii'al. Cesont ]h des cellules à libre spirale, seudilable^àcellesqui ont t'té découvertes il y a lon^lemps déjà, dans le syiupa- \ tliiquc de hi î-^renouillc, par L. Ueale'.

Coninio, dans les piiqiaralions de la cloison inlcrauriculaire de la [irenouille failes suivant le procédé indi(|ué

plus baut, les cellules ueiveuses sont recouverles par l'endocarde et mélanfïées aux éléments connectifs el musculaires de la cloison, il est dillicile de coustaler qu'elles sont à libre spirale, surtout si l'on n'a pas déjà appris à roconnaîtie les cellules de ce genre eu les éludiaiit complètement isolées.

[îeale ol les histolofiisles qui l'ont suivi, J, Arnold enlie antres, ont conseillé de les [irendre dans le sympalliique et do les préparer en dissociant les cordons nerveux qui le composent, au niveau du plexus loiubaiic pai' exemple. Mais, chez les batraciens, les cordons sympathiques sont tetlenieni

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t. L. ttraU. Oulhr xlnicture of Ihc in-eaUrd npolar. nnipoli gatiglioti-telh of the friig (Philoioiihical Traasaclion>, 1H(Î3, p. ITiJI.

and muttipolar

Tiff. i(H. — Un des n^rfs verlp, ini)jri!giu'! par I'

esnelioi

«» TllAlTE TEf-IIM(.HE DillSTOmCIE

qu'au bout de dctis ou liois jours. On en juge en examinam.i un Taible giossissemenl la cloison (Iesoreillclli?5.iprt-r l'avoir complèlcmenl dr jtagce.

Les deux nerfs cardiaques sont alors d'un violel foncé. Les cellulps nerveuses se montrent a\H leurs globes ganglionnaires également colorés en violet; leur protongemeal principal affecte une «y loialion analogue, nui!

moins intense ; la libre spirale, à cause de sa miiceur, revêt une teinte plus faible, tes cellub ganglionnaires du sinus veineux sont celles qui monlrcnl les libres sjiirales les plus nettes, parce qu'elles sont distantes des •siMh qui les portent el en sont généraiemcnt séparées par desvaisseaai s;inî,Miins. La coloration de ces fibrcj par l'or concourt à établir leur naturf nerveuse. Ainsi roloiées, elles smI bien visibles , surtout loi'sque b préparation a été traitée par la glycérine additionnée d'aride formique.

Les fibres spirales constiluenl un caractère important des cellules synipntbiques, mais il n'existe que cli^ les batraciens anoures. Chez les autres vertébrés, il est difficile, sinon impossible, de délci'itiiner s'il y a dans le cœur des cellules nerveuses de dei« espèces. Le lapin cependant fait «ception.En effet, les cellules des ganglions sympathiques de «i animal contiennent deux noyaux, tandis qu'il n'y en a qu'un seul dans les cellules cérébro-spinales.

Des recherches récentes, entreprises i mon iosligalioa pir

e, iiiiprùgni'u [Kir l'ur. — g, eapsuift; e, Klobc t:anglioiinaire ; n, iinj.iii ; /, B lîruile; «;i, llhrc spi- -' sanifiiin.

TERMINAISOiX DES NERFS DANS I.E MUSCLE CARDIAOCE 843

grand sympathique que celles que l'on observe dans Tintérieur du pneumogastrique, sont des cellules bipolaires ou multipolaires. Cela prend une grande importance si Ton compare ces cellules à celles des ganglions spinaux qui sont toutes unipolaires et dont le prolongement s'unit avec un tube nerveux sen- % sîlîf pour former un tube en T (voy. p. 715).

Les cellules ganglionnaires qui sont annexées aux nerfs cardiaques au niveau du sinus veineux possèdent des fibres spirales; il en est de même de la plupart de celles qui sont comprises dans la cloison des oreillettes. Cependant quelques-unes d*enlre elles, surtout celles qui occupent l'épaisseur des cordons nerveux, paraissent être d'une autre espèce. Elles sont fusiformes et émettent des prolongements à chacune de leurs extrémités. Ces dernières cellules dominent dans les ganglions de Ridder.

Sur des préparations d'ensemble de la cloison faites avec ^^ ^l'de la de l'acide osmique ou sur des nerfs cardiaques dissociés MoKwle"dë*î'or. après l'action de cet acide, on pourra déjà reconnaître la plupart de ces faits, mais pour les observer d'une manière plus complète, il faut examiner des préparations obtenues au moyen de la méthode de l'or. Ces préparations pourront être utilisées également pour l'étude de la terminaison des nerfs dans le muscle cardiaque.

C'est en injectant le réactif dans les cavités du cœur qu'il convient de le faire agir sur les nerfs cardiaques et sur leurs ramifications. Pour cela, après avoir lié les veines caves et ouvert Tune des aortes (voy. p. 837), on injecte par ce vaisseau un mélange de quatre parties d'une solution de chlorure d'or à 2 pour 100 et d'une partie d'acide formique, bouilli puis refroidi.

Lorsque les cavités du cœur ont été suffisamment balayées par le passage du liquide injecté qui s'échappe par l'aorte laissée libre, on la ferme par une ligature et l'on continue l'injection jusqu'à ce que les oreillettes soient bien distendues. Une dernière ligature est placée au delà de la canule ; le cœur est enlevé et plongé pendant une demi-heure à une heure dans la solution d'or dont on a conservé quelques centimètres cubes, puis il est ouvert dans l'eau distillée, lavé à plusieurs reprises et exposé à la lumière dans un flacon renfermant 50 grammes d'eau distillée et trois gouttes d'acide acétique.

La réduction de l'or s'opère lentement; elle n'est complète

846 THAITE TECHNIQUE D'HISTOLOGIE

En examinant au microscope la cloison inlerauciculaire de la grenouille traitée par le chlorure d'or suivant le procédé décrit page 843, on voit se dégager des nerfs cardiaques de petits cordons nerveux composés de fibres sans myéline, qui se distribuent aux travées musculaires de la cloison et à celles des oreillettes.

Hëseau iicrvoux Ccux qui sout dcstiués à la cloison elle-même se divisent, s'anastomosent et se subdivisent jusqu'à donner des fibres très fines qui semblent se terminer à la surface des faisceaux striés. Mais un examen attentif permet de reconnaître qu'elles s'engagent au milieu des éléments qui composent ces faisceaux pour se continuer avec les travées d'un réseau à mailles allon-

batraciens et chez le lapin, il existe dans cet org^ane au moins deux espèces de cellules nerveuses. Les unes, qui appartiennent au système sympathique, sont phH abondantes dans les oreillettes ; les autres, qui appartiennent au système cérébith spinal, remportent dans les ventricules. Il est Tacilc démontrer que ces deux espèces de cellules ont des propriétés physiologiques différentes. Pour cela, on lie socc»sivemcnt chez une grenouille le bulbe aortique et les trois veines caves; •■ enlève le cœur, qui continue à battre; on place une ligature sur le sillon mHculo-ventriculairc, et immédiatement au-dessous on Tait une section traosvensk fii sépare les oreillettes du ventricule. Les oreillettes poursuivent leurs battements. U ventricule, si les ganglions de Bidder ont été enlevés avec lui, continue éftleaent à battre. Mais, tandis que les oreillettes conservent leur rhythme, celui do uatricule se ralentit peu à peu, et ses mouvements s'arrêtent au bout de quelfiio instants.

Si Ton irrite alors, au moyen d'un stylet, le ventricule au niveto de Faniee auriculo-ventriculaire, il reprend son mouvement rhylhmique; puis ses batteiofsH après s'être ralentis, s'arrêtent de nouveau.

Pendant tout ce temps, les oreillettes et le sinus veineux enlevé avec elles CMti* nuent à se contracter rhythmiquementavec une grande régularité. Mais si roo toicke le sinus à plusieurs reprises, avec le stylet, leurs battements se rtlentissent el, si l'excitation a été assez forte, ils s'arrêtent momentanément.

On réussit toujours à isoler convenablement les oreillettes, mais il arrive sooffst que l'on a sectionné le ventricule au-dessous de ses ganglions, et alors il estarrfté d'une manière définitive. Dans ce cas, il faut prendre une seconde grenouîUc, et après avoir dégagé le cœur sans aucune autre opération préalable, en déUicfaer le ventricule au niveau du sillon, pour le traiter comme il a été dit plus haut.

Cette expérience si simple et qui n'exige aucun appareil spécial est fort iostnictiw. Elle montre d'abord que le cœur complètement isolé contient en lui-méoie le principe de son activité comme un organisme complet. Cette activité dépend ét> cellules ganglionnaires, car, lorsque le ventricule est séparé de» oreillettes a» emporter avec lui les ganglions de Bidder, il s'arrête immédiatement et pour tisjours. Il en est de même et à plus forte raison lorsqu'il est coupé à runion de !•• tiers supérieur avec ses deux tiers inférieurs.

Mais toutes les cellules ganglionnaires du cœur ne jouissent pas des mêmes prt> priétés. Celles qui composent les ganglions de Bidder et qui paraissent appvisai' en majeure partie au système cérébro-spinal épuisent bientôt leur action lorsqu'elc^ ne sont plus en rapport avec les autres, (iela conduit à supposer qu'il leur

TERMINAISON DES NEUFS DANS LE MUSCLE CARDIAQUE Si5

M. Yignal, ont établi que chez le lapin, comme chez la grenouille, ceiiuic» on observe dans le cœur deux espèces de cellules : les unes, con- du cœur

- 1 ... , , . du lapin.

tenant deux noyaux, appartiendraient au système sympathique, lés autres, munies d'un seul noyau, seraient cérébro-spinales.

Chez le lapin comme chez les autres mammifères, les nerfs du cœur, qui proviennent du plexus cardiaque, sont formés en majeure partie de fibres de Ucmak cl cheminent à la surface de Torgane, au-dessous du péricarde viscéral, où ils constituent un plexus à larges mailles.

Pour les observer et en même temps apprécier la situation, le nombre et la structure des ganglions qui leur sont annexés, il faudra, après avoir traité des fragments des oreillellcs ou des ventricules, comprenant leur surface externe, par le chlorure d'or en suivant un des procédés indiqués pages 813 et 820, détacher le péricarde viscéral et l'examiner au microscope, sa face profonde étant dirigée en haut.

Dans les oreillettes, c'est surtout au voisinage de Tcmbouchuredes veines et en particulier des veines pulmonaires que se trouvent les ganglions les plus nombreux et les plus étendus.

Chez le lapin, ces ganglions possèdent un grand nombre de cellules nerveuses munies de deux noyaux, tandis que les ganglions annexés aux nerfs cardiaques au niveau du sillon auriculovenlriculaire et à la partie supérieure des ventricules contiennent des cellules à un seul noyau. Au delà, à partir du tiers supérieur des ventricules, les neifs, continuant leur trajet, forment un plexus sous le péricarde, mais on n'y trouve plus de cellules ganglionnaires.

Lorsque, au moyen de la méthode de l'or, on a appris à connaiti*6 la disposition générale des fibres nerveuses et des ganglions qui les accompagneni, on peut en faire une étude plus complète au moyen d'autres méthodes : De petites portions du cœur, comprenant la surface deTorgane etenlevées dansdes régions où Ton sait qu'il exiMe des ganglions, seront traitées par l'acide osraique et disséquées ensuite sous l'eau en utilisant la loupe, les ciseaux, la pince et les aiguilles, afin d'isoler les rameaux nerveux avec les jiioupes ganglionnaires qui les avoisinent. En les examinant au microscope, on reconnaîtra sans difiiculté l'existence des cellules à un seul et à deux noyaux*.

1. De robscrvatiun inicruscopiqiic des ganglions du cœur il résulte que, chez les

En examinant au microscope la

lE

la grenouille traitée par le chloru cril page 843, on voit se dégafr' cordons nerveux composés de buent aux travées musculai* lettes.

Hé-^njni nerveux CcUX QUi SODt dCStî

s'anastomosent et se fines qui semblent ' Mais un examen r gent au miliev se continuer

Icniiiiial.

culaircs iwa^y^ sel à 5 pour \i}^-^^^ ^' icn d::nsrcaiiapr^*" '*' oliqiie à 20 pour ''^ ' lires isoléis ou tl»"S fi'**r' .geait une librillc h'>ni"' .res d'une librillc norv«'ii>**- Lorsque, apK's les av"" laissé si'journor vinjrl-qiian''* heures dans Palrool auli'ï*-*on dissocie aver U'> ai^Miilk" des frajrmenls ilu nrur i'^ la loi lue (Testiulo maurii'i^ nica ou Tesludo europm^ on isole sans dirii«iillé un très grand nombre d«;a'llulos mus<*ulaires donl la forme est bien ronsonir.

mais dont qu«îlques-uue> seulement sont muuie^ du prolongement nerveux dôcouvert par Langcrlian>.

Cependant , couuiie b cellules du mvocarcl*^ sont des individualités liislolo-

Fiç. 280. - Deux ceUulcs du myocarde de giqUCS et pbysiulogiques aU

1 alcool au ticr». — A, cellule munie d un ^ ^ •

prolongement nerveux, m; ;>, masse prim.itils des niUScIcs >lri«*>

proloplasminue entourant le novau. — 11. * .

Cellule cordiformc située au poiiû de jonc- VOlOntaireS , Ot qUO pOUf

lion de trois travées musculaires. — ii, r^..,,^^,. i^, i ««,/... . J,. ,..viir

protoplasma; 5, strie médiane. former ICb Ira\f0> dU « œur

elles ne sont pas lonJucs mais simplement soudées les unes aux autres par une substance cimentante, il est logique d'admettre à priori que chacun'?

faisceaux musculaires se terminent par des fibrilles extrèmenioiit linc*, qui >'4ivr client aux cellules du in^oearde.

Léo (lerlacli (l'eher die yerrenend'ujitngen in tVir Muskulalm- dtrs Froschhtryn*. iii /Irc/i. de Yirchow, t. LWI, 1870, p. 187), en appliquant à li rf»li''f lrd«'> ''ininaisons nerveuses tin nrur le procé«lé employé par son |H*re pt»ur IVludo dr j l'Tininaison des neiTs dans les muscles striés vtdontain-s (vny. p. 814», ob^ienaqu^. dans la cloison inlerauriculaire de la grenouilP, les libres iier\euscs se C(iotin:K'''

gées. Ces travées extrêmement grêles et d'inégale épaisseur sont colorées en violet plus ou moins intense et tranchent sur la substance musculaire colorée en violet plus clair.

Les mailles qu'elles limitent ont à peu près les dimensions et la forme des cellules musculaires du cœur de la grenouille; mais, comme dans les préparations les mieux réussies le contour de ces cellules n'est pas distinct, il est impossible de déterminer si elles sont contenues dans les mailles du réseau nerveux ou traversées suivant leur longueur par les travées de ce réseau. On sera conduit à adopter cette dernière manière de voir par l'observation de certains détails que montrent les cellules du myocarde complètement isolées •.

alors une excitation qui leur venait îles cellules des oreillettes, et que Ton peut remplacer, rexpérience le prouve, par un excitant artiflciel. 11 semble qu'elles accumulent rexcitalion qui leur est communiquée et la distribuent ensuite suivant les besoins de l'organe qu'elles dirigent. Ce phénomène d'accumulation de l'excitation est certainement un des plus intéressants que Ton connaisse dans l'organisme. U est probable qu'il se produit dans un grand nombre de départements du système nerveux, et que par suite il a une portée très générale.

On vient de voir que ce sont les cellules ganglionnaires des oreillettes qui envoient aux cellules ganglionnaires du ventricule l'excitation qui leur est nécessaire. Elles sont donc les agents essentiels de l'automatisme du cœur, et cependant lorsqu'on les excite elles produisent l'arrêt de cet organe. U y a là un paradoxe qui conduirait à supposer qu'il existe dans les oreillettes des cellules excitatrices et des cellules d'arrêt. Mais, comme rien dans l'observation histologique ne vient légitimer une semblable hypothèse, on peut en concevoir une autre et supposer que certaines de ces cellules excitées trop énergiquement agissent sur les autres de manière à déterminer des phénomènes d'interférence nerveuse, comme les a admis Cl. Bernard lorsqu'il a cherché a expliquer l'action vaso-dilatatrice de la corde du tympan. C'est d'une manière analogue qu'agirait l'excitation directe du pneumogastrique, lorsque, à la suite de cette excitation, comme il résulte de la célèbre expérience de Weber, le cœur s'arrête.

Dans les oreillettes de la grenouille, où les cellules à fibres spirales ont des prolongements multiples et sont vraisemblablement en rapport par quel(iues-uns d'entre eux, on conçoit qu'elles puissent agir les unes sur les autres, et qu'il s'y produise des phénomènes d'interférence tels qu'ils ont été compris par Cl. Bernard. (Voy. Leçons sur les appareils lerminaux des nerfs dans les muscles de la vie organique^ p. 170.)

i. Après que Kolliker {Klémenls d* histologie humaine y ^ édition française, p. 7-19 ) eut suivi, dans la cloison des oreillettes de la grenouille, les flbres nerveuses jusqu'aux travées musculaires auxquelles elles sont destinées, et que Schweigger- Seidel {Manuel de Strickery p. 188) eut vérifié chez la grenouille et confirmé pour les mammifères les données de Kolliker, Langerhans {Zur Histologie der Ilenens, in Archives de Virchow, t. VlU, 1873, p. 05), à l'aide de procédés variés, arriva à reconnaître dans la cloison interauriculaire de différents batraciens, anoures et urodèles, et dans les oreillettes et les ventricules des mammifères, que les fibres nerveuses, après s'être divisées et subdivisées à la surface ou dans l'épaisseur des

ÏHAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE

lioUtiou dci

cellules

musculaires du

c<rur.

Ayant dissocié â Tétat frais les fibres musculaii'es du c^Eurde différents animaux dans une solution de sel à 5 pour 10(K) ou dans l'acide osniique à 1 pour 1000, ou bien duns l'eau après les avoir soumises à Taciion de l'acide azotique à 20 pour IW, Langerhans obtint des cellules musculaires isolées ou des fragments de ces cellules desquels se dégageait une librille homojène, rélringcnle, ayant les caractères d'une librille neneusc.

Lorsque, après les avoir laissé séjourner vingt-quatre heures dans Palrool au tiers, on dissocie avec les aiguilles des fragments du cœur de la loi lue (Testuilo maurita' nica ou Tesludo europœaj, on isole sans difticullé un très grand nombre de cellules musculaires dont la forme est bien conservée, mais dont quelques-unes seulement sont munies du prolongement nerveux découvert par Langerhaiis.

Cependant, comme les cellules du mvocarde soûl des individualités liislolo-

Fig. m. - Deux cellules du myocarde de giqilCS Ct physiologiqUCS aU

ia loilue moresque, isolées après l'action de ^^^^ jj^^g q^,g [^^ faisccaui 1 alcool au tiers. — A, cellule munie d un ...

prolongement nerveux, n; ;;, masse primilifs dcs mUSClcS SttieS proloplasmique entourant le noyau. — B. ,

Cellule cordirorme située au point de jonc- VOlOUtairCS , Cl que pOUf

tion de trois travées musculaires. — ;>, r^^n^p» ip^ ipavéo^ du cœur protoplasma; 5, strie média.nc. lOrmtl Itb liaM-t^n uu «.inii

elles ne sont pas fondues mais simplement soudées les unes aux autres par une substance cimentante, il est logique d'admettre à priori que chacune

faisceaux musculaires se terminent par des fibrilles extrêmement fines, qui iài^ client aux cellules du myocarde.

Léo Cierlacli {Veber die Xerveneivligungen in der Muskulatur des Froschkenem, in Arch. de Virchow, t. LWI, 1870, p. 187), en appliquant à la rechen-lic des lifminaisons nerveuses du ccrnr le procédé employé par son fM-re pour IVlude é< U terminaison des nerfs dans les muscles striés volontaires (voy. p. 814), obsenfiq«« dans la cloison intcrauriculaire de la grcnouill *, les fibres nerveuses se coolinoett

TERMINAISON DES NEUFS DANS LE MUSCLE CARDIAQUE 8i9

d'elles doit être en rapport direct avec une fibre motrice. En examinant attentivement avec un bon objectif à immersion ces cellules complètement isolées après l'action de l'alcool au tiers et

Fig. 287. — Deux cellules du myocarde de VEmys Europœa^ isolées après raction de ralcool au tiers. — A, cellule montrant une strie médiane, s; /*, prolongement musculaire. — B, cellule située au point de jonction de plusieurs travées musculaires; Sy strie médiane.

colorées par le picrocarminale, il est possible de distinguer dans un certain nombre d'entre elles, au sein de la masse protoplasmiquc qui occupe leur axe, une strie qui les parcourt suivant leur longueur et qui passe au voisinage de leur noyau.

En rapprochant ces deux observations de celles qui ont été faites au moyen de la méthode de l'or, on doit arriver à conclure; d'une part, que les rares cellules musculaires qui possèdent un prolongement sont celles au niveau desquelles les fibrilles nerveuses

avec un réseau compris dans les travées du myocarde, et qui serait ranalogue du réseau intravaginal de J. Gcrlach.

Pour compléter cet historique, il convient de rappeler que Krausc (Analomie des Kanincliens. Leipzig, 18G8, p. 264) a prétendu que dans le cœur du lapin es nerfs se terminent par des plaques motrices.

Ranvier. Histol. hi

850 TRAITÉ TECHNlQUElD'HlSTOLOGUi;

pénètrent dans les faisceaux musculaires, et d'autre pari, que les stries dont il vient d'être question correspondant aux travées du réseau décelé par l'or, ces travées sont en réalité contenues dans l'intérieur même des cellules musculaires*.

TenatnaUoo deai oerfs «Iaos les miiscles lisses. — L'appareil

nerveux terminal des organes composés de fibres musculaires lisses n'est pas le même, suivant que ces organes sont soumi>

' Engelmann {Ueber die Leilung der Krregung im Henmuskelj in Arch. de. Pftuger 1875, t. XI, p. 4G8-470) a soutenu une théorie physiologique d'après laquelle i ne serait pas nécessaire que ch<ique cellule du myocarde fût en rapport avec uat fibre nerveuse. L'excitation motrice communiquée à une de ces cellules pourrait it transmettre de proche en proche, de cellule à cellule, sans qu'il y eût pour cela de conducteur nerveux. Il a construit cette théorie d'après des observations antérieures sur des organes formés de fibres lisses et d'après certaines expériences faites sur le cœur lui-même. Or, on sait aujourd'hui, comme on le verra dans le paragraphe suivant, que chaque cellule musculaire lisse reçoit une terminaison nerveuse, et dès lors il n'est plus nécessaire, pour comprendre les mouvements (léristaltiques de Turetère et de l'intestin, de faire intervenir la transmission des incitations motrice par les éléments musculaires eux-mêmes. On ne saurait donc plus partir de ces observations pour supposer à priori qu'il existe dans le cœur sanguin un mode de transmission analogue.

Les expériences qu'Ëngeluiann a faites sur le cœur pour légitimer sa manière de voir sont ingénieuses et instructives. Voici en quoi elles consisteot : Après avoir détaché le cœur d'une grenouille, on le place sur une lame de liège; il continuer battre. On fait alors sur le ventricule, un peu au-dessous du sillon auricsbventriculaire, une incision transversale qui va jusque tout près du bord opposé. S«r ce bord et un peu au-dessous, on pratique une seconde incision allant jusqv'u voisinage immédiat du bord où l'on avait commencé la première, et l'on continue ainsi de manière à diviser le cœur en fragments unis par de petits pools de substance musculaire. Il est nécessaire que toutes ces incisions soient faites franchement, soit avec des ciseaux fins, soit avec un scalpel bien tranchant.

Quelquefois, malgré qu'il ait été ainsi divisé, le ventricule continue à battre, fiBcitatiou motrice se poursuivant de fragment en fragment par les ponts de substance musculaire laissés entre eux. Mais il arrive souvent qu'après l'opération le ventricule est arrêté. Il suffit alors d'attendre quelques instants, en maintenant le cœur * l'abri de la dessiccation sous une cloche formant chambre humide, pour le nnr reprendre ses contractions.

Pour expliquer la transmission de l'excitation par les petits ponts musculaire» qui relient les divers segments du ventricule, il n'est pas nécessaire d'admettre, aver Engelmann, qu'elle se fait par la substance musculaire elle-même, puisque, cooiaK on vient de le voir, le réseau myocardique contient dans son intérieur un réseai nerveux.

Si, après avoir divisé le ventricule en zigzag, on en retranche la partie supénenr, de manière à le séparer des ganglions de Biddcr, il s'arrête définitivemenL Mais si on le touche alors avec la pointe d'une aiguille, il donne chaque fois une aeak pulsation, et la contraction se poursuit de proche en proche dans tous ses segments- Ce phénomène se produit aussi bien si l'on excite le ventricule au aiveao et sa pointe que si l'on agit sur sa base. Il faut en conclure que le réseau nerveui du myocarde transmet l'incitation motrice dans toutes les direction», en un oiolfi'ii constitue un véritable réseau et non pas un plexus.

TERMINAISON DES NEUFS UANS LES MUSCLES LISSES 851 à la volonté ou qu'ils ronctionnunt un dehors de sou înlluencc.

Olicz les uiatiusques et les annélides il y a des luiisclu:^ lisses ^''^™ de la vie uniiiialc. Les nerfs qui s'y rendent sont dépourvus de ,„ 'Jm^

Fit;. iSX- - Ci>ii|>i: loiigituiliiiulri du iniisde rùlractvur Ju curps ilc l'uiiMrgul, laile après l'action ilu clilururc d'or. — m, euHules musculaires; p, cardans proloplasmi quel qui en occupent le centre; n, nerf; t, tache motrice.

myéline. Ils se divisent, se subdivisent et, sans s'être anastomosés, se terminent à la surface des cellules museulaires par une extrémité renllée, souvent dijïitiforme {tache inolricé). Il est très làcilc d'observer res laits dans le muscle rétracleiir du cor|)s de l'escargot commun (Helir poinatia) lorsque l'on a It-aité des fragments de ce muscle par la métliodc de l'or, suivant un des procédés indiqués pages 81d et Mi':

Fig iK}. — Portion d'une cdtule nlusculiirrc ilu inusctc rélructeur du cor|iï tic roeargot, isolcie après l'action du clilurnre d'or. — il, cordon praloidaimique cenlrat; p, tache mairîcc.

Après réduction du sel d'or, les fraj^uients sont disbuciéb directement dans l'eau, ou bien ils sont durcis par l'alcool, et l'oQ y fait des coupes longitudinales ou transversales que l'on place d'alHjrd dans l'sau et que l'on traite i;usuite par de la ;j;lycéniie uiJditionnée d'acide rurmiquc.

Terminaison des nerfs

dans les muscles volontaires

de la sangsue.

Terminaison des nerfs

dans

les muscles

de la vie

organicfue

de la sangsue.

Il est beaucoup plus difficile d'oblenir de bonnes préparations des muscles volontaires de la sangsue, parce que ces muscles, qui doublent les téguments, sont compris dans un tissu conjonclif résistant et chargé de cellules pigmentaires. Cependant, en faisant agir le chlorure d'or pendant une heure après le jus de citron (voy. p. 813) et lorsque la réduction de For est produite, on peut, sur des coupes longitudinales bien réussies, constater que les fibres nerveuses des muscles volontaires delà sangsue se comportent comme celles des muscles volontaires de l'escargot. Elles se divisent et se subdivisent sans s'anastomoser, et se terminent sur les cellules musculaires par des extrémités renfiées, ainsi que Ilansen* l'a constaté récemment.

Chez les mêmes animaux, les nerfs des muscles de la vie organique, ceux de l'intestin par exemple, possèdent sur leur trajet, comme les nerfs du cœur des vertébrés, des cellules ganglionnaires. Ils s'anastomosent pour former des plexus et se terminent à la surface des cellules musculaires par des taches motrices semblables à celles des muscles volontaires.

Les culs-dc-sac gastriques de la sangsue * constituent pour ce genre de recherches d'excellents objets d'étude, parce que les cellules musculaires, qui y forment un réseau à larpcs mailles, y sont distantes les unes des autres.

Après avoir immobilisé une sangsue par immersion dans l'eau chloroformée, on la tend sur une lame de liège à l'aide d'épingles fixées à ses deux extrémités et, au moyen d'une 5^ ringue dont la canule est introduite dans la bouche de Tanimal, on injecte dans son estomac du jus de citron fraîchement préparé. Au bout de cinq minutes, la sangsue est ouverte, ses culsde-sac gastriques sont détachés et ouverts à leur tour dans Teau distillée, et, après que l'on a chassé avec le pinceau l'épithélium qui en tapisse la face interne, on les porte dans une solution de chlorure d'or à 1 pour 400, où on les laisse pendant vingt minutes. Après les avoir lavés à l'eau distillée, on les plonge dans une solution d'acide formique au quart, dans laquelle on les maintient à l'obscurité jusqu'au lendemain.

Les cellules musculaires, qui atteignent dans les culs-de-sac

* J. Armauer Uansen, Terminaison des nerfs dans les muscles du corps de b sangsue, Archives de physiologie, 1881, p. 739.

' Gscheidlen^ Bcitràge zur Lelire von den Nervcnendigtingen in dcr gUtten Mo»kelfasern, Arch. f. micr. Anatomie, t. XIV, i877, p. 321.

TERMINAISON DES .NERFS DANS LES MUSCLES LISSES 853 (•aslriques de la san^'siie des dimensions colossales, s'y montrent formées d'une pailic a\ile piotoplasmiqne colorée en violet plus ou moins foncé et d'une écorte de substance contractile à peu près incolore. La plupart d'entre elles ont une direction transversale à l'axe des culs-de-sac et, bien qu'elles s'unissent pour constituer un réseau, elles sont à peu près parallèles.

Fig. Î90, — Cul-ile-sac gastrique de la sangsue traité par la méthode de l'or. — M, cellules miisculairei ; a, noyau de l'une de ceti cellules; n, nerf; g, cellule ganglionnaire ; I. taclie motrice ; c, rellule connective.

Les troncs nerveux principaux, qui les croisent perpendiculairement à leur direction, sont colorés en violet foncé et porlenl appendues à leurs côtés ou situées sur. leur trajet des cellules ganglionnaires également colorées, unipolaires ou multipolaires, et présentant les dimensions les plus variées. De ces troncs nerveux se dégagent des fibres qui se dirigent plus ou moins obliquement vers les cellules musculaires et qui, après avoir fourni un embi-ancliement, le plus souvent extrêmement court, portant une tache motrice, continuent leur trajet en longeant les bords de ces cellules et finissent par s'anastomoseï' les unes avec les autres.

jhez lesverlébrés, les muscles lisses, appartenant tous à la vie

organique, possèdent un appareil nerveux qui se rapprocha «le eelui des culs-de-sac gastriques de la sangsue, en ce sensqu'ax-anl de se terminer les fibres nerveuses s'anastomosent et fornienl des plexus plus ou moins nombreux, plus ou moins compliqués. Nerfs delà DaQs la vcssic dc la grenouille, Klebs* a distingué un plexus

vessie de la *- *^ *

grenouille. fondamental uiuni de cellules ganglionnaires et siégeant à la base de cet organe, un plexus intermédiaire formé par des fibres qui, partant du plexus fondamental, couvrent de leurs ramifications anastomotiques la vessie tout entière, enfin, un plexus intramusculaire dont les fibres extrêmement fines, provenant du plexus intermédiaire, sont logées entre les cellules musculaires elles-mêmes.

Ces faits, que Ton constate difficilement en employant les réactifs indiqués par Klebs (acides faibles), seront aiséraenl reconnus au moyen de la méthode de for. Déjà par le procédé que Lôwit a imaginé à cet effet il est facile de retrouver les différents plexus et de faire une bonne observation du plexus intra-musculaire.

On obtient de meilleurs résultats en employant un des procédés décrits pages 813 et 826. Une grenouille verte étant immobilisée parla destruction de la moelle épinière, on pratique à la peau, au niveau du sacrum, une incision transversale; saisissant alors avec une pince la lèvre inférieure de celle incision, on dégage le cloaque en ayant bien soin de ne pas Tentamer et on le lie aussi bas que possible; puis, après avoir ouvert largement la cavité abdominale, on fait au rectum une petite incisioa longitudinale par laquelle on introduit la canule d'une seringue remplie, soit de la solution d'or, soit du jus de citron, suivant le procédé que Ton a choisi. Le liquide pénètre d'abord dans le rectum, puis, s'engageant à travers l'orifice cloacal de la vessie, il la distend au gré de l'opérateur. Pour terminer la préparation, on devra suivre exactement les indications qui ont été données à propos de la cloison interauriculaire de la grenouille (vov. p. 843).

Le plexus intramusculaire s'y montre nettement et, ainsi que Lowit* l'a déjà indiqué, ses travées paraissent un peu épaissies

' KUbSf Die Nerven der organischcn Muskeifasern, Arch. de VirchoH\ l. XXXfl. p. 168.

* IJiwitt Die Nerten der glalten Muskulatur. Acad. des tcieneex de W :!• section, t. LXXÏ, 1875.

et adhérentes aux éléments musculaires au niveau de leurs noyaux. Ces portions épaissies sont des taches motrices à pédicule extrêmement court.

La disposition du plexus intramusculaire est la même dans rîntestin de la «grenouille, du lapin et des vertébrés en g^énéral. Pour l'observer et en même temps faire l'élude du plexus fondamental, plexus myenlérique oud'Auerbach, il suffit de plonj^er pendant cinq minutes un sej^ment d'intestin grêle dans du jus de citron, puis de le maintenir pendant vingt i trente minutes dans une solution de chlorure d'oral pour 100 et de déterminer la réduction du sel métallique dans l'acide formique au quart. Vingt-quatre heures après, il sera facile de séparer le feuillet intestinal du péritoine avec les deux couches de la musculeuse entre lesquelles se trouve le plexus d'Auerbach, dont les principales travées et les points nodaux munis de cellules ganglionnaires sont colorés en violet plus ou moins foncé.

De ces travées se dégagent des fibres qui forment, à l'intérieur des mailles du plexus fondamental, un deuxième plexus sans cellules ganglionnaires, et enfin dansTépaisseur deslames musculaires se montre le troisième plexus, plexus intramusculaire.

Les vaisseaux sanguins possèdent, chez les différents vertébrés, une grande quantité de nerfs, que Ton met facilement en évidence au moyen de la méthode de l'or dans les membranes vasculaires (mésentère de la grenouille, mésentère et grand épiploon du lapin, etc.) et dans la plupart des organes, en suivant les procédés déjà indiqués pages 813 et 8^6.

La durée de l'immersion dans le chlorure d'or devra varier suivant l'épaisseur et un peu aussi suivant la nature de l'organe. C'est ainsi que, pour la peau deThomme, on arrivera au meilleur résultat en faisant agir ce réactif sur de petits fragments pendant une heure et même pendant une heure et demie. Prolongée au delà de ces limites, la réaction heureuse de l'or ne se produit plus, au moins dans la plupart des cas.

Les membranes vasculaires seront examinées à plat dans la glycérine additionnée d'acide formique; les autres organes seront étudiés sur des coupes failes après durcissement par l'alcool et traitées également par la glycérine additionnée d'acide formique.

Les nerfs des artères et des veines, constitués par des tubes nerveux à myéline et des fibres sans myéline, accompagnent

Plexus myentÂriqiio.

Nnrfs

des vaisftCHUX

iuiiif^uins.

d'abord ces vaisseaux dans leur trajet et s'anastomosent dans leur adventice pour former un premier plexus à mailles lai-j^e^; et très inégales, plexus fondamental. Fuis, à la surface externe delà tunique musculaire, ils se résolvent en un plexus à mailles étroites et assez régulières, plexus intermédiaire, qui jadisaélé assez bien décrit par His* d'après des préparations à l'acide acétique, et que cet auteur a pris pour un réseau terminal.

Le vrai plexus terminal ou plexus intramusculaire est formé de fibres beaucoup plus fines qui se dégagent du plexus intermédiaire et qui très probablement fournissent des taches motrice aux cellules contractiles de la tunique musculaire.

Sur les travées et aux points nodaux du plexus intermédiaire il y a des noyaux qui n'appartiennent pas à des cellules fanglionnaires. lis correspondent à ceux que l'on observe dans les fibres de Remak (voy. p. 749) et que Ton considère comme élanl de nature connective.

Le plexus fondamental, dans la constitution duquel il entre un nombre variable de fibres à myéline, ne contient pas non plus de cellules ganglionnaires. Cependant, comme la tunique contractile des vaisseaux présente des mouvements rhythmiques, ainsi qu'on le constate facilement en étudiant au microscope le mésentère, la langue ou la membrane interdigilale de la grenouille, ou simplement en examinant à contre-jour les vaisseaux de l'oreille du lapin (Schiff), les nerfs vasculaires doivent être en rapport avec des cellules qui leur fournissent l'incitation motrice. Mais il nesl pas nécessaire que ces cellules se trouvent dans les plexus nerveux des vaisseaux eux-mêmes, il suffit qu'elles existent dans un point quelconque du trajet des nerfs vasculaires, par exeoîple lorsqu'ils sont encore compris dans les cordons ou dans les renflements ganglionnaires du grand sympathique*.

' HtSf Ueber die Endigung der Gefassnerven, Archives de Virchouf, L XIMU

' Les hislologistes qui jusqu'à présent se sont occupés de la terminaison des snii dans les muscles lisses ne se sont pas entendus sur la manière dont se fait cftte terminaison.

Les uns, dont l'attention a été attirée principalement par le plexus întrann»culaire, ont pensé que ce ploxus correspondait à une véritable terminaison w*veuse (Klebs, Arnold, Liiwit, (.scheidlen). Cependant il convient de rvppelfrfN Klebs (loc. cit. y voy. p. 85i) dit avoir vu quelquefois une fibre nerveuse s*atUclt«r < une cellule musculaire, et que Liiwit (loc. cit., voy. p. 8ôi) et Gscheidlen {loc. oL, voy. p. 852) ont indiqué qu'en certains points les travées du pletus ÎDtrmiiMscaliir^ affectent avec les cellules contractiles une union intime. Quant à AmoM, TofùsHii

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