CORPS ÉTRANGERS DANS LES VOIES AÉRIENNES
Lorsqu'un corps étranger pénètre inopinément dans les voies aériennes, il produit au niveau de la glotte des accidents immédiats : suffocation avec toux répétée, et parfois asphyxie rapidement mortelle. Le plus souvent la suffocation et la toux cessent dès que le corps étranger est passé dans les bronches, pour se reproduire toutes les fois que ce corps remonte au niveau de la glotte. Cette cessation des phénomènes de suffocation a souvent fait douter cà tort de la présence réelle des corps étrangers clans les voies aériennes.
Signes physiques. — Ils varient suivant le moment où
(1) Le travail le plus complet publié sur ce sujet est celui de Bertholle: Des corps étrangers dans les voies aériennes, 186G. J'avais recueilli moi-même en 1865 un exemple remarquable de cette affection, que j'ai publié dans mon Traité clinique, p. 629.
l'on observe les patients, après les premiers accidents qui suivent la pénétration du corps étranger dans les voies aériennes. Parvenu au delà de la glotte, le corps étranger est tantôt mobile dans la trachée et tantôt fixé dans une des bronches où il est descendu, s'avançant plus ou moins, suivant son volume. 'De plus, sa présence détermine une congestion et une inflammation suppurativc dans le tissu pulmonaire ambiant, et il en résulte de nombreux signes physiques.
Percussion. — Elle ne fournit d'abord aucune sonorité •anomale; mais ensuite, la congestion inflammatoire du tissu pulmonaire donne lieu à une matité qui s'étend suivant l'étendue de cette lésion secondaire. Cette submatité ou matité complète s'observe principalement en arrière, à partir du niveau de la subdivision des bronches; elle peut aussi être perçue en avant.
Palpation. — La main, appliquée en avant du cou au voisinage du larynx ou de la trachée, perçoit une sensation ■de choc, de frottement, de soupape, produite par les mouvements de va-et-vient du corps étranger lorsqu'il se meut librement dans la trachée artère, ainsi que Boyer et Dupuytren l'ont constaté après Zuinguer. Dans le fait que j'ai •observé, la palpation m'a révélé une augmen tation notable des vibrations tlioraciques au niveau de l'excavation pulmonaire provoquée par l'inflammation consécutive du poumon.
Auscultation. — Pratiquée au niveau de la trachée, l'auscultation fait percevoir le bruit de choc, de grelot, de clapotement, de soupape, dû au mouvement du corps étranger dont il vient d'être question. L'auscultation ne révèle alors rien de particulier du côté des poumons. — Il n'en est plus de même lorsque le corps étranger a glissé dans une bronche qu'il obstrue. On constate alors une faiblesse ou une abolition du murmure respiratoire dans le côté cor-