STÉATOSE DU CŒUR (SURCHARGE ET DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSES
La stéatose du cœur comprend d'adord l'adipose cardiaque, l'obésité du cœur, dite aussi surcharge ou hypertrophie graisseuse, et qui se rencontre chez les personnes obèses, et très-rarement, à un moindre degré d'ailleurs, chez les individus amaigris. Une seconde variété, qui est interstitielle, et connue seulement depuis que l'on a pu faire l'exploration de l'intimité des tissus organiques h l'aide du
(1) G. Evans, British. med. Journ., 1875. La ponction n'eut pas, heureusement, de suites fâcheuses.
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microscope, c'est l'atrophie graisseuse du cœur. Les deux variétés peuvent se rencontrer sur le même individu.
Les signes physiques de la stéatose du cœur sont trèsobscurs. Cela est d'autant plus fâcheux qu'elle est très-fréquente, qu'elle complique une foule d'autres affections, et qu'elle entraîne par elle-même des accidents très-graves, comme la rupture du cœur, qui se montre parfois comme le seul signe révélateur de l'affection graisseuse.
En dehors de la matité de la région précordiale, qui peut résulter de l'obésité du cœur, c'est seulement lorsque la lésion est très-prononcée dans la stéatose interstitielle qu'elle se manifeste par des signes symptomaliques carchèques, encéphaliques et respiratoires plus ou moins graves. Même alors, l'auscultation révèle simplement la débilite des battements du cœur, un affaiblissement du premier bruit, et parfois, selon Stokes, un léger souffle à la base, se propageant sur le trajet de l'aorte, sans caractère de régurgitation, etavec intégrité du second bruit. Suivant Beau, avec l'intégrité des orifices d'un cœur atteint de stéatose, l'organe se distend par le fait du peu de résistance de ses parois, dont l'abaissement de la puissance musculaire n'est plus en rapport avec la résistance des orifices, qui agissent comme s'ils étaient rétrécis. On conçoit que tout obstacle réel dans les poumons ou aux orifices d'un cœur atteint de transformation graisseuse favorisera à plus forte raison la dilatation et Vasystolie, dont les signes concomittants viennent encore rendre plus obscurs ceux qui pourraient dépendre de la stéatose cardiaque.
Le plus souvent cette affection est chronique et par conséquent a une évolution lente. Elle n'a une marche aiguë que dans les cas où la stéatose cardiaque résulte d'un empoisonnement par le phosphore, ou dans le cours des fièvres graves (1).
(1) Biermera considéré la transformation graisseuse du cœur comme
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ASYSTOLIE.
Quoique l'asystolie ne soit pas une affection isolée, mais une complication fréquente de lésions cardiaques diverses, il me paraît indispensable d'en exposer les signes physiques connus, pour que l'on puisse les discerner de ceux qui caractérisent les affections originelles de l'asystolie.
Cet état pathologique, si bien décrit par Beau, consiste surtout en un affaiblissement des mouvements systoliques du cœur, s'accompagnant de phénomènes fonctionnels essentiels à connaître. Ils proviennent habituellement des obstacles circulatoires que j'ai rappelés à propos de la dilatation du cœur. Cette dernière lésion est celle qui provoque le plus fréquemment l'asystolie, que l'on rencontre également comme complication de l'insuffisance mitrale ou du rétrécissement aortique. L'insuffisance aortique ne se complique pas par elle-même d'asystolie.
Les phénomènes symptoinatiques forment un ensemble remarquable. Les malades ont la face tuméfiée, les membres inférieurs œdématiés, les veines superficielles du cou tendues, et présentant des battements visibles. 11 y a des vertiges, des étourdissements, une dyspnée prononcée, un pouls petit et irrégulier comme les battements du cœur.
Signes physiques. — Les signes de percussion et d'auscultation sont peu nets en raison des lésions concomitantes
la lésion fondamentale de la maladie qu'il a qualifiée anémie progressive pernicieuse. On a contesté à l'auteur que le cœur joue, dans ce processus morbide, le rôle qu'il lui assigne, la maladie étant probablement une affection cachectique qui entraîne secondairement la dégénérescence du cœur.
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habituelles du cœur. Ils se confondent d'ailleurs avec ceux de la dilatation de cet organe.
La percussion indique habituellement cette dilatation; la pointe du cœur est abaissée.
A Y auscultation, outre les bruits affaiblis et désordonnés perçus jusqu'à l'épigaslre, il y aurait fréquemment, suivant
Fig. 101.
Localisation du souffle asysloliquc do J. Parrot.
J. Parrot, « un murmure au premier temps », doux, perçu entre les 3e et 5e côtes (fig. 101), au niveau du bord gauche du sternum, retentissant peu dans* le voisinage, et se propageant de bas en haut et de gauche à droite. D'autres fois il existe à la région précordiale, mais vers la gauche, un souffle rude qui, s'il a lieu au premier temps, se confond avec le bruit précédent et le masque (1). L'auteur ne donne pas l'explication de la production de ces bruits anomaux, parmi lesquels il faut sans cloute ranger le souffle tricuspidien, résultant de l'insuffisance auriculo-ventriculaire droite, que révèle le pouls des veines jugulaires superficielles. J. Parrot considère le murmure doux qu'il a défi) J. Parrot, Did. encijc!., article Asystolie.
«rit comme le premier signe de l'asyslolie, et le qualifie
d'asystolique.
Ces signes sont habituellement permanents, l'asyslolie étant le plus souvent chronique. Cependant ils peuvent être temporaires, cet état morbide étant parfois aigu et passager, lorsqu'il y a, par exemple, obstacle pulmonaire à la circulation. Il en est ainsi dans Y emphysème des poumons, au moment des complications d'hyperémie pulmonaire ou de bronchite; mais en serait-il de même dans la pneumonie •avec hépatisation, comme le pense X. Gouraud? J. Parrôt le nie, les observations publiées ne lui semblant pas démontrer l'existence de l'asyslolie. Il l'admet néanmoins comme conséquence de la phthisie aiguë, et signale les adhérences pleurales généralisées, ainsi que les adhérences du péricarde comme favorisant l'apparition de l'asystoiie (1).
Je rappelle ces différentes particularités pour montrer les conditions variées dans lesquelles se montre l'état asystolique du cœur. On n'oubliera pas que les plus fréquentes •de ces conditions sont les affections valvulaires, dont le même observateur a parfaitement indiqué le mode d'action.