AFFECTIONS ACCIDENTELLES DU COEUR
quelque valeur; mais Y auscultation révèle des mouvements très-précipités, très-irréguliers, avec impulsion du cœur tantôt forte, tantôt affaiblie; des bruits sourds, d'intensité et de rhythme variables. Il n'y a pas de souffle anomal, h moins que le caillot, obstruant seulement en partie un orifice, n'y produise une sorte de rétrécissement, ou plutôt une obstruction incomplète. Ce souffle peut être rude, râpeux ou sibilant. Le pouls est en même temps très-petit et irrégulier, comme les mouvements du cœur.,
2" Ruptures du cœur. — Si l'on met à part les ruptures traumatiques du cœur, dues à des pressions accidentelles sur l'organe, lorsqu'il est distendu par le sang, les ruptures du cœur constituent un accident grave, survenant surtout chez les vieillards dans le cours d'une affection cardiaque. On les a observées avec la dégénérescence graisseuse du cœur, dont il a été question, et plus rarement comme la conséquence d'une inflammation avec ramollissement de l'organe. Ces ruptures s'effectuent dans différents points du cœur : au niveau des parois des ventricules ou des oreillettes, de la cloison ou des muscles papillaires et des tendons des valvules, ou bien enfin, mais très-rarement, au niveau des vaisseaux coronaires. Le microscope a démontré qu'elles résultaient toujours d'une altération préalable interstitielle au siège de la rupture.
Signes physiques. — Lorsque la mort n'est pas subite ou très-rapide, le patient peut vivre quelques heures ou même quelques jours. Dans ce cas, si du sang s'est épanché dans le péricarde, il y a à la percussion une augmentation de la matitê précordiale, et à l'auscultation une obscurité des bruits du cœur, avec absence de battements perceptibles, et petitesse ou absence du pouls radial. — S'il s'agit de la rupture des tendons valvulaires, les malades vivent plus longtemps, et l'on constate le souffle
d'une insuffisance auriculo-ventriculaire due au relâchement des valvules, et des bruits de souffle intenses. Ces ruptures tendineuses étant mortelles, il importe de ne pas les confondre avec un premier accès d'angine de poitrine, affection qui est rarement mortelle d'emblée.
3° Plaies du cœur. — On sait que les plaies du cœur ne sont pas toujours immédiatement mortelles. Il peut au contraire s'écouler un certain temps avant la mort, et même, dans des faits très-graves au point.de vue de la lésion, la guérison peut avoir lieu. Si l'on excepte les simples piqûres, dont le diagnostic ne saurait être établi d'une manière certaine, il est possible de constater des signes importants.
Ce sont d'abord des battements du cœur tumultueux, parfois très-faibles, un pouls radial à peine ou non perceptible, et des signes de percussion et d'auscultation.
Signes physiques. — Ces signes varient suivant l'état de la plaie du cœur, l'épanchement de sang qui se fait dans le péricarde, et le développement d'une inflammation consécutive du péricarde ou de l'endocarde.
Lorsque du sang est accumulé dans le péricarde, il y a matité manifeste (1). Quelquefois à V auscultation on perçoit un bruit de susurrus analogue à celui de l'anévrysme artério-veineux, et qui paraît exister tant que la plaie est béante, en cessant dès qu'elle est obstruée par un caillot (Dupuytren, Jobert). Les bruits cardiaques s'atténuent et s'affaiblissent, lorsque le sang est accumulé en assez grande abondance dans le péricarde. Enfin, lorsqu'il s'est déclaré une péricardite ou une endocardite consécutives, il survient des bruits de frottement, de souffle, de râpe, et le bruit de moulin signalé par Bouillaud et bien étudié par Morel-Lavallée.
(1) On a constaté dans un seul cas une sonorité tympanique à la région précoi'dialc, difficile à expliquer.