‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 136 sur 151 · ANÉMIE · texte numérisé non relu

ANÉMIE

augmentation absolue ou relative du sérum du sang (1), est la seule distinction nécessaire.

Signes physiques. — Il est bien rare que la percussion de la région précordiale fournisse quelque renseignement utile. On ne saurait en effet considérer comme sensible à la percussion la plus attentive, une diminution du volume du cœur qui a été' admise plutôt par le raisonnement que par l'observation. D'un autre côté, Piorry, Hamernik, Slarck, ont signalé dans certaines anémies, ou dans la chlorose, une augmentation de volume du cœur qui, pour Beau, était un signe de pléthore séreuse. Dans les faits où cet accroissement de volume avec matilé a lieu, cellerci paraît dépendre d'une autre affection; et en tout cas, elle a été exceptionnellement rencontrée.

A Y auscultation, dans l'anémie, on constate que les bruits naturels du cœur sont clairs et habituellement très-nets ; et l'on a signalé le second bruit comme se percevant dans une région très-étendue de la poitrine. Chez la plupart des anémiques, mais non chez tous, on rencontre en outre des souffles dans des régions différentes : des souffles cardiaques, et des souffles dans les vaisseaux. Ces souffles ont été reconnus comme très- rares chez les enfants.

Les souffles anémiques du cœur sont dits inorganiques, parce qu'ils ne dépendent pas d'une lésion d'orifices, de même que le bruit de souffle observé dans le cours des pyrexies. J'ai précédemment exposé les caractères cliniques et théoriques des souffles dits inorganiques et anémiques (p. 353); je n'ai donc pas à les reproduire ici. Il en est de môme des souffles anémiques vasculaires dont il a été aussi question (p. 390).

(1) La première de ces deux dernières formes a été dite aglobulie, kypoglobulie, olygocythémie;la seconde constitue Yhydrémie ou la pléthore séreuse des auteurs. On a aussi admis une anémie locale ou des Hifférenta organes, et une anémie générale, la seule qui puisse nous arrêter au point de vue où nous sommes placé.

Diagnostic. — Lorsque les souffles cardiaques et vasculaires se rencontrent chez des sujets présentant les symptômes caractéristiques de l'anémie, ils ne font que confirmer le diagnostic. On sait que ces symptômes principaux sont la pâleur de la peau et des muqueuses, la pâleur du sang accidentellement perdu, la faiblesse générale et les troubles nerveux très-divers qui caractérisent la maladie. Cependant il n'en est pas toujours ainsi. L'aspect de quelques anémiques semblerait devoir éloigner l'idée de l'existence de cetle affection, de même que la prédominance de certains troubles nerveux. En pareils cas, la constatation des souffles a une .plus grande importance. — D'un autre côté les souffles cardiaques, en acquérant une grande énergie, peuvent faire croire à une maladie du cœur, lorsque prédominent les palpitations, les étouffements, et parfois les syncopes. Ici le diagnostic se base sur la distinction, parfois si difficile, des souffles organiques et inorganiques, sur laquelle j'ai insisté dans la première partie. Je rappellerai seulement ici, à propos des souffles inorganiques, que la coïncidence de l'anémie avec le rhumatisme articulaire est fréquente; elle fait hésiter à se prononcer, le souffle cardiaque pouvant être anémique, mais aussi pouvant être dû à une endocardite.

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