FIÈVRES DIVERSES
Je ne doute pas que, dans les fièvres exotiques graves, les signes de l'hyperémie pulmonaire ne se rencontrent comme on les observe dans les fièvres de nos climats : dans la fièvre éphémère, dans la fièvre dite gastrique (embarras gastro-intestinal fébrile) dans la fièvre typhoïde et dans les fièvres intermittentes.
FIÈVRE CATARRHÀLE. 761
Les signes qui annoncent ici la congestion pulmonaire concomitante, sont les mêmes que ceux indiqués précédemment. Cependant leur évolution est différente. Après s'être montrée dès le début, l'hyperémie se prolonge en accompagnant la maladie dans ses différentes phases.
En outre des signes de congestion existant du côté des poumons, la fièvre intense, quelle que soit sa nature, peut s'accompagner de troubles cardiaques se manifestant par des souffles inorganiques (1), dont laproduction est difficile à expliquer.
Je ne m'occupe ici ni de la fièvre dite éphémère, que j'ai considérée comme marquant l'invasion de la congestion pulmonaire idiopathique, ni des fièvres intermittentes, dont l'hyperémie du poumon se constate dès le stade de frisson du début d'une manière constante, pour jouer ensuite, dans le cours des accès, un rôle prédominant dans la forme asphyxique des fièvres pernicieuses. Je dois rappeler d'une manière particulière la fièvre catarrhale ou grippe, la fièvre gastrique et la fièvre typhoïde, comme devant plus spécialement attirer notre attention, aupoijit de vue de la congestion pulmonaire concomitante.
1° Fièvre eatarrhale, grippe. — Parmi les liyper-
émies viscérales diverses qui se remarquent dans la grippe, celle des poumons est prédominante; aussi devait-elle nécessairement attirer l'attention des observateurs (2). Je n'ai pas à faire l'histoire de cette maladie; j'ai à rappeler seu-
(1) Le souffle systolique impulsif des fièvres, ordinairement doux et prolongé, se perçoit aussi bien au niveau de la pointe, qu'à la base et à la partie moyenne de l'organe. Les uns l'ont considéré comme un signe d'insuffisance mi traie passagère; d'autres, comme le résultat d'une simple excitation fébrile. La plupart des observateurs se rangent à cette dernière opinion.
(2) Graves a signalé l'intensité de l'hyperémie pulmonaire dans cette maladie (Ouvr. cilé, 21° leçon).
lement qu'elle peut se caractériser à la percussion et à l'auscultai ion par des signes variés, suivant son inlcnsilé et ses complications. Ces signes sont ceux del' hyper émie avec ceux de la bronchite ou de V hémo-pneumonie.
2° Fièvre gastrique. (Embarras gasiro-intestinal fébrile). — Lorsque la fièvre du début de cette affection est éphémère, on constate les signes de l'hyperémie pulmomonaire simple, auxquels se joignent ceux de l'embarras gastro-intestinal. Quand la fièvre se prolonge, les signes (l'hyperémie persistent.il y a assez souvent au début, sous la dépendance de celte congestion pulmonaire, un point de côté ; et parfois, comme je l'ai signalé il y a longtemps, cette douleur initiale a la forme névralgique. Dans l'ensemble des faits nombreux que j'ai observés, les signes de percussion et iY auscultation de la congestion pulmonaire étaient, je suis obligé de le répéter, absolument les mêmes que ceux précédemment indiqués. Je crois devoir les rappeler encore : submalité thoracique ou tympanisme à la percussion; et à l'auscultation, respiration sibilante ou ronflante, respiration exagérée ou puérile, expiration prolongée, respiration soufflante à la racine des bronches, et enfin exceptionnellement des râles sous-crépitants passagers.
3° Fièvre typhoïde. — Depuis mes publications sur la congestion pulmonaire, on a accordé à l'hyperémie des viscères, dans la fièvre typhoïde, une importance bien méritée, après en avoir très-peu tenu compte auparavant. L'hyperémie dù poumon, en particulier, joue un grand rôle dans tout le cours de la maladie, dont elle est un clément constant pendant les périodes de progrès, d'état et de décroissance, et en suivant une marche en quelque sorte parallèle à celle de la maladie.