‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 138 sur 151 · FIÈVRES ÉRUPTIVES · texte numérisé non relu

FIÈVRES ÉRUPTIVES

Les signes de cette congestion pulmonaire sont encore ici les mêmes que ceux indiqués précédemment.

A la percussion, le tympanisme, et à Y auscultation, la faiblesse du bruit respiratoire et la respiration sifflante ou ronflante, sont les phénomènes observés le plus fréquemment. J'ai trouvé, trois fois sur quatre, la respiration soufflante occupant la racine des bronches. Les autres signes observés étaient encore l'expiration prolongée, les râles sous-crépitants, la respiration puérile, la respiration granuleuse, la submatité à la percussion.

Cette congestion pulmonaire, constante dans les fièvres typhoïdes, constitue, chez certains sujets, un ensemble de phénomènes thoraciques tellement prédominants, qu'ils ont fait considérer la maladie comme affectant alors une forme spéciale, la forme dite thoracique ou pectorale. En dehors des faits de ce genre, sans qu'il y ait par conséquent de prédominance extraordinaire des phénomènes thoraciques, l'hyperémie des poumons est parfois trèsprononcée, comme l'a démontré la mensuration.

On a considéré trop longtemps ces signes de l'hyperémie de la fièvre typhoïde comme des signes de bronchite, quoique très-souvent la toux fasse défaut d'une manière absolue. On doit aussi expliquer par une simple congestion les prétendues pneumonies bâtardes, hypostatiques, catarrhales, qui s'observent chez certains malades atteints de fièvre typhoïde, comme le démontrent si bien les autopsies.

4° Fièvres émptives. — Les fièvres éruptives présentent dans leur cours des signes de percussion, d'auscultation et de mensuration variés, dont la valeur n'a pas toujours été bien déterminée, et dont il importe par cela même de montrer la véritable signification (1).

(i) Corvisart attribuait le son contre nature (matité), signalé ici au niveau de la poitrine par Avcnbrugger, à la matière morbifique de

A. Rougeoles. -Il est généralement admis, comme fait d'observation journalière, que les signes de percussion et d'auscultation observés dans le cours de la rougeole se rapportent à la bronchite. C'est un abus de mot qui, dans le plus grand nombre des cas, doit être remplacé par le mot congestion, la vraie bronchite étant bien moins fréquemment observée dans cette maladie.

D'abord l'hyperémie pulmonaire est constante au début de (ouïes les rougeoles, et les signes physiques de cette congestion peuvent persister seuls pour s'atténuer et disparaître au moment de l'éruption, ou bien ils se compliquent des signes de la bronchite : râles sous-crépitants aux bases des poumons, et expectoration muco-purulente.

L'hyperémie se révèle par une submatité ou un lympanisme Ihoracique parfois extrême, et par les signes d'auscultation ordinaires de la congestion : bruit respiratoire plus ou moins affaibli, plus rarement exagéré, rude ou granuleux, sifflant ou ronflant, plus rarement du souffle à la racine des bronches, tels sont les signes que j'ai trouvés habituellement généralisés (1). De plus il existe parfois quelques râles sous-crépitants isolés et passagers, bien différents des râles de la vraie bronchite, qui sont localisés aux bases des poumons. — La mensuration démontre qu'il y a une ampliation de la poitrine pendant l'existence de ces signes, ce qui leur donne leur véritable caractère.

Je pourrais citer un grand nombre d'exemples d'hyperémie sans bronchite dans la rougeole. Chez un malade entré au premier jour de l'éruption, j'ai constaté au niveau

l'éruption, comme le faisait ce dernier observateur, qui a fait la remarque très-juste qu'il peut arriver que ce signe (de congestion) se montre avant que l'éruption se fasse (Ouv. cité. p. 83).

(1) Ici la douleur initiale, constante dans l'hyperémie simple, fait habituellement défaut, comme dans la plupart des hyperéniies pulmonaires secondaires.

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de la poitrine, en arrière du côté droit, une submatité manifeste, et une faiblesse très-prononcée du bruit respiratoire des deux côtés; à droite, le bruit respiratoire était de plus rude ou granuleux, et la toux y provoquait l'apparition de quelques sifflements. Nulle part, il n'y avait de râles humides. Deux jours après, alors que l'éruption commençait à pâlir, la submatité avait complètement disparu en arrière à droite, et il restait une faiblesse du bruit respiratoire, qui persista seule assez longtemps (1).

B. Autres fièvres exanthématiques. — Dans les scarlatines, les varioles conftuentes et discrètes, et même dans les varioloïdes, ainsi que dans la fièvre miliaire, j'ai signalé l'existence d'une hyperémie pulmonaire qu'on n'y soupçonnait pas. Cette congestion est caractérisée par les signes les plus nets; elle présente comme condition remarquable d'apparaître dès le début de la maladie^ et de diminuer d'intensité dès que l'éruption cutanée s'effectue, puis de disparaître dans le cours de la maladie. La mensuration fournit des résultats qui sont en rapport avec ces deux phases de l'hyperémie du poumon.

Les mêmes signes de percussion, d'auscultation et de mensuration se constatent dans le cours de Yérysipèle de la face, et sont des preuves de l'analogie de cette maladie avec les autres fièvres éruplives.

J'ai vu la submatité et la faiblesse du bruit respiratoire

(I) Il faut observer que l'existence des crachats muco-purulents nummulaires de la rougeole coïncide quelquefois avec une simple hyperémie pulmonaire, aussi bien qu'avec la bronchite. Cela s'explique facilement. L'inflammation peut rester limitée, en effet, à la muqueuse laryngienne, où se sécrètent les crachats nummulaires de la rougeole, en même temps que, plus profondément, il n'existe que de l'hyperémie ; ou bien l'inflammation s'étend à la muqueuse bronchique. Dans le premier cas, les crachats muco-purulents sont isolés et nagent dans des mucosités transparentes, dont la sécrétion doit être attribuée à la congestion pulmonaire.

résultant de l'hyperémie pulmonaire des fièvres exanthématiques être prises pour des signes d'un épanchement pleurélique à son début.

Je dois ajouter, pour finir, que Desnos et Huchard ont signalé la myocardite comme une complication de la variole ; mais les signes d'auscultation de cette myocardite sont malheureusement incertains ou confus (Voy. Myocardite).

Je pourrais rappeler encore un certain nombre d'affections clans lesquelles il existe des signes anomaux de percussion et d'auscultation. Je m'en abstiens, un plus long exposé devant être sans profit pour le lecteur, qui trouvera ces signes indiqués suffisamment dans différents chapitres de l'ouvrage. Tels sont, par exemple, les signes qui résultent du rachitisme, et dont il a été question à propos de la percussion, de l'auscultation et de la mensuration.

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