II.— sensations tactiles
C'est à Corvisart que l'on doit d'avoir d'abord attiré l'attention sur la sensation d'élasticité ou de résistance éprouvée par le doigt qui percute (1). Ce sont des données d'une valeur incontestable, dont on se prive en employant le plessimètre avec les marteaux de percussion, et dont la perception n'est complète que par l'usage des doigts, employés à la fois comme corps médiateurs et comme corps percutants. C'est avec raison que Piorry, qui a beaucoup insisté sur l'importance des sensations tactiles, a dit : «Le
(1) Ouvrage cilé, commentaire, p. 16 : « Le praticien qui a fait une '•tude exacte et suivie de la percussion, dit Corvisart, éprouve au bout de ses doigts une sensation qui équivaut pour lui au son que l'oreille ne peut saisir. »
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doigt qui frappe est un juge non moins exact que l'oreille qui écoute. » Et c'est surtout vrai quand la sensation est perçue par les deux mains à la fois.
Lorsqu'on percute la poitrine d'un homme, sain, on a la sensation de l'élasticité des parties percutées, élasticité surtout prononcée à la partie antérieure de la poitrine. Là, en effel, la cage thoracique a plus de souplesse en raison de la terminaison de la partie antérieure des côtes par leurs cartilages. On sent que cette élasticité dépend à la fois de la souplesse des parois et du peu de résistance du tissu pulmonaire sain. Cette sensation, que l'on juge par l'habitude de la percussion, est mieux perçue lorsque l'on prolonge un peu l'application du doigt après qu'il a percuté.
C'est une sensation qui est modifiée par différentes causes.
Les parois thoraciques sont d'abord d'autant plus souples et élastiques que le sujet exploré est plus jeune. Cette élasticité sous le doigt est extrême chez le jeune enfant, qui a les côtes et les cartilages costaux extrêmement souples. Chez le vieillard, au contraire, dont les os deviennent durs, dont les cartilages s'ossifient, et dont les tissus organiques deviennent plus denses, l'élasticité sous le doigt est à son minimum.
Ces résultats, dont il faut tenir compte suivant l'âge, et desquels il. faut rapprocher la résistance des parois thoraciques due à des contractions musculaires, ont pour caractère facile à saisir d'être généralisés clans toute la poitrine; tandis que les modifications dues aux lésions des organes intérieurs sont peu étendues, ou limitées à un côté du thorax.
On éprouve sous le doigt une sensation plus ou moins accentuée de résistance lorsqueles organes sous-jacenls ont une compacité accidentelle, ou qu'il s'est fait un épanchement considérable de liquides. Il y a au contraire une