‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 29 sur 151 · SIGNES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

SIGNES EN GÉNÉRAL

A très-peu d'exceptions près, relatives aux sonorités perçues à distance, les bruits d'auscultation sont comme confinés dans la profondeur des organes respiratoires, et il a fallu que Laennec soit venu démontrer comment l'auscultation pouvait nettement révéler ces signes, dont il a fait connaître en même temps la valeur. Il a donné le moyen de voir par l'audition, pour ainsi dire, ce qui se passe à l'intérieur du thorax dans l'évolution des maladies des organes de la respiration.

Les caractères des signes d'auscultation qui révèlent ces maladies, comme les signes que l'on peut constater chez l'homme sain, présentent des variétés nombreuses. Ils résultent de vibrations irrégulières ou régulières comme les sonorités de percussion, et constituent par conséquent, comme elles, tantôt des bruits et tantôt des sons ou des tons. Seulement ici les signes à vibrations régulières, les tons, sont plus fréquemment observés.

Les sonorités des deux ordres, très-nombreuses dans 'l'œuvre de Laennec, le sont devenues davantage avec la pratique usuelle de l'auscultation. Et comme en même temps ces sonorités sont extrêmement variées d'expression, il est difficile de donner une idée générale de leur caractère. Ce sont des murmures doux ou rudes, des souffles, des sifflements, des ronflements, des râles humides, des retentissements variés de la voix, des craquements, des frottements, ides saccades, etc., ayant des caractères propres qui les Ifont reconnaître le plus souvent avec facilité.

Comme les sonorités de percussion, ces signes divers offrent des modifications physiques d'intensité, de tonalité, de timbre, qui sont des caractères généraux des sonorités [produites, et dont nous aurons aussi à tenir compte.

Constater l'existence de ces signes d'après leurs caractères, est la première chose à apprendre en fait d'auscultation. Mais celte constatation faite, il y a, comme dans

toute exploration de ce genre, deux autres données du problème qui en constituent des inductions nécessaires. 11 faut préciser autant que possible le mode de production de ces signes, et enfin les rattaclier à l'état des organes où ils se produisent, en un mot formuler leur signification.

Si l'on est à peu près d'accord sur les caractères acoustiques des signes d'auscultation dus à la circulation de l'air dans les voies aériennes, aux vibrations intrathoraciques produites par la voix ou par la toux, au frottement ou à la collision des solides, des liquides et de l'air en circulation, il n'en est pas de même au sujet de leur mode de production. On discute encore à ce sujet depuis près de soixante ans que la question est livrée aux observateurs de tous les pays.

En présence des conditions organiques et des conditions physiques clans lesquelles se produisent les sonorités d'auscultation, il semblerait au premier abord que l'on dût facilement s'entendre. Toutefois il n'en a pas été ainsi. Pour expliquer théoriquement et physiquement les phénomènes perçus, on a invoqué la formation de veines fluides, ainsi dénommées par Savart, qui n'a eu en vue que la circulation des liquides, mais que Sondhauss (1) a démontré être applicables à l'air. On a aussi invoqué les lois des colonnes d'air vibrantes, de la consonnance, de la réflexion des vibrations de cet air, les différences de température qu'il subit, et la transmission des vibrations à travers les solides et les liquides. Malheureusement ici, comme pour la percussion, on se heurte le plus souvent à la difficulté trèsgrande d'appliquer les principes si nets de la physique aux organes respiratoires, dont l'organisation complexe et les nombreux rapports avec les organes voisins ne permettent pas toujours de saisir les vraies causes physiques des bruits

(1) Poggemloffl's annalen, 1852;

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