‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 30 sur 151 · SIGNES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

SIGNES EN GÉNÉRAL

et des tons qui se produisent pendant la vie. Ces causes demandent à être recherchées à part chez l'homme sain et dans le cours des maladies. '

Il faut ajouter à la difficulté de l'interprétation physique que les dissidences d'opinion ont été favorisées par la manière restreinte dont on a envisagé la question au point de vue organique. Je veux parler de la corrélation absolue que Laennec a voulu établir entre le signe physique et une lésion locale particulière. Celte méthode était sans doute la plus féconde en résultats pratiques au début de l'emploi de l'auscultation ; mais elle laissait entièrement de côté la question physique.

il en estrésulté une réaction conlraire, déjàrappelée àpropos des bruits de percussion. Skoda et d'autres observateurs en furent les auteurs. De même que Laennec avait négligé la physique pour l'observation clinique au lit du malade, [de même en Allemagne on négligea la clinique pour jscruter les données fournies par la physique des laboratoires, et l'on fonda l'auscultation scientifique comme on avait fondé la percussion scientifique, que nous avons jugée.

De part et d'autre le but poursuivi était louable ; et il semblait que, de ces deux affluents, il aurait dû résulter un courant menant à la vérité, pour l'explication des signes fournis par l'auscultation des organes respiratoires ; cependant il n'en a pas été ainsi : l'obscurité règne encore. Sans avoir la prétention de résoudre définitivement ce difficile (problème de l'accord des faits cliniques et scientifiques, j'espère démontrer qu'en modifiant le cadre dans lequel <on s'est maintenu, on peut jeter une lumière nouvelle sur certains points fondamentaux concernant la production, et par conséquent la signification d'un certain nombre de phénomènes d'auscultation.

Parmi les signes constatés dans les organes respiratoires d'un homme sain, et ceux que présentent h l'auscultation

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les mêmes organes atteints de lésions organiques, il y a un certain nombre de signes, en effet, qui se perçoivent dans le poumon exempt ou non de lésions organiques. Ces signes dépendent simplement de conditions physiques accidentelles, dues à des rapports pbysico-anatomiques des organes respiratoires avec les organes voisins, et sur lesquels j'ai déjà attiré l'attention (1). Je les décrirai ;ï propos des signes anomaux, les rappelant ici pour établir qu'en debors de l'homme sain on ne pourrait, sans tenir comptede cette manière d'envisager la question, avoir une idéegénérale suffisante des bruits d'auscultation, en les rattachant aux lésions du tissu des organes respiratoires.

Pour bien comprendre les caractères généraux de ces phénomènes, il faut donc tenir compte de trois conditions : 1° des conditions physiologiques et des conditions physiques qui s'y rattachent; 2° des modifications physiques que subissent les organes respiratoires indépendamment des lésions propres de leurs tissus; 3° de ces lésions ellesmêmes. — Je suis surpris que jusqu'ei présent l'on ait tenu si incomplètement compte des modifications physiques subies pour les poumons sans lésion de leur tissu. Loin d'avoir été infirmée par l'observation, et par les expériences faites par la reproduction artificielle des bruits d'auscultation, mon opinion à cet égard a été fortement légitimée par les expériences et parles faits cliniques ultérieurs. J'en montrerai l'importance à propos des bruits anomaux.

La division la plus naturelle pour l'exposé des signes d'auscultation est celle qui en fait deux groupes principaux : 1° les signes normaux ou physiologiques; 2° les signes anomaux ou morbides. En suivant cet ordre, nous ne perdrons pas de vue la double source des données du problème que soulève chaque signe, l'observation du ma

(1) Wo'illcz, Élude sur Vauscullation des organes respiratoires mémoire publié dans les Archives générales de médecine en 1805.

lade et les résultais scientifiques découlant principalement de l'expérimentation. Nous aurons à tirer profit de l'étude du spiroscope, que j'ai fait connaître cà l'Institut et à l'Académie de médecine en 1875. Au point de vue de la théorie des bruits d'auscultation, cet instrument a révélé des faits nouveaux d'une valeur réelle, qui trouveront place dans les deux chapitres suivants.

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